France : 2,7 millions d’emplois publics créés en 30 ans !

Nous sommes un pays où l’emploi public ne cesse de progresser, alors même que son importance excessive pose déjà problème. La France se soigne non avec des remèdes, mais avec le poison lui-même.

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France : 2,7 millions d’emplois publics créés en 30 ans !

Publié le 13 décembre 2017
- A +

Par Thierry Benne.
Un article de l’Iref-Europe

Une récente étude de l’INSEE (16 novembre 2017 – Cadres et employés non qualifiés : les deux moteurs de l’emploi des territoires) conduite sur les années 1982 à 2014 montre que durant ces décennies et en nombre d’emplois créés : 2,7 millions l’ont été dans l’administration et la santé (administration publique, éducation, formation, santé et action sociale) ;

  •  2,2 millions l’ont été dans le secteur du commerce et des services de proximité ( distribution, loisirs et culture) ;
  • 1,7 million l’a été dans le cadre des professions intellectuelles supérieures (conception, recherche, conseil, gestion) ;
  • 0,6 million l’a été dans le secteur du commerce inter-entreprises, du transport et de la logistique

Soit un total de 7,2 millions d’emplois créés.

Beaucoup moins d’emplois marchands

Mais, en face, le secteur des productions matérielles (fabrication, construction, agriculture) a enregistré la suppression de pas moins de 2,8 millions d’emplois. Ce qui veut dire que sur un solde net « consolidé » de
7,2 – 2,8 = 4,4 millions de nouveaux emplois,

grâce à leurs 2,7 millions de recrutements, l’administration publique, l’éducation et la santé se taillent la part du lion avec une contribution record de plus de 61 % (=2,7/4,4 ) dans le développement net de la population active du pays.

Et même si l’on raisonne en brut en neutralisant les suppressions d’emploi dues au secteur productif, la part de l’administration et de la santé s’inscrit encore à 37,50 % ( 2,7/7,2 = 0,375) du total brut des emplois créés, soit donc très au dessus du cinquième de la population active généralement attribué à la fonction publique au sens large du terme (en y rattachant tous les agents œuvrant au sein des collectivités publiques concernées, y compris les non-fonctionnaires).

La croissance problématique du secteur public

Ce qui montre que nous sommes un pays où l’emploi public ne cesse de progresser, alors même que son importance excessive pose déjà problème. La France se soigne non avec des remèdes, mais avec le poison lui-même, en aggravant sans cesse l’addiction qu’elle devrait maîtriser.

Cette importance relative du recrutement public est bien entendu à rapprocher de la croissance parallèle des prélèvements obligatoires, qui passent de quelque 40 % du PIB en 1982 à 45,5 % en 2014, soit sur ces années une augmentation de pas moins de 13,75 % de la pression « ponctionnelle » essentiellement fiscale et sociale exercée sur le contribuable ou l’assuré social.

Et manifestement ce n’est pas fini puisque en fonction des résultats évoqués dans le PLF 2018, les dépenses de la masse salariale de l’État ont explosé depuis 2016, passant de 81,7 Md€ à 86,6 milliards (soit plus 6 % annuels, on applaudit ! ) en exécution en 2017, et jusqu’à 87,9 Md€ anticipés pour 2018.

Des efforts consentis pour rien

Il en résulte une hausse qui efface pratiquement les efforts consentis depuis… 2006. Quant aux collectivités territoriales, elles ne sont guère en reste, aussi bien d’ailleurs pour leurs dépenses de fonctionnement (+ 1,5 % pour la progression 2017/2016) que pour leurs investissements (+3,7 % même période).

Pourquoi donc se priver, surtout depuis qu’un ex-conseiller à la Cour des comptes, ancien Président de notre République de surcroît, nous a appris à mesurer les efforts d’économie d’une année N non pas par rapport aux chiffres de l’année précédente, N-1, mais en fonction de la réduction opérée in fine sur la dérive originellement et généreusement prévue sur l’année N en cours ?

Tout ceci montre bien que la célèbre boutade de Clémenceau « La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts » n’a hélas rien perdu de sa pertinence ! Et ce n’est pas la réforme promise de la fiscalité locale qui va changer les choses !

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  • Le comble du gaspillage. Le contribuable paie des fortunes les copains des coquins et en plus une taxe sur le soi-disant audio_visuel public ! ASSEZ

  • Cela parait logique puisque l’etat capture une part de plus en plus importante du PIB ! Pas besoin de l’INSEE pour ce genre de constatation !
    Et au train où ça va on aura besoin d’un microscope pour voir le secteur privé.

  • Effectivement, si on virait ces 2 millions de fonctionnaires inutiles, la France serait le pays le plus riche d’Europe, et de loin.
    Le socialisme a atteint ce sommet de ruiner le pays potentiellement le plus riche du continent.
    Et certains en redemandent!

  • Une étude suédoise a par ailleurs démontré que pour chaque emploi public crée, N emplois privés étaient alors détruits à cause d’un mécanisme de substitution. Ce qui est étrange, c’est que j’entend souvent les élus locaux dire exactement le contraire: « on ne va tout de même pas supprimer des emplois publics, cela risque d’augmenter le chômage. (Dixit) »

  • Oui, mais cela favorise l’emploi des femmes (80% dans la fonction publique), donc leur libération donnant autonomie… même si c’est de l’assistanat ce qui relève de l’évidence !

  • il faudrait arrêter de chouiner et tourner en rond et refuser catégoriquement tous ensemble de payer toutes les nouvelles taxes qu ils vont pondre et aussi refuser categoriquement toutes les nouvelles contraintes qu ils vont nous imposer!
    je rêve je sais mais j étouffe là !
    parce que bon faut les occuper les fonctionnaires alors le rythme d absurdités ne va aller qu en empirant.
    faudrait peut être penser à gueuler un peu plutôt que de courber l’échine .
    tiens aujourd hui moi 6000 euros sur la pme pour leur système anti fraude aux caisses.
    bien obligée mon serveur n etait pas au top pour l’intégrer.
    ah bravo les nullos! continuez de bien nous emmerder.
    le prochain qui se pointe pour contrôler ma boutique sur quoi que ce soit va s en rappeler.
    aussi sec je demande aux clients de sortir et je ferme le rideau.
    RAS LE BOL!
    vous pouvez censurer si vous voulez je m en fous.

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