La tyrannie sanitaire jusqu’à quand ?

Tread upon no what BY John Eisenschenk (CC BY 2.0) — John Eisenschenk , CC-BY

Comment sortir de cette tyrannie sanitaire qui s’appuie sur un chantage ? En demandant une société plus libre et en remettant l’État à sa juste place.

Par Olivier Maurice.

Jean Castex a tenu jeudi 7 janvier la maintenant devenue traditionnelle conférence de presse. Le contenu avait largement fuité auparavant et l’on savait bien depuis les annonces officieuses des pontes du conglomérat sanitaire hygiéniste qu’il ne fallait pas s’attendre à grand-chose.

Parce que force est de se rendre à l’évidence, ce n’est pas Olivier Véran, Jean Castex, ni même Emmanuel Macron qui dirigent la santé, le gouvernement ou la France actuellement, mais bien une corporation de hauts fonctionnaires de la santé dont le Conseil scientifique et les maintenant bien connus chefs de services et autres consultants habitués des plateaux télé ne forment que la partie émergée de l’iceberg.

Depuis que la folie virale a commencé il y a un an, il devient chaque jour de plus en plus clair que ces individus tiennent par la gorge le gouvernement, et par-delà même le pays tout entier, en lui faisant subir un affreux chantage : confinez ou nous laissons mourir les gens dans les couloirs des hôpitaux.

Et depuis un an, le gouvernement baisse la tête et implore pitié.

Cette situation est totalement indécente, totalement insupportable, totalement inacceptable.

Tyrannie sanitaire et monopole de la violence

Le gouvernement, dont la justification principale est de faire en sorte que l’État délivre le meilleur service possible aux citoyens, est aux ordres de cette machine administrative et corporative qui a petit à petit envahi tous les secteurs de la société.

Il existe deux types de monopoles.

Le monopole de facto qui n’est souvent que temporaire et qui se produit quand une personne ou une organisation a réussi à prendre une position dominante sur un marché ou dans un domaine quelconque. Cet état de fait déclenche l’émulation. Il est la base même du progrès. Il montre quelle route à suivre et où se trouvent les opportunité. Si lui, pourquoi pas les autres ?

Le monopole de droit est à l’opposé complet du premier. Il conviendrait d’ailleurs mieux de parler non pas de l’état de domination commerciale ou conceptuelle qui le caractérise, mais de sa nature profonde. Le monopole de jure n’est absolument rien d’autre que la tyrannie du plus fort. L’organisation et les individus qui disposent de cette position ne l’ont pas acquise par leurs exploits, leurs compétences, ni même leurs qualités : ils l’ont acquise par la force, par le pouvoir et par la séduction.

Et depuis un an, la machine à laquelle a été attribué le monopole de droit de la santé, pour des raisons idéologiques d’un autre âge (sécurité sociale, ARS, hôpitaux publics, universités etc.) exerce sur la population française une tyrannie de plus en plus insupportable.

Cette machine a pris le pouvoir de décision sur une autre machine, d’ailleurs bien affaiblie pour les mêmes raisons idéologiques d’un autre âge : l’État régalien qui, lui, dispose d’un autre monopole de droit, celui de la violence légale.

Depuis un an, la violence est utilisée pour soigner les gens. D’ailleurs, on ne soigne pas, on confine, on impose le couvre-feu, la fermeture administrative, la limitation des thérapies ; on utilise la peur, la menace, la contravention, voire même la force physique et la détention.

Ce système ne peut plus durer, ne peut pas durer : il est à la fois inefficace et illégitime. Personne n’a voté lors des dernières élections pour que Jérôme Salomon, Karine Lacombe, Djillali Annane ou Jean-François Delfraissy dirigent le pays et que le Conseil des ministres soit remplacé par des sociologues, des anthropologues, des modélisateurs, ni même des virologues ou des chefs de services de réanimation.

Abus de position dominante

On pourrait à la limite comprendre que l’on utilise l’ordre pour aider la machine médicale. Mais il faut se rendre à l’évidence, ce n’est pas le cas. On n’utilise pas la force pour soulager les soignants, mais parce que les soignants ont imposé son usage.

La machine utilise la force contre les citoyens, mais elle utilise également la force contre les rares opposants qu’elle comptait en ses rangs et que l’on a systématiquement raillés, injuriés, poursuivis pour finalement les réduire au silence.

Il ne faudrait surtout pas déduire de cet affolant constat un procès contre ceux qui occupent ces postes, qui sont absolument et à n’en pas douter d’excellents spécialistes dans leur domaine.

Ce qu’il se produit avec le conglomérat sanitaire se produit avec tous les monopoles : tout monopole de droit finit par être corrompu par le pouvoir qu’il exerce.

La République de Platon a plus de 24 siècles. En 2400 ans, on a eu le temps de constater la répétition systématique de ce phénomène. Il n’est plus possible d’ignorer ce destin inexorable qui frappe toute organisation, toute personne qui a acquis ou a obtenu une position de pouvoir : un jour où l’autre, elle utilisera ce pouvoir pour autre chose que ce pour quoi il lui a été attribué.

L’échec de l’État démocratique et national

La France est à la croisée des chemins. L’utopie démocratique et l’utopie impérialiste s’y battent depuis maintenant un peu plus de 200 ans. Le clivage droite-gauche semblait enfin avoir trouvé un équilibre dans la République qui permettait d’y faire cohabiter les fantasmes égalitaristes des uns et les fantasmes nationalistes des autres.

L’État démocratique et national, qui s’est concrétisé dans les trois dernières Républiques n’a apporté qu’échecs successifs. Cette toute dernière guerre que nous sommes en train de subir, que, comme les autres, l’État démocratique et national a déclarée du haut de son arrogance, il est en train de la perdre misérablement. Il est en train de se faire humilier, comme pour toutes les autres.

Et comme pour toutes les autres, le pays ne pourra s’en sortir que grâce à l’intervention étrangère.

Ce sont les troupes du maréchal Amazon, et maintenant celle du général Pfizer et du colonel Moderna qui permettront peut-être de nous sortir de cet incroyable bourbier dans lequel l’arrogance de la République s’est fourrée lorsqu’elle a déclaré qu’elle gagnerait la guerre avec des couteaux de cuisine émoussés et des boites d’aspirine.

Depuis la Troisième République, la France n’a pas gagné une seule guerre et n’a pas gagné une seule paix. Bien qu’elle en ait déclaré plusieurs, bien trop, beaucoup trop.

L’État démocratique et national est en train une fois de plus de détruire le pays pour une guerre de plus, une guerre de trop, une monopolisation nationale contre un ennemi qu’il a totalement sous-estimé et surestimé tout en engageant des troupes totalement incapables de réaliser ses ambitions.

L’État démocratique et national, qui s’est construit autour d’un État de plus en plus gros, de plus en plus présent, de plus en plus puissant et arrogant parce que c’était le seul moyen de faire taire les oppositions et de maintenir la paix intérieure… est aujourd’hui agonisant.

Sortir de la tyrannie sanitaire

Il n’existe qu’une seule voie pour éviter de retomber dans les cycles de violence débridés qui suivent inexorablement l’effondrement d’un régime, pour éviter un nouveau Robespierre qui conduirait inexorablement à un nouveau Bonaparte, pour éviter un nouveau Napoléon III qui conduirait inexorablement à une nouvelle Louise Michel.

Cette voie, c’est le libéralisme.

Bien sûr, il existe bien d’autres solutions. De plus en plus de jeunes fuient le pays, et ce n’est pas la maltraitance à laquelle les dernières décisions les ont soumis qui endiguera cette émigration massive.

Bien sûr, il y a la tyrannie d’une autre couleur : la tyrannie nationale ou la tyrannie démocratique pure. Brune ou rouge, avec à la clef la défaite des deux camps une fois que ceux-ci se seront totalement saoulés de violence et de destruction mutuelles, ou que le peuple en aura assez d’en subir les conséquences.

Bien sûr, il y a l’humiliation totale, la mise sous tutelle. Nous y sommes habitués. La dernière fois, on a même appelé cela les Trente glorieuses. On ne sait pas si c’est de l’ironie ou l’un de ces magnifiques mensonges dont les livres d’histoire sont remplis pour cacher l’ignoble réalité.

L’autre option, c’est que l’on mette en place le plus rapidement possible ces transformations libérales que tout le monde connait, mais que par pur chauvinisme, on a toujours préféré ajourner.

Tout d’abord, et c’est la première urgence, il faut démanteler le léviathan sanitaire. Mettre sur le marché du travail tous ceux qui participent depuis le début de cette histoire au chantage au confinement. Supprimer toutes les instances administratives et privatiser tous les hôpitaux et le système d’assurance.

En parallèle, il faut décentraliser le pays et mettre en place une organisation de type fédéral reposant sur le principe de subsidiarité.

Il est indispensable que les mesures sanitaires et économiques qui ne peuvent être séparées soient prises en connaissance de cause et en toute responsabilité par des dirigeants locaux qui sont les seuls à même de mesurer la nécessité et l’impact de ces mesures.

Et puis il faut profiter de la dynamique de ces changements indispensables dans le domaine de la santé pour se rendre à l’évidence que le problème de gangrène et de sclérose touche chaque pan de l’État et qu’il est absolument indispensable de démanteler tous les autres monopoles de jure de ce pays : transports, éducation, culture, aménagement du territoire, énergie, recherche…

Portons le message

Mais n’attendons pas que tout cela se produise par hasard. Mobilisons-nous. Nous possédons encore peu, mais suffisamment de liberté d’expression pour faire entendre notre point de vue. N’ayons pas peur de l’exprimer : ceux qui porteront ces réformes ne le ferons que s’ils sentent qu’une partie, même infime du pays est derrière eux.

Contrairement à ce que l’on cherche à nous faire croire, nous sommes loin d’être une obscure minorité.

Dans le cas présent, pour revenir à la conférence de presse de jeudi, les choses sont très claires.

  • Le confinement arbitraire et autoritaire, même partiel et réduit à un couvre-feu et aux fermetures administratives est totalement inadmissible.
  • Les décisions politiques prises sous la pression des autorités sanitaires sont totalement illégitimes.
  • Les dysfonctionnements intolérables du monopole de santé cesseront avec celui-ci, quand la médecine retournera aux mains des médecins et qu’elle ne sera plus accaparée par des administratifs et des politiques, quelles que soient leurs compétences, leurs parcours ou leur légitimité.
Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.