Les fonctionnaires gagnent 10% de plus que les salariés du privé

Allégorie de la justice (Crédits : Scott, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Avec 5 millions de fonctionnaires bien payés et soumis à de faibles exigences de rentabilité d’un côté, et 16 millions de salariés du privé pressurés par la concurrence de l’autre, le paysage social français paraît porteur de dangereux déséquilibres.

Par Éric Verhaeghe.

Les fonctionnaires gagnent 10% de plus que les salariés du privé
Allégorie de la justice (Crédits : Scott, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Les fonctionnaires sont décidément les privilégiés du régime. Comme le montre l’étude de l’INSEE sur le salaire moyen en France en 2014, les fonctionnaires gagnent en moyenne 2.000 euros de plus par an que les salariés du privé, qui ont une rémunération de 19.400 euros. Ce chiffre a le mérite de replacer le débat sur les effectifs de la fonction publique dans son contexte global : celui d’un retour à un lissage satisfaisant entre avantages du secteur public et contraintes du secteur privé.

Le salaire des fonctionnaires augmente davantage que celui du privé

L’INSEE a bien cherché à noyer ces éléments à la fin de son étude pour les rendre les plus indolores possible. Ils sont implacables : les fonctionnaires sont mieux payés et davantage augmentés que les salariés du privé, n’en déplaise à ces mêmes fonctionnaires qui invoquent régulièrement une dégradation de leur pouvoir d’achat.

Ainsi, en 2014, le salaire des fonctionnaires a augmenté de 1%, quand les salaires du privé augmentaient de 0,6%. Le quinquennat de François Hollande se traduira donc, in fine, par un accroissement des privilèges des fonctionnaires, dont le temps de travail n’est pas compté (et très souvent inférieur à 35 heures), et dont les revenus de remplacement au départ à la retraite sont plus élevés que les retraites du secteur privé.

Beaucoup mieux payés que les salariés du privé

Globalement, la situation salariale des fonctionnaires paraît donc extrêmement favorable, toutes catégories confondues. Avec 5 millions de fonctionnaires bien payés et soumis à de faibles exigences de rentabilité d’un côté, et 16 millions de salariés du privé pressurés par la concurrence de l’autre, le paysage social français paraît porteur de dangereux déséquilibres dont le coût politique n’est pas sans incidence. Ces ruptures d’égalité entre les différents segments de la population nourrissent des sentiments de frustration qui font le jeu des populismes et des extrêmes.

Ces frustrations sont forcément accrues lorsque le débat politique tourne autour de la restauration du « service public », dont les contours se confondent de plus en plus souvent avec les intérêts personnels des fonctionnaires eux-mêmes. Cette donnée mériterait d’être attentivement étudiée à l’approche de l’élection présidentielle…

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