Non, Gérard Miller, nous ne devons rien aux « luttes sociales »

Non, Monsieur Gérard Miller : toutes les grandes avancées dont nous bénéficions tous, toutes, absolument toutes, n’ont été possibles que grâce à l’économie et à la liberté.

Par Olivier Maurice.

J’aime bien écouter Gérard Miller. Il me permet me rappeler pourquoi je suis libéral.

En fait, non. En vérité, au bout de deux phrases, il faut généralement que je coupe la radio ou la télé. Les propos noirs, noueux et abrupts me donnent la nausée.

Il en est de même avec Jean-Luc Mélenchon ou Edwy Plenel. C’est pour cela que je n’ai pas regardé le débat avec Emmanuel Macron. Enfin, pas tout à fait : je ne l’aurais sans doute pas regardé quand même. Disons que ça me fait une bonne excuse.

Ce qui me fascine, c’est la tolérance qu’ont mes compatriotes envers la gauche de la gauche.

Vous avez déjà remarqué qu’un poète qui fait la promotion du meurtre de masse perpétré par les régimes communistes, on appelle cela un poète engagé, signifiant par-là que les autres sont indifférents, voire même pleutres ou collabo ?

En fait, j’ai cherché l’opposé d’engagé dans un dictionnaire : libre. Libre, ça me va bien.

Le mythe de la liberté révolutionnaire

Ceci dit, quelle n’a pas été ma consternation quand aucun des débatteurs de l’émission « On refait le monde » du mardi 17 avril n’a relevé M. Miller quand il a déclaré en parlant des libertés :

Toutes les grandes avancées dont nous bénéficions tous… ont été quand même en grande partie possibles grâce à des luttes sociales (à 22:22 de la vidéo).

Outre l’évidente apologie de la violence (punie de 5 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende – article 24 de la loi du 29 juillet 1881), un tel mensonge énorme, un tel hold-up sur la liberté de la part d’un ennemi déclaré et revendiqué du libéralisme, un tel contresens historique, une telle appropriation d’un concept que M. Miller conspue à longueur de discours m’a laissé pantois.

Le silence de ses interlocuteurs en dit long sur l’imprégnation de ce mythe de la liberté acquise par le sang et la violence. N’est-ce pas d’ailleurs ce que l’on apprend de la révolution… pardon de la Révolution française : qu’il en est sorti Liberté, Égalité et Fraternité ?

En fait, il en est surtout sorti la Terreur, avec ses monceaux de têtes tranchées et la parodie de justice des tribunaux de Salut Public, le massacre de l’Ouest de la France, puis un petit dictateur militaire mégalomane qui mena le pays aux portes de l’abîme et fit massacrer une bonne partie de la jeunesse sur les champs de bataille et dans les plaines de Russie.

J’ai fini par penser que cette vision romantique du passé n’était qu’une réaction de protection face à l’ignoble : se cacher dans l’imaginaire d’une cause supérieure, chevaleresque et noble pour ne pas penser à l’inutile gâchis humain des « luttes sociales » : Révolution, Commune de Paris… goulag et révolution culturelle.

Gérard Miller est psychanalyste, je crois. Il ne peut ne pas connaitre ce phénomène d’idéalisation pathologique qui paraît-il est une tendance chez ceux qui ont été carencés affectivement dans leur petite enfance et qui maquillent le passé pour donner du sens à leur engagement présent.

Ou alors, il ne le connaît que trop bien. Mais j’ai quand même peine à croire que tout cela ne serait que manipulation… peut-on vraiment en vouloir à des gens qui sont persuadés qu’ils agissent pour le bien de tous ?

À eux peut-être pas, mais à ceux qui instrumentalisent leur passion vers leur intérêt particulier, vers leurs délires criminels, aux psychopathes charismatiques qui usent de leur génie pervers pour travestir leur vision haineuse du monde en cause chevaleresque : Hitler, Mussolini, mais aussi Lénine, Trotski, Staline, Mao, Che Guevara, Chavez, Castro, Maduro… certainement.

Non, nous ne devons rien aux luttes sociales

L’Histoire a montré qu’au plus les idéaux sont nobles et purs, au plus les résultats sont désastreux.

Des hommes sages appliqueront leurs remèdes aux vices, et non pas aux noms des choses.

écrivait en 1791 Edmund Burke en prédisant le chaos qui allait bientôt frapper la France.

Ce ne sont pas les mots, les causes et les grands idéaux qui changent le monde, et encore moins les luttes opérées au nom de ces causes, mais une chose méprisée et dénigrée par M. Miller : c’est l’économie et le génie humain qui dans sa fièvre de trouver des solutions et d’en partager les profits sont à l’origine des avancées sociales et des libertés. Ce ne sont ni les hommes politiques, ni les idéologies, ni les luttes ou les révolutions.

Que serait la liberté sexuelle sans l’invention et la commercialisation de la contraception ? Que serait la liberté de la femme sans l’électroménager et sans la médecine obstétrique ? Que serait la liberté de mouvement sans le train, l’avion, la voiture, la bicyclette ? Que serait la liberté du travailleur sans l’assistance des machines ? Que seraient les congés sans les gains de productivité qui les ont permis ?

Que serait la liberté d’expression sans l’écriture, sans le livre, sans la radio qui invitait ce 17 avril M. Miller ?

Que serait la liberté tout court si l’homme n’était pas sorti de sa condition simiesque grâce à l’échange et à l’outil ? Échange et outils qui ont permis aux hommes de faire économie de leurs efforts et ainsi de s’extraire de la dépendance aux éléments qui frappaient les êtres vivants sur cette planète depuis la nuit des temps, Liberté qui nous permet d’apprécier les conséquences de nos actes et d’avoir conscience de notre condition ?

Non, Monsieur Miller : toutes les grandes avancées dont nous bénéficions tous, toutes, absolument toutes, n’ont été possibles que grâce à l’économie et à la liberté.

La liberté n’a pas besoin de sang

Le libéralisme s’imposera en France, malgré les consternantes manœuvres dilatoires des donneurs de leçon. La pression du « vrai » monde, celui qui ne tente pas d’imposer une utopie romantique à grands coups de lois, d’impôts et de propagande, devient chaque jour plus forte.

Nos enfants apprennent soigneusement à Londres, Zurich ou Melbourne à déconstruire les mythes qu’on leur a vigoureusement inculqués en fait et place de leur apprendre un métier ou de les aider à acquérir un esprit critique.

Les enfants des banlieues comprennent petit à petit qu’on se moque d’eux depuis plusieurs générations en leur vendant le rêve d’une société libre, égalitaire et fraternelle.

Les entrepreneurs lisent La Grève et partent s’établir ailleurs, partent travailler pour des sociétés étrangères qui considèrent que les employés sont une richesse et non pas une source constante de conflits, de revendications, de « négociations » et de lutte sociale.

Les contribuables en ont assez de payer pour assurer des prestations sociales et des services publics de plus en plus indigents.

Les salariés en ont assez des discours sur les lendemains qui chantent passés en boucle pendant qu’ils galèrent dans les transports paralysés par une grève qui ne changera absolument rien et n’apportera absolument aucune « grande avancée », pas même une petite.