Plan Pauvreté : la liberté est la vraie solution !

Clochard à Paris

Le gouvernement appauvrit les citoyens les plus vulnérables, puis se propose de les aider. Et si on laissait les citoyens se débrouiller sans son aide ?

Par Olivier Maurice.

C’est assez ébahi que j’ai découvert le plan contre la pauvreté, tentative désespérée de la part d’un gouvernement aux abois qui cherche par tous les moyens à corriger son image et reprend donc avec acharnement les mêmes machines à distribuer des euros qui n’existent pas et à promettre des effets qui ne se produiront jamais.

Plutôt que de critiquer ce plan tant la tâche me semblait fastidieuse, il m’a semblé plus judicieux de rappeler qu’avant toute chose, le libéralisme est une philosophie sociale, et à ma connaissance, la seule qui ait démontré son efficacité. L’application du  libéralisme est clairement la meilleure, sinon la seule politique réellement efficace en termes de lutte contre les inégalités, de réduction de la pauvreté et vivre ensemble.

En observant ses impacts dans les pays qui l’ont mis en œuvre, on arrive vite et sans conteste à la conclusion que les individus ne peuvent vivre heureux et en paix qu’à condition d’avoir atteint un niveau satisfaisant d’autonomie.

Mais si la technologie vulgarisée par l’exercice de la liberté a aidé des millions de personnes à développer leur autonomie en les libérant des contingences matérielles, les idéologies politiques rétrogrades n’ont eu de cesse de les tirer vers le bas, les entraînant toujours plus loin dans la servitude et la dépression.

Il est une constante que l’on retrouve malheureusement partout : les politiciens ont développé une habilité fabuleuse dans l’art du mensonge et dans celui de culpabiliser les gens et les dévaloriser afin d’assouvir leurs ambitions ; partout et surtout en France, dans un pays qui se revendique égalitaire et où l’hyper-politisation ne fait que créer toujours davantage d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.

Inégalités

À force de rhétorique s’est développée une légende tenace qui pointe du doigt les économies libérales comme étant les plus inégalitaires, et qui dénonce l’épouvantail d’un néolibéralisme mondialisé comme la cause de cette fracture sociale ravageuse. C’est clairement le genre de mensonge éhonté répété des milliers de fois et que tout le monde trouve savant de répéter, se targuant avec fierté de connaître une prétendue vérité incontestable et fanfaronner à propos de l’exception française.

Il est pourtant si simple de vérifier par soi-même l’absence de bien-fondé d’une telle affirmation…

Le type de répartition des revenus se reconnaît assez simplement :

Soit les revenus sont espacés les uns des autres de façon homogène (le plus haut revenu gagne un peu plus que le second, qui gagne un peu plus que le troisième etc.). Il n’y a pas d’inégalités, mais une répartition régulière : autant de riches que de pauvres et une majorité de gens entre les deux. Dans ce cas, statistiquement, la moyenne est identique à la médiane.

Soit il y a beaucoup de petits revenus, tous pratiquement identiques, et quelques rares hauts revenus. C’est le cas d’une répartition inégalitaire entre une classe de riches peu nombreux et une majorité de pauvres. Dans ce cas, statistiquement, la moyenne est inférieure à la médiane (sachant que s’il y a plus de riches que de pauvres, ce sera l’inverse et la moyenne sera supérieure à la médiane)

Le petit exemple ci-dessous, que tout le monde pourra reproduire, donne un exemple assez simple avec une population de 5 revenus, le cas 1 où tous les revenus sont répartis, le cas 2 où ils sont séparés en deux classes distinctes.

En France, l’écart entre le salaire médian et le salaire moyen est de 44%. Il est de 2% aux États-Unis, de 1% en Suisse.

Pauvreté

La méthode retenue en France pour définir le seuil de pauvreté consiste à comptabiliser la population dont les revenus ne dépassent pas 60% du revenu médian. Cette méthode est en fait totalement fallacieuse : dans un pays où le salaire médian est inférieur au salaire moyen, le seuil est forcément plus bas et il y a donc moins de personnes dites pauvres (sous cette barre de 60% du revenu médian) que dans un pays où les revenus sont mieux répartis (un rapide calcul sur l’exemple précédent donne un seuil de 48 pour le cas 1, et de 42 pour le cas 2).

Cette subtilité de calcul permet ainsi à la bonne conscience française de pointer du doigt des pays comme la Suisse avec toute l’arrogance qui la caractérise ; c’est-à-dire de comparer un pays où 7,5% de la population gagne moins de 2 000 € par mois avec la France, où 50% de la population gagne moins de 1 797 € et dont 11% de la population est allocataire des minima sociaux.

Vivre Ensemble

Si j’ai pris comme exemple la Suisse, ce n’est pas seulement parce que notre voisine occupe la première place du classement 2017 des libertés, c’est aussi parce qu’elle possède 4 langues officielles et que 31 % des emplois y sont occupés par des travailleurs étrangers, résidents et frontaliers.

Mais j’aurais tout aussi bien pu choisir un des pays du Commonwealth : Royaume Uni, Irlande, Australie, Nouvelle-Zélande, Hong-Kong, un pays du Nord de l’Europe ou bien d’autres encore ; en premier lieu ces pays qui foncent à tombeau ouvert vers la modernité maintenant qu’ils se sont libérés des chaînes du totalitarisme à l’étoile rouge que la France vénère toujours.

La société n’est que l’ensemble des individus qui la composent

Le gouvernement est totalement incapable de réduire la pauvreté, les inégalités et les tensions sociales. L’État ne parvient d’ailleurs déjà pas à gérer convenablement sa propre organisation. De toute façon, on n’extrait pas les gens de leur condition sociale : ils en sortent, ou pas.

L’évolution sociale ne se décrète pas, ni ne s’obtient par les luttes et les révolutions,  mais au contraire par la stabilité économique, politique, la paix et la sécurité. Le progrès social n’est qu’une conséquence des moyens mis à disposition des individus pour que chacun puisse se construire des conditions de vie meilleures. Pour cela, il faut des progrès technologiques, des connaissances et des opportunités, mais surtout du temps et du calme.

Car chacun, absolument, aspire au progrès, pour lui-même et les autres. Chacun aspire à vivre mieux.

Il ne faut surtout pas confondre ce progrès avec un Progrès universel et collectif qui n’existe pas. Ce sont les individus qui progressent socialement, pas la société. La société n’a aucune vie sociale : elle ne vit pas, ne naît pas, ne meurt pas, n’éprouve aucune peur face au manque de nourriture ou de logement, aucune détresse face à la perte d’un emploi, aucune douleur devant les drames de la vie, ne ressent aucune impuissance ni aucune frustration.

Ceux qui prétendent aider les gens en changeant la société ou en la mobilisant sont d’abord aveuglés par leur désir d’accomplir quelque chose de bien et surtout de le faire connaître, par leur besoin compulsif de reconnaissance personnelle.

Par contre, le gouvernement peut créer un environnement plus ou moins favorable, qui aura comme conséquence l’enrichissement des individus, ou au contraire leur appauvrissement.

Moins d’État

L’une et non des moindres de ces conditions est de laisser les gens en paix. Les problèmes de l’État ne sont pas leurs problèmes. Les individus, surtout ceux qui souffrent de la pauvreté, ont bien d’autres choses à faire que d’être mis constamment à contribution pour aider l’État à s’en sortir.

Les individus n’ont pas non plus à souffrir des dysfonctionnements de l’État. Ils n’ont surtout pas à recevoir de leçons de gestion ou de développement de sa part alors qu’il est totalement incapable d’équilibrer un budget et parvient tant bien que mal à fournir quelques services indigents, et ce uniquement parce qu’il interdit la concurrence.

Plus de réussite

La meilleure chose que quelqu’un puisse faire pour aider son prochain est de réussir personnellement. Ce n’est que lorsque l’on est soi-même hors du besoin que l’on peut aider ceux qui sont dans la peine. Personne, absolument personne n’est mieux placé que soi-même pour s’occuper de ses propres affaires.

Habituer les uns à dépendre des autres, c’est en pousser certains dans la servitude,  les isoler encore plus du reste de la société. Comment peut-on prétendre vouloir réduire les inégalités en rangeant les individus dans deux catégories opposées : ceux qui reçoivent et ceux qui sont obligés de donner ?

Une société forte

La société n’est pas l’État. Ce sont deux choses totalement séparées. La société, c’est vous, moi, chacun d’entre nous. L’État n’est qu’une organisation, qui comme toute organisation collective n’a pour seule utilité d’effectuer ce qu’un individu isolé ne peut pas faire.

La société ne peut être forte si l’État la remplace. Elle ne peut pas être homogène si elle distribue le pouvoir à une minorité élue par élimination face aux autres. Et la société se doit d’être forte, unie, harmonieuse afin de laisser sa place à chacun, pas uniquement à ceux qui ont le profil requis par l’autorité pour être considérés comme étant de bons citoyens.

De l’emploi pour tous

Inutile de chercher désespérément les raisons sociales du chômage : manque de formation, difficultés de transport… c’est l’hypertrophie de l’État qui est responsable de celui-ci. Ce sont les taxes, les règlements, mais surtout la place de l’État dans l’économie qui créent le chômage.

L’État n’est pas conçu pour faire des profits, il est un centre de dépenses. Tout service public assuré par l’État représente un coût que celui-ci cherchera à réduire par tous les moyens, y compris en réduisant ses effectifs, amorçant ainsi une spirale de pénurie que le monopole aggravera encore.

Du capital pour tous

La possession de biens productifs n’est pas réservée à une classe. La propriété est la condition indispensable pour assurer son autonomie, ne plus dépendre des autres, faire les choses les plus simples, et ne pas dépendre d’un bailleur lorsque l’on est propriétaire, des transports publics car on possède son moyen de transport, des laveries grâce à son propre lave-linge…

L’autonomie passe par la constitution d’un patrimoine. La réduction de la pauvreté passe par la préservation et la transmission de ce patrimoine. L’autonomie et elle seule permet de sortir de la pauvreté ; comme la reconstitution du capital personnel détruit par la guerre a été à l’origine du boom économique de l’après-guerre.

C’est cette destruction constante du capital personnel par l’impôt, la difficulté à le créer par le manque d’opportunités économiques et la pléthore de subventions  faisant monter les prix de façon artificielle qui sont à l’origine du triste record de la France : un pays où il faut bien plus longtemps que chez nos voisins pour sortir de la pauvreté.

Aucun traitement social, aucun plan ou investissement pharaonique n’y fera rien, sauf alourdir encore plus la charge qui pèse sur nos épaules et aggraver encore plus le problème.