Pourquoi le libéralisme n’est pas une idéologie

Le libéralisme est souvent présenté par ses détracteurs (généralement pour le discréditer par avance) comme une « idéologie ». Qu’en est-il ? Seconde partie de la série « Ce que le libéralisme n’est pas ».

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Pourquoi le libéralisme n’est pas une idéologie

Publié le 7 avril 2017
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Par Johan Rivalland.

Première partie : ce que le libéralisme n’est pas

Les définitions du terme « idéologie » abondent. Mais plutôt que de vous en apporter une ici, il convient surtout de relever qu’entre le sens initial du mot et les sous-entendus qu’il recèle désormais, la prudence s’impose.

En effet, alors que ce terme avait une signification précise au départ, se référant à la science des idées, il a très vite subi les coups de boutoir de Napoléon, se moquant des intellectuels peu au fait de la politique concrète, puis surtout de Karl Marx, qui en marquera profondément le sens péjoratif aujourd’hui dominant, la présentant comme une « illusion idéaliste ».

Le libéralisme est-il une idéologie ?

Mais c’est surtout, aujourd’hui, sur son caractère prescriptif que l’on insiste lorsque l’idéologie est évoquée. Raymond Aron opposait ainsi ceux qui prétendent vouloir « changer l’homme », en poursuivant des utopies ou croyances illusoires toujours pleines de bonnes intentions, mais se heurtant au réel, à ceux qui se réfèrent aux faits et, à ce titre, peuvent apparaître comme des briseurs de rêves. C’est pourquoi il considérait que le libéralisme, par essence, est anti-idéologique, car non-prescriptif.

En quoi le libéralisme n’est-il pas prescriptif ?

Le libéralisme n’a pas pour prétention de vouloir changer le monde ou de promouvoir un quelconque idéalisme. Il n’est pas là pour fantasmer la réalité, changer l’homme ou faire rêver.

C’est pourquoi certains préfèrent parler de doctrine, d’autres de philosophie, ou encore d’humanisme (ou les trois à la fois). En ce sens que le libéralisme est avant tout une conception de l’être humain, basée sur des rapports de coopération volontaire, de solidarité spontanée, de respect, de tolérance. Et qui ne cherche pas à imposer ses idées, comme le font des idéologies totalitaires ou simplement étatistes, par nature.

Correspond-il à une forme d’extrémisme ?

Comme le nom l’indique, le libéralisme vise avant tout à défendre les libertés individuelles. Ce qui passe par l’importance accordée au droit (nous y reviendrons), à la défense de la propriété (nous aurons certainement également l’occasion d’y revenir ; pas facile de ne pas déborder sur les prochains volets de cette série, ni de faire court) et implique de concevoir les libertés politiques et économiques comme un tout (idem).

Il ne s’agit donc pas d’un extrémisme, loin de là et bien au contraire. Plutôt de principes visant à garantir les libertés fondamentales, fragiles par nature.

Quelles sont ses prétentions ?

Contrairement à l’État-Providence qui a quasiment comme prétention de prendre totalement en charge les individus de leur naissance à leur mort, de manière que l’on peut croire bienveillante, le libéralisme entend au contraire leur faire confiance et s’appuyer sur leur capacité d’initiative pour développer une société où on vit en harmonie, tout en se sentant responsable. Ce qui n’exclut pas, d’ailleurs, de venir en aide aux plus démunis, contrairement à ce que certains souhaitent laisser penser.

Dans le premier cas (État-Providence), le risque de despotisme n’est pas loin. Voici ce qu’énonçait Alexis de Tocqueville à son sujet, se référant ici à ses citoyens :

L’État travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? (…) il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige (…) il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.

Le libéralisme défend donc une vision contraire à celle de planisme, qui mène à la route de la servitude. Et une philosophie optimiste, pleine de confiance en l’homme, tout en étant consciente de ses limites, et profondément éthique. Loin de l’arbitraire des idéologies tendant à prendre en mains le destin des peuples.

Les Français sont-ils majoritairement contre le libéralisme ?

La falsification qui est faite de ce terme, notamment à travers les adjonctions de particule (« néo », « ultra »), destinées à le décrédibiliser, peut laisser penser que oui.

Maintenant, et au vu de ce que nous avons pu amorcer à travers les éléments développés ci-dessus, on peut imaginer que les valeurs du libéralisme sont très probablement compatibles avec ce que pense profondément une grande partie de la population.

La crainte ou le rejet du libéralisme, à mon sens, résulte donc d’un grand malentendu, d’une ignorance entretenue par ses principaux ennemis et par ceux (très nombreux) qui jouent involontairement, du coup, la caisse de résonance de ces mensonges, de manière sincère, par ignorance réelle de ce qu’il est (même des personnes aussi sensées ou avisées qu’une Natacha Polony, véritablement obsédée et ennemie farouche depuis très longtemps de quelque chose qu’elle méconnaît et au sujet duquel elle se trompe de ce fait lourdement1).

Pour conforter l’idée, voici ce qu’en dit par exemple Jacques Garello dans son dernier livre (en reprenant la phrase complète de Francis Richard) :

« Les idées libérales ne sont pas celles qu’on croit » : beaucoup de Français se croient et se disent libéraux, mais ne le sont pas en réalité. À l’inverse, sont encore plus nombreux les Français qui sont libéraux mais ne le savent pas. « Rien d’étonnant à cela puisque le libéralisme n’a que très rarement été enseigné, et presque jamais appliqué. » Le libéralisme est ignoré, donc caricaturé, diabolisé, ou dévié. 

 Libéral ? Pas libéral ?

Car, en effet, au-delà de ceux qui se pensent anti-libéraux par simple ignorance, il existe aussi tous ceux qui se disent ou se sont déjà dits un jour « libéraux », mais ne le sont « qu’à la carte » (je ne pense pas à un Emmanuel Macron, auquel vous aurez peut-être pensé spontanément, mais plutôt ou aussi à des politiques du type Jean-Pierre Raffarin ou tant d’autres du même acabit, libéraux un jour, et plus le lendemain, ou « libéraux » mais pas « ultra-libéraux » ou encore « libéraux en politique mais pas en économie ». Autant de points qui mériteraient d’être discutés, mais je m’aperçois que mon article finit par être à rallonge, alors que je le voulais court).

Et nous revenons là à l’essence de notre sujet du jour (en attendant les volets suivants) : le libéralisme est-il une idéologie ?

C’est parce qu’il ne l’est pas que rien ne sert de se présenter comme libéral sur tel plan et pas sur tel autre. Cela peut d’ailleurs se discuter, mais le fait est que nous parlons bien d’une doctrine, d’une philosophie qui, si elle n’est pas fermée et stéréotypée mais bien vivante et ouverte, révèle une essence profonde difficilement divisible ou modulable en fonction de ce qui arrange.

Cette philosophie de la liberté s’oppose à tout ce qui assujettit d’une manière ou d’une autre des êtres ou des organisations, au risque de verser dans ce qui apparaît bien, si l’on fait référence au domaine économique, comme un capitalisme de connivence (là encore, nous aurons largement l’occasion d’y revenir, car il s’agit d’une source centrale du grand  malentendu).

Et c’est aussi parce que beaucoup ont été déçus et se sont sentis floués par certaines idéologies auxquelles ils ont plus ou moins adhéré un temps par une sorte d’idéalisme bien compréhensible et parfaitement humaine, que certains d’entre eux, parmi les esprits les plus brillants (Jean-François Revel, Jacques Marseille et d’autres encore, comme le rappelle un lecteur de l’article précédent) s’en sont détournés pour privilégier une approche plus philosophique (alors que les exemples inverses sont plus difficiles à trouver, comme ce lecteur le souligne).

La liberté ne se décrète pas

En conclusion de ce volet, et pour finir (même si je suis forcément très incomplet), on peut noter que la liberté que défend le libéralisme est quelque chose de spontané. Il ne s’agit pas d’un constructivisme, donc pas d’une idéologie. Ce qui n’exclut pas l’État, en tant que garant de ces mêmes libertés.

  1. Je découvre d’ailleurs, au passage, moi qui ai failli lui écrire gentiment il y a quelques mois en y ayant finalement bêtement renoncé par manque de temps, que Nathalie MP a justement écrit un article à ce sujet, que je vais m’empresser de lire avec délectation, où il est manifestement question de « malentendu »
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  • Ma foi, devoir prouver que l’le libéralisme est une doctrine ou un humanisme plutôt qu’une idéologie n’a un interet que que parce que les libéraux dénoncent les idéologies. Il me semble que non pas la doctrine libéral mais l’humanisme et la justice suffisent pour dénoncer les errances des idéologies.
    Je ne critique pas une proposition car elle n’est pas libérale mais parce qu’elle est inhumaine ou injuste voire reposant sur des idées fausses.
    Je ne suis pas libéral mais par exemple si je comprends facilement l’idée que chacun puisse jouir des fruits de son travail soit juste le concept de propriété privée du sol ne s’impose pas à moi comme triviale, la propriété du sol repose sur la force .

    • Non, la propriété du sol repose sur la loi. Vous achetez un bien mobilier, vous ne vous en emparez pas par la force et la violence!

      • Quand on parle du sol, la notion de propriété est quand même délicate. Pourquoi, hormis l’exploitation première qui a été faite jadis d’une parcelle, telle ou telle partie du territoire « doit »-elle appartenir à quelqu’un ?
        Parce qu’il l’a acquise ? Alors on ne fait que déplacer le problème et faire dériver la propriété d’un terrain d’un acte économique enregistré.
        Remontons dans le temps pour essayer de déterminer l’origine de ce « droit acquis »…
        L’origine en est l’exploitation du terrain.
        Ainsi donc, seule la force initiale de celui qui a défriché, travaillé, amélioré la terre lui en confère une propriété.
        Dès lors où cette propriété n’est par la suite validée que par des actes notariés successifs, la légitimité de ce droit me semble Pouvoir être débattue.
        Un sommet de montagne, une caverne, on morceau de plage, un marais doivent-ils nécessairement « appartenir » a quelqu’un ?

        • Il n’y a pas d’alternative à la propriétés du sol ou alors on en revient au nomadisme et le sol appartient à celui qui l’occupe à l’instant t (par la force si nécessaire, l’idéologie d’Attila en somme). Pour les libéraux les échanges volontaires ont force de lois et ce quelques soit le domaine car là encore si un échange volontaire peut être remis en cause pour un oui ou pour un non ils perdent toute et de nouveau seul la force brute qui a court.
          Enfin, dans une société libérale, un terrain « libre de droit » pourra être acquit par quiconque du moment qu’il parvient à prouvé qu’il s’en « occupe ». J’imagine qu’il sera assez difficile de prouver qu’on s’occupe du sommet d ‘une montagne mais assécher un marais pour le rendre cultivable ou bien aménager une plage pour des touristes semble pouvoir être défendu…

  • « L’idéologie est un système prédéfini d’idées… » (définition Wikipedia) ; le libéralisme est une idéologie qui défend une certaine vision de l’Homme (progressiste et individualiste), repose sur la croyance en des droits naturels (libertariens), considère une liberté conçue à partir de la notion de libre-arbitre comme une valeur prédominant sur tout autre, et qui définit des règles qui devraient régir les rapports humains de façon plutôt précise et législative (le développement de la richesse étant la priorité dont découleront tous les bienfaits humanistes attendus avec et par le progrès).

    Le libéralisme est une idéologie politique reposant sur des doctrines économiques et relativement philosophiques, elle n’a rien à voir avec l’amour de la sagesse, ne s’appuie pas sur une démarche scientifique cherchant à modéliser des récurrences du réel par l’expérience (contrairement à l’économie en elle-même), elle propose une lecture des faits (historiques, économiques, anthropologiques) à partir de sa théorie sur la façon dont devraient être ordonnés les rapports humains (façon qui n’a jamais été expérimentée dans les faits).

    Votre article a tous les travers de l’aveuglement idéologique.

    • L’auteur précise pourtant clairement à quelle acception du terme idéologie il se réfère : non pas « le sens initial du mot » mais « les sous-entendus qu’il recèle désormais ».

      Vous revenez au sens initial du mot idéologie pour expliquer que l’auteur se trompe alors même qu’il explique dans les 3 premiers paragraphes que ce n’est pas de cela qu’il souhaite parler.

      Bref, votre commentaire est totalement à côté de la plaque.

      • Je vais clarifier mon commentaire : c’est cet article au complet qui est à côté de la plaque.

        Faites une affirmation, puis changez les définitions des mots qui la composent pour qu’elle soit vraie. Pourquoi feriez-vous cela ? Parce qu’elle est fausse.

        C’est à cause de ce genre de déni et de méthode le mot recèle des sous-entendus négatifs.

        • Vous n’êtes qu’un fat prétentieux : l’auteur ne fait que reprendre les thèses bien connues de nombreux auteurs tels que Tocqueville, Aron ou Revel par exemple (auteurs qu’il cite d’ailleurs).
          Vous ignorez visiblement des pans entiers de littérature de philosophie politique. Cela vous disqualifie pour venir distribuer ici des bons points.

          • J’adore les personnes qui m’accusent d’ignorance et de prétention sous prétexte que j’ai un désaccord avec un auteur, voire, oh grand dieu, des auteurs célèbres intouchables. Heureusement que personne ici n’a la prétention d’attaquer Marx, ce serait fou.

            • Considérer que des pans entiers de littérature n’existent pas, c’est bien soit de l’ignorance, soit de la prétention, oui.

              Au passage, le bon vieux Karl n’utilisait pas le mot idéologie au sens où vous l’entendez.

              Quant à votre avis on s’en contrefout dans la mesure où il s’appuie sur une argumentation spécieuse. La connaissance n’est pas une question d’opinion.

              • Je n’ai jamais dit que ces livres n’existaient pas.
                Je me moque de la façon de Marx utilisait le mot idéologie.

                Démontrez-moi que mon argumentation est spécieuse.

      • Et c’est bien la le problème.

        Personne dans mon entourage n’utilise le mot idéologie avec « les sous-entendus qu’il recèle désormais », et quand bien même l’usage serait généralisé, je ne vois pas pourquoi on devrait abandonner la définition du mot « idéologie » aux populistes en tout genre.

        Quand on voit les sous-entendus que le mot « libéral » recèle désormais, on peut affirmer avec le même raisonnement que « le libéralisme n’est pas libéral ».

    • Vous n’avez rien compris à ce qu’il écrit et restez buté sur vos préjugés! Le libéralisme n’est PAS une idéologie mais une philosophie!

      • Je ne suis pas d’accord avec l’article. Vous me répondez que vous si. Heureusement que vous avez tout compris et moi non, sinon vous risqueriez d’être celui qui reste buté sur ses préjugés.

        Le libéralisme est une question politique, ce n’est pas une question métaphysique répondant au sens de l’existence.

        • Selon notre nouvel expert Philautia, la « philosophie politique » n’existe pas. Il n’existe que de l' »idéologie politique »…

          • La philosophie politique, c’est de l’idéologie : la prétendue universalité de ses idées n’est rien d’autre.

            En philosophie, on ne traite que de question métaphysique, oui, ou tout du moins, toute question est traitée sous cet aspect.

            • Et c’est bien connu, le terme idéologie n’a qu’une seule acception…

              Vous êtes ridicule…

              • Il y en existe plusieurs effectivement :
                http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/id%C3%A9ologie/41426

                La définition de l’auteur s’arrête au « caractère prescriptif ». Sauf que ce n’est pas la définition de l’idéologie, c’est celle de l’adjectif « prescriptif », point. Le titre de l’article aurait donc pu être : « Le libéralisme a-t-il un caractère prescriptif ? » ou il aurait pu affirmer qu’il n’en avait pas, mon commentaire n’aurait pas été le même.

                • La définition de l’auteur est celle utilisée par de nombreux auteurs et des pans entiers de littérature. Inculte.

        • Philautia : vous avez TOUT faux, d’où votre incompréhension : le libéralisme JUSTEMENT est un philosophie et aucunement une politique…

          • Pour reprendre votre commentaire, je suis d’accord avec vous sur un point : les mots ne doivent pas être à géométrie variable.

            Or les définitions (dictionnaires) des termes « philosophie », « idéologie », et « politique » ne vont pas dans ce sens.

  • Le liberalisme est ceci est cela n’est pas ceci n’est pas cela….En fait c’est un fantasme , la recherche d’une liberté que l’on sait impossible à atteindre sauf à retourner à l’état sauvage.

  • Dès le début de l’article, je m’interroge : en quoi une idéologie est-elle mauvaise par nature ? Vous faites le jeu des détracteurs en abondant dans leur sens.
    Idéologie, doctrine, philosophie etc… L’Homme ne vit que du présent ! Nous avons dépassé ce stade ! Nous sommes bien ancrés au réel mais nous avons tous une « idée » de ce qui pourrait rendre la société meilleure…
    On perd du temps sur comment on devrait appeler le « libéralisme », fâchons nous sur son « contenant sémiotique », sur la couleur de la couverture du livre… Alors que c’est le contenant qui important.
    Libéralisme, l’idée de liberté individuelle, Progressisme, l’idée d’améliorer la société, etc… Ces idéologies, ces doctrines, ces philosophies, qu’importe comment on les appelle, c’est ce qu’on en fait… On en discute, on les partage, certains voudront les imposer à autrui…
    En conclusion, une idéologie est intangible mais n’est pas nécessairement incompatible avec le principe de réalité. Parce qu’elle va traduire une réalité qui n’existe pas ne rend pas moins l’idée de cette réalité inexistante.

  • Je ne sais si je suis toujours et totalement et libéral , mais je suis certain de ne pas me reconnaître dans les 4 grandes tares qui caractérise à mon sens les socialistes:

    1) L’obsession redistributive au nom de l’égalitarisme : l’égalitarisme légitime le partage des richesses à part égale entre chacun donc l’indemnisation sans contrepartie des faibles et des indigents par les nantis, quelle que soit l’origine de leur réussite. Le mérite n’est donc pas reconnu comme une vertu discriminante légitimant la réussite dans la société alors que la faiblesse et l’indigence le sont pour prétendre à indemnisation.
    2) L’obsession étatique = la mise en œuvre de l’égalitarisme légitime la prééminence et l’intervention systématique de l’Etat, y compris par la coercition, dans tous les domaines sociaux et économiques de la société. Son domaine règlementaire s’impose donc à celui des contrats, garantissant la prééminence des droits collectifs sur les droits individuels.
    3) La nostalgie marxiste= l’enrichissement individuel n’est pas vertueux car on ne peut s’enrichir sans appauvrir quelqu’un. L’Etat est donc légitime à définir les conditions de l’enrichissement et de la redistribution.
    4) La vérité incarnée = seule la gauche sait ce qui est juste et bon pour tous. Elle est donc légitime à utiliser l’argent public et l’impôt comme moyen pour financer ses causes.

  • Bien que je sois d’accord avec l’approche de l’auteur, Je ne pense pas que la question soit idéologie ou non mais plutôt le que est le cheminement mène quelqu’un au libéralisme.
    Pour ma part je ne suis pas libéral convaincu parce que l’idée me plait mais parce qu’elle semble mieux répondre aux problèmes humain comme :
    – Chacun tend à abuser du pouvoir qu’il possède (les libéraux aussi)
    – Toute entité cherche à étendre son pouvoir et travail à sa survit (l’administration aussi)
    – Il n’est pas possible de résumer les problèmes humain (par nature diverses et complexes) par des modélisations simple .Chaque problème à une solution particulières imprévisible pour un management top-down.
    – La complexité sert les personnes qui la mettent en place (injustice factuelle et incertitude pour les autres)
    – La diversité est le meilleur moyen de promouvoir les bonnes solutions (la gauche le reconnaissent pour la biologie mais par pour l’économie …)
    En conclusion je n’aurai pas de soucis à être communiste si ça fonctionnait ….

    • le communisme fonctionne dans son sens « mettre en commun des biens » …les bibliothèques ça en est…quand je pense que j’ai accès à toute la collection The Walking Dead gratuitement sans avoir à payer 15 euros l’album…

      • Je n’ai rien contre les communistes du moment qu’ils ne me forcent pas à le devenir. Les bibliothèques devraient être privés, ceux qui souhaitent y avoir accès payent un abonnement sans cela on ne peut pas dire que « ça marche » sinon le vol ça marche aussi dans ce cas puisque ça vous permet d’obtenir plein de choses gratuitement…

    • « Chacun tend à abuser du pouvoir qu’il possède (les libéraux aussi) »
      ça veut dire quoi « abuser »? si abuser signifie restreindre la liberté d’autrui alors celui qui agit de la sorte n’est pas un libérale. Sinon il n’y a rien à redire.
      Vous n’êtes pas libéral (convaincu ou pas) mais utilitariste ce qui n’a rien à voire. Être libérale c’est être convaincu que le libéralisme est moralement plus juste que les alternatives et qu’une société libéral est donc préférable même si elle est moins « efficace » globalement. L’important c’est l’épanouissement des individus pas la « grandeur » de la société en générale dont on se moque éperdument. accessoirement (et seulement accessoirement) l’expérience montre que plus une société est libérale plus elle est efficace et riche.

  • Mais la solution est-elle du côté de plus de cohérence socialiste ou de plus de cohérence libérale? Les comparaisons internationales sont claires à ce sujet: ce sont les pays où le poids de l’Etat est le plus faible et les droits de propriété les mieux protégés qui s’en sortent le mieux. La solution se trouve du côté de davantage de liberté — qui va de pair avec responsabilité — et non du côté de davantage de réglementations.

  • « on peut imaginer que les valeurs du libéralisme sont très probablement compatibles avec ce que pense profondément une grande partie de la population. »

    Hélas je crains que non, les français ne sont pas attachés à la liberté, pas au prix de l’égalité matérielle.

    J’aime aussi beaucoup Tocqueville, je me permets cette citation :

    « Je pense que les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté ; livrés à eux-mêmes, ils la cherchent, ils l’aiment, et ils ne voient qu’avec douleur qu’on les en écarte. Mais ils ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible ; ils veulent l’égalité dans la liberté, et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage. Ils souffriront la pauvreté, l’asservissement, la barbarie, mais ils ne souffriront pas l’aristocratie. »

  • Comme le dit l’auteur de ce bon article, le libéralisme est bel et bien une idéologie au sens initial du terme. C’est surtout une philosophie que l’on pourrait résumer ainsi : je ne m’occupe pas de ce que fait mon voisin chez lui et inversement. (En gros).

    Une ENORME erreur de la plupart des « libéraux » est de confondre philosophie et politique. C’est le cas du Parti Libéral Démocrate ou encore du tout nouveau Parti Libertarien. Et d’autres aussi (Madelin, etc.).

    Voilà pourquoi la sémantique a, aujourd’hui encore plus que jamais, une place prépondérante dont la violation nuit directement aux débats et échanges d’idées, les mots ayant une définition à géométrie variable…

  • quelle blague cet article
    Quand je lis sur Contrepoint et autres think thank libéraux:
    « ceci est-il libéral ou pas libéral? c’est libéral c’est BIENNN, pas libéral c’est MAAALLLL »
    Toutes les activités humaines, toute l’histoire sont analysées sous les prisme du libéralisme. Si un truc libéral cause des problèmes c’est comme par hasard jamais de la faute du libéralisme, il y a une petite touche de l’Etat et tout de suite c’est à cause de l’Etat le méchant et monstrueux Etat. De la grosse blague.
    Le conseil de constitutionnel fait un controle de constitutionnalité, les libéraux font un controle de libéralité… lui il est pas libéral ! Le social-libéral…il veut que l’Etat gère la solidarité il est pas libéral méchant méchant antilibéral! Il a des thèses économiques pas libérales oh mon dieu mais c’est alors un abruti fini il comprend pas l’économie !
    Les méchants communistes veulent l’homme nouveau…pcq vouloir créer dogmatiquement « l’homme libre et responsable » sans savoir ce que ça veut vraiment dire.
    Donc oui le libéralisme est une idéologie, avec ses courants, ses penseurs (friedman…) et ceux qui appliquent (thatcher, reagan, pinochet…)

    Et si on se demandait si qq chose est humain ou inhumain, juste ou injuste ?

    • Voici l’hôpital socialiste (je suppose) qui se fout de la charité car les donneurs de leçons, les bien-pensants, les humanistes, les justes, les charitables, les cultivés, les bons quoi (d’ailleurs 120 % des artistes et des médias intelligents..) sont tous… à gauche.

    • Et je suppose que vous êtes le premier à disqualifier tous ces qui ne vous plaisent pas en les traitant ‘d’ultra libéraux?
      Thatcher, reagan et pinochet n’étaient pas libéraux. Même si ils ont pioché à leur convenance quelques idées libérales parci parla cela ne suffit pas à en faire des libéraux.

  • Si on veut rendre le libéralisme visible en France il faudrait que des ouvriers, des employés, des fonctionnaires ou des artisans s’expriment aussi sur le sujet en produisant par exemple des articles sur ce site et pas seulement des csp+. Dézinguer la socialie et rester entre soi ne suffira pas à désintégrer les préjugés et les malentendus.

    • La France est amoureuse de l’étatiste pour très très longtemps. les libéraux n’ont aucune chance dans ce pays qui a inventer le communisme avant l’heure. Contrepoints est juste un lieu ou la poignée de libéraux français peuvent communiquer entre eux et grâce à cela se rendre compte que ce ne sont pas des débiles mentaux comme on vous le fait comprendre depuis la naissance. Contrepoint c’est comme une thérapie de groupe pour les 0,01 % de libéraux Français, rien de plus.

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