Réduction du nombre de fonctionnaires, pas d’autre alternative

Il faut réformer le pays en réduisant le nombre de fonctionnaires. Des exemples étrangers peuvent nous inspirer.

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Réduction du nombre de fonctionnaires, pas d’autre alternative

Publié le 3 avril 2022
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Dans mes articles je cite fréquemment le site Fipéco. Dans un récent billet son président François Ecalle fait un état des lieux de la France. Il conclut que face à une inflation qui s’envole il est urgent de réduire drastiquement sa dette colossale.

Avec un taux de prélèvements obligatoires des plus élevés au monde il n’est pas possible d’augmenter les taxes et impôts. Au contraire, pour que le pays retrouve sa compétitivité, il faut les réduire fortement. François Ecalle, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes détaille comment ont anormalement augmenté les effectifs des trois fonctions publiques d’État, territoriale et hospitalière, depuis 1997.

Je voudrais y ajouter trois propositions qui permettront de réduire d’une façon substantielle leurs effectifs.

Le temps de travail des fonctionnaires

François Ecalle dénonce la faible durée annuelle du temps de travail de la fonction publique : 1557 heures en 2019 au lieu de 1607 heures de durée légale, sachant que le temps de travail du secteur privé est de 1711 heures. Mais il ne fait pas cet exercice sur le temps de travail tout au long d’une carrière.

Du début de sa carrière jusqu’à sa retraite un fonctionnaire français travaille 30 % de moins qu’un fonctionnaire allemand :

La retraite est prise en moyenne à 61 ans contre 65 ans (67 à partir de 2029) soit environ 10 % de moins.

Le fonctionnaire français est aux 35 heures de travail hebdomadaires, le fonctionnaire allemand travaille 40 heures soit 14 % de plus.

Le taux d’absentéisme moyen est de 20 jours en France contre 15 en Allemagne.

Un fonctionnaire français prend en moyenne 11 jours de RTT, ce dispositif n’existant pas en Allemagne, il s’agit d’un écart de 77 heures sur l’année, soit environ 5 % supplémentaire.

Le nombre de jours de congé payé et jour férié est un peu supérieur en France (25+11) soit un jour de plus qu’en Allemagne (24+11) soit moins 0,6 %.

C’est donc bien un minimum de 30 % d’écart soit 1 670 000 équivalents temps plein, donc autant de fonctionnaires en surnombre par rapport à nos voisins allemands qui viendrait compléter le décompte fait par François Ecalle.

Accès à la sous-traitance

L’affaire Mc Kinsey en est la démonstration : devant une administration obèse devenue inefficace dans de nombreux domaines, faire appel à des organismes extérieurs privés est trop souvent devenu la règle.

Ce sont souvent des sociétés de conseil, comme si le gouvernement n’avait plus confiance en ces hauts fonctionnaires. Malgré un effectif pléthorique, il n’y trouve ni la compétence ni la rapidité de jugement et encore moins le délai pour présenter un rapport.

Il y a alors un choix à faire entre les deux solutions. Je préconise le privé qui sera plus efficace et apportera un regard extérieur à condition d’une totale transparence dans le meilleur choix, ce qui ne semble pas être toujours le cas.

Quand leur coût explose et se compte en milliards une réflexion et un choix s’imposent : soit les hauts fonctionnaires sont maintenus en poste et mieux formés, soit une partie d’entre eux est supprimée et des sous-traitants privés continuent d’intervenir.

Le secteur du conseil n’est pas le seul qui voit exploser la sous-traitance. Les associations sont également fortement sollicitées, leur nombre a également explosé : la France en compte 1,3 million.

Heureusement ce n’est pas une majorité mais beaucoup se substituent au rôle de l’administration, celle-ci se contentant de devenir donneur d’ordre, par exemple dans le traitement social, médical voire sociétal.

La sous-traitance existe aussi dans le domaine judicaire avec la privatisation partielle des contrôles de vitesse sur la route et la verbalisation.

Une réforme de fond s’impose

Un organisme qui s’autorégule ne parvient qu’à augmenter ses effectifs, même lorsque certains présidents avaient inscrit une réduction de ceux-ci dans leur programme. Les bureaucrates s’auto alimentent de nouvelles fonctions, souvent inutiles voire contreproductives, dans le seul but de réclamer davantage d’effectifs. C’est le cas pour les secteurs de la santé et de la police dont la charge administrative consomme une grande partie du temps de travail sur le terrain.

Réformer nécessite tout d’abord un certain courage, mais surtout un objectif réfléchi avec une mise en œuvre sans trembler et surtout un suivi de son efficacité.

Le faire par rapport à un existant qui a démontré son inefficacité et en supprimant proportionnellement des postes dans chaque service n’est absolument pas la bonne méthode.

Des pays avec un sureffectif comparable au nôtre sont parvenus à réformer. Il s’agit principalement de la Suède (baisse de 40 % de l’effectif de 1988 à 1997) et du Canada (baisse de 20 % dans la même période). Ils ont décidé de partir d’une feuille blanche et non pas de proposer des postes à supprimer mais une liste de fonctions indispensables au bon fonctionnement de l’État, d’en définir les compétences, d’y affecter des moyens financiers et humains et de supprimer tout le reste.

Nous pouvons et devons le faire. C’est le préalable au redressement des comptes et de l’économie du pays !

 

 

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  • Macron, Hollande, Chirac, Mitterrand étaient tous des fonctionnaires pour devrait-il réduire le nombre de fonctionnaires

    • Pour réduire la concurrence.

      • Pas du tout! Chez les fonctionnaires, la concurrence est un vilain gros mot. Ces derniers préfèrent plutôt vivre en permanence entourés de leurs semblables, comme ça la médiocrité ne se voit pas trop. C’est sans doute pour ça qu’il y a des centres de vacances réservés aux fonctionnaires, et même des hôpitaux psychiatriques spécialisés pour professeurs dépressifs.

  • Certes ! Mais nous n’en prenons pas le chemin. Jusqu’à ce que mort s’en suive … et encore le diagnostic d’arrêt cérébral risque de se métamorphoser en « pas assez d’accompagnement dans le …. etc, etc « .

  • Un article sublime; ça fait du bien de constater que tout n’est pas pourris dans ce pays de pseudo liberté. Mais la bataille sera rude tant cette caste publique a de ramifications néfastes dans notre société. Les allemands ont eu la chance de perdre la guerre et sont repartis de zero après sur une nouvelle loi fondamentale qui a tout effacé; Les canadiens ont eu l’opportunité d’élire un exellent réformateur et les suédois ont eu le courage nécessaire mais ces pays n’étaient certainement pas aussi gangrènés par une fonction publique politisée comme en france

  • Les commentaires sont fermés.

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