L’enfer est pavé de bonnes intentions (1)

Lancement d’une rubrique ou série que je souhaite ouverte à tous. Il n’y a que l’embarras du choix pour l’alimenter. Petite présentation.

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Enfer bonnes intentions (Crédits Nomadic Lass, licence Creative Commons)

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L’enfer est pavé de bonnes intentions (1)

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 20 avril 2014
- A +

Par Johan Rivalland

l'enfer est pavé de bonnes intentionsJ’y pensais depuis quelques semaines. Le temps me manquait, j’ai donc tardé à me lancer ; m’y voici.

L’idée m’est venue au beau milieu de la lecture de l’ouvrage de Jean-Marc Paturle que j’ai eu l’occasion de présenter ici le 1er mars. L’illusion constructiviste ; la recherche de justice sociale, qui n’a pour effet que de figer les inégalités ; l’exemple de la loi Royer de 1973, qui n’a pas eu les effets escomptés tout en figeant les positions acquises des grandes enseignes de distribution existantes et en ayant suscité la corruption ; ou le contrôle administratif des loyers lors de la première guerre mondiale qui, prolongé pendant vingt ans, eut des effets catastrophiques pour tout le monde ; « l’imposture » de la déclaration universelle des droits de l’homme qui, pouvant sembler globalement identique à celle de 1789, est « complètement différente sur le fond et conduit même à des résultats tout à fait opposés », posant les conditions de l’État-providence et de la multiplication des « droits à », au détriment finalement de la liberté, etc. Je ne sais plus à quel moment s’est déclenchée mon idée, mais elle est arrivée soudainement. Et il n’y a que l’embarras du choix des sujets qui correspondent parfaitement bien à cette célèbre formulation.

D’ores et déjà, parmi les articles que j’ai présentés, certains auraient pu en faire partie :

  • L’illusion et l’enchantement communistes, qui ont constitué une force d’attraction irrépressible touchant les meilleurs esprits, au détriment des tristes réalités (Inventaires du communisme de François Furet),
  • L’érection de l’intérêt général au rang des vertus suprêmes, amenant à combattre l’individualisme (Alain Laurent), confondu avec l’égoïsme (dans son sens péjoratif), mais dérivant vers des situations devenant intenables (La Grève d’Ayn Rand),
  • L’aide publique au développement, qui n’a fait qu’encourager la corruption et la perversion des mentalités, sous couvert d’altruisme (L’aide fatale de Dambisa Moyo),
  • Le système des retraites par répartition, conçu pour organiser la solidarité inter-générations, mais qui s’est fourvoyé dans son caractère profondément vicié (Le futur des retraites, Jacques Garello et Georges Lane, 3 tomes),
  • La régulation des crises, grâce aux interventions de l’État, censé venir au secours de l’économie, mais dont l’échec est patent (Crise, Dépression, New Deal, Guerre de Florin Aftalion),
  • Le mythe de la Révolution Française et de 1793, fondateur de la République, mais en réalité d’essence totalitaire (Les deux Républiques françaises de Philippe Nemo),
  • Etc. (j’en oublie sans doute).

Des tas d’articles intéressants d’autres auteurs sur ce site y auraient tout autant trouvé leur place. Je ne saurais en établir une liste tant elle serait longue, l’esprit de Contrepoints s’y prêtant parfaitement. Je note l’utilisation directe de cette expression il y a peu, dans l’excellent article de Francis Richard au sujet du SMIC suisse, qui m’a conforté dans l’idée qu’il était temps que je lance cette série. Frédéric Bastiat, à travers son « Ce qu’on voit, ce qu’on ne voit pas » y mériterait, d’ailleurs, sans doute la première place.

À vos contributions !

Il me reste ainsi tout un tas de livres à présenter (puisque c’est un peu ici ma spécialité) que j’ai en tête et dont j’alimenterai cette rubrique, sans ordre particulier, comme cela viendra. Je pourrai aussi, à l’occasion, introduire un ou deux petits articles plus spontanés (j’ai d’ores et déjà quelques idées).

Et, comme je l’indiquais en préambule, je serais ravi qu’un maximum de contributions vienne s’y intégrer, car il me semble que « l’enfer pavé de bonnes intentions » est vaste et s’applique hélas à beaucoup de choses que l’on observe au quotidien comme au fil de l’actualité. Aussi, n’hésitez pas : ce n’est pas ma rubrique, c’est la nôtre ; il suffira de numéroter votre article pour poursuivre la série. J’espère m’y instruire auprès de vous et susciter des réactions de révolte face à ce que dissimulent les apparences, souvent trompeuses, et dont on se doit de dénoncer les illusions.


Lire : L’enfer est pavé de bonnes intentions (2)

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  • Comment résister au vertige, dans votre propos est intéressant, et la matière infinie !

    Apportons donc une première pierre à l’édifice : la protection de certaines catégories de gens, qui se retourne immanquablement contre eux.

    Prenons le locataire. Dans de nombreux pays, il n’y a même pas de bail ni de garanties à fournir : on se tape dans la main, le locataire emménage. S’il fait défaut, le propriétaire peut l’expulser endéans les 8 jours. C’est sain, ça roule fort bien.

    A partir du moment où le locataire défaillant ne peut être expulsé qu’au terme de procédures ubuesques, le propriétaire doit se prémunir en ne confiant pas son bien à un chat dans un sac …

    Commence alors la farandole des certificats, avals, déclarations fiscles, empreintes digitales, contrats d’emplois … que les professionnels de l’abus du bien d’autrui contournent assez facilement, mais qui se retournent contre le brave locataire qui n’a pas tout un arbre généalogique à fournir.

    Bref, chaque fois qu’on tente de rendre le locataire inamovible, on lui claque la porte au nez.

    C’est exactement pareil avec les préavis interminables des contrats de travail, et les milles pièges où l’assassinat des « protégés » se masque des meilleures intentions.

    Un contrat, c’est avant tout l’entente entre deux parties, et la loi ferait bien mieux de ne pas s’en mêler. Mais c’est évidemment trop demander à nos tyrans.

    • « C’est exactement pareil avec les préavis interminables des contrats de travail … »

      Protéger le salarié l’empêche de trouver du travail et de négotier un salaire au prix qu’il estime sa propre valeur.

      En fait, l’état intervient dans un contrat privé : le salarié pourrait négocier une prime de licenciement. Si on cherche à limiter un abus de position dominante de l’employeur il faut taxer les licenciements excessifs (en nombre, durée d’embauche, etc …) et non pas protéger une des parties du contrat. Pourquoi l’employeur serait-il responsable d’une défaillance de l’employé ou d’une situation économique (sans que l’abus soit prouvé) et contraint à garder des employés. Ce qui n’empêche pas une allocation publique d’aide à celui qui a perdu son emploi (avec suivi, controles et sanctions).

      Le socialisme est victime de préjugés, d’incapacité de se remettre en cause et d’évoluer. Au lieu de s’imaginer comme un contre-pouvoir, il s’accroche aux dogmes et se veut LE pouvoir.

    • Pour continuer dans votre idee sur les locataires: le bail a ferme. Initialement, il etait suppose proteger le petit exploitant agricole contre le grand mechant proprietaire terrien: tres grande difficulte d’expulsion, cession privilegiee au descendant, droit de preemption, prix fixe… 30-40 ans plus tard, plus aucune terre n’est disponible a la location (en Belgique, mais je pense que la situation est similaire en France).

      Si certain contredisent cela sur base de statistiques, c’est soit qu’ils ne connaissent pas le sujet, soit qu’ils sont hypocrites. La plupart des exploitants creent deux (ou plus) societes, une detient le fonds et le loue a l’autre qui l’exploite (pour des raisons fiscales bien souvent). Donc oui, dans les statistiques, il y a bien des terres louees, mais si vous essayer d’en louer une, bonne chance!

  • Le Fair Play financier en football, qui sous pretexte d’assainir la situation des clubs va en réalité permettre aux clubs déjà riches de le rester, puisque les clubs moins ne pourront plus investir pour grandir. De sorte que sous pretexte de justice, on va en réalité permettre a une poignée de clubs de s’accaparer la majeur partie des richesses, creusant d’autant plus le fossé. (Alors qu’à la base, en quoi ça le gêne que des clubs puissent faire faillite?)

    On remarquera aussi que ce principe porte gravement atteinte aux Droits de l’Homme, ce qui semble n’émouvoir personne. En effet, l’UEFA s’est cru autorisée à interdire à un propriétaire de club d’investir son argent personnel dans SON club! C’est VOTRE club, il vous appartient, et c’est VOTRE argent, il vous appartient, mais vous n’avez pas le droit de le dépenser dans le bien qui vous appartient! Incroyable!

    Au passage, c’est Michel Platini, donc un français, le président de l’UEFA. Ce qui n’est surement pas un hasard.

    Certe, cela ne concerne que le foot, ce qui peut paraitre de moindre importance. Cependant, cet exemple est révélateur de la pensée de certain, d’autant que c’est ici particulièrement flagrant.

  • @Johan Rivaland. Excellent article, je n’ajouterai donc aucune glose inutile ; mais surtout très bonne idée, donc plutôt qu’un commentaire, (à moins que j’aie mal compris) j’ai une proposition d’article à intégrer dans la série (ce serait « l’enfer est pavé de bonnes intentions 3, 4,5  » ?) dont le sous-titre serait : « De quoi « vide juridique » est-il le nom ? »
    Il est prêt, mais n’entrerait pas dans le champ commentaire : merci de m’indiquer la marche à suivre pour vous l’envoyer -vous resterez bien sûr libre de l’intégrer ou non, voire d’en reprendre partie à votre compte, ce qui importe c’est que les idées circulent, pas leur propriété.

    • Toutes les propositions sont bienvenues… Pour une soumission de votre article, ce n’est par contre pas à moi qu’il faut s’adresser, mais directement à la rédaction de Contrepoints (redaction@contrepoints.org). Si votre article est retenu, la rédaction se chargera d’appliquer la numérotation adaptée (pour le moment, ce serait 4, un 3ème volet étant déjà proposé).
      Cordialement.

  • Une réponse possible, cher Citoyen : sous les pavés, la mer… Non ?

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