Pourquoi le libéralisme n’est pas « sauvage »

Sauvage » voilà un qualificatif dont d’aucuns aiment commodément affubler le libéralisme, surtout quand ils ne le connaissent pas. Mais qu’en est-il ? Troisième partie de la série « Ce que le libéralisme n’est pas ».

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Pourquoi le libéralisme n’est pas « sauvage »

Publié le 17 avril 2017
- A +

Par Johan Rivalland.

Il est un lieu commun de qualifier opportunément le libéralisme de « sauvage ». Un moyen commode pour ceux qui en ont peur (souvent par simple ignorance de ce qui le définit) de le sataniser, le rendre coupable de tous les maux, le décrédibiliser par avance, l’écarter de tout débat. En un mot, de le démystifier, comme s’il s’agissait d’une puissance mystérieuse, ou  l’œuvre d’une sorte de complot malfaisant visant à servir la « loi du plus fort » (nous y reviendrons dans un prochain volet).

Une organisation sociale en danger ?

Le débat (dès lors qu’il en existe un) remonte à loin.

Déjà, dans l’Antiquité, la méfiance régnait à l’égard des sophistes (dont on garde une vision très péjorative, héritée de Platon).

Ceux-ci se montraient partisans du libre-arbitre, favorables à l’accueil de nouveaux membres dans la Cité, en faveur de la libéralisation de l’économie, notamment par la suppression de l’esclavage et la promotion du travail salarié, ou encore au développement des échanges avec l’extérieur. Ils étaient, en outre, pour la pluralité des religions.

Autant de griefs qui, dans le contexte de l’époque, leur valut la méfiance d’un Aristote attaché à la stabilité de l’organisation sociale, que l’accumulation de monnaie, notamment, risquait selon lui de déliter, et qui entendait corriger les excès d’une économie marchande à laquelle il était par ailleurs favorable. Mais surtout l’hostilité d’un Platon, quant à lui précurseur de la longue tradition de l’utopie, et rejetant la logique marchande, au profit d’une logique communautaire et d’un retour à l’économie naturelle. Un philosophe qui, à travers sa « Cité idéale » défendait l’idée de la primauté du politique, de l’organisation du pouvoir par une élite, et laissant peu de place aux libertés individuelles.

Idées qui seront contestées, plus tard, notamment par Thomas d’Aquin, artisan de la redécouverte des écrits d’Aristote et se prononçant, à l’instar de ce dernier, en faveur de la défense de la propriété privée (« ce qui appartient à tous n’appartient à personne » : la propriété collective incite à la négligence, à l’abandon et à la paresse).

L’homme, un loup pour l’homme ?

Sans vouloir me lancer ici dans une histoire des idées, qui serait une bien vaste entreprise, avançons de plusieurs siècles pour en venir (très succinctement) à la célèbre opposition entre Thomas Hobbes et John Locke sur le contrat social.

Celle-ci fait suite à plus de deux siècles de domination des idées mercantilistes, qui ont prévalu dès la fin du Moyen-Âge, cherchant à accroître la puissance politique du royaume en développant sa puissance économique. Période où l’interventionnisme et le nationalisme économiques (la continuation de la guerre par d’autres moyens) ont mis l’État au centre du jeu, par les multiples réglementations et incitations diverses qui devaient stimuler l’activité économique et l’orienter. Un système construit pour et par des fonctionnaires, au service du despote éclairé, qui modernise l’économie au nom de la raison (Cromwell, Colbert).

Une conception autoritaire et ruineuse qui a échoué et laissé place alors à une nouvelle doctrine, qui avance l’idée que l’économie est régie par des mécanismes naturels, qui ne doivent pas être faussés par ces interventionnismes excessifs. Et c’est là qu’émergent les premières grandes idées libérales, basées sur la confiance en l’homme, et non sur de quelconques théories fantaisistes qui voudraient que l’on en revienne à une sorte d’état sauvage délirant.

À Hobbes qui, dans son Léviathan, justifie l’absolutisme royal par la nécessité de mettre fin à la guerre de tous contre tous dans l’état de nature en remettant, par contrat, le pouvoir à l’un d’entre eux (le droit n’existe pas dans l’état de nature), s’oppose la conception de Locke, qui propose, à l’inverse, une théorie du pouvoir limité du souverain, à travers la monarchie parlementaire, fondée sur le droit naturel.

Selon lui, dans l’état de nature, les hommes jouissent au contraire d’un certain nombre de droits, qui sont antérieurs à la société politique. Ce contrat social ne peut avoir pour effet d’abolir ces droits naturels, mais seulement de les codifier et les faire respecter efficacement. Parmi ces droits naturels, on trouve le droit de propriété. L’impôt ne peut donc, selon lui, être levé sans le consentement des représentants des contribuables (les parlementaires à la chambre des communes).

La doctrine de John Locke contient ainsi en germe les bases du libéralisme économique : défense du caractère naturel de la propriété (contre les millénaristes des premiers siècles de l’Église et l’Utopie de Thomas More, qui réclament l’instauration d’une société communiste) et liberté des échanges, qu’elle induit.

Une opposition aux privilèges

On est donc bien loin, on le voit, de cette idée de « libéralisme sauvage » insinuée un peu rapidement et avec mauvaise foi (pour les plus manipulateurs) ou ignorance (pour le plus grand nombre, sous l’effet des manipulateurs).

En réalité, le libéralisme, loin d’être une conception en faveur des plus « débrouillards », ce que sous-tend ce qualificatif de « sauvage », abandonnant les moins habiles ou les moins bien dotés par la nature, à leur propre sort (nous y reviendrons également dans un prochain volet), est une doctrine ou philosophie opposée aux passe-droits ou aux privilèges que s’accaparent certains en tirant parti d’un système en vigueur (généralement d’essence étatique).

Le seul véritable libéral ayant, d’ailleurs, été au pouvoir un jour (et pour très peu de temps, seulement deux ans, pour cause…) est Anne Robert Jacques Turgot, au début du règne de Louis XVI (1774-1776), dont il fut le ministre des Finances.

Il essaya de pratiquer une politique véritablement d’inspiration libérale, visant l’abolition des corporations, la liberté du commerce et un projet de réforme fiscale. Trois tentatives de réformes extrêmement ambitieuses qui se heurtèrent de front aux privilèges, ce qui lui valut inéluctablement d’être remercié, comme on le sait.

Le libéralisme ne doit pas être confondu avec l’anarchie

J’en arrête là avec la perspective historique (qui aurait largement pu être prolongée, certes), pour écarter une autre idée reçue, plus vague, plus floue, plus inconsciente, mais qui vient certainement perturber la question : le libéralisme n’est pas l’anarchie, au sens de « désordre » (je n’entrerai pas dans un débat de fond sur l’anarchie en tant que philosophie politique, que je connais insuffisamment).

On sait que, là encore, les adversaires du libéralisme sont des spécialistes dans le dévoiement des idées. Sans passer en revue ici les idées de tous les auteurs se réclamant du libéralisme, ce qui serait très long et très difficile, soulignons simplement la caricature qui est faite, à dessein, de l’idée de « main invisible » énoncée chez Adam Smith. Loin d’être cet artisan de la défense de je ne sais quel égoïsme patenté que l’on serait tenté de condamner, il s’agit d’un auteur infiniment plus nuancé et humaniste que ce que certains voudraient faire croire.

Et pourtant, il sert souvent de référence (tronquée) pour dénoncer ce libéralisme « sauvage » largement fantasmé dont il est ici question.

Or, non seulement les libéraux ont confiance en l’homme, mais ils s’appuient sur une conception contractuelle des rapports humains. Ce qui repose, bien évidemment, sur un certain nombre de règles et sur le respect des droits d’autrui, à la base de toute société civilisée (et non sauvage). Et c’est en ce sens que l’on ne peut parler de « désordre ».

Si je reprends la présentation que l’Institut Coppet faisait du Dictionnaire du libéralisme de Mathieu Laine et Jean-Philippe Feldman sur ce site en 2012, voici ce que l’on peut y lire :

Prétendre que le libéralisme traduit une absence de règles, témoigne d’une complète incompréhension de l’ordre naissant, spontanément, des actions de chacun et des interactions des hommes entre eux. Des règles existent bien (le libéralisme n’est donc pas un anarchisme, pris au sens d’absence de norme), mais elles sont découvertes dans la compréhension de l’agir humain et du processus de civilisation. Hayek les qualifie de « règles de juste conduite ».

Et, comme le rappellent les auteurs, ce sont ces rapports contractuels et le libre commerce qui ont permis de rapprocher les hommes, favoriser les harmonies naturelles, et éviter les guerres (dont le mercantilisme, évoqué plus haut, était loin d’être exempt). Tout le contraire du pillage et des prédations (qui ont pourtant, hélas, encore lieu en certains endroits de la planète aujourd’hui), qui ne conduisent qu’à la destruction, au malheur et, en définitive, à l’anéantissement. Tout le contraire de l’arbitraire ou de toutes ces théories constructivistes qui entendent changer l’homme…

Alors, où est la sauvagerie ?

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  • « Alors, où est la sauvagerie ? »
    -dans le monde tel qu’il est, avalisé et inspiré par Hayek et Friedman à partir de la fin des années 70.
    -dans le laboratoire expérimental de leurs concepts initié par Mr Pinochet.
    -dans la nature humaine indomptable et agressive dès que sa survie est en balance.
    -dans la guerre économique (compétition louée par le libéralisme) qui a remplacé en partie seulement, les guerres réelles avec des armes.
    -dans la concentration des richesses aux mains de certains, louée par le libéralisme, qui privent les faibles en créant des conditions de soulèvement.
    …..
    utopie mon amour…

    • Pauvre petit ignorant, je vous renvoie vers l’article sur Friedman et le Chili qui montre comment c’est justement Friedman, qui ne soutenait pas Pinochet mais qui soutenait le libéralisme économique qui a réussi à faire changer Pinochet et à developper une économie qui fonctionne que même ceux qui ont renversé Pinochet par la suite n’ont pas remis en cause et qui continue d’être application dans ce pays le plus riche d’Amérique du sud.
      Mais bon vous faite partie de ceux qui préfère diriger les autres plutôt que de s’assumer par eux-mêmes ….

      • Excusez moi d’avoir écorné votre rêve, j’ignorais également que ça vous tenait tant à cœur.
        L’article Wikipedia, plus objectif, ne vous intéressera sans doute pas:
        « Plusieurs critiques ont contesté le terme de « miracle », qualifié de « mythe » »

        Comme dans tout, du positif , du négatif sauf le libéralisme, pardon ! 🙂

        • Il suffit de lire les statistiques, disponibles. Cessez donc vos affirmations péremptoires mais fausses! Quant aux critiques elles émanent des communistes qui ne pardonnent pas à Pinochet d’avoir empêché leur coup d’état anti-démocratique visant à imposer leur dictature totalitaire sur le Chili.

    • Le libéralisme ne prive pas les faibles! Cette escroquerie qui prétend que le riche s’enrichit en appauvrissant les autres ne tient pas debout puisque l’histoire prouve le contraire! Tout le monde s’est enrichi depuis la révolution industrielle!

      • Oui, lol, pardon pour le lol…
        l’enrichissement n’est pas du au libéralisme mais à l’énergie bon marché et abondante.
        certes , sans liberté d’entreprendre , l’énergie seule n’aurait servie a rien mais le libéralisme seul n’aurais pu permettre cet enrichissement global. Il fallait les deux et il est plus facile d’être libéral dans l’abondance, lorsque chacun à le sentiment que sa part du gâteau ne dépend que de lui et ne nuit pas à autrui.
        attendez un peu que ça se recontacte au niveau ressources énergétiques et vous ne tiendrez plus le même discours.
        Les inégalité de richesses vous paraîtrons insupportables.

        Alors oui le riche traine les pauvres dans son sillage et tout le monde s’élève en richesse mais il n’empêche que l’inégalité d’accroissement de richesse en faveur du riche provient de ce qu’il n’a pas donné au pauvre et non de sa propre action personnelle (travail).

  • Quel beau point godwin monsieur l’If… je crois que vos connaissances en libéralisme me semblent obscurcies par la doxa socialiste qui règne en France depuis plus de 60 ans. C’est dommage vous avez lu l’article. Peut être pourriez vous aller plus loin ?

    • « Quel beau point godwin monsieur l’If… »
      Ah !? où ça, où voyez vous des « analogies extrêmes », majestueux cèdre atlas ? 😉

      • Cher monsieur (?) taxusbaccata,

        Je constate que vous entrez dans la parfaite définition du profil que je dresse en introduction de l’article (je vous laisse relire).

        Libre à vous, bien naturellement, de penser ce que vous voulez. Et je n’espère absolument pas vous faire changer d’avis ; je n’ai pas cette prétention.
        Ayez cependant, au moins, l’honnêteté de ne pas afficher des affirmations fausses, gratuites (et non argumentées) du type : « la guerre économique », qui serait selon vous louée par le libéralisme. J’ai tenté de montrer le contraire… Pouvez-vous dire où vous avez vu des libéraux louer la guerre économique ? (je dis bien des auteurs libéraux eux-mêmes, et non ce qu’en disent leurs adversaires).
        Même chose pour l’affirmation suivante : « la concentration des richesses aux mains de certains, louée par le libéralisme ». Où avez-vous vu cela, si ce n’est dans les propos de ceux qui expriment sans doute leurs propres fantasmes et ne cherchent qu’à rendre inaudibles leurs adversaires décrétés ?
        La philosophie libérale est justement tout le contraire. Ce que vous décrivez correspond plutôt à d’autres conceptions, tout à fait contraires, que l’on peut en effet observer ailleurs (Nomenklaturas, clientélisme, favoritisme, capitalisme de connivence, etc., toutes formes de compromissions justement opposées à ce qu’est une conception libérale des choses et qui n’a pas besoin d’une quelconque forme de philosophie pour émerger. La raison d’être d’une philosophie est justement de raisonner et de montrer par l’argumentation l’absurdité ou le caractère condamnable de telles attitudes).

        Je suis, donc, tout à fait prêt à accepter vos remarques (et elles sont bienvenues), mais il me semble qu’il y a beaucoup trop d’affirmations gratuites dans vos propos, et pas assez de véritables arguments. En bref, il est impossible de répondre à des tas d’affirmations qui s’enchaînent ainsi de manière très commode, sous forme d’idées reçues (car la liste ci-dessus est le parfait prototype de ce que l’on est habitué à lire ici ou là et voir répété à souhait, sans véritable recul ou réflexion). Et c’est bien ce qui a, d’ailleurs, motivé ma démarche en créant cette série (dont je sais bien qu’elle est, d’une certaine manière un peu vaine, mais cela ne me décourage pas).

        • Oui je suis un Monsieur 😉
          Vous m’excuserez de ne pas rentrer dans le rôle ideal du libéralisme.
          1)Nous sommes mondialement et globalement dans une économie libérale et capitaliste, que vous le revendiquiez ou non.
          2) Ensuite j’observe le monde dans lequel je vis et fait le lien avec le 1)
          je n’idéalise rien, j’observe et cela vous parait gratuit, observez mieux, sans déformation idéologique.

          Le libéralisme idéalisé c’est comme le communisme idéalisé, ça ne reste que des perfections au pays des idées.
          Dans les faits, il y a redire…

          • Que nous soyons, « globalement », dans une économie capitaliste, oui certainement (mais quelles formes de capitalisme, à discuter). Une économie « libérale », en revanche, tout dépend de ce que vous mettez derrière ce vocable. Et c’est là que le bât blesse. Si l’on prend le cas de la France, une Economie où le poids de l’Etat est si important, les dépenses publiques si fortes, les déficits et l’endettement si élevés, les prélèvements obligatoires toujours croissants, les interventions économiques si permanentes, il est difficile d’affirmer que nous avons affaire à une économie libérale. Et la France est loin d’être la seule dans ce cas.

            J’observe aussi le monde dans lequel nous vivons, tout comme vous. Je n’idéalise rien non plus. Et je ne défend aucune idéologie. Je ne me contente que de présenter des argumentations que je ne présente jamais comme des vérités absolues.
            Quant aux idées, je pense qu’elles sont importantes. De grands auteurs ont débattu durant des siècles, ont influencé forcément la marche du monde (parfois de manière terrifiante). On ne peut s’en moquer.

            Enfin, pour revenir sur l’idée de « guerres économiques », évoquée précédemment, précisons que le libéralisme se distingue de toute forme de nationalisme. Il s’intéresse aux individus. Il ne peut donc défendre l’idée de guerre économique, consubstantielle, par nature, aux Etats (ce qui faisait le caractère des théories mercantilistes, basées sur la puissance de l’Etat et la recherche de leur enrichissement pour financer les guerres et l’extension des royaumes. Théories à l’encontre desquelles sont apparues les premières grande idées libérales, comme je l’évoque dans l’article).

            • « Enfin, pour revenir sur l’idée de « guerres économiques », évoquée précédemment, précisons que le libéralisme se distingue de toute forme de nationalisme.
              Il s’intéresse aux individus. Il ne peut donc défendre l’idée de guerre économique, consubstantielle, par nature, aux Etats (ce qui faisait le caractère des théories mercantilistes, basées sur la puissance de l’Etat et la recherche de leur enrichissement pour financer les guerres et l’extension des royaumes. »

              Comme quoi il faut se méfier des mots et du sens qu’on leur donne dans ce petit espace de liberté…
              je voulais parler de guerre économique inter- entreprises dans l’économie mondialisée, où les états ont de moins en moins de poids dans cette arène mondiale.

              J’aimerais bien mais je pense que vous ne parviendrez à trouver les arguments pour m’ôter l’idée que le capitalisme broie l’individu auquel vous vous intéressez justement, et moi aussi, ça tombe bien ! 🙂
              Souffrance au travail, perte de sens , relation contractuelle avec l’employeur déséquilibrée, privation de liberté sous le chantage de gagner sa subsistance (salaire), etc…
              Je ne nie pas l’accroissement des richesses , ni l’accroissement des inégalités d’ailleurs 😉

              Il y a du bon et pas mal de mauvais à laisser libre l’économie capitaliste.
              Je ne comprend pas que l’on défende le capitalisme sous le seul argument que c’est mieux que le communisme, quand on observe les dommages collatéraux du capitalisme.
              C’est sur le négatif du capitalisme que je ne trouve pas du tout objectif les libéraux, en général, vous ne le voyez pas.
              Seule l’idéologie empêche une vision impartiale.

          • Non mais quel comique !

            L’observation des faits, justement, démontre que le monde va nettement mieux quand il est plus libre et plus capitaliste.
            Tenez, instruisez-vous : https://www.contrepoints.org/2017/01/03/276607-bonnes-nouvelles-dont-on-ne-parle

            De même, la prospérité moderne, l’incroyable explosion du niveau de vie des hommes, la sortie de la pauvreté sont apparues depuis que le monde est plus libre et plus capitaliste.
            Tenez, instruisez-vous : https://www.contrepoints.org/2017/01/04/276656-sortir-de-pauvrete-miracle-de-prosperite-moderne

            Ce sont des FAITS. Les fanatiques idéologues sont les gens comme vous qui préfèrent se voiler la face et ignorer ces FAITS pour mieux promouvoir des idées liberticides.

            • Lisez ma réponse de 16h34 et vous verrez que je n’ignore rien et que c’est plutôt les libéraux qui sont fanatisés, au moins certains, ne généralisons pas.

              La prospérité n’amène pas nécessairement le bonheur.
              Question d’aspiration.
              Si la prospérité vous suffit et que peut importe si cela génère du malheur en cours de route, et bien nous n’avons pas les mêmes aspirations pour la société et pour les individus.

              Enfin, vous me comprenez ???

              • Ce que vous appelez, plus haut (15h34) « guerre économique inter-entreprise » ne peut-il tout simplement s’appeler « concurrence » ? Et dans ce cas, sauf à considérer un système de monopole ou de planification à la soviétique, que proposez-vous ?

                Par ailleurs, les problèmes de la souffrance au travail, de la perte de sens, de la nécessité de « gagner sa subsistance », sont-il spécifiques au capitalisme ?
                Et où voyez-vous que Raphaël, dans son intervention ci-dessus, prétend que la prospérité amène nécessairement le bonheur ?
                Nul, ici, n’a prétendu que la capitalisme libéral était parfait. Et nul n’a nié les multiples problèmes qui restent perpétuellement à régler. Nul système, d’ailleurs, si ce n’est de quelconques sectes j’imagine, ne prétend mener à un paradis terrestre. Ou cela se saurait.
                Je crains, donc, que vous ne fassiez un mauvais procès à un système qui ne se prétend pas parfait et est perpétuellement à la recherche d’amélioration des conditions. Qui ne mérite donc pas d’être ainsi satanisé.

                • « Nul, ici, n’a prétendu que la capitalisme libéral était parfait. Et nul n’a nié les multiples problèmes qui restent perpétuellement à régler. »
                  Merci de votre objectivité, alors ne proposez plus la capitalisme comme la panacée à longueur d’articles ou de commentaire. (pas vous en particulier, en majorité)
                  Le capitalisme est pour l’instant le moins pire que l’on connaisse, me va bien.
                  Je n’en demande pas plus pour l’instant que cette reconnaissance d’imperfection qui ouvre enfin la porte a des améliorations dans les esprits libéraux.
                  Je pense malheureusement que votre positionnement est minoritaire vu certains retours.

                  Salutations,

                  • La reconnaissance de l’imperfection est pourtant l’un des fondements de la philosophie libérale. Bref, vous avez beaucoup de préjugés et d’idées reçues sur les libéraux.

                    Comme l’a superbement démontré Hayek, la recherche de la perfection est une posture utopique qui conduit aux pires tyrannies.

                    • « Bref, vous avez beaucoup de préjugés et d’idées reçues sur les libéraux. »
                      Je ne fais que constater ce que « vous » en faites du libéralisme économique, puisque cela semble être la porte d’entrée du libéralisme dans la vie des gens.

                      « la recherche de la perfection est une posture utopique qui conduit aux pires tyrannies »
                      Absolument d’accord, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas d’intention, sinon rien ne change, vous entérinez la situation.
                      délicat dosage…

              • Le bonheur est une affaire personnelle, ça n’a aucun sens de vouloir le relier au système capitaliste.

                En revanche, on peut s’intéresser à la question du bien-être, pour aller au-delà des conditions matérielles des individus : espérance de vie, santé, éducation, alphabétisation, etc. Et si vous aviez eu la curiosité de visiter les liens que je vous ai mis, vous auriez pu constater que, sur toutes ces questions, le monde va nettement mieux depuis qu’il est plus libre et capitalistes. Ce sont des FAITS.

                De même, une bonne mesure du bien-être est l’Indice de Développement Humain (IDH) : eh bien figurez-vous qu’on constate une parfaite corrélation entre le degré de liberté économique et le niveau d’IDH. Les pays les plus libres sont ceux qui ont l’IDH le plus élevé. Là aussi ce sont des FAITS.

                Faits que vous ne voulez pas voir, vraisemblablement par fanatisme liberticide.

                • « Faits que vous ne voulez pas voir, vraisemblablement par fanatisme liberticide. »
                  Mais si, mais si, je les vois et les admets, n’extrapolez pas outre mesure, ne me caricaturez pas svp.

                  « Le bonheur est une affaire personnelle, ça n’a aucun sens de vouloir le relier au système capitaliste. »
                  le sens que ça a est que chaque individu passe la majorité de sa journée en entreprise capitaliste sauf exception.
                  Chaque individu est soumis à une pression et à une privation de liberté librement consentie sous peine de crever de faim, etc…la vie en entreprise n’est pas nécessairement rose et joyeuse .
                  Ce malheur généré par l’entreprise capitaliste (puisqu’il ne reste que des entreprises capitalistes, en gros de part le monde), est ce que je voudrais vous entendre reconnaître et vouloir solutionner positivement.
                  Si vous voulez, ça ne saute pas aux yeux que « vous » souhaitez améliorer le sort des petits, coincés dans le capitalisme hégémonique.

                  • « puisqu’il ne reste que des entreprises capitalistes, en gros de part le monde »

                    Vous vivez sur quelle planète, vous ?
                    Le premier employeur d’Europe est la fonction publique. En France, les postes de fonctionnaires représentent 20% des emplois.

                    Et si vous vous intéressiez vraiment à la question de la souffrance au travail, vous sauriez par exemple que la profession où le taux de dépression (et le nombre de suicides) est le plus élevé est… l’enseignement. Je ne savais pas que les enseignants étaient victimes dans leur travail d’un capitalisme hégémonique…

                    Bref, ça ne saute pas aux yeux que vous vous intéressiez sincèrement à la souffrance au travail. Ce qui saute surtout aux yeux c’est votre anti-capitalisme primaire.

                    • « Ce qui saute surtout aux yeux c’est votre anti-capitalisme primaire. »
                      pas touche au dieu capitalisme, c’est ça ? On ne peut émettre aucune critique ?

                      Voyez comme vous êtes objectif…, je n’ai jamais dit qu’il n’y avait que le capitalisme qui crée de la souffrance au travail, juste je choisi de me centrer sur ce problème pour tenter de trouver des solutions avec vous.
                      Mais pour cela il faut déjà que vous soyez conscient des problèmes…

                      et la faiblesse des moyens dans l’enseignement, face à l’ampleur de la tache, n’a certainement rien a voir avec les choix de répartition des richesses, choix dictés par le capitalisme et non par le citoyen de base.

  • Ne pas oublier que le libéralisme repose sur le respect des lois et des contrats!

    • Exact mais désequilibrés en rapport de force

      • En quoi le libéralisme peut-il être déséquilibré en rapport de force ?
        Vous auriez une proposition contraire qui permette d’améliorer les choses ?

        • Le discours libéral entérine le capitalisme tel qu’il est aujourd’hui, entérine le pouvoir implicite de celui qui possède un gros capital sur celui qui ne possède rien.
          Il y a une relation de domination du capital sur le non possédant , cette relation est déséquilibrée en rapport de force.
          Certes les non possédants peuvent ne pas accepter les conditions de travail proposées par le possédant, s’ils les jugent inacceptables mais dans les faits, il faut bien manger.
          A mon sens, ce chantage à la survie et cette disproportion de rapport de force est contraire au libéralisme.

          Par ailleurs le contrat de travail qui est un contrat d’appartenance et de subordination à un autre personne, sous prétexte qu’elle lui distribue quelques subsides, ne me semble pas non plus être un bel exemple de libéralisme.
          Admettez vous ce point de vue ?

          • « Le discours libéral entérine le capitalisme » vous semblez super renseigné sur le libéralisme qui semble votre spécialité ! Mieux que moi en tout cas, j’en été resté là :
            https://www.contrepoints.org/2015/12/19/233163-le-capitalisme-nexiste-pas-2

            • Ca dérange a lors évacue le problème par une pirouette ? 🙂
              non pas vous !
              Il n’y a plus de capitalisme donc plus de problème inhérent au capitalisme, c’est pratique.
              Ouf, le libéralisme reste immaculé.
              Le libéralisme est ce que les gens pratiquent et revendiquent, ici et ailleurs, et pas ce qu’il « devrait être » dans les livres.
              Vu comme ça le communisme est bien aussi…

              Par capitalisme j’entend une pratique qui entérine que le capital accumulé produit des intérêts ou des dividendes.
              Selon cette définition, le capitalisme existe encore et toujours, plus que jamais.
              Avec mon livret A je suis capitaliste.
              Avec ses 39 milliards Liliane Betancourt est capitaliste.
              Lequel des deux, grâce a son capital accumulé qui est réinjecté dans la vie économique, a le plus de pouvoir de bienfaisance et de pouvoir de nuisance ?
              Avec mon livret A, déresponsabilisant, je ne maîtrise pas précisément l’usage qui est fait de mon argent mais vu la somme investie mon pouvoir de bienfaisance ou de nuisance réel reste négligeable mais pas nul. Je me sens responsable de cette action.

              Liliane Bettancout, si elle gérait elle même ses affaires, aurait elle même la responsabilité et le pouvoir d’agir sur la vie de milliers de gens au travail dans ses entreprises.
              Luxe suprême du capitaliste, déléguer la gestion de sa fortune, comme je fais avec mon livret A au fond.

              Seule une notion l’échelle nous différencie elle et moi.
              sauf que cette différence d’échelle change tout sur le pouvoir que nous avons l’un et l’autre sur la vie d’autres individus.

              Moi je n’en ai quasiment aucun avec mon livret A, elle en a un immense.
              Le capitalisme c’est cela, le pouvoir que le capital accumulé offre sur la vie d’autres individus. Il peut les contraindre à réaliser un objectif qui nous sied, ou les contraindre à accepter des conditions de travail qui ne leur sied pas.
              contrainte et libéralisme je ne sais pas mais il y a un truc qui me gène, pas vous ?
              Comment voyez vous la problématique ?
              Pourquoi ne tarissez vous pas d’éloge à longueur d’article sur les bienfaits du capitalisme qui sont réels.
              Mais pourquoi ne parlez vous jamais du revers de la médaille du capitalisme ?

  • Je partage ce qui est dit néanmoins je m’interroge pourquoi le libéralisme qui repose sur la praxis et le naturel ne se réalise pas pleinement alors ? Est-ce que ces autres aspects décrits (interventionnisme, protections, divisions, etc) ne sont pas tout aussi naturels et faisant partie de la panoplie des actions humaines. Donc en poussant un peu plus loin le raisonnement le libéralisme ne veut pas changer l’homme mais pour que son application soit possible il faudrait que chaque homme ait les qualités du libéral ce qui finalement reviendrait à vouloir changer l’homme aussi. C’est impossible alors comme disait ma grand-mère comme toutes les autres il faut de tout pour faire un monde.

    • « Je partage ce qui est dit néanmoins je m’interroge pourquoi le libéralisme qui repose sur la praxis et le naturel ne se réalise pas pleinement alors ?  »

      Il se réalise á hauteur de l’espace que l’on lui concède.
      57% du PIB est étatique, passez le á 20% et il se réalisera encore plus.

      • Je suis vraiment trop cloche il suffirait donc que « on » réduise l’interventionnisme et hop qui voilà : le libéralisme. C’est sûr qu’avec des incantations pareilles le libéralisme va progresser.

        • Indivisible,

          « Changer l’homme » fait référence, malheureusement, à des théories qui impliquent un certain recours à la force et/ou à la coercition, et ont hélas débouché sur des tentatives de mise en oeuvre qui se sont soldées par des morts massives. Je pense, en particulier, à toutes les expériences se réclamant, de près ou de loin, au communisme.
          Les idées libérales sont, par nature, tout à fait opposées à de telles perversions. Leur mise en oeuvre ne peut résulter que de l’assentiment de ceux qui veulent bien adhérer à son esprit.
          Or, non seulement cela ne va pas de soi et ses ennemis sont nombreux, mais il est difficile d’envisager une « pleine réalisation », selon ce que vous suggérez, dès lors que le système tel qu’il fonctionne depuis plusieurs décennies ne le permet pas, trop d’intérêts étant en jeu. C’est aussi le fruit du libre jeu démocratique. Et vous avez raison de souligner que les demandes de protection, d’intervention, font partie de la panoplie des aspirations humaines. Après, tout est question d’argumentation, de dosage (d’où la remarque de Mélissa H), de pouvoir en place (et aussi d’intérêts politiques, de lobbying, de connivences, de pouvoir bureaucratique, de certaines formes de populisme, de promesses électorales bien tentantes, de sacralisation de l’Etat, etc.) Les explications sont certainement nombreuses. Mais une explication plus convaincante pourra peut-être vous être apportée à la lecture du dernier livre d’Olivier Babeau, « L’horreur politique », dont je suis en train de préparer une présentation pour d’ici une semaine ou deux probablement, sur ce même site…

          • Moi je suis convaincu des apports positifs du libéralisme et des dégats du constructivisme forcé mais ceux qui ne le sont pas, ne le sont pas que par ignorance. Par exemple je ne peux pas exclure qu’en installant une population de libéraux sur île habitable et accueillante qu’il n’apparaisse pas à terme des divisions qui pourraient peut-être même conduire à l’existence d’un socialisme par exemple. Je veux dire par là de manière schématique que le libre échange et la liberté sont une face de la pièce et les divisions (maintien de la diversité) sont l’autre face, la pièce étant les socitétés humaines. Dans ce cas le libéralisme est logiquement limité est variable dans son application. Alors lorsqu’on dit qu’avec le libéralisme il n’existerait pas ceci ou cela j’ai envie de dire que c’est faux la preuve puisque le libéralisme préexistait au socialisme. C’est bien la diversité qui est efficace comme le pense les libéraux mais pas seulement dans le spectre de la liberté me semble t-il.

            • « Par exemple je ne peux pas exclure qu’en installant une population de libéraux sur île habitable et accueillante qu’il n’apparaisse pas à terme des divisions qui pourraient peut-être même conduire à l’existence d’un socialisme par exemple. »

              Oui, dans une société libérale, rien ne l’empêche en effet. Le contraire n’étant pas vrai…
              http://www.quebecoislibre.org/14/140915-2.html

  • Votre article est pas mal, relativement documenté. Il contient évidemment une erreur, mais que vous reconnaissez humblement vous-même. Mais peu importe, au final.

    A lire beaucoup de libéraux, sur Contrepoints ou facebook, ainsi que leurs adversaires, je vois les éternels affrontements capitalisme/collectivisme avec des arguments dans chacun des camps, aucun camp ne parvenant à convaincre l’autre. Et c’est comme ça, tant mieux ou tant pis, peu importe, c’est juste une réalité. Et c’est normal, je crois, que nous n’ayons pas tous le même avis sur tout. Bref.

    Il existe une solution, finalement susceptible de convenir à TOUS : plutôt que de se battre pour la tête d’un même territoire, d’où les luttes stériles et incessantes, et si nous divisions le territoire en deux ? En dix ? Etc. ?

    On comprend immédiatement que la base du respect, qui n’est que le socle des rapports humains, réside dans l’acceptation de l’autre, et donc sa reconnaissance. Il a le droit d’être communiste ! J’ai le droit de ne pas l’être ! Ne vivons simplement pas sur le même terrain et voilà !

    Par conséquent, et si tant est qu’un libéral se batte pour la liberté de chacun de nous, libéraux ou non, la mesure libérale N°1 est et n’est que la proposition de partition (ou sécession) du Territoire… Ce qui, précisément, définit, ni plus, ni moins… l’anarchie.

    En conclusion, je crois en effet que vous vous trompez quand vous dites que le libéralisme, ce n’est pas l’anarchie ; j’aurais plutôt écrit, si j’avais été à votre place : « Le libéralisme, ce n’est pas le chaos ».

    • Détrompez-vous, NaturalDreamer : il n’est pas question de divisions de territoires. Je fréquente au quotidien des gens aux idées politiques et philosophiques très opposées (mais ne parle jamais de ces sujets). Et il n’est pas, pour moi, question d’affrontements, ni de chercher à convaincre… plus simplement et modestement à remettre en cause ici des idées reçues (qu’on y adhère ou non, mais au moins corriger les fausses assertions). Pour le reste, je respecte en effet les idées de chacun. Corriger les fausses assertions doit permettre d’au moins assainir des débats, en évitant de caricaturer certaines idées et rendre inaudibles ceux qui s’en réclament, ou encore de cesser d’induire les gens en erreur en utilisant des mensonges ou subterfuges (car les affirmations que je développe dans cette série sont toutes des armes de destruction destinées à faire peur, extrémiser, faire taire par avance ceux qui penseraient différemment de ceux qui instrumentalisent ainsi les idées).

      • Merci pour votre réponse, Johan.

        J’ai bien peur que vous ne m’ayez pas compris : il est possible que je me sois mal exprimé. Je vais tenter une autre approche, si vous le permettez.

        Votre article s’intitule : « Pourquoi le libéralisme n’est pas sauvage ». En clair, vous tournez, le plus souvent fort juste, autour de l’idée de dé-diaboliser le libéralisme. L’idée en est très bonne, certes, mais (hélas), vous dé-diabolisez Pierre pour diaboliser Jacques… qui sont deux frères jumeaux. En diabolisant une philosophie que vous avouez vous-même ne pas connaître (mais, quand bien même vous ne la connaissez pas, vous la citez et prétendez que « le libéralisme, ce n’est pas l’anarchie »), vous prêtez le flanc à une critique que j’aurais pu faire infiniment plus agressive, tant j’évite, personnellement, de parler de concepts dont je ne maîtrise pas les principaux aspects.

        Je vous ai juste démontré, par A + B que l’anarchie est la seule forme politique compatible à 100 % avec le libéralisme. Par un exemple simple à comprendre, la sécession. Par conséquent, affirmer que : « Le libéralisme, ce n’est pas l’anarchie » est, dans le meilleur des cas, enfantin. C’est tout.

        • Le bon vieux Mises, qui ne proposait pas de raisonnement « enfantin » il me semble, considérait que libéralisme et anarchie étaient incompatibles.

          • Quoi de plus libéral que : « Ni Dieu, ni Maître » ? Ca m’interpelle…

            Par ailleurs, Mises, comme vous ou moi avait lui aussi certainement des zones d’ombre. Soit Von Mises n’avait pas compris ce qu’est l’anarchie (cela exige de hautes capacités d’abstraction), soit il en avait une image « de gauche » car, à cette époque, l’anarchie était régulièrement récupérée par les gauchistes.

            Par exemple, je suis moi-même un anarchiste (un libertarien, pour tout dire) et pourtant, à chaque fois que je discute avec un « anar de gauche », j’ai envie de le cogner. Parce que, prétendre être « anar » et en même temps défendre la sécu, faut quand même pas avoir tout compris à tout !

            Mais, dans mon intervention, je n’ai pas voulu citer les auteurs libéraux ; j’ai fait une rapide démonstration rhétorique… que certains comprendront et d’autres pas. Rothbard était en désaccord d’ailleurs avec Von Mises, justement sur ce genre de détails, preuve (s’il en est) que Mises ne détenait pas la vérité sur tout…

            • Parce que bien entendu, Rothbard, lui, détient la vérité…
              Les anarchocapitalistes sont impayables !

              La vérité est tout autre : la philosophie libérale a toujours été une réflexion sur l’autorité de l’État et les moyens de la contenir. L’anarchie, en faisant disparaitre l’État, se situe en dehors du champ classique du libéralisme. Ce n’est que grâce à un tour de passe-passe ontologique que les anarchocapitalistes parviennent à faire entrer l’anarchie dans le champ libéral.

              Je précise que j’ai beaucoup de sympathie pour les idées libertariennes. Vraiment. Mais quand les anarchocapitalistes viennent nous expliquer qu’ils sont les seuls vrais libéraux, ça me fait doucement sourire…

              • J’ose espérer que vous avez mis (juste un peu) de mauvaise foi dans votre réponse et je vais expliquer pourquoi.

                La première chose, si vous me lisez attentivement, c’est que je ne prétends nullement que Rothbard détient la vérité. A aucun moment. J’illustrais juste (puisque vous avez dégainé Mises en premier…) qu’il n’y a pas consensus entre ces auteurs sur l’équation de Von Mises.

                Si vous avez lu ma première réponse, vous aurez remarqué que je ne prétends pas faire disparaître l’Etat. Je propose simplement de partitionner la France en PLUSIEURS « Etats », selon la volonté et les desiderata des individus d’un même territoire. Et l’anarchie, ça n’est rien d’autre.

                Ai-je prétendu être le « seul » vrai libéral ? Je ne crois pas. J’ai simplement démontré, philosophiquement, que la seule façon d’être respecté est de respecter notre voisin, quand bien même il est communiste (par exemple). Et je vous avoue qu’en dehors de la sécession, je ne vois pas, en pratique concrète, comment je pourrais COHABITER (« vivre ensemble ») avec cet individu et ses règles. Et, je pense, inversement.

                Je suis convaincu que le libéralisme est une philosophie et non une « politique ». C’est une idéologie au sens propre du terme. Simplement, la seule application pratique, concrète, politique allant à 100 % dans le sens du libéralisme, qu’il soit rothbardien ou autre, c’est la partition. Dans cette optique, je vous avoue qu’on s’en fout que je sois « libéral », « libertarien » ou bien « anarchiste ». Je n’utilise ces termes qu’à titre indicatif, en souhaitant que celles et ceux qui me lisent les comprennent.

                Ceux qui essaient de « bricoler » un vivrensemble à tout prix (Etat Central, donc imposé) mais avec (un peu) de liberté ne me font pas sourire. Ce sont, à mon sens, et si tant est qu’ils s’arquent-boutent à résister à la sécession pure et simple d’une partie du Pays, les pires ennemis de la philosophie libérale.

                En revanche, si j’ai droit à la sécession, alors, je vous avoue que ça ne m’intéresse pas (mais alors pas du tout) de savoir si vous êtes « plus » ou « moins » libéral que moi… Mais alors, je m’en fous complètement.

      • Je lis ceci :

        « C’est donc en faisant preuve de curiosité, en apprenant, en s’informant, en faisant appel aux faits et au bon sens, ainsi qu’à la rigueur d’esprit, plutôt qu’aux clichés ou argumentaires tout faits et autres slogans réducteurs, qu’on est à même de transmettre à son tour, de faire réfléchir puis faire adhérer aux idées de liberté ceux, nombreux, qui n’ont pas forcément pris conscience de ce qu’est la véritable liberté. »

        Dans « Libres !! », page 203 et c’est signé par vous…

      • « Détrompez-vous, NaturalDreamer : il n’est pas question de divisions de territoires. »

        Bah, et pourquoi pas ?
        http://www.quebecoislibre.org/14/140915-2.html

  • Merci à l’auteur pour cet article qui va à l’essentiel. Il me rappelle que le choix d’un régime libéral s’offre aux hommes qui sont supposés avoir une conscience ; il en résulte pour chacun une capacité d’actions spontanément justes. Finalement, j’en retiens que le choix d’un régime libéral n’est pas une option : dans un processus de civilisation, il semble bien que ce soit le seul choix possible pour éviter de rester coincés dans une impasse d’évolution.

  • Malheureusement, la sauvagerie est une loi naturelle elle aussi. Donc liberalisme ou pas, il y aura toujours de la sauvagerie.

    https://www.nature.com/articles/nature19758.epdf?referrer_access_token=SEoqUil-FecxtJKnoxEQqtRgN0jAjWel9jnR3ZoTv0MV6-Ms_XF0JyPRKMYcJKvFhPSIdgXOYeP3RC5HEB7h0T5NLcurSCeAl4WL-BAPhBCObKfkTfOJG0aFgIIbQKMDMGjotXRq_sFlEuMohQL1U5XOkjn1GDW5TpB9yKiJTDTMmeyYkRYeoMS2rXx7qo3bxm6c3-
    via
    https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/evolution/le-plus-meurtrier-des-mammiferes-est-le-suricate-loin-devant-l-homme_105328

    Maintenant, comment peut on la contenir (prevention, detection, condamnation, reparation) ? c’est la l’enjeu politique de n’importe quelle idéologie, et le libéralisme n’y échappe pas.
    quels sont les moyens dédiés à la prévention par le libéralisme, par exemple ?

    Dans un pays comme la Corée, comment le libéralisme pourrait proposer un contre pouvoir convaincant contre l’enormissime main mise de Samsung sur le pays ?

    Facile de faire des élucubrations
     »
    Et c’est là qu’émergent les premières grandes idées libérales, basées sur la confiance en l’homme, et non sur de quelconques théories fantaisistes qui voudraient que l’on en revienne à une sorte d’état sauvage délirant.
     »
    mais ça n’apporte aucun début de réponse au vrais problèmes.

    • Que je n’ajoute pas d’élucubrations inutiles, que proposez-vous quant à vous, donc, face au « problème » Samsung ?

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