Pourquoi le libéralisme n’est ni le laisser-faire, ni le laisser-aller

On écrit et on dit n’importe quoi sur ce que serait prétendument le libéralisme. Revenons-en une nouvelle fois aux réalités des choses.

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Portrait de Jean-Baptiste Colbert, par Philippe de Champaigne (1655). Wikipedia-Domaine public

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Pourquoi le libéralisme n’est ni le laisser-faire, ni le laisser-aller

Publié le 15 août 2020
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Par Johan Rivalland.

Laissez-nous faire, laissez passer le grain.

Voilà le cri du cœur lancé par un certain Legendre, marchand de son État, répondant à Colbert sur les moyens d’aider le commerce. Une formule sortie de son contexte et manipulée par la suite… mais toujours d’actualité.

Douzième volet de notre série « Ce que le libéralisme n’est pas ».

La liberté d’action et de circulation

Voici ce que rappelait Jean-Yves Naudet, en lien avec l’actualité en 2014, à ce sujet :

Il faut remonter au XVIIe siècle et à Colbert. Celui-ci recevait une délégation de chefs d’entreprises, menée par Legendre. Colbert, en interventionniste fondateur du colbertisme, leur demande « que puis-je faire pour vous aider ? ». Dans son esprit, cela signifie : subventions, privilèges, monopoles, réglementations, fermeture des professions… La réaction de Legendre a laissé Colbert perplexe : « Laissez-nous faire ». Nous n’avons pas besoin de votre aide et de vos fonctionnaires, pas besoin que l’État se mêle de ce que nous savons faire nous-mêmes. Mais au moins ne nous mettez pas de bâtons dans les roues, rendez-nous notre liberté, le reste, nous nous en chargeons.

Cet épisode et ce Legendre ont-ils vraiment existé ou s’agit-il d’une formule qui serait en réalité l’œuvre de Vincent de Gournay, dont Turgot dressait un éloge vibrant, celui-ci l’ayant largement inspiré dans ses réflexions et ses actions ?

Peu importe.

Ce qui est sûr est que les disettes étaient courantes encore à l’époque et qu’il était d’une complète aberration et proprement inouï que, par ses mesures réglementaires et protectionnistes, empêchant la libre-circulation des grains d’une contrée à une autre en France, des gens souffrent ou meurent, alors même qu’à quelques kilomètres à peine de chez eux des excédents de récoltes leur auraient permis de manger à leur faim. Tout cela parce que, par son interventionnisme criminel, l’État empêchait la liberté du commerce.

Et on voudrait incriminer le libéralisme, lui prêter des intentions dites « égoïstes » n’ayant rien à voir avec ses principes ? Nous n’avons affaire là qu’à pure ignorance. Et il est un fait que l’ignorance prend bien plus souvent le pas sur la connaissance que l’inverse.

Laissez-nous faire, cessez de nous mettre des bâtons dans les roues !

Plus de 300 ans après, c’est un autre cri du cœur similaire qui est lancé par le maire de Mandelieu-la-Napoule, le 25 novembre 2019, suite aux inondations qui ont touché de manière impressionnante les Alpes-Maritimes. Là encore, on peut qualifier l’interventionnisme de criminel – même si ce n’est bien évidemment nullement intentionnel – pour ne pas dire absurde, en tous les cas inconséquent.

Car c’est une nouvelle fois le poids de la réglementation – pire, ses contradictions parfois absurdes – qui mène à la catastrophe et à la mort d’individus. Lisons un extrait de l’article de presse mis en lien ci-dessus concernant l’appel de ce maire (et de plusieurs autres responsables publics locaux en accord avec ses propos) :

[…] Il dénonce « une contrainte totalement contradictoire » en matière d’urbanisme : « On nous demande de faire des logements en nombre – je dois en faire 2500 pour être dans la loi, et on me punit de ne pas les faire – et de l’autre côté, on me demande de rendre à la nature le plus de sols possible », explique-t-il. « Moi, je préfère privilégier la lutte contre l’inondation mais pour faire des aménagements contre l’inondation, il me faut des dizaines d’années de procédures puisque c’est très compliqué », poursuit-il. « J’en appelle donc au président de la République et aux parlementaires : je leur demande de simplifier la législation, de simplifier les réglementations, de rendre le pouvoir aux locaux pour pouvoir aménager. Laissez-nous faire, on peut le faire, mais laissez-nous agir et arrêtez de nous contraindre avec des procédures qui n’en finissent pas.

Le libéralisme, un « laisser-aller » ?

Le « laisser-fairisme » n’est donc qu’une simple vision de l’esprit, créée par des ennemis du libéralisme, puis répandue médiatiquement, pour s’ancrer dans les esprits de tout un chacun de manière insidieuse et difficilement réversible.

La philosophie libérale est bien plus fine que les caricatures que l’on veut bien en dresser de manière souvent scandaleuse. Et lorsque d’aucuns prônent, dans tel ou tel domaine, le « laissez faire » (avec un « z » et non un « r »), ce n’est jamais avec l’intention qui lui est généralement prêtée.

Il en va de même avec, pire encore, cette idée parfaitement insidieuse qui consiste à associer le libéralisme avec le « laisser-aller ». Une nouvelle fois, nous sommes dans la grossière caricature. Et le plus désolant est que des gens, même de bonne foi, sont parfaitement convaincus de la validité de ce type d’assertion.

Hier encore, j’écoutais face à moi quelqu’un de tout à fait sympathique et agréable, nullement mal intentionné et plutôt assez instruit, qui devisait – à la veille des grandes grèves qui allaient débuter ce 5 décembre 2019 – sur les risques et dérives de notre société actuelle. Les inquiétudes face aux mouvements sociaux, les Gilets jaunes, casseurs et autres voyous venant de banlieues jusqu’à Paris, Christophe Guilluy et la France périphérique… jusqu’au moment où, évoquant certains quartiers fermés à la police où règne la loi des dealers, cette personne se met à sortir un couplet sur l’ultra-libéralisme qui régnerait dans ces quartiers.

Je n’ai rien dit – parfois c’est vain et je n’avais de toute façon pas du tout le temps car j’étais très occupé – mais c’était hélas tout à fait représentatif ce que beaucoup pensent, emportés par leurs croyances et ignorants des fondements philosophiques du libéralisme. Poursuivant sa pensée, cette personne mélangeait alors loi de la cité, absence d’autorité, trafic en toute impunité, règlements de comptes par le moyen d’une balle dans la tête et « ultra-libéralisme » à la Alain Madelin (qui, si d’aventure il lit ces lignes, ne pourra que s’en attrister, tant cette caricature est d’une ignominie consternante). Je ne pouvais que prendre ma plume pour tenter de lutter à ma toute petite échelle contre de telles horreurs d’attributions intellectuelles…

Laisser-aller et État-gendarme

Ceci m’a aussi laissé entrevoir la contradiction incroyable qui peut régner dans certains esprits (universitaires) entre d’un côté cette idée absurde que nous venons d’évoquer d’un « laisser-aller », et une autre facette souvent caricaturale – en parfaite contradiction – prêtée au libéralisme, souvent apparenté à une sorte « d’État-gendarme ». Avec toute l’évocation péjorative que l’on peut imaginer derrière cette formule réductrice… Comme quoi nous ne sommes plus à une contradiction près et que lorsqu’on évoque le libéralisme, on ne sait pas très bien de quoi on parle, si ce n’est d’une sorte d’épouvantail protéiforme qui a bon dos et permet une forme de défoulement apaisante.

Rappelons, si besoin est, que le libéralisme est par nature attaché au respect des droits des individus, aux libertés fondamentales, au droit de propriété, à la protection de la personne à la fois dans son intégrité physique et morale, à la responsabilité. Comment imaginer un seul instant que « loi de la cité » et libéralisme auraient quoi que ce soit à voir ensemble ?

Laisser-aller : mais de qui parlons-nous ?

Pour conclure, car le thème de cet article pourrait largement occuper un ouvrage entier à lui seul – mais il faut ici faire court – j’aurais tendance à renverser les propos contenus dans les idées reçues esquissées précédemment, en faisant remarquer que c’est plutôt l’État, par son interventionnisme excessif, qui a tendance – malgré lui – à conduire dans de nombreux domaines au laisser-aller. Joli paradoxe. À vouloir se mêler de tout et de rien, il finit par être très souvent inefficace et causeur de troubles. Cela ne date pas d’hier, ainsi que nous l’avons vu, et ses interventions, par leur absurdité parfois et leurs contradictions comme nous l’avons vu aussi, peuvent s’avérer nuisibles.

Un seul exemple – en lien avec l’actualité : le système des retraites. Avec un petit rappel à tous ceux qui marquent leur refus inflexible de toute réforme (ou changement de système) quelle qu’elle soit : à force de laisser-aller et d’inconséquence politique de la part de « l’État » et ceux qui le représentent, la Grèce dos au mur a fini par devoir consentir d’autorité une baisse généralisée des retraites… de 30 % du jour au lendemain. Voilà qui laisse songeur. Et qui pourrait bien nous arriver. Mais c’est sans doute là un autre sujet… quoique.

 

À lire : articles de la série « Ce que le libéralisme n’est pas » :

Article initialement publié en décembre 2019.

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  • « La liberté d’action et de circulation »: un sujet emblématique du libéralisme apprécié avec circonspection dans l’esprit des français forgés par un Jacobinisme digne successeur du Bonapartisme.
    Au plan politique et économique, une majorité de français reste attachée à un pouvoir Étatique adulé en fonction de sa potentialité de « biberonnage ».
    Il faut reconnaitre que le rappel du cas de figure vécu par la Grèce peut laisser songeur…
    Le libéralisme n’est pas impliqué dans un « laisser faire n’importe quoi » s’exerçant dans le domaine d’Intervention de L’État; un domaine ou l’on se détermine en fonction de « l’intempestivité » potentielle de mouvements de rue et des désagréments qui y sont attachés…

  • Vilenie, calomnie et malhonnêteté sont les armes de la gauche. Il est bizarre que l’on s’étonne encore des malveillances de ses affidés!

  • Le respect des droits des individus n’aurait rien à voir avec la « loi de la cité »?

  • « Une baisse généralisée des retraites… de 30 % du jour au lendemain »

    En France, ce sera malheureusement l’ultime solution pour des retraites par répartition irréformables, puisque toutes les variables, endettement, cotisations et âge de départ, sont déjà au taquet ou pratiquement. S’il reste quelques marges à grappiller, ce sera loin d’être suffisant pour absorber le pic de demande entre 2030 et 2070.

    Il y aurait bien la solution douce et bienfaisante de la transition vers la capitalisation. Mais le pouvoir et ses affidés n’en veulent pas, obstinément, puisque la capitalisation ne permet pas de favoriser leurs amis aux dépens de la population française. Il y aura donc crise, faillite de la répartition et finalement réduction autoritaire et brutale des pensions.

    Lorsque la faillite viendra, tout le monde ne sera pas logé à la même enseigne. En effet, les régimes spéciaux se débrouilleront pour pomper l’argent des pensions du privé afin de maintenir leurs privilèges exorbitants sur le reste de la population. Les retraites du privé supporteront l’essentiel du choc de la faillite de la répartition, avec des baisses supérieures à 50%, voire 80% sur les plus grosses retraites, au nom de la justice sociale, de la solidarité, de la surconsommation ou du climat. Financées essentiellement par l’impôt, les retraites publiques et quasi-publiques quant à elles ne supporteront que des efforts symboliques. Rien de comparable avec les efforts que le privé devra consentir. Le pillage décontracté du pays atteindra des sommets encore insoupçonnés.

    C’est l’enjeu essentiel de la réforme actuelle : créer des conditions telles que l’essentiel du poids de la faillite anticipée soit supporté par le seul régime général, en épargnant autant que possible les régimes spéciaux.

    Cette injustice en gestation est visible avec l’attitude du gouvernement face à la grève ces jours-ci. Le premier jour de grève n’est même pas encore terminé que les ministres se bousculent pour affirmer que les principaux régimes spéciaux seront épargnés par la réforme. Au terme de leurs communications consciencieusement planifiées, en toute complicité avec les syndicats de fonctionnaires, la réforme ne concernera plus que le secteur privé. Ainsi. nous savons déjà que le privé est la véritable victime, la victime désignée de la faillite de la répartition.

    • Vous avez raison, aussi la question qui se pose est la suivante : jusqu’à quand, jusqu’à quel point les gens (salariés comme chefs d’entreprise) qui travaillent dans le privé accepteront-ils de se laisser tondre, pour ne pas dire dépecer, par ces régimes ultra-protégés et leurs copains, les politiciens organisateurs de ce système de prédation (qui se servent largement au passage) ?
      Déjà, on voit de plus en plus de jeunes, diplômés et dynamiques, qui quittent le pays.
      De l’autre côté, ceux qui ne peuvent pas quitter le pays se constituent en mouvements de type « Gilets Jaunes », qui ressemble aux jacqueries de l’Ancien Régime.
      Jusqu’à quand, jusqu’où ?

    • Vous avez oublié les régimes de professions libérales , indépendants, en excédent, qui vont passer « à la casserole » du régime général. Et qu’ils ne font pas confondre avec les régimes spéciaux qui font partie intégrante du régime général.
      Peux t’on rappeler , au passage, car on l’oublie souvent, que les régimes spéciaux , SNCF, EDF et RATP étaient des régimes indépendants jusqu’au début des années 2000. Quand ils ont vu que leurs régimes étaient en faillite leurs syndicats ont été voir le gouvernement de l’époque (c’était sous chirac il me semble) et ont demandés leur intégration au régime général qui était alors en excédent. Mais bien sur tout en gardant leurs avantages et leurs privilèges. Et depuis le régime général est en déficit chronique et tous les salariés du privé cotisent pour ceux qui, régulièrement les empêchent de travailler et de gagner leur vie.

      • pas confondre régimes spéciaux et régimes indépendants : les premiers seront préservés, les deuxièmes spoliés/ponctionnés/absorbés/dépecés !

  • La « loi des cités » est en effet tout sauf libérale. Elle oblige les femmes à raser les murs, quand elle ne les maintient pas dans un état de dépendance totale au « grand frère ». Elle utilise la violence illégitime pour faire régner un ordre qui ne profite qu’aux leaders (anagramme de dealers). Elle impose bien souvent l’observance de rites religieux archaïques, par le biais d’une forte pression sociale.
    Bref cela ressemble plus aux conditions de vie dans une dictature que dans une démocratie.
    Le seul point commun avec le libéralisme serait un niveau de taxation très faible sur les produits qui sont vendus en ces lieux. Mais ce seul critère est assurément trop faible pour définir une société liberale…

    • Et encore, le niveau de taxation très faible pratiqué sur les produits vendus en ces lieux se transformerait en racket généralisé de la population si d’aventure ces territoires prenaient leur indépendance (je me réfère là au risque de partition évoqué par l’ex-président français) ; car que je sache, contrairement aux pays du Golfe, un mini-califat de banlieue ne disposerait pas de la manne pétrolière pour faire tourner l’exécutif.
      Toute la civilisation islamique tourne autour du principe de la Oumma : le collectif y prévaut sur l’individuel. Ce qui est de facto antinomique du libéralisme tel que nous le concevons.

  • Les libéraux sont les seuls qui mettent en cause l’état ou plus précisément ce qu’il est devenu.
    Tout ceux qui vivent directement de lui (fonctionnaires, élus, militaires, juges etc …) ou indirectement (les entreprises « publiques », les médias, les concessionnaires de tout poil, les sociétés privés du « capitalisme de connivence, la culture francaise « d’exception » etc …) représentent bien plus de 50% de la population.
    Le mal absolu pour tout ce petit monde c’est le libéralisme, la seule sensibilité politique qui est vraiment une menace pour eux et leurs rentes de situation. Tocqueville ne disait pas autre chose au XIX ème siècle. Rien n’a changé. Les rentiers de l’état sont toujours là.

  • Tout le monde veut se dire libéral, sous-entendu: faire ce qui lui plaît sans limite.
    Le vrai système politico libéral ne peut être qu’un état fort avec des capitaines d’industrie puissants. Ces derniers inventant la modernité sans mordre l’autorité de l’état qui garantit la cohésion de la nation. C’étaient les belles années du gaullisme, c’est peut-être la Chine d’aujourd’hui.

    • NON il y a une limite à la liberté pour un libéral : autrui et sa propriété, pour faire sobre.
      Il serait temps de le comprendre, à défaut d’y adhérer.

      Système politico libéral ?, le vrai ? Et le faux svp. C est quoi ?

      • On a bien vu comment les libéraux ont fait fi des limites avec les prêts toxiques avant 2008 ou bien les actions de milliardaires bien connus contre la monnaie d’un état lorsque celui-ci est affaibli économiquement. Mais ça, vous l’excluez du domaine de la compréhension  » autorisée ».

        • On l’intègre parfaitement au contraire.
          Mais la vraie réalité est que personne ne se serait précipité sur ces prêts s’ils n’avaient été gratuits à cause des taux négatifs de la FED dès 2001, personne n’aurait été étranglé par ces même prêts si la FED n’avait pas remonté brutalement les taux des 2007. On ne parle même pas des incitations légale comme le « Community Reinvestment Act », ou les garanties étatiques qui ont minimisé les risques de prêt à des gens économiquement fragile.
          .
          C’est fou tous ces gens qui se précipitent « libéralement » en masse sur de l’argent rendu gratuit et sans risque par l’état pour être « libéralement » étranglés quand l’état décide qu’il faudra soudainement le payer le prix fort une fois totalement engagé.

      • @ Inox et @ Gwingwenn,

        Encore des poncifs éculé qui veut que le libéralisme ce sont les banquiers, les milliardaires et les PDG. Faudra juste piger un jour que le libéralisme en économie c’est la liberté de pouvoir entreprendre sans contrainte point final. Après la nature humaine est ce qu’elle est. Des gens malveillants il y en a dans toute les couches de la population.

        La cause de la malhonnêteté d’un PDG, d’un milliardaire ou d’ un artisan n’est pas le droit à liberté d’entreprendre. Quand vous les anti-libéraux auront compris cela vous aurez fait un pas de géant dans le bon sens.

      •  » Plus prosaïquement la médecine libérale n’a rien de libéral: elle tire ses revenus de la sécu. Les experts comptables, commissaires aux comptes, notaires, architectes etc … sont-ils libéraux quand leurs métiers et accès sont protégés par des ordonnances.  »

        Quand on parle de professions libérales cela veut dire que vous êtes rémunéré que quand vous travaillez. Contrairement aux autres profession où le chômage vous couvre quand vous n’avez plus de travail.

         » La notion de libéral est une autre façon de dire toucher pas à ce que je fais c’est pour mon plus grand bien !  »

        Non c’est de dire que c’est légitime de profiter des biens et des revenus que j’ai produit moi-même par mes propres investissements.

  • La réalité est toujours plus complexe que le miroir simplifiant que nous en avons en tête. Oui : certaines crises frumentaires ont eu pour cause, non la pénurie, mais les obstacles liés à la circulation des récoltes. Ceci établi, il faut rentrer dans les détails. Le souverain a intérêt à ce que le commerce fonctionne, puisque c’est la prospérité de ses sujets qui fait la sienne et aussi sa puissance. Le souverain également besoin de routes pour ses armées. Par ailleurs, les octrois qui taxaient les marchandises transportées étaient souvent des sources de revenus, non essentiellement pour le Roi, mais pour quelques nobliau local. Les communautés elles-mêmes, représentées par les consuls (on a conservé de nombreuses requêtes en ce sens) avaient souvent édictées ces taxes, pour ne pas voir les ressources s’enfuir de leur territoire (les bestiaux par exemple, une marchandise qui peut se transporter toute seule) les marchandises dont elles auraient manqué ensuite.
    D’une certaine manière, le souverain avait donc intérêt, pour la propre concentration, de son pouvoir (et non sa dilution « libérale »), à supprimer les taxes sur l’échange, à construire et entretenir les routes. Par ailleurs, les cas d’accaparement de récoltes par des marchands spéculateurs ne furent pas rares, notamment à l’orée de la révolution française. Libérer la circulation des grains n’était donc nullement une garantie pour les populations d’en avoir à leur disposition solvable. On peut tout autant dire qu’elle libérait la spéculation, l’accaparement, qui n’ont rien de libéral.
    J’abonderai à l’idée que l’absence totale d’Etat permet une forme extrémiste du libéralisme, comme il se voit en Albanie ou dans le Sud de l’Italie. Comme j’agrée à l’idée que la réalité est complexe et que la meilleur politique est nécessairement nuancée, pratique et se défie des extrêmes idéologiques.

    • Une position nuancée, c’est joli, ça fait raisonnable, genre vieux sage sous son baobab. Mais c’est oublier que tout pouvoir ne demeure jamais raisonnable bien longtemps. La dynamique du pouvoir est de s’étendre. De plus le pouvoir rend fou.

      Sinon le spéculateur, ce repoussoir facile. Parfois vous désirez sécuriser une position à terme (un paiement en devise à 3 mois par exemple). En effet il est toujours mieux de naviguer en sachant où on va. Mais pour ça il vous faut un partenaire ayant le souci exactement inverse et c’est le rôle des intermédiaires que de le trouver. Ou alors il y a un fou furieux prêt à prendre le risque inverse du vôtre dans l’espoir d’un gain important. No pain, no gain, ça ne marche pas à tous les coups. A moins d’avoir, comme les plus puissants, les moyens d’orienter le cours de choses. Quoi de plus simple que de d’influencer la bonne personne au sein du cabinet ministériel concerné … Mais là, admettez que ce n’est pas le libéralisme le coupable.

    • Le souverain a intérêt à ce que le commerce fonctionne, puisque c’est la prospérité de ses sujet qui fait la sienne et aussi sa puissance

      L’histoire enseigne exactement l’inverse, les souverains les plus puissants ont été des tyrans et la France est totalement en faillite pendant que l’aristocratie bureaucratique pille le pays doté du plus gros état au monde (57% du PIB).
      .
      Ensuite si vous regardez la définition du libéralisme, le sud de l’Italie ou l’Albanie n’ont strictement rien à voir.
      .
      Des corporations étatique qui vivent en parasites essaient de faire croire que sans eux ce serait le retour de l’horrible sauvagerie, la réalité est que sans ses pillards et avec un état libéral le pays irait parfaitement bien comme le démontrent les pays libéraux d’Europe.

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