Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à François Hollande

French President François Hollande By: Foreign and Commonwealth Office - CC BY 2.0

Hollande et Macron collectionnent les similitudes, tant par leur profil que par leurs actes.

Par Claude Robert.

L’âge, l’apparence de dynamisme et de courage du candidat Macron, tout cela a suscité un véritable espoir chez les citoyens blasés par la politique, sans oublier son positionnement en dehors des partis dits « conventionnels ». Véritable coup de maître, ce « ni droite ni gauche » a fait accroire que le centre était idéalement situé, à équidistance de toutes les options politiques, et donc affranchi des contraintes de ces maudits courants politiques, ce qui bien sûr n’est pas vrai du tout. Il n’y a qu’en géométrie où cela se passe ainsi !

Dix-huit mois après les présidentielles, toutes ces promesses verbales et visuelles ont laissé progressivement place à une immense déconvenue. Non seulement Macron n’est pas celui qu’on pensait, mais il ressemble énormément à son prédécesseur.

Hollande et Macron collectionnent en effet les similitudes, tant par leur profil que par leurs actes :

  • ils sont tous deux issus de milieux aisés mais non industrieux
  • ils sont tous deux énarques, anciens inspecteurs des Finances et socialistes
  • ils sont tous deux « progressistes », c’est-à-dire réformateurs sur le plan sociétal, mais surtout pas sur le plan économique
  • ils communiquent plus qu’ils n’agissent, ce qui les amène tous deux à travestir la réalité

Socialement parlant, de vrais frères jumeaux !

Il y a bourgeoisie et bourgeoisie. Un fils de médecin spécialiste, ce qui est à la fois le cas de Macron et de Hollande, ne bénéficie pas du même environnement culturel qu’un fils d’entrepreneur, par exemple. Bien que tous deux appartiennent à une élite financièrement et intellectuellement favorisée, le second sera probablement plus naturellement tourné vers la prise de risque et la création de valeur que le premier.

Cela n’exclut pas chez le premier un intérêt éventuellement tardif pour la chose, mais c’est un fait : par atavisme, ni Hollande ni Macron n’ont une proximité spontanément acquise avec le monde de l’entreprise1. Tous deux se sont d’ailleurs ensuite tournés vers la fonction publique et le Parti socialiste.

Le même moule politique

Suivre ce fameux cursus Sciences-Po Paris-École Nationale d’Administration est un engagement extrêmement fort, une espèce de noviciat qui annonce une vie professionnelle toute consacrée à la fonction publique et à l’exercice du pouvoir politique. Car rares sont les futurs énarques qui ambitionnent une réussite dans le privé. Encore moins nombreux sont ceux qui, une fois diplômés, choisissent l’entreprise pour y exercer leurs talents.

Comme chacun sait, l’utilité de l’ENA est régulièrement mise en doute. Michel Crozier, sociologue des organisations et ancien juré a maintes fois milité pour la suppression de cette « école du pouvoir » qu’il accusait de fabriquer des élèves « intellectuellement fermés » et de pervertir la sélection de l’élite française en privilégiant un seul et unique profil, celui du haut fonctionnaire.

Or c’est un fait, Hollande et Macron ont tous deux subi ce même formatage universitaire, capable de structurer une vie professionnelle aux antipodes de la créativité entrepreneuriale. Une vie tournée vers son exact opposé, à savoir l’administration de règles, de contraintes, de prélèvements et de taxes. D’un côté les créateurs d’emplois, de brevets, d’innovations, de débouchés commerciaux, les forces vives de la société en quelque sorte.

De l’autre, les gestionnaires, les administrateurs, les régulateurs, les inspecteurs, les percepteurs, dont la fonction même de l’ENA est d’en fournir chaque année des contingents entiers. Certes, ceux-ci sont utiles, en tout cas tant qu’ils ne servent que l’intérêt du pays (et pas le leur), mais ils ne créent pas de richesses par eux-mêmes. Surtout, leurs débordements peuvent avoir des conséquences majeures sur notre pays…

Étatistes, socialistes

À cette structure mentale, ce moule étatique commun qui caractérise Hollande et Macron s’ajoute hélas une préférence pour le socialisme2 qui, dans un pays bureaucratique comme le nôtre, constitue la preuve flagrante d’une compréhension très limitée de la réalité économique mondiale. Militer chez les socialistes en France est en effet tout aussi redoutable que militer chez les libertariens aux USA : on ne soigne jamais un mal en développant les causes de celui-ci ! Ainsi que le trahit leur engagement politique, ni Hollande ni Macron ne semblent vraiment conscients que la France a dépassé un point de non retour dans l’escalade à l’étatisation, point au-delà duquel tout devient contre-productif3.

Progressistes… mais surtout pas en économie !

Cela fait des dizaines d’années que la plupart des économistes stigmatisent la lourdeur étatique et réglementaire du pays France, la toxicité de la pression fiscale qui dissuade la prise de risque entrepreneuriale, l’effondrement lent mais régulier de sa compétitivité, les excès de ses manies keynésiennes, l’abus parfois délirant de redistribution et de protection… Mais rien n’y fait. Ni Hollande ni Macron n’ont mis fin à cette spirale négative !

Pendant son mandat, conseillé sur ce sujet par son futur ministre de l’Économie Macron, Hollande a même commis une erreur calamiteuse en augmentant fortement les impôts en bas de cycle économique. Cette hérésie s’est d’ailleurs payée au prix fort puisque la France a été le seul pays européen ayant vu ses résultats se dégrader pendant cette période de reprise généralisée qui a suivi la fin de la crise du crédit.

Particulièrement mal avisé, et mal conseillé par Macron de surcroît, Hollande aura réussi la gageure d’accroître le chômage tandis que le reste de l’Europe le réduisait considérablement, tout en augmentant en même temps les impôts et la dette de l’État ! Son bilan est funeste, les chiffres en attestent, ils sont déplorables.

Macron, bien évidemment co-responsable d’une aussi grave ineptie, persévère dans cette pente suicidaire puisque la pression fiscale, pourtant déjà jugée à un niveau contre-productif depuis des années, continue d’augmenter avec lui ! L’INSEE a confirmé que les prélèvements obligatoires avaient atteint un nouveau record fin 2017. Une seule catégorie de Français voit sa contrainte fiscale s’alléger sous Macron, les très aisés n’étant pas investis dans l’immobilier, ce qui représente au final très peu de monde. Pour le reste, la contrainte confiscatoire s’accroît tout en se diversifiant4, et atteint des niveaux jusque là inconnus. Au final, la France collectionne les records parmi les pays riches, tandis que la situation de ses habitants continue de se détériorer par rapport au reste du monde.

Contre toute attente, cette poursuite de la dégradation relative de l’économie française ne semble pas ébranler Macron, qui, tout comme Hollande, ne déploie un vrai courage que dans le seul domaine sociétal : mariage pour tous avec Hollande ; défense des minorités religieuses et homosexuelles, des migrants et de l’islam, attaques en règles contre la culture « gauloise » et  les défenseurs de la nation pour Macron. Une question finit par s’imposer chez de nombreux citoyens : où donc Hollande et Macron habitent-ils ? Sont-ils au courant de l’état du pays ? N’ont-ils pas d’autres priorités que celles-ci ? Pour qui travaillent-ils ?

Indécrottables communicants

On se souvient tous de l’indécent mensonge du président Hollande concernant le taux de chômage sous son mandat. Ou de ses bobards à répétition à propos du redressement du pays. Ou encore de ses accusations fallacieuses à l’égard d’une Europe à qui il avait le toupet de suggérer les réformes économiques qu’il était incapable de lancer !

On aurait pu espérer que son successeur se montre un peu plus honnête, c’eût été la moindre des choses, dans une démocratie soi-disant avancée. Eh bien non. Avec Macron, le pathos continue, poussé par un même cynisme, par un même mépris du peuple : derrière la réduction des impôts officiellement annoncée, son gouvernement a sournoisement organisé leur augmentation ! Comble d’une morgue qui ne prend plus la peine de se cacher, summum du cynisme, nous avons même eu droit à un ministre de l’Économie qui a annoncé une baisse des prélèvements « grâce à la hausse de la CSG ». Ou comment la communication est devenu le cache-misère d’un gouvernement sans envergure ni morale…

Il ne faut pas s’étonner de l’absence d’amélioration des indicateurs économiques depuis la prise de fonction de Macron. Le miracle n’a pas eu lieu. En politique comme ailleurs, les chiens ne font décidément pas des chats.

Sur le web

  1.  L’expérience du milieu bancaire de Macron (directement en charge de fusions-acquisitions) paraît très éloignée des contraintes quotidiennes des entreprises. Celle-ci s’apparente plutôt à de la haute fonction publique : elle fait l’impasse sur l’expérience du terrain et de la micro-économie, et concerne souvent des entreprises publiques…
  2.  Macron était proche du PS, a conseillé Hollande puis a été ministre de l’Économie de son gouvernement socialiste.
  3.  À ce sujet, il est frappant de voir combien la hausse de la pression fiscale sous Hollande n’a pas apporté la manne théoriquement attendue : en cassant la reprise et en douchant l’ambition des acteurs économiques, il arrive un point au-delà duquel toute augmentation des impôts est néfaste pour tout le monde. C’est ce qu’exprime la loi Laffer, cette loi dont de nombreux gauchistes réfutent la réalité…
  4.  Preuve de la perversité de son gouvernement qui fait preuve d’une inventivité de tous les instants pour trouver de nouvelles sources d’argent frais, ceci afin de lui éviter de se réformer.