Coronavirus : cet « impôt de solidarité » qui vient… ou revient !

La crise actuelle est un aiguillon pour la réforme. Il reste à choisir entre une France qui sombrera plus encore dans le fiscalisme et une France qui commencera à se relever de près d’un demi-siècle d’impérities politiques et fiscales.

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Coronavirus : cet « impôt de solidarité » qui vient… ou revient !

Publié le 6 avril 2020
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Par Jean-Philippe Feldman1

« L’État paiera », a déclaré le chef de l’État dans son discours du 30 mars. Lorsque nos hommes politiques lancent le concours Lépine de celui qui dépensera le plus, reste posée une petite question, vraiment anodine : qui paiera au final la facture ?

Les lecteurs de Frédéric Bastiat, le plus grand économiste français du milieu du XIXe siècle, se rappelleront sa mise en garde : ce que l’État vous donne de la main gauche, c’est ce qu’il vous a pris de la main droite et il vous a pris beaucoup plus car il faut bien payer ses coûts de fonctionnement.

« Je suis à la tête d’un État en faillite », avait lucidement déclaré François Fillon il y a quelques années. Effectivement, l’État-providence français, loué par Emmanuel Macron, est dans l’incapacité d’équilibrer un budget depuis le milieu des années 1970. Ceci expliquant en grande partie cela, la dette publique, modérée jusqu’en 1980, n’a cessé de croître depuis lors et, l’an dernier, nous flirtions avec les 100 % de PIB.

Imprévoyants, nos hommes politiques de droite comme de gauche l’ont été, depuis presque un demi-siècle maintenant, avec l’active participation des quémandeurs de tout poil.

En un mot, les caisses sont vides et elles ne peuvent dès lors être d’aucun secours en cas de coup dur. Cela a été le cas en 2008, c’est encore davantage le cas aujourd’hui.

Lorsque la crise sera passée et que l’on fera les comptes, il faudra bien que l’on rembourse la dette augmentée du tombereau d’aides consenties. Cette question agite déjà nos intellectuels de gauche (un pléonasme) et les hommes politiques férus d’égalitarisme et de redistribution (laissons de côté les plus lucides qui veulent carrément « effacer » les dettes). Deux solutions, qui ne s’excluent pas nullement, commencent à émerger :

1. D’abord, au plan national, d’une part, le rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune, dont la dénomination ne peut que plaire aux héritiers du solidarisme qui peuplent nos assemblées, et, d’autre part, l’accroissement de la progressivité de l’impôt sur les revenus avec malheureusement la jurisprudence du Conseil constitutionnel qui empêche les spoliations trop prononcées.

2. Ensuite, au plan européen, une « taxe de solidarité » – toujours la solidarité forcée… – pour rembourser le « fonds de restructuration » prôné par la France, à défaut de « coronabonds » dont les méchants États-membres « vertueux » ne veulent pas entendre parler.

Notre pays, il est vrai, a déjà connu plusieurs fois depuis la Révolution française des impôts de solidarité et autres emprunts forcés. Mais faut-il, comme l’estime le très à gauche secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, que les plus riches participent tout particulièrement à l’effort collectif ? Faut-il, comme le déclare un membre des économistes atterrés (plutôt atterrants…) revenir sur les « cadeaux » faits aux riches par les gouvernants actuels ?

En fait de cadeaux aux riches, il faut rappeler que la France est numéro 1 des prélèvements obligatoires dans le monde, et numéro 1 des cotisations sociales ; ce qui n’empêche pas nos hôpitaux d’être dans un état de délabrement avancé.

Rappelons aussi que les « classes moyennes supérieures » comme les plus aisées sont déjà écrasées d’impôts et de taxes, et qu’une petite minorité de foyers fiscaux paye une grande partie de l’impôt sur les revenus. Les 10 % des foyers les plus aisés règlent déjà plus de 70 % de l’impôt. Quant aux 2 % les plus riches, ils en assument plus de 40 % !

Manifestement, cela ne semble pas assez aux yeux des Gilets jaunes et des hommes politiques démagogues qui s’acharnent à exacerber le caractère envieux de certains Français. Au demeurant, ce n’est certainement pas avec les 4 milliards d’euros du défunt ISF que l’on résoudra le problème !

Une nouvelle fois, il faut en revenir aux principes :

1. Les revenus et les patrimoines des individus leur appartiennent, ils n’appartiennent pas à l’État.

2. En période de crise, il convient de gérer soigneusement le budget de l’État et conséquemment d’éviter toute dépense superfétatoire, car il faudra bien régler la facture à la sortie de la crise.

3. Le remboursement de la dette supplémentaire et plus largement celui de la dette présente avant la crise doivent, par priorité, s’opérer par le truchement d’une réduction drastique des dépenses publiques.

Cela ne passe pas avant tout par une réduction du nombre des fonctionnaires, comme le pensent certains hommes de droite dans les ornières, mais par la diminution de la sphère de l’État au profit de celle de la société civile.

C’est cette diminution qui, mécaniquement, permettra l’abaissement nécessaire des coûts de fonctionnements de l’État et, entre autres, des traitements des fonctionnaires. C’est ce qui n’a pas été fait depuis les années 1970 et il faudra bien revenir à la raison.

Une nouvelle fois, la question des limites de l’État se présente comme la question centrale. Voilà maintenant plus de 250 ans que les libéraux français le crient dans le désert. Seront-ils un jour enfin entendus ?

La crise actuelle est un aiguillon pour la réforme. Il reste à choisir entre une France qui sombrera plus encore dans le fiscalisme et une France qui commencera à se relever de près d’un demi-siècle d’impérities politiques et fiscales.

  1. Jean-Philippe Feldman publiera prochainement Exception française. Histoire d’une société bloquée de l’Ancien Régime à Emmanuel Macron (Odile Jacob).
Voir les commentaires (20)

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  • Rappelez vous « l’impôt volontaire obligatoire » de François Mitterrand.. suite a la faillite de l’état engendré par sa politique socialo_communiste d’après 81..

    ben là çà va etre pareil.. vous verrez

    • Pour ceux qui s’étonneraient devant cet oxymore et seraient incrédules, il faut expliquer ce terme : les CVO (Contributions Volontaires Obligatoires) existent bel et bien, et ce sont des contributions volontaires pour les uns, et obligatoires pour les autres.

      • on ne recule devant rien « volontaire obligatoire » faut le faire

        • Il fallait oser, en effet.
          Il s’agit ni plus ni moins de la capacité pour une catégorie de personnes à lever l’impôt directement sur une autre, avec la bénédiction de l’Etat.
          On peut citer comme exemples les plus pervers de ce type de spoliation légale les CVO donc, mais aussi les cotisations obligatoires (caisses de retraite récemment d’actualité), les accords de branches étendus, etc ….

        • Y’a mieux, elles sont parfois assujettis à la TVA.

    • C’est une variante du « consentement à l’impôt ». Son montant et sa répartition sont démocratiquement consentis par la majorité qui en est exonérée.

    • il existe une « contribution volontaire obligatoire », mais je ne sais plus dans quel domaine.

  • Elle choisira le fiscalisme,

  • Il y a pire… car le problème actuel dépasse largement celui de l’impéritie de l’Etat français.
    « Et, même si, comme il faut évidemment l’espérer, cette crise n’est pas très grave, il ne faudra pas oublier, comme pour la crise économique, d’en tirer les leçons, afin qu’avant la prochaine – inévitable – on mette en place des mécanismes de prévention et de contrôle, ainsi que des processus logistiques de distribution équitable des médicaments et de vaccins. On devra, pour cela, mettre en place une police mondiale, un stockage mondial et donc une fiscalité mondiale. On en viendra alors, beaucoup plus vite que ne l’aurait permis la seule raison économique, à mettre en place les bases d’un véritable gouvernement mondial ».
    (J. Attali à propos de la pandémie de 2009)

  • Et pourtant, comme l’a dit Maggie :

     » N’oublions jamais cette vérité fondamentale : l’État n’a aucune autre source d’argent que l’argent que les gens gagnent eux-mêmes.
    Si l’État souhaite dépenser plus, il ne peut le faire qu’en empruntant votre épargne ou en vous taxant davantage.
    Il n’y a rien de bon à ce que quelqu’un d’autre paie ; cette autre personne, ce sera vous. L’argent public n’existe pas, il n’y a que l’argent des contribuables.
    La prospérité ne viendra pas de l’invention de programmes de dépenses publiques de plus en plus somptuaires.
    Vous ne devenez pas riches en commandant un carnet de chèques à votre banque et aucune nation n’est jamais devenue plus prospère en taxant ses citoyens au-delà de leur capacité.
    Nous avons la mission de nous assurer que chaque penny levé par l’impôt soit dépensé de manière sage et bonne.
    Les gens parlent de service « gratuit ». Ce n’est pas gratuit. Vous devez payer pour ! « 

  • @chdc-Oui, mais en plus grand, en plus exceptionnel, car à crise exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Donc impôt-volontaire-obligatoire-de-solidarité-exceptionnelle-et-de-sortie-de-guère. N’oubliez pas que nous sommes diriger (enfin acceptation du mot) par des énarques et plus le titre est long plus on forme des acronymes comme :IVOSESG, ça rend pas mal n’est-ce pas ? Parlez-en donc à Bruno LM qui doit chercher dans sa trousse à outils économique? qui ne lui a pas encore été livrée de Chine mais qu’il a commandé en même temps que Christine et Gérard.

    • oui on parle d’abandonner la disparition de la taxe d’habitation et d’appliquer une tva a 25% dans un premier temps

  • Autant le debut est tres bien (il est evident que la flambee de depense actuelle sera paye par quelqu un au final), autant la fin est a mon avis decevante
    1) l auteur ecrit « il convient de gérer soigneusement le budget de l’État et conséquemment d’éviter toute dépense superfétatoire »
    C est typiquement le type de raisonnement qui fait qu on a pas de stock de masques ou de respirateurs: c etait vu comme une depense inutile (qui a besoin demillions de masques ? pourquoi les stocker alors qu on peu en commander en chine pour quelques dizaines de centimes ? on voit aujourd hui le resultat)

    2) « Cela ne passe pas avant tout par une réduction du nombre des fonctionnaires, comme le pensent certains hommes de droite dans les ornières, mais par la diminution de la sphère de l’État au profit de celle de la société civile »
    C est tres bien de dire que la solution n est pas de reduire le nombre de fonctionnaires (plus de 50 % de la depense c est les retraites et la secu, pas payer les fonctionnaires). par contre ca manque un peu de proposition: qu est ce que propose l auteur pour reduire le poids de l etat ? surtout dans uneperiode ou le MEDEF appelle a nationaliser ! (bon c est vrai qu il s agit ici de nationaliser les pertes, comme le capitalisme de connivence sait si bien le faire)

    • le coût du travail des fonctionnaires (tout intégré) est supérieur de 30% a celui du privé.. et ce sans risquer quoi que ce soit .. vous trouvez çà raisonnable?

      • @chdc-C’est surtout leur solidarité actuelle qui me gêne, sont-ils encore français ? Que fait Bruno Le Maire quant à la réduction de leurs traitements y compris le sien ?

    • pour commencer : simplification de la législation (tous les codes), suppression de toute forme de subvention (34 G€), suppression des radios-télévision d’Etat (4 G€)…

  • On peut parier que c’est le fiscalisme qui l’emportera car nos énarques formatés dans l’école que le monde entier nous envie ( ENA ) n’ont rien appris d’autre !!!!!

  • Après Attali qu’on entend lamentablement sur toutes les ondes comme l’expert de la situation c’est DSK qui vient donner ses conseils alors que son fond d’investissement a fait faillite,manque plus que Madoff .

  • Un peu hors-sujet, quoique :

    Pétition pour l’abolition du monopole de la Sécurité Sociale : https://www.petitions.fr/pour_labolition_du_monopole_de_la_securite_sociale_en_france#form

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