Coronavirus : et maintenant, les nationalisations ?

Proud lock by Holly Victoria Norval (CC BY 2.0) — Holly Victoria Norval, CC-BY

Suite à une crise sanitaire, il faut prévoir des mesures pour relancer l’économie une fois l’épidémie sous contrôle. Les nationalisations des entreprises ne sont pas une solution.

Par Vladimir Vodarevski.

À la guerre comme à la guerre ! Une crise comme celle engendrée par le virus chinois Covid-19, qui entraîne une situation d’urgence, peut être l’occasion de mesures de bon sens, basées sur le pragmatisme et dénuées de toute idéologie. Économiquement, il faut s’adapter à la situation. Et prévoir des mesures pour relancer l’économie une fois l’épidémie sous contrôle.

À la guerre comme à la guerre, le pragmatisme doit s’imposer. Le président Macron a déclaré que nous étions en guerre. On s’attend donc à beaucoup de pragmatisme, notamment en matière économique. Le confinement entraînera à tout le moins un ralentissement économique, plus probablement une récession, dans une économie française déjà faible. Pour rebondir, face à un tel choc externe, il faut adopter les recettes qui marchent, comme sur le champ de bataille où l’on ne peut pas tergiverser.

Cependant, cela ne semble pas être l’attitude du gouvernement. Les médias, comme Capital, rapportent ainsi les propos de Bruno Le Maire :

« Je n’hésiterai pas à employer tous les moyens qui sont à ma disposition pour protéger les grandes entreprises françaises. Cela peut passer par de la capitalisation ou une prise de participation. Je peux même employer le terme de nationalisation si nécessaire. »

Il y a deux constantes de la politique française dans cette déclaration : les grandes entreprises et l’étatisme. Et pourtant, la réalité montre que ce genre de politique ne fonctionne pas.

La force des PME et des ETI

La France se compare volontiers avec l’Allemagne. Ce qui revient souvent dans les comparaisons entre les deux pays, c’est la force de ce qu’on appelle le mittelstand allemand, qui correspond à l’ensemble des PME (petites et moyennes entreprises) et ETI (entreprises de tailles intermédiaires), qui font la force de l’économie allemande.

Elles sont exportatrices, et génèrent des emplois.

Cependant, cette forte représentation des PME et ETI n’est pas un trait si spécifique à l’Allemagne. La France, elle, se distingue par la faiblesse des PME et ETI. Au Royaume-Uni, comme aux USA, leur part dans l’économie est plus importante qu’en France.

Nathalie Droal, auteur du livre Emploi, le Royaume-uni un modèle pour la France ? souligne par ailleurs que les entreprises nouvellement créées sont davantage créatrices d’emplois au Royaume-Uni qu’en France. On peut aussi souligner que les USA ont une capacité à faire naître de nouvelles grosses entreprises. Par exemple, CISCO, entreprise leader dans les télécommunications, si utiles pour le télétravail, est née en 1984. Alcatel Lucent, fusion de deux fleurons des télécoms, américain et français, a disparu.

Comme le montre Lucent, héritière des fameux Bell Labs, ou Alcatel, les grosses entreprises peuvent disparaître, ce qui n’a pas d’incidence sur l’économie et l’emploi quand d’autres apparaissent. Même les entreprises anciennes ont évolué. IBM, Hewlett Packard… ces entreprises n’ont plus grand-chose à voir avec ce qu’elles étaient avant. Même Apple, ou Microsoft, des entreprises relativement jeunes, n’ont plus grand-chose à voir avec ce qu’elles étaient à leur création.

Ce que le pragmatisme enseigne, c’est l’importance de la dynamique en économie. Il faut permettre aux entreprises de se créer, de croître, d’évoluer.

Permettre à une multitude d’entreprises de naître et d’évoluer est plus efficace que de se concentrer sur les grandes entreprises.

La liberté, ça marche

La dynamique des économies allemande, britannique ou américaine, est aussi en relation avec leur degré de liberté. C’est la liberté qui est le moteur de l’économie, et par là du progrès social.

L’étude du Fraser Institute, The Human Freedom Index 2019, souligne que les pays les mieux classés en matière de liberté, notamment économique mais pas seulement, bénéficient d’un revenu par tête plus important. Il existe une corrélation entre la liberté et la prospérité. Ce n’est pas de la théorie. C’est une réalité.

Le Fraser Institute souligne par ailleurs le lien entre la liberté et le niveau de démocratie, ainsi qu’avec le bien-être.

De même, actuellement, la liberté permet de faire preuve d’inventivité face aux contraintes de l’épidémie du virus chinois. L’économie peut s’adapter grâce aux initiatives libres de chacun, en matière économique, et c’est la même chose en termes de solidarités : les initiatives libres peuvent atténuer les effets collatéraux de l’épidémie.

La solidarité a besoin de liberté. La liberté est la clef de l’adaptation.

L’échec de l’étatisme

Il est important de souligner, a contrario, que le manque de liberté a aggravé la crise du coronavirus chinois. Les médias se sont fait l’écho de cet ophtalmologue chinois qui avait donné l’alerte, mais que le régime communiste a fait taire. De l’avis de ces articles, cette volonté de cacher les faits a fait perdre deux mois dans la lutte contre le virus. L’absence de liberté du communisme a eu des conséquences terribles.

Plus classiquement, en matière purement économique, l’échec de l’étatisme est représenté par l’URSS. Avec les pays qu’elle avait conquis, elle pouvait être auto-suffisante. Cependant, elle devait importer de quoi nourrir son peuple, pour finir par s’effondrer économiquement.

En France, le dernier exemple de l’échec des nationalisations est l’effondrement d’Areva, qui est pourtant le représentant d’une filière considérée comme d’excellence en France, la filière nucléaire.

De même, les plans de relance keynésiens n’ont jamais fonctionné. Face à la crise de 1929, le président des USA, Herbert Hoover, a augmenté le déficit public, pris des mesures protectionnistes, incité fortement les entreprises à ne pas baisser les salaires, ce qui a sans doute aggravé la crise. Franklin Delano Roosevelt a été élu en promettant de stabiliser les dépenses. L’économie américaine n’est repartie qu’après la guerre, grâce à une politique à l’opposé du keynésianisme.

Le keynésianisme a aussi montré son inefficacité dans les années 1970 et 1980. Et si les déficits publics étaient garants de la prospérité économique et sociale, comment expliquer la mauvaise situation de la France ?

Une fois encore, ce n’est pas la théorie, mais la réalité.

Où est la réforme ?

Le candidat Macron se présentait comme un réformateur, notamment en matière économique. La crise du coronavirus chinois lui donne une occasion en or de réforme.

Mais, apparemment, le gouvernement préfère marcher dans les traces de l’étatisme de ses prédécesseurs. Les mêmes causes produiront les mêmes effets.

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