Exil fiscal : l’Australie, destination préférée des millionnaires

Australia by Marko Mikkonen(CC BY 2.0)

L’Australie est le pays qui attire le plus de millionnaires, tandis que la France est le pays qui en perd le plus.

Par Daniel J. Mitchell, depuis les États-Unis

Dans un billet de 2013, je recommandais l’Australie comme meilleure option pour ceux qui envisagent de trouver un nouveau lieu de résidence en cas d’effondrement budgétaire à la grecque aux États-Unis. Je précisais que l’Amérique n’était pas en situation de danger immédiat, même si je comprenais pourquoi certaines personnes s’intéressent à la question compte tenu de nos sombres perspective de long terme.

Quoi qu’il en soit, j’optais pour l’Australie pour plusieurs raisons, notamment sa position géographique (pas d’État-providence instable aux frontières, c’est pourquoi je ne retenais pas la Suisse), son système de sécurité sociale privé (les dettes non financées sont faibles par rapport au déficit de 44 000 milliards de dollars du système géré par l’État fédéral américain), et son niveau relativement élevé de liberté économique.

Je ne suis pas le seul à noter que l’Australie est un endroit où il fait bon vivre. Un récent billet de Bloomberg constate que les millionnaires s’exilent aux antipodes.

Ils vont tous aux antipodes. L’Australie attire de plus en plus de millionnaires du monde entier, ce qui contribue à en faire l’un des pays riches qui connait la croissance la plus rapide au monde… Au cours de la dernière décennie, la richesse totale détenue en Australie a augmenté de 85%, contre 30% aux États-Unis et 28% au Royaume-Uni, aidée par le fait que l’Australie a vécu 25 ans sans récession. Par conséquent, l’Australien moyen est maintenant beaucoup plus riche que l’Américain ou le Britannique moyen. […] À la fin de 2016, les particuliers détenaient environ 192.000 milliards de dollars […], avec 13,6 millions de millionnaires détenant 69.000 milliards de dollars de ce montant. Il y avait 522 000 multi-millionnaires, ayant un actif net de 10 millions de dollars ou plus.

Le nombre de millionnaires qui s’installent en Australie est particulièrement impressionnant si l’on considère les données mondiales.

Voici une carte montrant les pays avec le plus de riches entrants et sortants (merci à Steve Hanke). C’est peut-être parce qu’il n’y a pas d’impôt sur la mort en Australie, mais il est remarquable qu’un pays avec moins d’un dixième de la population des États-Unis réussisse à attirer davantage de millionnaires.

Mais tout le monde n’est pas satisfait de la situation économique de l’Australie.

Je suis actuellement à Brisbane pour quelques conférences. J’ai évoqué la façon dont les juridictions axées sur le marché se développent beaucoup plus rapidement à long terme que les nations dotées d’une politique économique étatiste. Mais je ne veux pas me focaliser ici sur mes propos (dont une bonne partie sont de vieilles nouvelles pour mes fidèles lecteurs). Examinons plutôt certaines informations contenues dans une allocution du professeur Tony Makin de l’Université Griffith1.

Deux de ses diapositives ont retenu mon attention. Commençons par un regard déprimant sur la façon dont l’Australie a décliné dans les classements mondiaux de la compétitivité établis chaque année par le Forum économique mondial.

Ce n’est pas une bonne tendance.

Cela étant dit, je pense que la liberté économique du monde est une mesure plus exacte et elle montre que l’Australie (que ce soit en termes absolus ou relatifs) n’a subi qu’un léger recul.

Voici un autre graphique qui est aussi déprimant. Il montre que le fardeau des impôts et des dépenses par habitant n’a cessé d’augmenter, même après correction pour tenir compte de l’inflation.

Pour être juste, les chiffres ne sont pas aussi mauvais lorsqu’on considère les impôts et les dépenses par rapport au produit intérieur brut. Néanmoins, la tendance n’est pas favorable, ce que je soulignais dès 2014.

Rien de tout ça ne change mon point de vue selon lequel l’Australie reste un bon choix pour les émigrés américains. Mais je crains qu’il ne soit plus le meilleur choix dans 10 ou 20 ans.

Pour ce que ça vaut, la principale recommandation de ma conférence était que l’Australie adopte un plafond de dépenses semblable à ceux qui existent à Hong Kong et en Suisse. J’aurais dû également suggérer une décentralisation radicale dans la mesure où le gouvernement est ouvert à cette idée.


Sur le web. Traduction : Raphaël Marfaux pour Contrepoints.

  1. Le professeur Makin est l’auteur d’un rapport sur l’échec de la frénésie de dépenses keynésienne en Australie.