Au secours, les Français se noient !

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La présidence Macron n’est pas parvenue, jusqu’à présent, à redresser la France. Au secours !
HUMEUR

Par Pierre Brisson.

La novlangue de monsieur Macron dissimule mal le fait qu’il continue à patauger dans le marigot des travers français.

Dans le cadre de la campagne qui a conduit à son élection, Emmanuel Macron a écrit un livre dont le titre était Révolution. Force est de constater après deux ans d’exercice du pouvoir que le choix de ce mot était grossièrement exagéré et qu’il persévère dans la communication plus que dans l’action comme le prouve sa conférence de presse et le compte rendu d’Édouard Philippe à l’issue du séminaire gouvernemental qui a suivi.

Dans le langage courant compris par l’ensemble des francophones mais semble-t-il non par monsieur Macron et ses amis, une révolution est un changement des paradigmes employés pour gouverner ; et à quoi assiste-t-on sur la durée, même après l’explosion sociale des Gilets jaunes ? Simplement à un ajustement des conditions antérieures dans lesquelles les Français doivent vivre, et à un durcissement des méthodes hyper-dirigistes de la présidence dont le gouvernement n’est qu’un appendice de pure exécution. C’est d’autant plus dramatique que l’Assemblée nationale, organe constitutionnellement fort du pouvoir législatif, est devenue plus inconsistante que jamais sous la Ve République. L’Élysée — on pourrait dire « Pharaon » (par analogie avec l’ancienne Égypte qui donnait au souverain le nom de son palais) — cherche toujours à amoindrir davantage son rôle en recourant à toutes sortes de consultations extérieures, dont celles des calamiteux « partenaires sociaux », instances non-représentatives qui empoisonnent la vie des Français depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les maux de la France n’ont pas (encore) été soignés

De quoi souffre la France sur le long terme depuis Richelieu, en passant par Louis XIV, Napoléon, les Jacobins et autres (avec quelques petites exceptions telles le gouvernement de Louis-Philippe, de Raymond Barre ou d’Édouard Balladur) ? D’un excès de centralisation, d’une inflation jamais contrariée de fonctionnaires, de l’alourdissement des prélèvements obligatoires en même temps que de la condamnation des valeurs véhiculées par l’argent, de la préférence donnée à la règlementation sur le marché pour le fonctionnement de l’économie, de l’omniprésence de l’esprit de cour qui conduit à la servilité des grands décideurs.

Tout cela entraîne le pays dans un cercle vicieux au sein duquel le manque de liberté et la difficulté d’accumuler du capital en mains privées brident l’action des agents économiques, les conduisant à s’adresser de plus en plus à des tiers pour obtenir des fonds. Évidemment les banques ne sont pas forcément courageuses et dans les cas impliquant des problèmes sociaux l’État répond en desserrant les cordons de sa bourse avec beaucoup de légèreté et d’incompétence sur des critères qui n’ont rien à voir avec les nécessités de la création de richesses.

Le cercle vicieux de la redistribution

Nous en sommes arrivés à un point où les considérations sociales poussant à toujours plus de redistributions et donc à toujours plus de prélèvements sont devenues insupportables pour tous ceux qui malgré tout voudraient continuer à entreprendre, pour parfois gagner et souvent perdre.

Que propose le gouvernement de monsieur Macron ? Continuer à prélever pour redistribuer, en diffusant ainsi toujours davantage l’irresponsabilité de ceux qui reçoivent et le découragement de ceux qui sont tondus toujours plus ras. Où est donc la révolution annoncée avant la présidentielle ? Où sont les diminutions drastiques de dépenses publiques sans quoi rien ne changera ? Nulle part sinon dans sa tête et celles de ses thuriféraires qui parlent d’effet « waouh » dans ses dernières déclarations.

Une solution : « think out of the frame »

Ce qu’il devrait faire mais ne fera jamais tant il semble incapable de penser en dehors du moule étatiste qui l’a formaté, c’est libérer les énergies créatrices en France. Un programme serait tout prêt à servir (même s’il pourrait être amélioré) : celui présenté par François Fillon pendant sa campagne électorale pour la présidentielle.

Parmi les mesures préconisées, la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires était essentielle car les salaires, retraites et frais de fonctionnement des 5 millions actuels d’employés publics coûtent évidemment très cher ; les pays qui ont moins de fonctionnaires sont aussi bien (sinon mieux) administrés que la France parce que si l’on paye des gens, ils finissent toujours par produire quelque chose même s’ils travaillent peu. Les fonctionnaires, quant à eux, produisent des règles et la France étouffe dans le carcan de ces règles (que ce soit celles de l’administration de Bruxelles ou les siennes propres) qui sont devenues une camisole de force pour les citoyens normaux et une passoire à mailles fines avec des trous pour tous ceux qui s’ingénient à en profiter.

La seconde mesure essentielle serait de responsabiliser les Français. Il est inadmissible, par exemple, que la médecine et les médicaments soient gratuits toujours pour les mêmes « pauvres » et soi-disant « classes moyennes » ou que le chômage soit indemnisé aussi longtemps sans aucune contrepartie. Les modèles étrangers ne manquent pas mais les Français persistent à penser qu’ils vivent dans le meilleur des mondes possibles. En Suisse, qui n’est pas un pays sous-développé, les risques de santé sont couverts par l’assurance. Les gens payent des primes pour être couverts et lorsqu’ils consomment des soins, ils supportent une franchise. C’est du bon sens. Dans la plupart des pays développés, le chômage n’est pas indemnisé après un an d’inactivité, et dans les pays nordiques tant admirés la formation pendant le chômage est obligatoire et le refus de propositions raisonnables d’emplois sanctionné.

Il y aurait tant à faire ! Retirer aux syndicats les subventions publiques et les obliger à ne vivre que de leurs cotisations ; apprendre aux enfants les règles élémentaires de l’économie (formation des prix !) sans mélanger cette dernière au social et au marxisme ; interdire le retour dans l’administration des énarques ayant quitté le service public ; interdire à l’État et aux collectivités publiques de subventionner les myriades d’associations « à but environnemental et/ou social » ; réformer l’organisation territoriale pour que les communes deviennent des entités de taille raisonnable (ni quelques centaines de personnes ni plusieurs dizaines de milliers), pour réduire le mille-feuilles à trois couches : communes, départements dont la taille serait étendue à celle des anciennes régions, et régions nouvelles regroupant des entités historiquement significatives à l’intérieur desquelles des liens et des habitudes de relations existent ; décider d’une véritable décentralisation donnant un pouvoir réel aux autorités locales… aussi léger que possible sur les personnes qui y résident ; privatiser tout ce qui peut l’être, y compris l’Éducation nationale et la santé, pour ne conserver que les fonctions régaliennes ; mettre fin à l’État-providence que-tout-le monde-nous-envie et le remplacer par un système assurantiel privé, de liberté et de responsabilité ; arrêter de subventionner les activités moribondes pour « sauver l’emploi » ; s’imposer de ne pas dépenser davantage que ce dont on dispose et réduire les impôts, tous les impôts, à une TVA de 10 % plus une flat tax sur les revenus de 15 % ; ne pas se mêler de ce qui ne vous regarde pas et surtout de vouloir diriger l’économie ; se contenter de diffuser l’information pour que les partenaires économiques sachent à qui ils ont affaire, sanctifier les contrats, et sanctionner les entreprises qui ne paient pas leur fournisseurs !

On peut rêver, mais cet ensemble de mesures risque fort de ne rester hélas qu’un rêve.

La présidence Macron est encore une présidence perdue et le pays s’enfonce de plus en plus dans la pauvreté en allant vers de plus en plus d’étatisme. La seule sortie possible semble être maintenant l’écroulement, la première phase d’une véritable  révolution, comme il est advenu à URSS en 1990 ou au gouvernement américain dans le beau livre d’Ayn Rand, La Grève. Espérons qu’elle vienne vite pour passer à autre chose mais attention, une version de dictature marxiste version LFI ou RN n’est pas à exclure avant la libération car la pauvreté et la misère intellectuelle aveuglent. Pauvre France !

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