La descente aux enfers de l’industrie française

La France est le pays d’Europe où la part de l’industrie dans le PIB est maintenant la plus faible, et elle est aussi, le pays où les dépenses publiques sont les plus fortes et les prélèvements obligatoires les plus élevés .

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Grandeur et Décadence By: Claude Prélat - CC BY 2.0

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La descente aux enfers de l’industrie française

Publié le 19 octobre 2018
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Par Claude Sicard.
Un article d’Entrepreneurs pour la France

L’économie française fonctionne au ralenti : elle est comme bloquée dans son développement. Tous les symptômes sont là : une croissance ralentie, un taux de chômage très élevé que les gouvernements successifs ne sont pas parvenus à réduire, une balance commerciale régulièrement déficitaire, et un État qui s’endette un peu plus chaque année pour boucler ses budgets. Et l’INSEE qui dénombre en France plus de 8 millions de pauvres.

D’où viennent donc les difficultés de l’économie française ? Les économistes tardent à nous l’expliquer, ce qui est bien regrettable, car pour faire des pronostics sur la portée des mesures prises par le gouvernement pour relancer l’activité économique, il faut disposer d’un diagnostic correct. Il s’agit de l’enchaînement insidieux suivant, qui n’est jamais expliqué au public. À l’origine, l’effondrement du secteur secondaire de l’économie, l’industrie, en fait le plus important des trois secteurs d’activité qui composent l’économie d’un pays : ce secteur a produit de moins en moins de richesses.

Il s’en est suivi un accroissement régulier des dépenses publiques pour remédier aux dégâts causés à la population par la défaillance du secteur industriel ; d’où des prélèvements obligatoires de plus en plus élevés pour financer ces dépenses, ce qui a conduit à une asphyxie progressive de l’économie. Sans compter un accroissement, année après année de l’endettement de l’État qui recourt à cet expédient pour boucler ses budgets, les prélèvements obligatoires étant chaque année insuffisants. À présent, en matière de dette publique, on est au taquet, ce qui va poser à nos gouvernants de réels problèmes.

La forte amputation de notre secteur industriel

La contribution du secteur industriel à la formation du PIB est passée, dans notre pays, de 25 % dans les années 1975 à 10 % aujourd’hui (hors BTP), alors que la norme en la matière se situe, au plan européen, à 20 %. Et les effectifs de ce secteur d’activité sont passés de 6,2 millions de personnes à la fin des Trente glorieuses à 2,7 millions à présent.

Notre machine économique se trouve donc amputée de plus de la moitié de son potentiel contributif à la création de richesse du pays. Aussi, avec ce taux de 10 %, qui est le plus faible de tous les pays de l’Union européenne, la Grèce mise à part, notre système économique doit-il être considéré comme sinistré.

En effet, les activités industrielles sont le paramètre essentiel expliquant la richesse des pays développés. Dans un numéro de 2012, la revue Avenir Suisse, soucieuse de mettre en valeur les belles performances de l’économie suisse, a calculé, ce qui est tout à fait original, la production industrielle des grands pays rapportée au nombre des habitants. On y voit des écarts considérables entre les pays.

Le tableau de chiffes publié par la revue suisse mérite d’être examiné :

Pays Production industr./habitant (en dollar)
Suisse 12.400
Finlande 8.800
Japon 8.600
Suède 8.300
Allemagne 7.700
Pays Bas 6.000
Corée du Sud 5.800
Italie 5.500
France 4.500
Grande Bretagne 4.000
Brésil 1.700
Russie 1.600
Chine 1.500
Inde 200

En s’en référant à l’indicateur habituel de richesse qu’est le PIB/tête, on constate qu’il existe une corrélation très étroite entre l’importance de la production industrielle de ces pays, prise comme variable explicative, et leur niveau de richesse. C’est ce que montre le graphique ci-dessous.

Corrélation production industrielle/habitant et PIB/tête
Source :
Production indus/habitant : Revue suisse (2012)
PIB/tête : BIRD 2017

La production industrielle apparaît ainsi comme une variable explicative très sûre de la prospérité des pays. La France en est à 4500 dollars seulement de production industrielle par habitant, alors que l’Allemagne se situe à 7700, la Suède à 8300 et la Suisse à 12 400. Avec une production industrielle par habitant relativement faible, notre pays a tout naturellement un revenu per capita qui est loin d’être l’un des plus élevés d’Europe : en 2017, il était, selon les statistiques de la BIRD, de 38 476 dollars seulement, contre 48 223 dollars aux Pays Bas, 53 442 dollars en Suède, et 80 189 dollars en Suisse.

Cet affaiblissement considérable du secteur industriel dans notre pays explique parfaitement le taux de chômage très élevé caractérisant l’économie française, ainsi que le déficit de notre balance commerciale. Si nous avions suivi l’évolution des autres pays, la France devrait avoir environ 1,8 million de salariés supplémentaires travaillant dans le secteur industriel.

Chaque emploi dans l’industrie générant en moyenne deux emplois au moins dans le secteur des services, si le secteur industriel ne s’était pas atrophié, la population active du pays compterait aujourd’hui 5,4 millions de travailleurs supplémentaires. Le chômage se trouverait donc ramené à son taux normal (3 à 4 % de la population active), et le taux de population active qui n’est que de 43,6 % seulement actuellement, un taux particulièrement faible témoignant bien de l’état anémique de notre économie, se monterait alors à 51,6 %, taux qui s’approcherait sensiblement de la norme européenne, l’Allemagne étant par exemple à 52,4 % et les Pays-Bas à 53,3 %.

Avec ce renfort de 1,8 million de travailleurs dans l’industrie, les exportations se trouveraient majorées de 260 milliards d’euros environ, chiffre résultant du ratio actuel d’exportation de l’industrie française. Il y aurait donc un excédent commercial d’environ 150 à 200 milliards d’euros alors que le déficit actuel est de 62 milliards d’euros.

L’accroissement des dépenses publiques

Du fait de la défection du secteur industriel dans cette course à la création de richesse qui caractérise le monde moderne, l’État français est venu au secours des populations et des territoires pour maintenir le niveau de vie des habitants, jouant, comme l’exige tout particulièrement dans notre pays la population, un rôle protecteur. Les dépenses publiques, sous la poussée tout spécialement des dépenses sociales, ont ainsi très fortement progressé en France ces quarante dernières années, croissant régulièrement beaucoup plus rapidement que le PIB.

Elles sont ainsi passées de 34,6 % du PIB, en 1980, à 56,4 % en 2017, et la France est aujourd’hui le pays en Europe où elles sont, en proportion du PIB, les plus importantes. Elles se sont élevées à 1 291,9 milliards d’euros en 2017, les dépenses sociales représentant l’essentiel : 58 % du total. Il s’agit là des dépenses vieillesse, santé, famille, chômage, retraites, lutte contre la pauvreté et l’exclusion, etc. On se souvient qu’Emmanuel Macron, dans une réunion de travail à l’Élysée, a fulminé, parlant d’« un pognon dingue » mis dans les minima sociaux. Le chômage, par exemple, représente à lui seul, 35 milliards d’euros.

Mais les dépenses sociales sont presque impossibles à réduire, car en démocratie l’opinion publique ne le permet pas. Ce phénomène de compensation par un accroissement et une socialisation des dépenses sociales, d’une insuffisante contribution du secteur industriel à la création de richesses dans les pays, est d’ailleurs assez général, comme le montre succinctement le tableau suivant :

Pays Industr./PIB (BIRD) Dépenses sociales/PIB (OCDE)
France 17,4 % 31,5 %
Grande Bretagne 18,6 % 22,0 %
OCDE 22,0 % 21,0 %
Suisse 25,2 % 19,0 %
Chili 30,0 % 11,0 %
Corée du Sud 35,9 % 10,0 %

Les taux d’industrialisation indiqués ici sont ceux de la BIRD (selon sa définition très large de l’industrie), et les niveaux de dépenses sociales sont ceux calculés par l’OCDE. On voit que les dépenses sociales sont, d’une façon générale, inversement proportionnelles aux taux d’industrialisation des pays : la corrélation n’est, en fait, pas parfaite, car d’autres éléments interviennent.

Malgré le handicap que constitue pour l’économie française le très fort fléchissement du secteur industriel, le taux de pauvreté n’est que de 13,6 %. Dans d’autres pays européens où l’économie est plus dynamique les taux sont à peine moins élevés : 11,9 % au Danemark, par exemple, et 12,7 % aux Pays-Bas… En Italie il s’agit de 20,5 % et en Espagne de 22,3 %. Ce relativement bon résultat français est obtenu par des dépenses publiques considérables, bien plus élevées que partout ailleurs.

L’accroissement des prélèvements obligatoires (PO)

Dans les pays dont l’économie est à la peine on note donc que les dépenses publiques croissent rapidement. Elles sont gonflées, partout, par des emplois publics pléthoriques, et c’est, effectivement, ce qui s’est produit en France. Ces dépenses publiques sont utilisées comme un instrument permettant de stimuler l’économie et de lutter contre le chômage. Pour les financer, les États sont contraints d’accroître les rentrées fiscales, c’est-à-dire les « prélèvements obligatoires ».

En France, ces derniers ont ainsi crû régulièrement, d’année en année, et ils atteignent maintenant le niveau le plus élevé de tous les pays d’Europe : 47,6 % du PIB, alors que la moyenne des pays de l’UE est de 39,7 %, et celle des pays de l’OCDE 34,1 %. Malgré ce taux record, ils ne sont pas suffisants pour couvrir toutes les dépenses, et l’État doit, chaque année, s’endetter davantage. Cela fait 44 ans que le budget de l’État est en déficit, et la dette atteint maintenant 98 % du PIB.

Cette pression fiscale considérable étouffe l’économie, d’autant qu’elle s’exerce aussi sur les entreprises. Le Medef a montré dans une étude de 2016 que les prélèvements fiscaux et sociaux, par rapport à la valeur ajoutée des entreprises françaises, sont de 23,8 %, alors qu’ils ne représentent que 13,6 % en Allemagne et 9,2 % au Danemark. Les marges des entreprises s’en trouvent réduites : 31,4 % seulement en France, contre 40,4 % en moyenne dans la Zone Euro. Cela mine la compétitivité de nos entreprises et réduit considérablement, tant leurs capacités d’investissement que leurs moyens de faire de la recherche.

Cet accroissement constant des dépenses publiques a conduit à un système fiscal où les contribuables aisés qui seraient en mesure d’investir dans des start-up ne le font pas, ce qui empêche les nouvelles entreprises qui se créent de disposer des moyens financiers dont elles auraient besoin pour financer leur croissance. L’IRDEME (Institut de Recherche sur la Démographie des Entreprises) a ainsi montré que les « gazelles » françaises courent beaucoup moins vite que les gazelles anglaises, en sorte que la création de nouveaux emplois dans le pays est très insuffisante.

Comment ranimer l’économie française ?

Comme nous venons de le montrer, les difficultés dans lesquelles se débat aujourd’hui l’économie française ont pour origine l’effondrement de notre secteur industriel. La France est le pays d’Europe où la part de l’industrie dans le PIB est maintenant la plus faible, et elle est aussi, le pays où les dépenses publiques sont les plus fortes et les prélèvements obligatoires les plus élevés. La corrélation entre ces phénomènes est évidente. Curieusement, personne ne semble l’avoir noté jusqu’ici.

L’économie est une discipline qui a des liens très étroits avec le comportement des individus. Tout est là. La France est installée dans un système d’économie libérale, qui fonctionne, d’une manière paradoxale, avec des verrouillages administratifs nombreux qui empêchent le marché de s’ajuster, comme le voudrait la main invisible d’Adam Smith. Les Français n’aiment pas les riches et ils manifestent un goût très prononcé pour l’égalité : aussi la France est-elle le pays d’Europe où la doctrine marxiste a le plus marqué les esprits. La puissance publique, en conséquence, intervient beaucoup dans la vie économique.

Les Français demandent d’ailleurs, toujours davantage d’intervention de l’État : un sondage IFOP de mai 2014 indiquait, par exemple, que 55 % des Français souhaitent que « l’État intervienne davantage dans l’économie ». De surcroît, malgré son économie sinistrée, le pays doit se plier aux exigences de la Commission européenne. Celle-ci demande à l’État d’équilibrer ses budgets, de cesser de s’endetter, et de ne pas intervenir pour soutenir les entreprises en difficulté.

Malheureusement, Bruxelles ne dit jamais rien sur toutes les contraintes absurdes que l’État français impose à ses entreprises : les 35 heures de Martine Aubry, une trop forte taxation du travail, une fiscalité sur les entreprises plus lourde que dans les autres pays européens, etc. On se souvient qu’il y eut même, sous un gouvernement socialiste, des interdictions de licencier.

La France navigue donc entre deux eaux : elle est à mi-chemin entre un système libéral et un système dirigiste. Il faudrait qu’elle opte clairement pour l’un ou l’autre de ces systèmes : soit le libéralisme économique avec des interventions de la puissance publique très réduites, soit un système que certains ont appelé le « néo-colbertisme » où l’État jouerait un rôle de stratège et interviendrait directement dans l’économie.

Il serait temps d’ouvrir le débat pour sortir de l’ambiguïté : Emmanuel Macron a eu tort de ne pas le faire dès sa prise de pouvoir. Il se trouve, de ce fait, condamné à se limiter à des mini-réformes, des réformes sans réelle portée. Il chute donc, à présent, de mois en mois, dans les sondages. Il est par conséquent extrêmement difficile d’imaginer que le redressement de notre économie puisse se faire d’une manière rapide.

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  • Les français ont voté « socialiste »
    ce serait dommage de les priver des conséquences liées a un tel choix..
    Le Mur de Berlin a la française c’est le paritarisme, tant qu’il ne tombera pas , la france aura le meme destin que l’allemagne d l’est
    c’est l’evidence

    • @claude les parents ont voté socialiste, ce sont les enfants et petits enfants qui en payeront les conséquences.

      • Que faire quand on a le choix entre un socialiste de gauche et un socialiste de droite?

      • ls enfants aussi ont voté socialiste hollande n’est pas arrivé tout seul

        • 10,2 millions de Français ont voté Hollande au premier tour et 18 millions au second, dans un corps électoral de 46 millions d’électeurs. Une seule conclusion : les Français n’ont pas voté pour Hollande. Hollande était parfaitement minoritaire. Même résultat pour Macron (8,6 puis 20,7 dans 47,6). Macron, comme Hollande, est parfaitement minoritaire.

          Objectivement, les Français n’ont voté ni pour l’un ni pour l’autre. S’il est vrai qu’ils ont été légalement élus, à aucun moment cela signifie que les Français ont voté pour eux.

          • @ Cavaignac

            « à aucun moment cela signifie que les Français ont voté pour eux »

            Ni contre eux! Ça va sans dire!

            Donc pas « minoritaire(s) » puisque majoritaire dans les votes valables!

  • il faut de plus en plus de recette d’impôts et taxes …. qui en réaliter tue l »économie , pouvoir d’achat , consommation , chomage , travail précaire , appauvrissement de la population .. Grâce a nos élites , nous revenons au temps du moyen-age..En réalité
    rien n’a changer , juste les mots … octroi de passage == péage…dimes === TVA….ect ..ect…

  • Je pense que ce que Boukovsky avait écrit sur l’Europe est singulièrement prémonitoire pour la France :
     » L’Union européenne est le vieux modèle soviétique habillé à l’occidentale.
    Mais comme l’URSS, l’Union européenne porte en elle les germes de sa propre disparition.
    Malheureusement, quand elle s’écroulera – et elle s’écroulera – elle laissera d’immenses destructions derrière elle, et de gigantesques problèmes économiques et ethniques.
    L’ancien système soviétique était irréformable, il en est de même pour l’Union européenne. (…) J’ai vécu dans votre futur, et ça n’a pas marché. « 

    • @ Leipreachan

      Évidemment non!
      Si la France vit encore selon K.Marx, les autres nations vivent bien plus en regardant vers les U.S.A., autre fédération d’états et patron de fait de l’OTAN, qui surveille!
      Non, Bruxelles ne dirige pas l’U.E.: aucun traité ne peut passer sans obtenir le vote du parlement national des 27 pays membres en plus de celui du parlement européen, à la majorité qualifiée ou, plus souvent, à l’unanimité: rien de tel en URSS!
      L’U.E. est bien plus démocratique que ses pays membres!
      Il n’y a pas de parti unique dans l’U.E..
      La subsidiarité fait que toute nation reste libre de sa décision: pas très soviétique!
      Les Français voulaient une Europe française et ce ne sera pas le cas!
      A.Merkel ne veut pas une Europe allemande!
      La libre circulation des personnes et des biens comme des capitaux n’était pas la spécialité de l’URSS!
      Croire que l’histoire se répète identiquement fait plus penser à une crainte ou à une séquelle du passé de V.Boukovsky, qu’à une prédiction miraculeusement exacte!

  • Excellente illustration de la Corrélation production industrielle/habitant et PIB/tête

    Voilà pourquoi la politique de subvention française dite du « grand remplacement »: bazarder 25% de la technologie nucléaire française demain pour la remplacer avec 20.000 éoliennes allemandes aujourd’hui me fait mal au bide pour la France. – Avertissement sur conflit d’intérêt possible : je ne vote pas en France; je me bats contre des projets d’implantation éoliens devant ma porte et dans tout mon département.

  • quand on pense au prélèvements aux quels sont soumises les sociétés , quel fou voudrait investir en France?
    notre industrie lourde est morte; des pans entiers de ce qu’il reste du milieu industriel sont en passe de se déliter!
    bravo la gauche !

    • Et maintenant ils démolissent notre agriculture, avec les interdictions des OGM, des pesticides, du glyphosate, etc… La promotion du bio et de la proximité. Les Allemands nous taillent maintenant des croupières dans notre pré carré! Au secours ils sont fous!
      Ce pays est foutu!

  • Le constat est fort bien décrit et l’argumentaire soigneusement étayé.
    Les mecanismes expliquant les consequences de la desindustrialisation sont tout à fait exacts.
    Reste une absente : la cause de la desindustrialisation. Pourquoi a t-on décidé de desindustrialiser le pays ? Car il s’agit bien d’une décision…

  • Très intéressant de lire que le RU a une dépense sociale relative au PIB supérieure à la moyenne de l’OCDE.

    Y vivant, les débats autour de la sécurité sociale FR/UK sont toujours très vifs de retour en France. La Sécu Anglaise, cet homme de paille bien pratique…

    Concernant la France, il est normal que son industrie soit si faible. Contrairement à une entreprise de service qu’il est possible de trimbaler à droite à gauche au grès des errements fiscaux, il est bien plus compliqué de déplacer une usine. Résultat : on ne prend pas le risque d’immobiliser ses capitaux de la sorte.

  • Il y a une grande confusion entre les causes et les conséquences des phénomènes économiques dans cette analyse. L’industrie n’est pas la cause de la prospérité des Nations. Cette dernière dépend pour l’essentiel des choix politiques déterminant la liberté des échanges. Car c’est l’échange volontaire qui est à l’origine de toute richesse, peu importe qu’elle soit industrielle ou non.

    La faiblesse industrielle d’un pays est le plus souvent la conséquence du goût immodéré des élites pour la collectivisation et donc du refus de la liberté et de la prospérité, qui préfèrent appauvrir le pays et sa population si cela préserve leur pouvoir. L’Etat obèse est un parasite qui tue son hôte, lentement mais inexorablement.

    La faiblesse de l’industrie est d’abord et avant tout la conséquence de la haine envers les capitaux, tant l’industrie est demandeur de ces capitaux. Une fiscalité punitive sur les capitaux, accouplée à une réglementation insensée et une politique monétaire suicidaire, détruit l’industrie aussi sûrement qu’un bombardement.

    La France est exemplaire de ce genre de suicide économique.

    • Bonsoir Cavaignac. Ravi de vous retrouver. Avec un grand merci pour ce commentaire salutaire qui exprime ce que je pense mieux que j’aurais su le faire.

  • Le gros défaut de l’analyse proposée est de procéder selon les raisonnements macroéconomiques par corrélation. Une corrélation, ici d’ailleurs établie de façon parcellaire, n’engendre pas une relation de causalité.
    Je pense que raisonner ainsi, par des mises en rapport macroéconomiques est une démarche vaine, car en fait infalsifiable : on ne peut pas reproduire les expériences, et on peut contester la valeur de toute analyse de ce type par tout autre corrélation que l’on voudra faire.
    Il faut rentrer dans la « boite noire » si on veut avancer, et c’est ce qui est ébauché dans l’intervention précédente (il vaut toujours mieux investir dans la pierre en France que dans toute forme d’entreprise…)

  • soyons réaliste , que ce soit au pouvoir Socialiste ou la Droite , ils ce sont partagés le pouvoir pendant 50 ans … Au final ; le pays est en faillite .. faite le test … reprener votre argent sur le compte courant…reprener vos economie de votre livret A…en 8 heures vous allez créer la faillite banquaire …en résumé au bout de 4 heures , ils ferment les guichets et distributeurs …A méditer..!!!

  • il y a une contradiction …on n’aime pas les riches pas plus que les pauvres … on aime quoi au final ??…

  • “Cet affaiblissement considérable du secteur industriel dans notre pays explique parfaitement le taux de chômage très élevé caractérisant l’économie française, ainsi que le déficit de notre balance commerciale. Nous devrions avoir, si nous avions suivi l’évolution des autres pays, environ 1,8 million de salariés supplémentaires travaillant dans le secteur industriel.

    Vu que chaque emploi dans l’industrie génère en moyenne 2 emplois, au moins, dans le secteur des services, on voit que la population active de notre pays, si le secteur industriel ne s’était pas atrophié, compterait aujourd’hui 5,4 millions de travailleurs de plus. Le chômage se trouverait donc ramené à son taux normal (3 à 4 % de la population active), et le taux de population active qui n’est que de 43,6 % seulement actuellement, un taux particulièrement faible qui témoigne bien de l’état anémique de notre économie, se monterait alors à 51,6 %, taux qui s’approcherait sensiblement de la norme européenne, l’Allemagne étant par exemple à 52,4 % et les Pays Bas à 53,3 %.”

    Et donc comme Macron ne relance pas l’industrie, le chômage va rester à son niveau actuel s’il n’augmente pas!
    Macron fait tout à l’envers, la preuve d’un esprit dérangé et fumeux qui ne sait pas raisonner!
    Il devait relancer l’industrie avant de faire les lois travail et réformer la formation et l’apprentissage avant les mêmes lois travail!
    Il fut un excellent acteur de théâtre jusqu’à l’affaire Benalla, ensuite, les masques sont tombés. Et on découvre, jour après jour, toute la fumisterie qu’est Macron, une marionette dont la finance internationale, Soros, Bilderberg, Rothschild, etc.. tirent les ficelles.

    • Je ne vois pas pourquoi on ressort la finance à tout bout de champ. La finance gagne de l’argent en finançant, donc elle a tout intérêt à ce que l’économie tourne à son maximum. Cessez donc de les prendre pour des crétins qui agissent contre leurs intérêts financiers!

  • Pour moi, la désindustrialisation de la France est la conséquence de la mondialisation faisant que les industriels français ont choisi de délocaliser leur production dans des pays où la main d’œuvre bon marché est abondante.
    Quelques pays s’en sortent bien mieux que nous parce qu’ils disposent d’une main d’œuvre locale plus qualifiée dans les métiers de l’industrie.
    Comment escompter avoir 1,8 millions d’emplois supplémentaires dans l’industrie française alors que les entreprises encore en activité dans notre pays ne trouvent déjà pas les compétences qu’elles pourraient faire travailler ?
    Tant que de l’Education nationale favorisera.les filières « culturelles » et autres compétences virtuelles au détriment de l’apprentissage concret des métiers dont la France à besoin il ne faut pas s’attendre à la moindre amélioration de notre situation économique.
    Dernières nouvelles :
    L’AFPA prévoit la fermeture de 38 sites sur 206 (soit la suppression de plus 1500 postes) !
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/carriere/formation/formation-suppression-des-postes-a-lafpa_2995463.html
    Pas grave, on compensera par des formations, théâtre, audiovisuel, psychologie, histoire de l’art, coachs sportifs, etc.

    • Les délocalisations ont eu lieu dans tous les pays, on sait que la France manque de PME comparé à l’Allemagne ou la Suisse. C’est le manque de compétitivité, d’investissements, de modernisation, d’innovations dû au poids de l’administration qui bloque les entrepreneurs! Souvenez vous des grands plans des gouvernements censés nous propulser à la pointe de la modernité: Plan Calcul par exemple. Pendant ce temps les Wozniak, Jobs, Gates, Allen, Brin, etc… bossaient dans leurs garages! Résultat du match Etat contre citoyen: 0-1

      • Avant de bosser dans leur garage ces génies ont bénéficié d’une formation et d’un environnement technique de qualité. Ils ne sont pas nés avec la science infuse ! A l’époque où ils bossaient dans leur garage les enseignants de l’EN étaient encore incultes en informatique :
        J’ai une belle sœur de 79 ans professeur d’anglais à la retraite à qui j’ai fait découvrir l’usage d’internet il y a 5 ans ! Il lui arrive encore de parler en anciens francs pour un héritage ou le prix d’une maison ! Et je ne suis pas certain qu’elle soit une exception !

  • Partant de quelques constatations exactes, cet article est un modèle d’absurdité. On arrive au bout sans avoir trouvé la moindre trace d’un soupçon de recherche d’explications à la désindustrialisation du pays. Sans doute est-elle tombée du ciel, et la France a-t-elle été désignée par des dieux hostiles parmi les grands pays industriels historiques pour se voir frappée de ce maléfice.
    La désindustrialisation aurait entraîné « l’obligation pour l’État français de venir au secours des populations et des territoires pour maintenir le niveau de vie des habitants, jouant, comme l’exige tout particulièrement dans notre pays la population, un rôle protecteur ». Pourtant, à grands coups de statistiques, l’auteur vient de montrer la corrélation entre la production industrielle et la prospérité générale d’un pays, corrélation qu’il tient pour démonstration. Si cette thèse est exacte (et elle l’est, sous la condition la liberté des échanges, comme l’a rappelé Cavaignac, mais l’auteur semble ignorer pourquoi), on ne voit pas comment, « l’État français » pourrait changer quoi que ce soit à l’appauvrissement consécutif à la désindustrialisation du pays et « maintenir le niveau de vie des habitants ». Si on pouvait maintenir le niveau de vie dans un pays qui s’appauvrit à coup taxes et de subventions, pourquoi se fatiguer à conserver une industrie et pourquoi même se préoccuper de désindustrialisation. Tout ce que les hommes de l’État peuvent faire (c’est leur métier), c’est de prendre à une partie de la population appauvrie par la désindustrialisation pour donner à une autre partie de la population plus ou moins appauvrie par cette même désindustrialisation, tout en se servant largement au passage. Autant dire qu’ils ne peuvent qu’aggraver les conséquences qu’ils prétendent combattre, et ce, sans même pousser plus loin le raisonnement sur les conséquences nécessaires de leurs interventions.
    Suivent diverses variations sur cette thèse absurde de l’État protecteur, toujours étayées de statistiques valant preuve, comme si une statistique pouvait prouver que 2+2=7. Rappelons ici que le taux de pauvreté est calculé par rapport au revenu ou salaire médian, et que, donc, quelque soit la richesse d’un pays, selon ce calcul, il y aura toujours des pauvres.
    L’auteur se préoccupe ensuite du niveau élevé des prélèvements obligatoires. On se demande bien pourquoi, puis que , toujours selon lui, « les dépenses publiques sont utilisées comme un instrument permettant de stimuler l’économie et de lutter contre le chômage ».
    On retourne ensuite brièvement sur le terrain d’une certaine rationalité, avec une description partielle correcte des conséquences d’une fiscalité excessive, pour retourner rapidement à de nouvelles inepties comme « La France est installée dans un système d’économie libérale » assortie de reproches à la « Commission Européenne qui interdirait la poursuite de l’endettement de l’État pour venir en soutien aux entreprises ». Or, le seul soutien que les hommes de l’État pourraient apporter aux entreprises, c’est de cesser de les ponctionner, de les réglementer et d’en entraver la création. Mais de quoi vivraient-ils ?
    La conclusion est à l’image du texte qui la précède : il faudrait choisir entre le modèle libéral et le modèle interventionniste, à condition que ce choix soit clairement assumé. Mais pourquoi au juste ?

    Si, au lieu de partir de statistiques et d’illusions mécanistes sur le fonctionnement de l’économie, l’auteur avait connu la raison pour laquelle l’industrie est à la base de la prospérité d’un pays et à quelle condition, il aurait pu éviter ces travers.
    L’industrie est à la base de la prospérité d’un peuple parce qu’elle est, par définition, le secteur économique dont la productivité est la plus élevée, l’augmentation de la productivité du travail étant une condition nécessaire (mais non suffisante) au progrès social, défini comme l’augmentation des salaires réels et la diminution consécutive du temps de travail (si souhaitée par les individus concernés, qui peuvent choisir de convertir tout ou partie de l’augmentation de leur salaire en loisir). L’industrie, c’est le secteur de la production de masse rendue possible grâce aux machines, aux locaux les abritant et à l’énergie pour les faire fonctionner. L’invention, la mise au point, la production, l’entretien et l’amélioration des machines, des locaux qui les abritent et de l’énergie pour les faire fonctionner ne peut se faire sans épargne, condition nécessaire (mais non suffisante). En effet, les travailleurs qui s’y consacrent demandent légitimement un salaire pour acheter des biens et services de consommation, alors qu’ils n’en produisant pas eux-mêmes directement. Les épargnants leur cèdent temporairement les droits à consommer qu’ils ont acquis par leur travail, dans l’espoir, pas toujours atteint (il y a un risque) d’une consommation future supérieure à celle dont ils se privent dans le présent, consommation supérieure rendue possible par les machines… Contrairement aux élucubrations keynésiennes, l’épargne sert toujours à rémunérer des travailleurs, saufs quand elle est détournée par des prédateurs comme le sont les hommes de l’État. Si l’industrie a périclité dans notre pays, c’est à cause de politiques de plus en plus résolument anti capitalistes menées par les dirigeants français, avec le soutien actif, passif ou résigné d’une majorité de la population.

    Pour que l’industrie donne la pleine mesure de son immense potentiel, il faut au moins deux conditions :
    1) Que les industriels soient contraints de se financer via des épargnants volontaires, ceux-ci démontrant par le risque qu’ils prennent qu’ils ont de bonne raisons de croire au projet, et par des clients volontaires, qui démontrent par leurs achats qu’ils sont satisfaits de la production.
    Cette première condition élimine d’office l’État en tant qu’investisseur potentiel, car les hommes de l’État ne prennent aucun risque en tant qu’investisseurs (ils investissent l’argent des autres) et ils ont la capacité de forcer les contribuables à payer pour les biens et services qu’ils « produisent », même si les contribuables en question n’en veulent pas. L’industrialisation par l’État aboutit toujours à des gaspillages monstrueux, en pure perte (cf ex URSS).
    2) Que les individus de tous les secteurs économiques (industriel ou non) soient libres d’échanger comme bon leur semble les uns avec les autres. Cette condition est absolument nécessaire à la diffusion des bienfaits de l’industrialisation à l’ensemble des secteurs économiques (industrie, agriculture et services). Faute de cette condition, les travailleurs libérés par les gains de productivité dans l’industrie ne pourront pas exercer d’activité productive ailleurs et les travailleurs travaillant déjà dans les autres secteurs ne pourront pas bénéficier des bienfaits de l’industrialisation (exemple : les hommes de l’État prennent des mesurent visant à réduire l’utilisation des machines en interdisant, via la SAFER, la formation de grandes exploitations, pour, soi-disant, préserver « l’emploi » dans le secteur agricole).

    La désindustrialisation est la conséquence de l’intervention des hommes de l’État dans l’économie (taxes, réglementations et création monétaire) entraînant l’assèchement de l’épargne privée et la désincitation à épargner et créer pour ceux qui réussiraient malgré tout à sauver quelque chose. Les interventions des hommes de l’État pour (prétendument) atténuer les effets de leur propre politique ne peuvent qu’aggraver l’appauvrissement généralisé qui en découle.

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