Libérons les fonctionnaires

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Libérons les fonctionnaires

Publié le 9 mai 2019
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Par Archibald Buttle.

On ne comprend rien à la bureaucratie tant qu’on n’a pas compris que pour un bureaucrate, la procédure est tout et le résultat n’est rien. Thomas Sowell

Les fonctionnaires ne sont pas heureux. Il est difficile d’obtenir une analyse statistique précise, cependant des faisceaux d’indices convergent pour dresser le portrait d’une fonction publique démoralisée, désabusée, épuisée nerveusement, en proie à une grande souffrance au travail. Presque tous les secteurs sont touchés : police, enseignement, justice, armée, santé, personnel pénitentiaire, administration générale…

22 policiers se sont donné la mort depuis le début de l’année. Au total 36 policiers se sont suicidés en 2018, il y en a eu 51 en 2017. 

Les effectifs de la police nationale s’élèvent à environ 100 000 personnes.

Il y a une dizaine d’années, une vague de suicides a frappé France Télécom. Dans cette entreprise d’environ 100 000 salariés, il y aurait eu 35 suicides en 2 ans, le parquet en a retenu 19. Cette histoire avait fait grand bruit à l’époque. Tout le monde y a vu l’effet des méthodes inhumaines de management d’une société qui venait d’être privatisée. Son Président a démissionné, il y a eu un procès pour harcèlement moral institutionnel.

Le moins que l’on puisse dire c’est que les suicides dans la police nationale, qui à première vue ne paraissent pas moins nombreux que chez France Telecom, ne produisent pas la même indignation. Aucun battage médiatique, aucune démission, aucun procès. Personne ne semble avoir la volonté et/ou la capacité d’interroger la façon dont les policiers sont managés.

Toujours dans la police nationale, la crise des Gilets jaunes a fait surgir quelques articles sur les heures supplémentaires non payées aux policiers. 21,8 millions à fin 2017 selon un rapport parlementaire, probablement 25 millions aujourd’hui. Ici encore, le contraste est saisissant entre le public et le privé. Ne pas payer les heures supplémentaires est un scandale qui ferait l’objet de sanctions pénales dans le privé, c’est business as usual dans le public.

Deux poids, deux mesures

Il y a quelques mois le hashtag #PasDeVagues a fait éclater au grand jour le désarroi de nombreux enseignants. On les savait mal payés et mal considérés, il apparaît qu’ils sont également abandonnés par leur hiérarchie essentiellement soucieuse d’éviter les ennuis. Plus généralement, on découvre une profession de plus en plus ballottée par les événements, soumise à une politisation oppressante, des syndicats tentaculaires, une accumulation infinie de règles et de normes, un sévère manque de moyens, une violence et une indiscipline croissantes ; une profession qui peut de moins en moins accomplir sa vocation : faire grandir les élèves.

La justice n’est pas en reste. Dans Justice, une faillite française ? la journaliste et blogueuse Olivia Dufour  décrit une justice à bout de souffle, minée par le manque de moyens et la désorganisation. Le système carcéral français est épouvantable, que ce soit pour les prisonniers ou les surveillants. Ici aussi, il y a trop de suicides.

L’armée est la grande muette et on trouve peu de critiques publiques articulées. Mais sur les réseaux sociaux, les familles des militaires révèlent que le matériel réglementaire est tellement pathétique que nos soldats s’approvisionnent à leurs frais pour être correctement équipés quand ils sont déployés sur des théâtres extérieurs. On manque dramatiquement de moyens pour accomplir les missions mais on dépense sans compter dès qu’il s’agit de faire de la comm. L’opération Sentinelle coûte une fortune et démoralise nos troupes (connaissez-vous un seul soldat qui s’est engagé pour faire de la présence dans le métro parisien ?) mais permet à nos dirigeants de faire semblant de protéger les Français.

Pendant ce temps, nos hôpitaux tombent en ruine et ne tournent plus que grâce à l’exploitation (le terme est à peine exagéré) des internes et la conscience professionnelle exceptionnelle d’une partie du personnel. Ici encore, le manque de moyens est criant, ce qui n’empêche pas de continuer à rembourser l’homéopathie parce que… YOLO.

Rien de tout cela ne devrait nous surprendre. L’inefficacité de l’État est probablement le seul constat sur lequel tous les libéraux s’accordent. Pourquoi cette inefficacité ne s’étendrait-elle pas à la gestion du personnel ?

Et de fait, quand on parle avec des fonctionnaires ou qu’on lit des articles sur leurs conditions de travail, on retrouve les tares habituelles du secteur public. Absence d’objectifs clairs, règles absurdes, délires procéduriers, processus de décision ubuesque, perte de temps, gaspillage criminel, arbitraire politique, mépris des efforts, déshumanisation.

Et surtout, surtout, surtout, absence totale d’efficacité. Le niveau des élèves baisse catastrophiquement, la criminalité progresse, le délai d’instruction des affaires augmente, la culture française s’étiole, on manque toujours de logements, les transports sont vétustes, Pôle Emploi ne sert (presque) à rien… Les fonctionnaires consciencieux (et il y en a beaucoup) souffrent terriblement de voir leurs efforts gaspillés, leur vocation trahie.

Faire preuve de compréhension et d’ouverture

Je pense que nous libéraux avons commis une énorme erreur morale et politique en considérant les fonctionnaires comme des privilégiés qu’il faut combattre. Un privilégié qu’on n’envie pas n’est pas un privilégié et je n’envie pas les fonctionnaires. Leur emploi à vie est bien souvent une prison. Il les pousse à accepter l’inacceptable d’une hiérarchie irresponsable. Il les dissuade de chercher ailleurs l’épanouissement professionnel et personnel.

Pire, quelques années passées dans une organisation inefficace les amènent à douter de leur compétence et de leur employabilité. « Vais-je démissionner de la fonction publique, renoncer à une garantie de l’emploi jusqu’à ma retraite pour prendre ce job dans une boîte privée qui va peut-être me virer dans 3 mois à l’issue de la période d’essai ? » Auriez-vous la force, chacun de vous qui me lisez, auriez-vous le courage de prendre un tel risque, de faire un tel saut dans l’inconnu ?

C’est un peu plus facile pour les enseignants. On peut faire exactement le même métier dans le privé. Et d’ailleurs 1 enseignant sur 4 veut franchir le pas. Ce chiffre peut sembler faible mais il est extrêmement encourageant. En effet, du berceau à la tombe, les Français subissent un prêchi-prêcha ininterrompu sur les bienfaits de l’État (sans lequel on n’aurait ni routes, ni santé, ni éducation…) et les dangers du privé (qui, je force à peine le trait, vit pour empoisonner les clients et exploiter les salariés). Et quitter l’Éducation nationale représente pour un professeur l’abandon d’une rente à vie. Malgré tout cela, déjà 1 prof sur 4 veut quitter la sinécure de l’enseignement public.

Sortir de l’aliénation de la fonction publique

Il faut aider les fonctionnaires à se libérer. Ils sont en première ligne, les premières victimes de la gestion kafkaïenne de la fonction publique. Nous avons des alliés objectifs parmi eux, ces personnes compétentes et consciencieuses qui ont un but en commun avec nous : que les services publics fonctionnent mieux. Face à leurs demandes de moyens supplémentaires, notre discours se résume trop souvent à les traiter de privilégiés et/ou de fainéants et à vouloir les mettre au chômage. Le moins qu’on puisse dire est que ce n’est pas la meilleure façon de se faire des alliés.

Entendons-nous bien sur ce que je ne dis pas.

Je ne dis pas que l’entreprise privée est un paradis. Il y a de l’absurdité et de la souffrance partout. Cela étant (i) sauf cas assez rare de quasi-monopole, une entreprise lourdement dysfonctionnelle finit par se heurter au mur de la réalité, perdre  ses clients et faire faillite et (ii) il est plus facile de fuir une entreprise qu’une administration.

Je ne dis pas que tous les fonctionnaires sont compétents et consciencieux. Je dis que certains le sont, que beaucoup le sont. Je dis que notre intérêt politique et notre devoir moral et de leur tendre la main. Je pense aussi qu’un employé démoralisé devient plus compétent et consciencieux si on le plonge dans une organisation saine.

Je ne dis pas qu’il faut tout privatiser ou que tous les fonctionnaires vont vouloir quitter la fonction publique. Je dis que le tribut que paient les fonctionnaires, la souffrance qu’ils endurent aujourd’hui sont tels que beaucoup sont prêts à considérer des changements majeurs inenvisageables il y a 20 ou 30 ans.

Positiver le discours libéral envers les fonctionnaires

Il me semble que les libéraux pourraient construire un discours de transformation de l’État qui soit à la fois radical et consensuel à partir de 3 idées fortes, partagées par beaucoup de fonctionnaires :

  • Le gaspillage de compétence et d’énergie dans la fonction publique est massif, cela représente une source de moyens considérable ;
  • Il est plus satisfaisant de travailler dans une organisation efficace ;
  • On ne vous déteste pas, on ne vous méprise pas, on ne veut pas vous faire la peau mais travailler avec vous, vous aider à quitter la Matrice et vous accueillir dans la vraie vie. 

Il y a là un beau chantier, le plus difficile est peut-être l’effort de bienveillance qu’il nécessite.

Cet article a été publié une première fois en février 2019.

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  • claude henry de chasne
    8 février 2019 at 6 h 05 min

    les fonctionnaires sont malheureux? pourtant personne ou presque ne démissionne

  • Les meilleurs parmi les fonctionnaires sont effet les premières victimes d’un système qui ne sait les reconnaître, alors même que l’exemple de la carrière tranquille des plus médiocres d’entre eux les poussent à s’en inspirer.
    Et cela avec la complicité de l’organisation hiérarchique publique qui n’a aucune envie de renverser la structure qui protège son misérable pouvoir, et celle des syndicats de fonctionnaires qui puise ses attributions exorbitantes et ses subsides dans les vides de cette organisation défaillante.
    Mais comment faire pour initier un vent de réforme au sein d’un système qui encourage ainsi l’inertie ? cela relève de l’impossible et c’est la raison majeure qui légitime la réduction des attributions de l’Etat au seules fonctions régaliennes, moyen le plus radical pour régler cette question.

    • claude henry de chasne
      8 février 2019 at 17 h 08 min

      faire disparaître le statut?

      • La fausse bonne idée. D’ailleurs ça a déjà bien commencé. A pôle emploi c’est ce qui a été fait avec la fusion des assedics. Résultat, une armée de CDD qui ne connaît rien au métier à cause d’un turn-over énorme.
        Le problème de la fonction publique, c’est la lourdeur de sa technostructure : elle même vient du fait que les élus et leur cour sont trop nombreux : les efforts consentis ces dernières années sont réalisés par les services directs aux usagers, mais très peu chez les cadres, les cabinets des élus, leurs services com…

        • lire ou relire le pamflet de la colère,
          Absolument Dé-Bor-Dée ! Ou Le Paradoxe Du Fonctionnaire, comment faire 35 heures en un mois . . .
          Résumé : Bienvenue dans un monde merveilleux, où il est enfin possible de solutionner un problème sans avoir à le régler et de piloter un projet sans s’en occuper. En devenant chargée de mission, Zoé Shepard pense avoir trouvé un travail : grossière erreur ! Plongée dans une ambiance de cour de récréation, elle oscille entre fous rires nerveux et consternation.

        • Il y a 15 ans, j’étais chômeur. A pole emploi, on ne m’a jamais présenté une seule demande d’emploi. ceux qui animaient les ateliers étaient incapables de nous parler de ce qui nous intéressait. Ils n’ont même pas été fichus de m’inscrire au bon atelier : je me suis demandé si je parlais bien le frnaçais. Je me suis inscrit en intérim et miracle, j’ai retrouvé du travail et de la dignité. Être à la merci d’incompétents qui n’ont pas intérêt à ce que les gens retrouvent du travail pour sauver leur petite rente, non merci.

  • tout va tellement bien en douce France que l’année 2018 a enregistré prés de 10 000 personnes qui se sont suicidés ( fonctionnaires compris ) ; d’ailleurs , notre beau pays est champion d’Europe en ce qui concerne le nombre de suicides ;….

  • la Voie du milieu
    8 février 2019 at 7 h 55 min

    @claude, en tant que libéral (toi comme moi) avons conscience que beaucoup d’entreprises privées ferment non pas du fait qu’elles soient dysfonctionnelles mais à cause des salaires trop bas et des taxes, Impôts et règlementations.
    Dans ce contexte, sortir de la fonction publique, c’est la quasi-garantie d’une perte sèche d’emploi à plus ou moins long terme.
    bonne journée.

  • Les fonctionnaires aspirent le plus souvent à une gestion efficace de leur service, ce que leur hiérarchie est incapable de leur fournir :
    – manque de formation des cadres à la gestion (les concours publics des fonctionnaires sont humanistes, voyez les expressions ineptes des précieux ridicules du ministère de l’éducation, et les élus locaux manquent de formation)
    – irresponsabilité d’un système sans risque et sans appréciation réelle de l’efficience qui conduit au laxisme (la technocratie qui profite du système manque d’exemplarité)
    Il faut embaucher des managers et supprimer l’ENA.

  • L’article est parfaitement juste sur tous les points. Que de temps perdu sur des réunions débiles, des dossiers (à écrire, puis à lire, évaluer et jeter), des normes absurdes, des supérieurs qui ne croient même plus aux ordres qu’ils donnent (heureusement, si toutes les règles étaient respectées, ce serait le blocage total). Et les surfacturations par les marchés bidonnés (parfois on peut frauder pour que ça coute moins cher, mais pas toujours), les emplois inutiles (et tous le savent bien même l’intéressé, mais bon c’est pas comme s’il y avait qqch à gagner de ne pas l’embaucher), les promotions par « formation » sans prendre en compte les capacités, l’absence totale de maitrise des dépenses/rentrées au niveau local, le non pouvoir de sanction des supérieurs (vous pouvez les insulter, c’est sans risque, au pire ce sera le placard, comme avant quoi voire mieux). Bref je pourrai continuer longtemps.

  • Le grand dilemme :

    Peut servir à la fois l’état et le peuple ?

  • Bonjour à tous,

    mes chers amis libéraux, moi même fonctionnaire (militaire, donc un peu a part quand même, hein…), j’ai développé une théorie qui est applicable et explique la désagrégation de tous les services publiques, et qui explique que cette désagrégation n’a de limite que la révolte populaire, pour cause la déresponsabilisation de la hiérarchie, et pour vice extrème qu’elle s’appuit et détruit la conscience professionnelle des acteurs qui en ont, pour les détruire. Permettez moi de vous la soumettre (je l’ai déjà évoquée il y a quelques semaines…)
    J’appelle cette théorie « le paradoxe du Bon Militaire », et elle applicable, je crois, a tout fonctionnaire (remplacer militaire par fonctionnaire ci-dessous).
    Cette théorie, cet engrenage commence dès qu’un militaire reçoit un ordre « non conforme ».
    J’appelle un ordre « non conforme » un ordre qui sort de la fiche de tache d’un militaire: remplacer un collègue pendant 6 mois, avoir une légère réduction de moyens, avoir une (ou des) responsabilité supplémentaire, a formation, durée, salaire constant, partir en mission avec du matériel non réglementaire…
    Cet ordre non conforme est donné par la hiérarchie en toute connaissance de cause. Première erreur fondamentale. Si la hiérarchie était honnête, et responsable, elle NE DONNERAIT PAS cet ordre en premier lieu. Et pour mémoire, a l’armée, a part les deuxième et première classe, on est en gros tous les chefs (dans le cadre des responsabilités) de nos subordonnés…
    Donc, la hiérachie (en commençant par le général, jusqu’au caporal) donne a l’échelon subalterne un ordre non conforme.
    Et c’est la que le paradoxe du bon militaire intervient. En effet, le bon militaire VA REMPLIR, EN APPARENCE, CETTE MISSION. Le en apparence est important, car comme les conditions ne sont pas réunis, il utilise des moyens non « réglementaires »: copinage, influence, moyens financiers propres (« vous vous achèterez tous cette veste de combat »), temps supplémentaire passé sur la mission (soir et WE, au détriment de la vie de famille, bref…) Coute que coute. Même si l’ordre qu’on lui a donner est non conforme, car c’est un bon militaire, et on lui a appris qu’un bon militaire devait remplir sa mission coute que coute. HORS, ce faisant, il se sert (car il prouve que la mission est « remplie »), passe donc pour un bon militaire, sera bien noté. MAIS, en « PROUVANT » à sa hiérarchie que cette mission peut être « REMPLIE » (encore une fois, en apparence), il déresponsabilise la hiérachie de son principal devoir, qui est de fournir des moyens adéquats pour remplir la mission.
    On voit donc que le bon militaire rempli sa mission, a son bénéfice, mais en masquant et en affaiblissant l’ensemble de l’édifice. En effet, si ce bon militaire est remplacer par un militaire « neutre » (sans parler d’un mauvais militaire), celui ci aura des problèmes pour remplir cette mission: moins de moyens financiers, moins de disponibilité horaire, pas les même relations amicales…
    D’autre part, il donne à sa hiérarchie l’impression que c’est possible. Si c’est possible, on peut peut être faire avec encore moins… Début de la spirale infernale qui ne peut s’arréter qu’avec la révolte.
    Imaginons maintenant que ce bon militaire soit remplacé par un « mauvais » militaire:
    Celui ci refusera cette mission qui n’est pas conforme, ou demandera pour la remplir des conditions réglementaires. Un militaire qui refuse ou n’accomplit pas une mission, vous m’avez vu, est un MAUVAIS MILITAIRE. Ce militaire sera mal noté, mais paradoxalement, en montrant les problèmes à la hiérarchie, devrait permettre de les prendre en compte. Donc, paradoxalement, en refusant un ordre, il peut consolider l’édifice, car en le maintenant sur des bases stables.
    La ou le processus devient vicieux, et que la spirale infernale accélère, c’est que cette mission DOIT etre remplie. La hiérarchie va donc trouver, ou un « bon militaire », soucieux de son avancement, va se mettre en avant, pour que cette mission soit malgré tout réussie, avec les conséquences a moyen et long terme déjà évoquée.
    DONC, un militaire consciencieux, réaliste sur les conditions de la mission, sera mis de coté, au point même ou théoriquement, s’il refuse la mission, devra prendre ses responsabilités, et QUITTER, écoeuré, l’institution, pour etre remplacer par un bon militaire, qui creusera le trou a moyen et long terme.
    Eg: le Général de Villiers, mauvais militaire, pour avoir oser dire à Macron ce qu’il pensait, et qu’il ne ferait plus, a été rapidement remplacé par un « Bon » militaire, qui va creuser, a moyen et long terme, le trou.

    Je crois que cette situation se retrouve dans TOUS les services publiques.
    La seule limite que je vois a ce système, mais que je n’ai pas encore théoriser, est son effondrement brutal. Un jour, les limites sont tellement atteintes, que même les « bons » ne peuvent plus rien faire, et tout s’effondre sous son propre poids.

    Voilà, encore des choses à dire sur ce système extrêmement pervers, mais il est, du haut en bas, voué à s’effondrer, dès lors qu’a un moment, une concession est faite sur une fiche de tache, « pour le bien du service ».

    • on peut résumé de la façon suivante : celui qui rend compte qu’il y a un problème, devient le problème.

      Par ailleurs, des années dans la fonction publique détruit moralement et intellectuellement le personnel consciencieux, honnête et soucieux du bien public.

      pour ne pas avoir de séquelle, il faut une sacré capacité à prendre du recul, voire la tangente avant qu’il ne soit trop tard !

      le système ne tient que sur ce personnel consciencieux, honnête et soucieux du bien public.

      Celui-ci reste, car il n’est plus capable de travailler dans le privé (trop laminé).
      Pourtant, la solution est hélas dans l’évasion et la reprise en main de sa liberté.
      mais tout est fait dans notre beau pays (dans le public et de plus en plsu dans le privé) pour que ce ne soit pas possible.

    • Exactement le même problème dans le privé où j’ai travaillé 41 ans. Remplacer « militaire » par collaborateur. Là où le privé peut avoir un avantage est si la concurrence est libre : dans ce cas le mauvais collaborateur trouve un job avec un bon manager et démissionne.

  • Oui beaucoup de fonctionnaires ne sont pas heureux. Mais peut-on nier le fait que beaucoup de gens préfèrent la sécurité à la liberté et donc, quelque part, à leur bonheur?

    • claude henry de chasne
      8 février 2019 at 17 h 10 min

      exactement

      • Dans le public on fait comme dans le privé en fait : dehors il y a 10% de chômage (officiellement), alors on serre les dents. Il faut bien vivre. C’est pas Byzance, ni même glorieux, mais c’est mieux que de dormir sous les ponts.

  • Un grand merci pour cet article, ainsi que pour les commentaires de gaston79, titi et Cernu ! 41 ans d’éducation dite nationale à mon actif. J’ai passé la quasi totalité de ma carrière à ramer à contrecourant, quitte à être un « mauvais militaire » comme le dit si justement Cernu. Libéral – autant dire être enterre de mission ! – j’ai toujours été mû par le service du public qui m’était confié, afin que sortent de nos classes des gens cultivés, armés d’esprit critique et des connaissances de base indispensables pour pouvoir aller s’épanouir librement où ils veulent. Malheureusement, il a fallu lutter à armes inégales contre les ministres et les administrations de tous les niveaux pour faire respecter simplement le contrat pour lequel j’avais signé en connaissance de cause en passant l’agrégation. L’État s’est efforcé de ne rien respecter du tout ! Ni les objectifs assignés que je viens de rappeler plus haut, ni l’honnêteté des des méthodes (voir l’effondrement du niveau du bac et les résultats catastrophiques dans le supérieur), ni même notre situation matérielle et morale. Je n’ai pas signé pour un emploi à vie, mais pour un idéal. Je n’ai pas pu quitter l’enseignement, comme de très nombreux collègues, parce que transmettre m’était indispensable et que le privé n’était pas prêt à payer mon savoir faire, mes connaissances et mon expérience, car le privé n’est pas indemne de sa propre bureaucratie aussi.

    • mouais… j’ai un problème ….quel service public vous a t on confié?
      en fait , n’utilisez surtout pas l’idée qu’il existe une mission de service public d’éducation!!!! NON.

      c’est un peu toujours comme ça quand on parle à des profs ,qui en général défendent l’ed nat, en vous expliquant en détail que ça ne marche pas…

      c’est donc un système qui n’explose pas parce que des gens ne font pas ce qu’ on leur demande de faire…

      • En attendant, le privé est incapable d’assurer la mission d’apprendre à lire, écrire, compter, puis d’amener une cohorte de centaines de milliers de jeunes vers des formations professionnelles (ça, le privé sait faire !) ou des études supérieures… En tout cas, je n’ai rien trouvé pour moi-même… Sinon, j’aurais fichu le camp de l’éduc. nat.

  • Les fonctionnaires, à l’heure actuelle, en France, sont des enfants gâtés.

  • Très bon article, qui n’aborde malheureusement pas le ministère des affaires étrangères et la vie dans les ambassades et consulats à l’étranger. Pour avoir eu l’occasion de travailler temporairement dans l’un d’eux en Chine, le constat est, au mieux, similaire à ce qui est présenté dans l’article. Ces lieux pourraient être un bassin d’études pour les étudiants de psychologie en cours de rédaction de thèse : dépression, absence de confiance en soi, de diplômes, de compétences, crise de larmes à l’évocation de la réception de la fiche d’impôt (le sujet du moment était alors la phobie administrative de Thomas Thévenoud), aucune formation ni dans la gestion (de budget ou de ressources humaines), qui conduisent immanquablement à créer des petits dictateurs en puissance puisque eux « ont le pouvoir ». Tout ce petit monde est « absolument débordé » lorsqu’il n’est pas en vacances. Les postes d’agents de droit locaux sont distribués aux amis, de façon totalement arbitraires, quant on passe encore par une procédure de recrutement externe, chose qui tend à disparaître puisque, le droit local « ne l’impose pas » (et ça n’est pas parce qu’on travaille dans la représentation français qu’on est obligé d’en respecter le droit ou les soi-disant « valeurs »). Dans la branche responsable de l’éducation, les cas de corruptions, de favoritisme et d’enrichissement personnel à travers l’attribution de poste/contrat à partenaires, ou encore en orientant des gens vers des agences privées directement en lien avec la famille ou les amis d’un responsable ont eu lieu de nombreuses fois. C’est de l’image de la France (ou ce qu’il en reste) dont il est question, et tout cela s’accomplit tranquillement puisque personne ne songe à remettre quoi que ce soit en question. Et je n’aborde même pas la question des salaires des fonctionnaires en poste ici. Vive la France.

  • C’est curieux de vouloir travailler pour un très mauvais employeur et de s’en plaindre.

    Pour l’avoir vu quand j’étais surveillant, arriver en état d’ivresse à son travail et passer devant son supérieur sans risquer sans risquer d’être convoqué pour être licencié comme c’est la règle dans le privé, c’est un privilège.

  • La petite bête
    9 mai 2019 at 12 h 45 min

    Les obstacles sont dans hiérarchie et la haute fonction publique, ces fonctionnaires qu’on ne voit pas…
    Lire les Cinq-mille, par exemple
    Sur la police
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130319/des-policiers-temoignent-est-oblige-d-accepter-des-instructions-illegales?onglet=full

    • La taxe sur les dividendes était illégale. On n’a pas entendu un seul fonctionnaire la dénoncer.

  • C’est un très bon article, empathique, qui, en synthétisant les différents points de vue exprimés ces derniers mois par différentes catégories de fonctionnaires, amène en effet à prendre conscience de l’envers de la médaille et à développer un approche plus constructive.

    Il est vrai que le statut de fonctionnaire est un anachronisme et que leur résistance au changement de statut est digne des aristocrates d’avant la révolution même engagé au salaire minimum.

    La Suède par ex. a supprimé ce statut en le remplaçant par le contrat à durée indéterminé pour la plupart et à contrat renouvelable pour certains autres postes qui concernaient des tâches plus ponctuelles.

    Les fonctionnaires ne parviennent pas à surmonter leurs craintes quant à la teneur de ces contrats, ni à en percevoir les avantages.

    Ainsi, les fonctionnaires vont garder leur postes pour la plupart, et ce jusqu’à leur fin de carrière, du moment qu’ils sont compétents, font leur travail correctement et sont impliqués. Le risque à assumer est en effet la possibilité d’un renvoi si ces conditions ne sont plus remplies, et c’est juste.

    Ce type de contrat permet de mieux gérer les effectifs de personnel en rapport aux besoins des services et les sommes d’argent dégagées vont justement servir à améliorer les conditions de travail, équipements, rénovations des locaux ou de plus investir dans la formation continue, la recherche, etc. Le manque de moyens dont se plaignent justement les fonctionnaires.

    Ils vont gagner en mobilité s’ils le souhaitent. Les postes contractuels peuvent faire l’affaire de gens qui ne souhaitent pas travailler temps plein à l’année, etc.

    Bref, convaincre que non le changement de statut, n’est pas le saut dans le grand vide, et non ce n’est pas incompatible avec le fait de préserver la constance d’un personnel.

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