Interdiction du glyphosate : une décision sous influence ?

IMG_8430 by Global Justice Now (CC BY 2.0) — Global Justice Now , CC-BY

Le glyphosate continue d’être apprécié des agriculteurs de par le monde, est autorisé partout par des autorités responsables et reste le pesticide le plus honni de l’écologisme militant.

Par Michel de Rougemont.

Cet herbicide total est un outil très apprécié par tous les agriculteurs, c’est le produit phytosanitaire le plus utilisé.

Il est autorisé dans le monde entier car jugé satisfaisant sur tous les critères, pourtant sévères, de sûreté pour la santé humaine et celle de l’environnement.

Il est honni par tous les écologistes de la planète, qui veulent le voir interdit, comme d’ailleurs tous les pesticides de synthèse.

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC, en anglais IARC) a classé cette molécule comme « cancérogène probable » alors que les autres institutions ne tirent pas les mêmes conclusions, en particulier l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) à qui, suite aux controverses, la Commission européenne avait demandé une évaluation supplémentaire et indépendante.

Suite à des procès en cours aux USA, des correspondances internes de Monsanto, le fabricant original du glyphosate, ont été accessibles aux parties. On observe dans ces « Monsanto Papers » que cette entreprise et ses avocats font tout pour se défendre et protéger la valeur de leur produit.

Des scientifiques employés ou mandatés par Monsanto ont contribué à la publication de revues scientifiques au sujet de la carcinogénicité du glyphosate et qui ont été discutées de manière critique au CIRC. Il n’y a là rien d’anormal, les intérêts des uns étant connus des autres. Un fort lobbyisme est habituel et n’a rien de scandaleux, d’autant plus qu’il est au moins aussi intense de la part des ONG écologistes qui jouissent du soutien gratuit de media omniprésents et puissants.

De ces documents, il ressort aussi que le processus de décision du CIRC a été directement influencé par au moins une taupe écologiste et que, sans bonne raison, plusieurs études n’ont pas été retenues dans l’évaluation faite en 2015.

La taupe, un certain Dr Christophe Portier, était à l’époque employé à temps partiel de l’Environmental Defense Fund. Une semaine après la séance décisionnelle du CIRC, ce mercenaire a reçu un mandat et des honoraires juteux d’un cabinet d’avocat américain défendant des plaignants contre Monsanto.

Le journal Le Monde n’évoque que l’attitude insinuée comme répréhensible de l’industriel qui défend légitimement ses intérêts, alors que les turpitudes du CIRC et des lobbies écologistes ne le dérangent pas. Voilà un chevalier blanc au service d’on ne sait ni quoi ni qui, mais qui mène campagne contre le glyphosate, Monsanto et Bayer, les pesticides et l’humanité en général. En cela il est aidé par l’officielle France Télévisions et son « Envoyé spécial. Glyphosate comment s’en sortir » qu’heureusement je ne peux pas visionner depuis la Suisse et dont le titre même montre une position d’une parfaite objectivité.

Toute cette activité d’éboueur ne concerne bien sûr plus le fond du sujet. L’opinion publique est clairement manipulée dès lors que, faute de pouvoir apporter des arguments fondés sur la science, ce sont des campagnes angoissantes et diffamantes qui sont menées.

Le gouvernement français, ou peut-être seulement son président, milite pour une interdiction du glyphosate sans savoir pourquoi, contre ses propres experts, et sans même savoir comment. En Suisse une initiative a abouti : il faudra voter sur l’interdiction de pesticides de synthèse et l’importation de denrées alimentaires qui auraient été produites avec des pesticides de synthèse. C’est du populisme caractérisé, de l’écolo-populisme, aussi abject que tous les autres.

Pendant ce temps le glyphosate continue d’être apprécié des agriculteurs de par le monde, il est autorisé partout par des autorités responsables, il continue à ne pas être carcinogène et reste le pesticide le plus honni de l’écologisme militant.

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