Le dernier livre d’Agnès Verdier-Molinié, état des lieux d’une France immobile

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Le dernier livre d’Agnès Verdier-Molinié, état des lieux d’une France immobile

Publié le 8 octobre 2018
- A +

Par Francis Richard.

Près d’un an et demi s’est passé depuis l’élection d’Emmanuel Macron et peu de choses ont changé, si l’on excepte la com.

Certes, plein de réformes ont été lancées, mais pour quels résultats ? Les optimistes diront que c’est mieux que rien et que cela aurait pu être pire…

Dans En marche vers l’immobilisme, Agnès Verdier-Molinié dit en quelque sorte : Tout ça pour ça ? Ou : On en prend d’autres et on continue.

Le lecteur comprend qu’elle ait été déçue, que ses espérances aient été trahies et que son constat soit amer.

Elle dit donc merci (ironiquement) aux responsables de l’immobilisme, aux rentiers de la République fromagère.

Elle dit merci à l’administration

Le prélèvement à la source se révèle déjà un choc de complexité et se résume à cette alternative mirobolante pour le contribuable : dévoiler [ses] revenus ou payer plus cher.

La non-transparence publique est toujours ce qu’elle était : le public, par exemple, cache des emprunts en milliards d’euros que le citoyen ne saurait voir, qu’il s’agisse de la Ville de Paris ou de la SNCF

Les prélèvements obligatoires ne baissent pas : un impôt (ou une taxe) qui baisse peut en cacher un ou une autre qui monte (il y a d’une part baisse des cotisations sociales et d’autre part hausse de la CSG ; et la suppression de la taxe d’habitation sera inévitablement compensée…)

Pôle Emploi coûte et ne sert à rien.

Le nouvel ennemi de classe est le détenteur d’immobilier : pourtant, quand le bâtiment ne va pas, rien ne va…

L’insécurité est toujours ce qu’elle était, par enlisement et aveuglement.

Merci aux grands corps de l’État

Le président en est issu et s’entoure de ses semblables…

Ils sont les grands bénéficiaires du système et de ses prébendes, qu’il s’agisse des administrateurs des finances publiques, des administrateurs des douanes ou des parlementaires.

Ils dissimulent les chiffres de l’exil fiscal qui ne diminue pas par la grâce des impôts confiscatoires et du repoussoir qu’est l’impôt sur la fortune immobilière.

L’ENA ne sera pas réformée et le recrutement des hauts fonctionnaires non plus.

Le nombre de fonctionnaires ne baisse pas significativement et les dépenses publiques non plus.

Les fonctionnaires de l’Assemblée nationale ne sont pas moins bien lotis que les hauts fonctionnaires et tiennent tout autant à leur fromage.

Elle dit merci aux bloqueurs

Les syndicats de l’Éducation nationale : malheur aux dissidents…

Les agents de la fonction publique : pas touche à leurs avantages et à leur temps de travail…

Les syndicats de la SNCF : pas touche à leurs avantages, à leur régime de retraite, etc.

Les syndicats (plus forts dans le public que dans le privé) : les ordonnances se caractérisent par beaucoup de reculades et peu d’avancées… et le Code du travail ne fait que gonfler.

Grâce à eux, la réforme du régime des retraites n’est pas pour demain.

Alors, ce n’est pas le tout de constater l’immobilisme, l’auteur fait des propositions.

Quelles propositions ?

Le gouvernement et l’administration doivent garder en mémoire les 8 objectifs suivants : fiscalité à 40 % du PIB (45 % actuellement) ; des dépenses publiques à 50 % du PIB (57 % actuellement) ; un coût de fonctionnement des administrations à 25 % du PIB ; une masse salariale à 11 % ; 6 % de chômage ; 74 % de taux d’emploi ; 10 000 communes et interco ; 115 000 élus max ; la retraite à 67 ans…

Ce n’est même pas ambitieux.

« Des objectifs qui nous permettraient simplement de revenir au niveau de la moyenne européenne »…

Et cela ne réduirait évidemment pas la dette publique qui tangente les 100 % du PIB…

La France ne devrait-elle viser plus haut, viser l’excellence ?

La Suisse, qui n’est pas un paradis, ni fiscal, ni d’aucune sorte, mais qui est une sociale-démocratie tempérée, aligne des résultats à faire pâlir les immobilistes français qui veulent le maintien du statu quo : recettes et dépenses publiques de l’ordre de 32 % du PIB (les excédents l’emportent depuis des années sur les déficits), dette publique (confédération, cantons, communes) inférieure à 30 %, taux de chômage à 3 %…

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  • faire de la politique Autrement , le proclamer ça ne coute pas cher mais ,l’appliquer c’est une autre histoire … ce n’est pas En MARCHE,
    non, c’est le parti de l’illusion , un tour de baguette magique !!! pour le moment c’est là douche froide …

  • pour mener une politique redistributive ,il faut en avoir les moyens, et donc supprimer la dette de l’état. En effet il vaut redistribuer l’excédent budgétaire aux français plutôt qu’aux banquiers. Il est étrange que le système socialiste que pratique le système Macron nest pas compris cette évidence. Pourquoi, c’est la grande question politique sur lequel les français doivent refléchir

  • Soyons réalistes les Français ont le gouvernement qu’ils méritent, si une majorité souhaite que cela change, dans le sens préconisé par l’IFRAP, nous n’aurions pas ces guignols !

    • quand un gouvernement qui cadenasse la la façon délire un président ou d’autres scrutins que peut faire le peuple? y’a qu’un moyen pour changer ça c’est une révolution et c’est pas près d’arriver.

  • J’ai bien aimé la référence « aux rentiers de la République fromagère ».
    Vraisemblablement une référence aux bobos de la République défenseurs de nos valeurs républicaines que le monde entier nous envie…
    Quant à faire référence à la Suisse et à son taux de chômage inférieur à 3%, c’est prendre le risque d’agacer certains lecteurs…

  •  » (confédération, cantons, communes)  » a écrit la dame.
    Effectivement, la Suisse n’a que 3 couches dans son ‘mille (en fait trois) feuilles’ politique.
    Comme le mot ‘anarchie’ veut dire absence de hiérarchie *entre les hommes, la Suisse avec seulement 3 échelons du pouvoir est le plus anarchique d’Europe.
    * Ce bordel sans nom que les gens s’imaginent sous le nom d’anarchie’ s’appelle en réalité ‘anomie’.
    Le terme anomie est utilisé pour désigner des sociétés ou des groupes à l’intérieur d’une société qui souffrent du chaos dû à l’absence de règles communément admises, ou pire, quand il existe un écart important entre les théories idéologiques et les valeurs communément enseignées et la pratique dans la vie quotidienne, dû au règne de règles promouvant la violence et la coercition plutôt que la coopération.

  • Oui, mais ça ne compte pas l’auteur n’est même pas sorti de l’ENA.
    « Plusieurs journalistes dénoncent la volonté d’Agnès Verdier-Molinié de passer dans les médias pour une « chercheuse » ou une « experte » alors qu’elle ne détient pas de diplôme universitaire en sciences économiques ou en droit public » (citation Wikipedia). Et voilà la France résumée.

    • Et oui en France il faut être un idiot diplômé plutôt que connaître son sujet. Cela explique pourquoi la France est foutu, car nous sommes gouvernés par des incompétents ignares, mais diplômé de l’ENA!

  • Un énième réquisitoire contre les insuffisances économiques du pays. Et après ? On continue jusqu’au prochain rapport, bouquin.. Je pense, sans vouloir les défendre, qu’une majorité des politiques partagent, par exemple, les objectifs cités dans l’article. La question de fond est alors pourquoi rien de sérieux n’est entrepris ? Parce que le pouvoir politique est trop concentré, encore plus avec notre régime présidentiel actuel. Plus un pouvoir est fort plus l’organisation sociale et économique d’un pays gravitera dans son entourage avec tout son cortège d’effets sclérosants que nous connaissons. C’est humain ! Je verrai comme solution avant toute chose de modifier notre cadre institutionnel.

    Or une réforme institutionnelle en profondeur implique une redistribution des cartes et de nombreux intérêts et pouvoirs verront leurs positions altérées. Il faut donc, pour le président courageux qui ferait ce choix, anticiper l’impact de cette redistribution et prévoir des stratégies de négociations voire de compensation et de limitation, de manière à éviter que la réforme institutionnelle échoue ou soit vidée de son contenu par des intérêts coalisés. Méfiance particulière contre les bureaucrates. C’est un travail de patience, c’est le travail d’un mandat. C’est la voix pour baliser durablement le chemin de la prospérité et d’une plus grande liberté en France.

    • La difficulté, c’est qu’il n’y a pas d’ élus de gauche, de droite, du centre ou d’ailleurs !
      Pour la politique, on classe les gens en deux catégories :
      Ceux qui se mêlent des affaires des autres, et ceux qui n’en éprouvent pas le besoin.
      Les libéraux étant par affinité dans cette dernière catégorie, difficile pour eux de s’emparer des rênes du pouvoir pour changer les choses.
      Ce qui explique le fait que vous ne voyez, avec raison, rien venir !
      Et je n’ais pas la solution. 🙁

      • Oui en effet la difficulté est de trouver la personnalité politique capable de donner l’impulsion. Mais je constate que ces questions institutionnelles ne sont jamais mis en avant comme étant primordiales pas même par les libéraux. Ne l’oublions pas le libéralisme est une doctrine juridique et non économique. Un état de Droit et non un Droit de l’Etat comme le souligne Charles Gave.

  • la seule critique je peux faire sur cette dame que j’estime c’est la retraite à 57 ans…..c’est sûr qu’un pékin qui bosse dehors toute sa vie et fait un travail de force va accepter de bosser encore plus tard, même si la durée de vie s’allonge, ça lui laissera encore moins de temps pour profiter d’une retraite bien plus méritée qu’un itoyen lambda qui bosse dans un bureau

    • Rien que la suggestion que la CIA soit dans le coup en dit long sur l’auteur et la clique à laquelle il appartient. On se demande ce que vient faire la CIA dans une demande et proposition de saine gestion des finances publiques de la France. Laquelle proposition de toute façon ne sera jamais suivi. Débile comme un gauchiste!

      • En même temps, regardez les autres articles de ce site, c’est assez amusant ! Avec toute la rhétorique habituelle des complotistes, sans preuves un tant soit peu tangibles.

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