Du nationalisme et de ses conséquences sur la liberté

Les courants nationalistes ne sont pas moins dangereux que l’idéologie communiste. Et la liberté reste la première perdante.

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Meeting 1er mai 2012 Front National By: Blandine Le Cain - CC BY 2.0

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Du nationalisme et de ses conséquences sur la liberté

Publié le 7 novembre 2018
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Par Alex Nowrasteh.
Un article de Cato At Liberty

De Donald Trump à la montée des nouveaux partis politiques nationalistes en Europe, en passant par la résurgence générale du concept au cours des dernières années, le nationalisme semble être en marche. Le nationalisme est un mouvement politique qui a fait des percées majeures au cours des dernières années tout en prêchant un message de restriction de l’immigration, de protectionnisme commercial et d’un État plus fort voué à la défense des citoyens contre des préjudices (principalement) imaginaires. Mais à part quelques positions politiques et un style de gouvernance, il n’existe pas de bonne définition pratique du nationalisme largement utilisée dans le discours populaire et il n’y a pratiquement aucune tentative de le distinguer du patriotisme.

Mon hypothèse de départ était que le nationalisme doit être quelque chose de plus qu’un tribalisme chauviniste grossier, mais peu ont cherché à s’aventurer au-delà de cette idée. Ces raisons m’ont incité à lire plusieurs milliers de pages sur le sujet — et j’ai beaucoup appris. Voici quelques leçons apprises, doublées d’une taxonomie utile des différents types de nationalisme.

La recherche sur le nationalisme est lamentable

La première chose que j’ai apprise, c’est que l’essentiel de la recherche sur le nationalisme est lamentable. La plupart de ceux qui écrivent sur ce sujet définissent mal leurs termes ou les définissent si largement qu’ils sont dénués de sens. J’aimerais pouvoir remonter le temps et dire à une version antérieure de moi-même de sauter bien des articles et des livres.

Pire encore, de nombreux spécialistes du nationalisme sont soit des critiques, soit des partisans du concept, ce qui les force à faire des déclarations absurdes comme prétendre que le Parti national-socialiste allemand des travailleurs n’était pas un parti politique nationaliste. Il est donc difficile pour un profane comme moi de comprendre ce qu’est le nationalisme.

La deuxième chose que j’ai apprise, c’est qu’il n’existe pas de distinction simple entre patriotisme et nationalisme, mais la distinction de George Orwell s’en rapproche probablement le plus lorsqu’il écrit :

Le nationalisme ne doit pas être confondu avec le patriotisme. Les deux termes sont normalement utilisés de manière tellement vague que toute définition est susceptible d’être contestée, mais il faut faire une distinction entre eux, car il s’agit de deux idées différentes, voire opposées. Par « patriotisme », j’entends la dévotion à un lieu et à un mode de vie particuliers, que l’on croit être les meilleurs au monde mais que l’on ne veut pas imposer aux autres. Le patriotisme est de nature défensive, tant sur le plan militaire que culturel. Le nationalisme, par contre, est inséparable du désir de pouvoir. Le but constant de tout nationaliste est d’obtenir plus de pouvoir et plus de prestige, non pas pour lui-même, mais pour la nation ou l’unité dans laquelle il a choisi de noyer sa propre individualité.

En d’autres termes, le patriotisme est l’amour de la patrie, tandis que le nationalisme est l’amour de la patrie combiné à la haine des autres pays, de leurs peuples ou de leurs cultures. Le nationalisme englobe aussi l’antipathie à l’égard de concitoyens qui sont différents ; c’est pourquoi les nationalistes soutiennent souvent des campagnes d’édification nationale par l’enseignement public pour assimiler les citoyens à une norme, à une langue, et à tout autre moyen de créer une uniformité ethnique, religieuse ou autre, le tout défini par l’État.

5 types de nationalismes

La troisième chose que j’ai apprise, c’est qu’il existe au moins cinq types de nationalisme. Évidemment, le nationalisme d’Edmund Burke ou de George Washington est différent du nationalisme sanguinaire d’Adolf Hitler, mais il n’y a guère que l’historien américain Carlton J.H. Hayes pour classer ces types de nationalisme de manière pertinente en cinq grands types :

1. Le nationalisme humanitaire. Une émanation de la philosophie des Lumières influencée par Henry Bolingbroke, Jean-Jacques Rousseau et Johann Gottfried Herder, qui ont tous mis l’accent sur l’autonomie locale à travers des formes démocratiques de gouvernement basées sur les caractéristiques particulières de chaque peuple, par opposition aux grands empires multi-ethniques qui dominaient alors l’Europe.

2. Le nationalisme jacobin. Une idéologie d’État adoptée par le gouvernement révolutionnaire français pour consolider son emprise sur le pouvoir. Ses quatre caractéristiques étaient la suspicion et l’intolérance à l’égard de la dissidence interne, le recours massif à la force et au militarisme pour atteindre les objectifs du gouvernement, le soutien fanatique envers l’État et un fanatisme missionnaire destiné à agrandir le pays.

3. Le nationalisme traditionaliste. Une brève réaction nationaliste aux Jacobins en faveur du statu quo ante bellum. C’est le type de nationalisme le plus conservateur. Edmund Burke, Friedrich von Schlegel et Klemens von Metternich étaient les partisans les plus connus de ce bref nationalisme. Cette forme de nationalisme n’a pas survécu longtemps, car les changements culturels amorcés par la révolution industrielle l’ont sapée.

4. Le nationalisme libéral. Ce style de nationalisme est à mi-chemin entre les variétés jacobine et traditionaliste. Elle met l’accent sur la souveraineté absolue de l’État national mais, en contradiction manifeste, cherche aussi à limiter le pouvoir du gouvernement de s’ingérer dans la liberté individuelle en proclamant que l’objectif de l’État est de protéger la liberté individuelle et de fournir des biens publics. Si vous avez déjà suivi des cours d’économie, l’idéal du nationalisme libéral se rapproche le plus de ce que les économistes considèrent comme le rôle propre de l’État. Si vous voyez aussi les tensions entre la souveraineté absolue et la protection des libertés individuelles, alors la prochaine phase du nationalisme ne devrait pas vous surprendre.

5. Le nationalisme intégral. Cette étape du nationalisme place la nation et son État au centre de la vie de tous les citoyens. Au lieu d’un État engagé à fournir des biens publics aux citoyens, cette forme de nationalisme met l’accent sur le sacrifice individuel au profit de la nation et de son gouvernement. Elle embrasse aussi fréquemment le culte du sang (la racine latine du nationalisme est natio, qui signifie tribu, groupe ethnique ou division par la naissance) et cherche à étendre l’État pour inclure tous les co-ethniques vivant dans d’autres territoires. Hayes a résumé cette forme de nationalisme comme étant intensément « anti-individualiste et antidémocratique », où toutes les autres allégeances sont absorbées dans la loyauté à l’État national et prônant la loi du plus fort.

La quatrième chose que j’ai apprise, c’est que l’impérialisme est le stade suprême du nationalisme (et non du capitalisme comme le pensait Lénine), et est inséparable du nationalisme jacobin, du nationalisme intégral, du nationalisme traditionaliste, et probablement aussi des autres variétés. Les nationalistes cherchent à étendre leurs pays, et l’impérialisme était un moyen d’atteindre cet objectif. Beaucoup de nationalistes libéraux du XIXe siècle ont étendu leurs empires coloniaux, et les nationalistes intégraux sont allés encore plus loin.

Nationalisme et révolution française

La cinquième chose que j’ai apprise, c’est à quel point la Révolution française est liée à la montée du nationalisme. La plupart des écrivains, en particulier les conservateurs, considèrent la Révolution française comme une folie insensée de la gauche jacobine, qui a balayé les institutions et les traditions pour faire place à l’adoration de la raison.

Ces choses ont fait partie de la Révolution française et de ses conséquences chaotiques, mais cette révolution fut aussi un mouvement profondément nationaliste, favorisé par la création, sous l’Ancien Régime, du « culte de la nation » dans une tentative de réduire le coût de la conscription militaire au XVIIe et au XVIIIe siècle. Il est amusant de voir les conservateurs modernes critiquer la Révolution française d’une part et adopter une forme étrangement similaire de nationalisme jacobin d’autre part dans leurs récents flirts avec le populisme.

La sixième chose que j’ai apprise est que le nationalisme est la deuxième idéologie politique la plus meurtrière du XXe siècle après le communisme. Le regretté politologue RJ Rummel a estimé le nombre de personnes tuées par différents États au cours de l’Histoire. Les États communistes ont tué environ 150 millions de personnes selon ses estimations. Les nationalistes ont tué environ 92 millions de personnes.

Parmi ces 92 millions, figurent les personnes tuées par les nationalistes chinois, japonais, turcs et européens à l’époque coloniale. J’ai exclu les massacres commis par les Russes avant le communisme, les Mexicains et les Pakistanais, car ils étaient moins clairement nationalistes que les autres régimes.

Les conservateurs et les libertariens américains critiquent fréquemment, bruyamment et à juste titre les communistes pour l’héritage de massacre de leur idéologie. Il est temps que nous commencions tous à critiquer les nationalistes pour l’héritage brutal de leur idéologie, certes un peu moins mauvaise, mais mauvaise malgré tout.

Certains nationalistes, comme Thierry Baudet, cherchent à redéfinir le nationalisme de manière absurde, par exemple en prétendant que les nationalistes ne peuvent pas être impérialistes, ce qui, s’il était vrai, signifierait que l’ère du nationalisme européen n’aurait pu commencer avant 1997 environ, lorsque la décolonisation était largement terminée. Quoi qu’il en soit, l’héritage humanitaire brutal des États nationalistes est quelque chose que les penseurs nationalistes sérieux doivent affronter, plutôt que de tenter de changer les définitions comme le font les communistes lorsqu’ils prétendent que l’Union soviétique n’était pas vraiment communiste pour justifier ses crimes.

Le nationalisme est une idéologie politique simple et relativiste qui a une emprise considérable sur des millions d’électeurs et de nombreux gouvernements. L’adaptabilité du nationalisme à la plupart des conditions locales lui permet de prospérer, surtout lorsqu’il est soutenu par un État qui a l’intention d’accroître sa propre puissance dans ses frontières comme en dehors. C’est une idéologie attrayante pour les dirigeants politiques, car elle fournit une justification toute faite et largement acceptée pour accroître le pouvoir politique afin de rendre à la nation sa grandeur.

Traduction par Benjamin Guyot de What Is Nationalism and What Does it Mean for Liberty?

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  • Article ridicule car procès d’intention. Les nationalistes d’aujourd’hui n’ont rien de comparable avec ceux des années 30. De nos jours ils ne veulent pas annexer des territoires voisins ‘sauf les Russes), juste défendre leur culture et tranquillité!

    •  » Article ridicule car procès d’intention. Les nationalistes d’aujourd’hui n’ont rien de comparable avec ceux des années 30.  »

      Il me semble justement que l’article a différencié tout les types de nationalisme pour justement éviter ce genre de confusion avec le nazisme ou le fascisme que certains ont trop tendance à vouloir mettre tout les nationalisme dans le même sac.

      • Yup. Une analyse nuancée, ça s’apprécie.

      • Les circonstances étaient très particulières dans les années 30. Crise économique dramatique car la protection sociale inexistante. Esprit revanchard des Allemands persuadés d’avoir été trahis le 11 septembre 1918 car c’était un armistice et non une défaite militaire. Et enfin les dommages de guerre exagérés exigés par la France.
        Donc rien à voir avec la situation actuelle et donc aucune chance que cela se renouvelle. Il n’y a plus de nationalisme hystérique comme à cette époque!

    • On connait la chanson, les gauchistes nous chantent la même: « ♪ le communisme d’aujourd’hui n’a rien de comparable à celui des années 30 ♪ »

      On y croit tous très fort.

    • « De nos jours [les nationalistes] ne veulent pas annexer des territoires voisins (sauf les Russes), juste défendre leur culture et tranquillité! »


      @Virgile : Il y a une différence entre ne pas vouloir quelque chose et ne pas voir cette chose se réaliser dans les faits. Ce n’est pas parce qu’on ne souhaite pas quelque chose que cette chose ne se produit pas. Les communistes ordinaires (contrairement à des sadiques comme staline ayant délibérément planifiés des famines) ne voulaient pas que tout le monde crèvent de faim, or c’est pourtant exactement ce à quoi à conduit le communisme. Les nationalistes d’aujourd’hui ne veulent pas annexer des territoires, or c’est pourtant exactement ce à quoi conduira leur nationalisme flambant neuf. Car pour être qualifié de nationaliste un pays se doit de bafouer quelques libertés (exemple: interdire à un patron d’embaucher un étranger plutôt qu’un natif), or le simple fait de supprimer ces quelques petites libertés entraîne le pays dans une spirale infernale d’interdictions liberticides (exemple: censurer internet afin que le patron ne puisse pas critiquer son employé natif sur un blog) dont l’aboutissement, qu’il fut ou non préalablement souhaité, est presque toujours le même : la dictature, la guerre.

      • Faudrait cessez votre paranoïa. Marine n’a aucune revendication territoriale. Ce que vous nommez nationalisme ne concerne que quelques énergumènes! Les autres ne font que défendre leur culture menacée par le politiquement correct!

    • @Virgile : et la Chine ? Et les États-Unis qui prétendent imposer leur loi économique, voire militaire (Irak en 2003) à la Terre entière ? Votre russophobie rabique vous aveugle

      • Qui a attaqué la Géorgie en 2004, puis l’Ukraine et annexé la Crimée? Vous avez de sacré problème avec la réalité! Pourtant c’est justement ce qu’Hitler a fait en 1938-39 et déclenché la seconde guerre en pactisant avec les Russes qui ont attaqué la Pologne dans le dos et envahi les pays Baltes et la Finlande! Ma russophobie repose sur des FAITS, pas sur des lubies! Le coup de Prague cela ne vous dit rien, mais les historiens comme moi savent comment procède l’impérialisme russe depuis des siècles!

      • Si vous écoutiez ce que dit Poutine et suiviez un peu mieux les infos sur les incidents provocateurs de l’armée russe qui ont repris depuis la chute de l’URSS, vous ne nieriez pas la situation! En particulier les violations des espaces aériens de l’UE par des avions militaires russes, jusqu’en Grande Bretagne et France!

    • Les communistes d’aujourd’hui vous dirons pareil, ils ont retenu les leçons de l’histoire… tout va bien. Le problème d’un mouvement n’a jamais été ses fondements : patriotisme et amour de la patrie pour les nationalistes, solidarité entres travailleurs pour les communistes. Le problème c’est l’excès de l’idéologie, l’absence d’équilibre, l’abus de pouvoir d’une majorité contre les minorités dès lors qu’elle est au pouvoir.
      Cela s’applique aussi pour les démocrates : l’article cite une très belle citation de Orwell, je vous conseillerai « la zone du dehors » de Damasio sur le même thème, version democratie.

  • Je présage qu’ils seront nombreux, même ici, les inquiets du Grand Remplacement, à venir nous chanter les louanges du nationalisme 2.0.
    Il faudrait un nom pour qualifier ce courant : national-liberalisme ?

    • « Conservatisme intelligent » suffira, merci Jean!

    • Petit exercice cérébral, histoire de sortir des sentiers battus : essayez d’imaginer un patriotisme antinationaliste libéral.

      • @Virgin: Au dernières élections européennes, nous avions un parti libéral (sic) qui s’opposait au regroupement de l’Alsace dans un Grand Est (patriotisme), promouvant des accords régionaux avec tous ses voisins, français comme allemands, lux., suisse (anti nationaliste).
        Ca peut le faire…

  • « Parmi ces 92 millions, figurent les personnes tuées par les nationalistes chinois, japonais, turcs et européens à l’époque coloniale. J’ai exclu les massacres commis par les Russes avant le communisme, les Mexicains et les Pakistanais, car ils étaient moins clairement nationalistes que les autres régimes. »

    What ? ya différents degrés de nationalisme donc ? et j’avais cru comprendre que c’est la gauche qui a poussé à la colonisation dans le cas de la France, les nationalo ont bon dos …

  • « le nationalisme est l’amour de la patrie combiné à la haine des autres pays, de leurs peuples ou de leurs cultures ».
    Voila le genre de raccourci que j’adore !
    Si on aime la nation dans laquelle nous avons vu le jour, puis grandi, et que nous y sommes très attachés, nous entretenons automatiquement une haine envers les autres pays et cultures !
    Par contre ce discours culpabilisateur n’a pas d’équivalent vis à vis des émeutiers de banlieue organisateurs de « barbecues » avec les incendies de voitures y compris de véhicules de police avec ses occupants ! Sans oublier les caillassages de pompiers, forces de l’ordre, destructions et pillages de magasins, etc.
    Cependant la violence que qu’on reproche aux nationalistes est bien minime par rapport à ce constat et le pire est que cette haine bien réelle provient d’individus à qui ont a accordé la nationalité française ou qui profitent de la générosité française au même titre que les nationaux !

    •  » Cependant la violence que qu’on reproche aux nationalistes est bien minime par rapport à ce constat et le pire est que cette haine bien réelle provient d’individus à qui ont a accordé la nationalité française ou qui profitent de la générosité française au même titre que les nationaux !  »

      Vous ne croyez pas si bien dire. Dans les banlieues bien que les émeutiers sont français pour la plus part et né en France ont bien souvent des discours nationalistes anti-France de part leurs origines arabes. Le fameux match de foot France- Algérie est un exemple frappant de ce nationalisme violent de la part de français aux origines algériennes.

    • @Gérard27 : Bon sang, vous le faites exprès ou quoi ? Comment pouvez-vous prétendre que le propos de l’article est que c’est impossible d’aimer sa nation sans automatiquement détester les autres nations, alors que l’article explique on ne peut plus clairement que c’est tout à fait possible (en mettant en avant la notion de « patriote », qu’il estime préférable à celle de « nationaliste». )

      • Nationalisme, populisme, tout cela c’est de la caricature, de la manipulation sémantique.
        « La lèpre nationaliste » comme dit Macron.
        L’article en lui-même ne m’intéresse pas. Ce ne sont que des cogitations de think tank qui font du lobbying politique. On voit la haine où elle n’est pas et on met la vermine sous le tapis !

        • « […]Cependant la violence qu’on reproche aux nationalistes est bien minime par rapport à [celle des voyous de cité] »

          @Gérard27 : Quand on analyse les choses superficiellement, on pense comme vous que l’ampleur de la violence des natios est ridicule comparée à celle des voyous de cité (et celle des antifa/ultragauchistes.) Cependant quand on analyse les choses plus profondémment, on s’appercoit qu’un nombre considérable de policiers sont des natios. Donc bien souvent, quand un flic commet une bavure (ou tout simplement quand son activité entre en conflit avec le respect du droit naturel) cela devrait être considéré non pas comme étant une « violence policière » mais une « violence nationaliste », ou disons plutôt : cela devrait être considéré comme étant une « violence nationaliste » camouflée en « violence policière. »

          Ajoutons que, contrairement à ce qu’affirme parfois h16 dans ses articles, la presse ne surmédiatise pas systématiquement les bavures policières, elle en ignore beaucoup, elle tend à ne surmédiatiser que celles qui peuvent lui être bénéfique / augmenter son pouvoir / consolider ses privilèges.

          En conclusion, bien qu’il est vraissemblable que l’ampleur de la violence des natios est moins importante que celle des voyous de cité (et des antifa), il ne faut pas, malgré tout, se contenter d’une analyse superficielle de ce sujet.

          • @commando,
            Je reconnais bien volontiers que certaines bavures policières sont inacceptables et loin de moi, l’idée de les excuser ! C’est une profession difficile qui emploie une minorité de personnes pas suffisamment triés sur le volet (voir des fichés S !) attirés par le pouvoir d’user immodérément de l’autorité qui leur est donnée.
            Toutes les professions ont leurs brebis galeuses comme, par exemple, les pédophilies dans les fonctions auprès des enfants, etc.
            Mais de là à associer violence et nationalisme, autant dire que les conjoints violents et le personnel des abattoirs filmés par L214 sont nationalises !

            • @Gérard 27 : Nous sommes évidemment d’accord sur le fait que tous les anti-libéraux (y compris, en l’occurence, les nationalistes) ne sont pas forcément des gens violents. C’est une évidence : il est parfaitement possible d’être une personne nationaliste tout en étant une personne honnête/pacifique dans la vie de tous les jours. En revanche, là où ça se complique, c’est qu’il est impossible que l’Etat soit anti-libéral (nationaliste, ou communiste, ou écologiste, etc…) et qu’il soit en même temps pacifique/respectueux de toutes les libertés individuelles.

              • Il est quand même clairement dit que le sujet de l’article c’est Trump et les « nouveaux partis politiques nationalistes en Europe », avec une belle carte à la clé, pour qui aurait encore des doutes. Hongrie, Pologne, Italie, Norvège, Finlande, etc, ça montre clairement de qui on parle.
                Quels sont vos arguments (ou alors ceux de l’auteur) pour affirmer que ces pays (Etats-Unis inclus) soient « anti-libéraux » et, par conséquence, non-pacifiques et non-respectueux des libertés individuelles ?
                Mieux encore, parce que cela semble inscrit en filigrane, en quoi ces pays seraient plus anti-libéraux et donc moins respectueux des libertés que leurs voisins qui, comme notre Président le déclare, « combattent » cette « lèpre » ? Au-delà des incantations, des lois « fake news » et autres approches carrément totalitaires ?
                Quant à votre « assimilation » des bavures policières à de la violence nationaliste, est-ce que vous avez des études statistiques pour avancer une telle hypothèse ? Car pour moi ça ne repose sur rien de concret, ce n’est que de la poudre aux yeux pour alimenter le discours de Mélenchon et de ses amis.

      • @ commando
        Vous oubliez ce qu’écrit l’auteur en préface, je cite:
        Les courants nationalistes ne sont pas moins dangereux que l’idéologie communiste. Et la liberté reste la première perdante.
        C’est avec le danger nationaliste que je ne suis pas d’accord, car il n’a plus la même intensité ni forme que dans les années 30! Et la situation en Europe n’a rien à voir avec celle suivant la guerre de 14!

        • @Virgile : Si nous vivions dans un monde où il n’existait pas de danger nationaliste, Rand Paul aurait été élu président à la place de Trump aux USA, des libéraux/libertariens auraient été élus à la place de Bolsonaro au Brésil, de Poutine en Russie, du PiS en Pologne, de Salvini en Italie, d’Orbán en Hongrie, etc.. etc…

          Bien évidemment, le danger communiste existe tout autant que le danger nationaliste. Ces deux dangers marchent main dans la main. C’est d’ailleurs frappant de constater que beaucoup de pays aujourd’hui nationalistes étaient auparavant communistes. On sait également que le phénomène Trump est une réponse aux dérives de l’Obamania.

          • Vous faites erreur, c’est le danger totalitariste de gauche qui a amené l’élection de toutes les personnes que vous énumérez.
            Quant à votre parallèle post-communisme-nationalisme, essayez un autre : URSS-UE (pour le bureaucratisme, l’absence de démocratie directe, les discours moralisateurs, etc). C’est très probablement une meilleure explication.

  • Je retiens de l’article la distinction, qui peut aller jusqu’à l’opposition, entre le patriotisme et le nationalisme suivant Georges Orwell. De ce point de vue, qualifier quelqu’un de populiste revient à éviter de reconnaître son patriotisme (défendable) pour en faire un nationaliste (indéfendable).

    C’est ainsi que les dirigeants politiques sont des nationalistes qui se font passer pour des patriotes, afin de gagner les suffrages d’électeurs patriotes qui s’ignorent comme tels, étant qualifiés abusivement de populistes afin qu’ils soient confondus avec des nationalistes qu’ils ne sont pas.

    Donc il est possible d’être matriote (par dévotion à l’esprit des lieux), patriote (par défense et transmission d’un patrimoine matériel et immatériel et du mode de vie qui va avec), antinationaliste (par respect d’autrui et de sa propre individualité) et libéral.

    Il me semble qu’il y a là matière à sortir de l’usage du terme populiste dont l’abus sert à refuser de prendre en considération un patriotisme antinationaliste et potentiellement libéral.

    Il reste à l’auteur de compléter son article par une deuxième partie qui développerait l’idée d’un patriotisme antinationaliste au service de la liberté.

    • @Virgin : fort juste ; ne pas oublier le patriotisme qui refuse le supranationalisme dont les partisans réfutent toute critique en hurlant au populisme.

      • @ Liger, Effectivement, et pour le dire plus clairement : l’Union européenne actuelle fonctionne comme un supranationalisme qui détruit les pays au profit de « territoires » (comme ils disent) nettoyés de tout germe de patriotisme.

        Les Européens qui ne veulent plus de ce supranationalisme de laboratoire sont qualifiés de populistes anti-européens alors que ce qu’ils veulent, c’est une autre Europe, celle d’un patriotisme européen qui valorise les patriotismes respectifs de chaque pays à vocation libérale et anti-nationaliste.

        Pour éviter la poursuite des dilutions comme celle de l’Alsace dans le Grand Est, (cf commentaire d’amike), le libéralisme passe par la défense d’un patriotisme antinationaliste qui favorise les échanges.

        •  » Les Européens qui ne veulent plus de ce supranationalisme de laboratoire sont qualifiés de populistes anti-européens alors que ce qu’ils veulent, c’est une autre Europe, celle d’un patriotisme européen qui valorise les patriotismes respectifs de chaque pays à vocation libérale et anti-nationaliste.  »

          Les libéraux oui. Car Marine Le Pen n’en veut plus non plus de cette  » Europe supranationale « . Et pourtant elle n’est pas du tout libérale dans tout les sens du terme. Il y a beaucoup d’ européens antilibéraux qui ne veulent non plus pas de cette Europe qui la qualifie de  » néolibérale au service de la finance mondiale « . Ce sont bien des populistes anti-européens.

          • Pourtant s’il y a une chose que n’est pas l’Europe actuelle, c’est libérale! Bruxelles se comporte exactement comme l’état français en essayant d’imposer sa volonté par la force! Voir sa honteuse attitude envers les pays qui refusent les quotas! Le plus sûr moyen pour dégoûter les Européens de l’Union, beaucoup rechignaient déjà au départ, c’est de leur imposer ce qu’ils refusent.

  • ça ne peut être que flou…

    afin d’éviter de s’engueuler il vaut mieux discuter de point précis plutôt que de se laisser emprisonner dans la terminologie..

    en clair si je parle à un nationaliste le lundi et à un autre le mardi…ben ils ne partagent pas nécessairement les m^me points programmatiques..

    on peut aussi perdre beaucoup d’energie avec la droite et la gauche…
    interessant pour un chercheur …séduisa

    • nt pour une personne en mal d’idéologie…

      mais pour moi ça reste une perte de temps.

      en général c’est plus simple les gens refusent l’immigration.. veulent envahir la suisse ou que sais je encore.. et leur idée de la nation n’est qu’un prétexte..

      autrement dit encore si un type me dit qu’il est nationaliste…ça ne m’éclaire pas des masses, si il se place dans une des catégories , en général il ajoutera des mais…

      mais une chose est certaine comme gauche ou droite le mot est clivant..il sert à ça…

      • d’ailleurs les nationalistes qui vont venir ici vont surtout m’accuser de ceci ou de cela..ou d’etre en faveur de ceci ou cela;.
        on pourrait sauter les case nationalisme en somme et en venir au fait.

        envahissons le Luxembourg.

      • c’est votre « envahir la suisse » qui me fait écrire…
        je suis français, j’habite à 5 km à vol d’oiseau de la suisse. je pourrais me considérer comme un nationaliste français, si vous me qualifiez comme tel, je ne me sentirai pas insulté. mais finalement, je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire.
        en tout cas, je n’ai pas envie d’envahir la suisse. j’ai plutôt envie d’émigrer en suisse, quand je vois la gabegie française et quand j’imagine comment cela terminera. j’ai envie d’émigrer en suisse, m’intégrer à la suisse, m’assimiler à la suisse, et devenir un nationaliste suisse…

        • bah ç a ne s’adresse pas à vous je dis le nationalisme c’est comme la droite et la gauche…des gens font des efforts pour mettre un peu de sens mais ça ne sert à rien..

          lisez les réactions des nationalistes d’ailleurs c’est toujours des accusations ..

  • Article salutaire dans sa volonté d’établir une définition du nationalisme, et de faire une classification de ses différentes expressions. J’apprécie d’autant plus le propos sur la révolution française.
    Je n’aurais que des louanges à faire de cet article si l’auteur ne l’avait pas commencé par un amalgame mal plâtré, ébauché vite fait à la truelle en direction de ces honteux pays d’Europe qualifiés de nationalistes parce qu’ils s’opposent à une immigration illégale et imposée.

    L’auteur aurait dû se rendre compte que le plus nationaliste en Europe, c’est sûrement l’Union Européenne, qui n’est pas un pays mais souhaite ardemment le devenir, qui pratique un expansionnisme non armé mais pas moins offensif, pour faire rentrer toujours plus de pays dans son union, et qui n’admet pas que des pays souverains refusent de se plier à ses injonctions d’accueillir sans discuter tout immigré illégal qui se présentera.
    Et il aurait du insister un peu plus que le pays le plus nationaliste du monde reste tout de même le sien, les USA.

    • Ne pas oublier que les universitaires américains sont tous post modernes, philosophiquement politiquement corrects. Donc anti-nationalistes. En plus c’est un spécialiste des migrations!

  • En France, ce sont très majoritairement des gouvernements de gauche qui ont déclaré la guerre sauf celle de la Libye…
    La Russie n’a pas les moyens d’une guerre.

  • Comme toute idéologie, y compris le libéralisme, le nationalisme est en proie à une logique de surenchère, qui conduit à des extrêmes. Mais contrairement au communisme, et au mondialisme, le nationalisme, comme le libéralisme, sont efficaces dans leur sphère, à condition de tenir compte de la réalité.

    Les états nations ont montré pendant la première guerre mondiale une énorme capacité de résistance, mais l’Europe construite sur le principe national par le traité de Versailles a été un échec, car en préservant l’unité nationale de l’Allemagne elle a permis la seconde guerre mondiale.

    La logique des rapports de force peut impliquer de dépasser le cadre national, comme il peut justifier l’impérialisme.

    Lorsqu’on tient compte de la réalité les choses sont toujours plus complexes…

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Par Jon Miltimore.

 

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