Dewayne Johnson contre Monsanto : dérapages à tous les étages

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Dewayne Johnson contre Monsanto : dérapages à tous les étages

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 août 2018
- A +

Par André Heitz.

Recette pour 289 millions de dollars (en principe) :

  • Une grande entreprise fabriquant un produit susceptible d’être accusé de provoquer une atteinte à la santé ou l’intégrité d’une personne.
  • Une personne ayant été ainsi atteinte, susceptible d’incriminer ledit produit (ou simplement un comportement incorrect de l’entreprise, notamment un défaut d’information).
  • Un cabinet d’avocats « prédateurs » ayant recruté cette personne (souvent par petites annonces) contre promesse de participation aux gains éventuels.
  • Un système judiciaire favorable au racket judiciaire.
  • Un jury de citoyens dépassés par la cause et conscients du fait qu’un jour, ils pourraient aussi gagner un pactole.

Recette pour un dérapage médiatique : la médiocre médiacratie française.

Recette pour un dérapage politique : Nicolas Hulot et quelques autres (à suivre).

Le vendredi 10 août 2018, la Cour Supérieure de l’État de Californie pour le Comté de San Francisco a rendu son verdict dans l’affaire Dewayne Johnson c. Monsanto. Elle a conclu, selon les comptes-rendus dans la presse :

  • que deux produits de Monsanto à base de glyphosate, le Ranger Pro et le Roundup Pro, étaient « un facteur substantiel» du mycosis fongoïde, une forme de lymphome qui affecte la peau de M. Johnson ;
  • que les risques posés par ces produits « étaient connus ou pouvaient être connus à la lumière des connaissances généralement admises par la communauté scientifique au moment de leur fabrication, de leur distribution et de leur vente» ;
  • que Monsanto avait failli à en informer ses clients ;
  • que Monsanto avait agi avec « malveillance» (« malice », en anglais) ;
  • que Monsanto devait verser 289 M$ (253 M€) à M. Johnson.

Les médias sont quasiment unanimes pour saluer ce verdict, souvent qualifié d’« historique ».

Mais ce verdict n’est pas historique par l’énormité des montants alloués au plaignant

Ainsi, en août 2017, le jury d’un tribunal de Los Angeles condamnait Johnson & Johnson à payer 417 millions de dollars. Le 12 juillet 2018, un tribunal de St. Louis (Missouri) est parvenu à 4,69 milliards de dollars dans un procès intenté par 22 femmes et leurs familles, soit 213 millions en moyenne par plainte. Dans tous ces cas, les plaignantes (ou leurs ayants droit) alléguaient que leur cancer des ovaires avait été causé par leur usage du talc de J. & J. pour leur toilette intime.

Coïncidence, les plaintes se fondent en partie sur le classement du talc en « possiblement cancérogène » (le niveau inférieur à celui du glyphosate) en utilisation périnéale par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC).

Ce verdict n’est pas non plus historique par la démonstration de la faillite – avérée depuis longtemps – du système judiciaire états-unien

Ce système permet à des cabinets d’avocats prédateurs de lancer des actions individuelles et collectives contre des agents économiques aux poches profondes, en se servant de drames humains, dans l’espoir d’obtenir d’un jury sans qualifications particulières pour juger de problèmes complexes des verdicts de dommages-intérêts et de dommages punitifs extravagants. Les montants alloués servent en principe à financer les investissements, à rémunérer grassement les cabinets d’avocats et rétribuer les plaignants, souvent recrutés par petites annonces.

Dewayne Johnson c. Monsanto n’est pas le combat du petit David jardinier contre le géant Goliath empoisonneur, mais celui de géants d’une flibuste judiciaire contre une grande entreprise.

Ce verdict ne change rien au constat d’innocuité du glyphosate et des produits à base de glyphosate

Le jury de la Cour Supérieure n’a pas procédé à un examen des éléments de preuve relatifs à l’innocuité ou la nocivité du glyphosate et des produits à base de glyphosate. Il a entendu des avocats, des témoins, des « témoins experts » – grassement payés pour certains – et des experts dans une procédure contradictoire dans laquelle l’accusation a présenté ses meilleurs arguments et la défense ses meilleures réponses à ces arguments.

Ce verdict ne saurait invalider le consensus scientifique fondé sur des centaines d’études et des dizaines d’analyses des éléments de preuve : le glyphosate est sûr, s’agissant tant des résidus que l’on peut trouver dans l’alimentation que de son utilisation conformément aux préconisations d’emploi. Ce consensus est confirmé par les évaluations de toutes les agences qui y ont procédé (FAO et OMS, EFSA, EChA, autorités de l’Allemagne, de l’Australie, du Canada, de la Corée du Sud, des États-Unis d’Amérique, de la France, du Japon, de la Nouvelle-Zélande et de la Suisse).

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a quant à lui procédé à une évaluation du danger, et pas du risque. Sa conclusion repose sur des « preuves limitées » de cancérogénicité chez l’Homme, preuves qui ont été invalidées par la suite par une grande étude de cohorte états-unienne (Andreotti et al., 2018) et une analyse poolée américano-canadienne de plusieurs études de cas-témoins (projet NAPP, non publié dans une revue, mais présentation détaillée ici).

Ce verdict est contradictoire et a priori mal fondé en droit et en fait

L’accusation n’a manifestement pas pu démontrer un lien de cause à effet. Le jury a retenu une notion de « facteur substantiel » qui ne résiste pas à une confrontation avec les données épidémiologiques, ainsi que l’affirmation vague que les risques « étaient connus ou pouvaient être connus… ». En tout état de cause, les « connaissances généralement admises par la communauté scientifique » concluent à des risques très faibles (l’absence de risques est indémontrable).

Comment pourrait-il en être autrement ? Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé au monde et présente un historique d’utilisation sûre de plus de 40 ans. Les gouvernements et les autorités de dizaines de pays, ainsi que leurs experts, n’auraient pas perçu les risques (prétendument connus ou pouvant être connus…) que 12 jurés béotiens auraient identifiés dans le cadre d’un mois de procès ?

Ce verdict fait l’objet d’un appel

Comme tous les verdicts extravagants précédents – dans ce pays où un jury peut accorder 2,86 millions de dollars en réparation d’une brûlure causée par du café chaud de Starbucks – le verdict de la Cour Supérieure fera l’objet d’un appel de la part de Monsanto.

Les avocats prédateurs n’ont donc obtenu qu’une victoire d’étape dans une procédure qui sera longue et qui risque de se terminer devant la Cour Suprême, compte tenu des investissements qu’ils ont consentis et des intérêts en jeu pour Monsanto. Ou se terminer par un arrangement confidentiel.

Le véritable enjeu d’une information de qualité

Les premiers comptes rendus des médias ont – fort naturellement – fait preuve d’un certain emballement. À l’excitation initiale doit suivre une réflexion plus sereine et une information incluant des éléments de pédagogie (voir à cet égard, pour juger de l’ampleur du problème, les commentaires au bas des articles de presse).

Le regard sur les questions de santé liées aux pesticides se doit d’être objectif et rationnel, d’autant plus que les activistes sauront instrumentaliser ce verdict pour faire avancer leurs propres intérêts et ceux des secteurs économiques qu’ils servent sciemment ou par ignorance afin de promouvoir des politiques désastreuses.

L’enjeu dépasse le sort qui sera réservé au glyphosate, qui n’est que le premier d’un alignement de dominos. Le véritable enjeu, c’est la capacité de notre agriculture et de nos agriculteurs d’assurer notre souveraineté et notre sécurité alimentaires – de nous nourrir.

Note : L’article ci-dessus a été rédigé au départ pour constituer une partie d’un communiqué du collectif Science-Technologies-Actions.

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  • 250 millions sur les 289 sont des « punitive damages » – autrement dit, le méchant Monsanto l’a fait exprès – attribués par un jury populaire. En appel, ce sont des juges professionnels qui devront se prononcer et il est plus que probable que ce jugement sera réformé, comme 99 % des cas de « punitive damages » octroyés par des jurys se penchant sur le cas de pauvres individus innocents injustement massacrés par d’impitoyables financiers des grandes entreprises.

    • @ Lucx
      On ne revient pas sur la chose jugée à l’exception d’une autre procédure judiciaire officielle (ici, l’appel).
      Seuls les jurés ont suivi tout le procès et les délibérations du jury et ont pris leur décision en leur âme et conscience.
      Ça ne vous plait pas, c’est le même prix!

      Les USA n’ont pas à tenir compte de l’avis d’étrangers sur les institutions de leur pays (ils ne seront même pas au courant!). (La France, donneuse de leçons, c’est en l’occurrence cocasse!)
      Les insinuations de l’article sont malsaines.
      Poubelle!

      • « Les insinuations de l’article sont malsaines. »
        Non, elles ne vous plaisent pas, ce n’est pas la même chose.
        Lucx et l’article parlent justement de la suite càd de la procédure d’Appel. Et les parties lors de cet Appel utiliseront ce qui va en leur faveur que ce soit des données américaines ou étrangères (l’avis du CIRC ou les données épidémiologiques par ex).

        • @ cyde
          C’est ce que je dis; donc attendons le procès d’appel et voyons si les conclusions confirment ou diffèrent. À moins qu’un accord intervienne entre parties, bien sûr.

          En attendant les Américains sont libres d’avoir leur Justice avec ou sans notre avis.
          Quant aux insinuations, elles sont inutiles pour l’information.

  • Talleyrand : Tout ce qui est excessif est insignifiant.

  • Bertrand de Kermel
    14 août 2018 at 9 h 07 min

    Voici ce quel’on pouvait lire sus la plume de l’Ordre des Notaires lorsque le gouvernement français avait eu l’idée de copier les américains et de libéraliser à tout va la profession des Notaires, au lieu d’en corriger seulement les défauts.

    « Dans un excellent ouvrage de M. Jean-Marc Daniel intitulé Ricardo reviens!, ils sont restés Keynésiens, François Bourin Editeur 2012, l’auteur analyse très justement: « Il y a le constat que les Etats-Unis sont passé d’une économie de création de richesse à une économie de prédation par la chicane. Comme le souligne l’actuel président américain, l’ingénieur qui fut le personnage de référence au début du XXème siècle a été remplacé par le lawyer, l’avocat.
    Le surdéveloppement du juridisme est devenu un moyen pour une partie de la population américaine d’accaparer le fruit du travail productif de l’autre partie. Aux Etats-Unis, le droit a cessé d’être un instrument d’apaisement pour devenir une arme de combat dans la redistribution des richesses. Les procès s’enchaînent, où sous des prétextes divers et variés, chaque plaideur cherche à s’attribuer une partie du revenu d’autres acteurs économiques. Le droit est devenu une composante des transferts sociaux, la chicane un mode de répartition des revenus. »

    Dans ces contrées, une vente immobilière relève de l’affrontement entre deux parties, chacune défendue par son professionnel. La liberté est celle d’écraser l’autre, le plus faible, considéré comme un adversaire. Cette approche s’oppose radicalement à notre à système basé sur la sécurité juridique et la solidarité.

    Par suite, soit le législateur, à l’écoute du lobbying bruxellois et du monde anglo-saxon de la Haute-Finance, ouvre notre pays à un système où l’ultra libéralisme profite aux procéduriers et aux professionnels de la chicane, soit comprend, apprécie et défend notre rôle d’apaiseurs, de régulateurs, de protecteurs directs et indirects des consommateurs.

    En France, les actes notariés sont judiciairement contestés dans un dossier sur 1.100 alors qu’aux Etats-Unis, une vente sur trois fait l’objet d’un procès. »

    Finalement, ce qui vient de se passer aux USA avec Monsanto n’est que la rançon des excès US en matière de lobbying.

  • Il faudrait lire le verdict… pour l’instant je ne l’ai pas trouvé sur le web.
    Parce que je me souviens notamment de la défense de Bouygues, France Telecom et SFR auprès du public après leur condamnation pour entente, après avoir lu le verdict c’était juste risible. Et justement la défense de Monsanto m’y fait beaucoup penser : l’objectif semble surtout de garder ses clients et ses actionnaires.
    Il faudrait juger sur pièce, et je m’étonne de cette difficulté à trouver les documents juridiques officiels.

      • S’il n’y a que ça, c’est en effet un peu juste. Il n’y a aucune motivation ? Gageons qu’il existe une transcription de échanges du tribunal.

        • Pas de motivation en effet. N’oublions pas qu’il s’agit d’un jury populaire. On peut difficilement leur demander d’appuyer leur décision par des considérations juridiques.

          • Je ne crois pas en l’irrationalité et la déraison des personnes a priori. Ici je constate qu’il n’y a pas d’expression de la motivation du verdict, et effectivement ça me semble problématique en terme de processus juridique. Le verdict se contenterait de références à des notions juridiques ou des articles de loi, ça ne me conviendrait pas plus. Il faut que les décisions s’incarnent dans la réalité, et a priori pour cela nous avons besoin de mise en récit, de discours et de mise en scène (ritualisée puisqu’il y a une dimension institutionnelle). Un récépissé ne saurait suffire, quelle que soit la justesse du jugement dont il rend compte.

          • @ fm06
            Le jury répond à la question du juge qui publie le jugement.

      • Pardon pour mon impolitesse.
        Merci !

  • Guido Brasletti
    14 août 2018 at 9 h 34 min

    Face à une honnête et sympathique entreprise, un profiteur, des avocats marrons et un jury de ploucs. Voilà la fable qu’on nous sert… Heureusement que le ridicule ne tue pas !
    Monsanto va subir le sort de VW qui a menti et trompé. Faut pas prendre l’oncle Sam pour un imbécile.

    • Sauf que 2 enquêtes épidémiologiques officielles, une en France et l’autre aux USA, ont montré que les paysans, qui répandent le glyphosate, étaient moins affectés par le cancer que les citadins.
      Vous oubliez que corrélation ne veut pas dire causalité. Ce type aurait chopé son cancer sans employer du glyphosate comme des millions d’autres sur terre.

      • D’autant plus que le jardinier « indemnisé » n’a été exposé au glyphosate que pendant 1 an, et il n’a déclaré sa maladie qu’1 an après son exposition. Or les lymphomes ne surviennent qu’à distance d’un facteur favorisant et nécessitent des années d’exposition.
        Il s’agit donc d’un jugement émotionnel qui ne résistera pas à l’analyse médicale sans parler des résultats des études épidémiologiques et de toxicologie sur le glyphosate lui-même.
        L’intérêt de ce jugement pour les avocats est d’essayer d’obtenir de la part de Mosanto un arrangement financier. Ce que Monsanto risque de ne pas accepter car ce serait la porte ouverte à une série d’indemnisations à n’en plus finir.
        On est donc parti pour une très longue procédure.

    • Ce commentaire mériterait d’être argumenter.
      Le seul argument critiquable de l’article serait le consensus scientifique du moment qui n’est pas une garantie de réalité de l’innocuité du glyphosate, mais une évaluation partagée à un instant T par une majorité.
      On a connu des consensus scientifiques (le rejet de la tectonique des plaques de Wegener) et on en connait un récent (le RCA) à prendre avec des pincettes.

      • @AlfredSG: Vous n’auriez pas d’autres exemples de consensus scientifiques faillibles à opposer ? Parce que l’expérimentation de la tectonique des plaques, ou la vérification des modèles climatiques, semblent être très loin de ce qui a été fait avec le glyphosate…

      • Un consensus scientifique signifie qu’aucune réfutation crédible n’a été apportée à ce jour. Cela ne veut pas dire, en effet, qu’il n’en sera jamais apporté, mais il faut un manque certain de rationalité pour préférer anticiper un tel renversement de situation plutôt que de se conformer à l’état de la science.
        Et encore une fois, ça n’est pas un raisonnement d’évaluation majoritaire : il suffit d’une réfutation pour invalider une théorie, et c’est l’absence de cette seule et unique réfutation qui conduit à accepter la théorie comme valide jusqu’à nouvel ordre.

    • Encore plus scandaleux que l’affaire dont traite l’article….

    • Il n’y a rien dans les « Monsanto papers ».
      C’est une opération de manipulation médiatique dont le but est 1/ de faire interdire l’utilisation du glyphosate, 2/ de servir de soutient au procès US en cours pour faire cracher Monsanto, 3/ de permettre aux escrolos de l’URSTK d’essayer de faire taire tout avis dissident et 4/ de soutenir indirectement toute l’agro-industrie du bio qui peine à démontrer objectivement l’excellence de leurs produits permettant de justifier leur sur-coût.

      Immanquablement, quand on parle du glyphosate, il y a un contempteur de l’agriculture classique, thuriféraire du bio et de l’agriculture durable qui nous ressort les « monsanto papers ».

      http://seppi.over-blog.com/2017/06/monsanto-papers-comprendre-la-guerre-du-monde-contre-monsanto.html
      https://www.contrepoints.org/2018/04/12/313670-glyphosate-un-juge-californien-sceptique-face-aux-opposants-a-monsanto
      http://imposteurs.over-blog.com/2017/11/glyphosate-perturbateurs-endocriniens-nous-et-nos-enfants-allons-tous-trepasser-dans-d-atroces-souffrances-par-jerome-quirant.html ( petit article récapitulatif sur l glyphosate, les pertrubateurs endocriniens et le manger bio)

    • Science et avenir n’est qu’un journal de vulgarisation scientifique écrit par des journalistes et non une revue de publications scientifiques. Un article écrit dans Sce&Av n’a aucune valeur de preuve. Ces journaux vont dans le sens du vent dominant comme toute girouette.
      Sce&Av, tout comme Sce&Vie d’ailleurs, soutient l’origine anthropique du réchauffement climatique et avec le méchant CO2 comme cause principale. Ces journaux ne sont que les caisses de résonance des dogmes scientifiques officiels. Les thèses quelques fois différentes qui y sont évoquées, ne remettent pas en cause le dogme directement ou sont parfois tellement futuristes (voire farfelues) qu’elles ne représentent pas le danger de faire réfléchir/douter le lecteur.

      • J’ai arrêté de lire Sciences&Vie après un article sur la cryptographie il y a une vingtaine d’année.
        C’était tellement bourré de fautes grossières que ça aurait pu passer pour un poisson d’avril pour mathématiciens. Le journaliste n’avait visiblement rien compris aux concepts de base.

        Si c’est pour lire des conneries, il y a bien d’autres sources plus amusantes.

        • @Tamraf: Science&AVENIR, pas l’autre magazine de vulgarisation (dont je ne reprendrais pas le nom tant il s’est effondré dans mon estime).

      • Tout à fait. Science et Avenir choisit ses sujets, le/la journaliste choisit qui il/elle interviewe, et même si c’est fait avec professionnalisme, le magazine ne sert que de porte-voix, il n’y a pas d’analyse critique de ce qui est rapporté.

  • Le talc cause le cancer, le Wi-Fi cause le cancer, les vaccins causent des maladies.
    Les jurés, les avocats ne sont pas des médecins spécialisé en recherche sur le cancer et jugent avec des lacunes scientifiques.
    Bayer devrait poser plainte contre le labo de Lyon qui a déposé le « probablement cancérigène ».

    • La vie cause le cancer, il me semble que ça devrait être tatoué sur l’appareil génital de toute personne avec laquelle on est susceptible de faire des enfants.

  • On parie que ça finira par un out-of-court settlement ?

    • J’en doute. Ce serait la porte ouverte à trop d’autres procès à « settler » dans les mêmes conditions. Le pari raisonnable est celui du Charlatan : « Avant l’affaire, le roi, l’âne ou moi, nous mourrons »… du cancer.

  • C’est l’état de Californie, le plus gauchiste des USA! Donc le plus politiquement correct et écologiste avec New-York.

  • Cela me fait beaucoup penser à une répartie de Harvey Specter dans la série « Suits »: « Always avoid going before a jury, where facts do not matter, only emotions of ordinary people with ordinary brains. That is why I always settle out of court. »
    Les scénaristes étaient manifestement conseillés par des avocats avec de l’expérience.
    Je rejoins donc l’avis de cdc.

  • c’est la guerre, et en guerre tous les coups sont permis non?
    Il a fait chaud cet été, tous les vrp en poele à frire se sont répandus dans les médias et personne n’ira vérifier ceci

    https://realclimatescience.com/2018/08/no-trend-in-french-summer-temperatures/#comments

    il en va de même pour le roundup

    mais si d’aventures ce jugement devait être confirmé, on va rire:
    le boucher qui vous vend les brochettes ,il vous a prévenu du risque de cancer( c’est classé dans l’évaluation du cirque.. oups du CICR),et le saucisson à l’apéro?

    bref, comme pour les pailles, les micro particules qui font des millions de morts(quoique, j’ai un doute la pauvre Y Horner, qui s’est bouffée de la particule pendant des années en suivant le tour de France, et bien ,elle est morte, ), il s’agit d’activisme politique,tout le reste ,vos études, votre chimie, votre physique, à la poubelle,
    et c’est bien fait, les scientifiques l’ont bien cherché, ils ne sont plus crédibles,à force de se mettre au service de mouvements « citoyens »
    un beau gachis, mais je suis sur que si ce site avait existé à l’époque, on aurait lu la même chose sur la construction des cathédrales

    • Les scientifiques… A part s’autoqualifier ainsi, qu’ont de scientifique ceux qui se mettent au service de mouvements citoyens plutôt que de la science ?

      • Ce sont souvent des scientifiques en fin de carrière (fin volontaire…ou non), en panne de financement ou qui n’exercent plus volontairement (pourquoi d’ailleurs? Dépassés par les progrès de la science?) ou poussés vers le placard.

  • Hugo von Graffenberg
    14 août 2018 at 18 h 03 min

    Bonsoir,
    De toutes ƒaçons, D. Johnson est un malade imaginaire.
    Et qui peut vraiment dire avoir la preuve qu’il était vraiment jardinier?

  • Je n’ai pas d’opinion qualifiée sur l’innocuité éventuelle du Roundup.
    Je n’ai pas d’objection au fait que Monsanto-Bayer se préoccupe avant tout de ses actionnaires, c’est la raison d’être de toute entreprise.
    Mais j’éprouve une grande méfiance à l’égard des monopoles privés comme publics qui profitent de leur puissance bien ou mal acquise pour entraver toute concurrence et c’est plutôt sur cet aspect que la justice aurait dû se prononcer.

    Or là il ne s’agit pas du tout de cela mais d’une démonstration éclatante des méfaits du parasitisme de la profession d’avocats aux USA qui n’a rien à envier en matière de pouvoir destructeur au parasitisme de Bercy en France (chaque régime politique sécrète ses propres maladies). Et je constate que l’un des atouts consternants de ce pouvoir toxique des lawyers est de faire rendre la justice en manipulant un ramassis de jurés dont le seul mérite est d’avoir un permis de conduire (ils sont choisis au hasard sur les fichiers du DMV Department of Motor Vehicles, c’est ce qui m’est arrivé naguère).
    Les scientifiques débattent, les juges ne comprennent rien, les jurés décident et les avocats s’engraissent.

    • Un monopole privé ne peut pas exister. Tout monopole est nécessairement public, une excroissance purulente de l’Etat obèse.

        • Monopole :
          Privilège (de droit ou de fait) dont dispose un individu, une entreprise ou un organisme public de fabriquer ou de vendre seul certains biens ou certains services à l’exclusion de tout concurrent. (Larousse)

          Un monopole, s’il veut être pérenne, doit empêcher la concurrence de nouveaux intervenants. Seule la loi donc l’Etat peut le faire de manière efficace. Un monopole de fait dû à la supériorité d’un produit ou service proposé, est tributaire de la survenue de concurrents proposant un produit meilleur. Ce type de monopole est souvent temporaire.

          Si vous regardez l’histoire d’AT&T, c’est l’Etat qui a permis à cette société de se positionner en quasi-monopole au début du XXè siècle puis monopole du fait de la disparition de concurrents ne pouvant offrir le même service. Et c’est justement au début des années 70 que l’évolution des techniques a permis l’apparition de concurrents. Donc un monopole de fait mais temporaire et initialement possible grâce à l’intervention de l’Etat.
          https://fr.wikipedia.org/wiki/American_Telephone_%26_Telegraph

          Quant à Microsoft, cette société a été en situation de forte prédominance mais pas en monopole (Apple, OS/2 d’IBM par ex). Le procès « anti-trust » qui lui a été attenté en 1998 pourrait plus être celui d’abus de position dominante et a accouché d’une souris 20 ans plus tard. https://www.nytimes.com/2018/05/18/opinion/microsoft-antitrust-case.html
          Et ce d’autant plus, que 20 ans après le début du procès, l’évolution de l’environnement informatique a permis spontanément l’apparition de multiples développements et de concurrents nombreux aux produits de Microsoft sans que le procès y ait été pour quelque chose. L’accusation de monopole ne tient pas. Un véritable monopole durable ne peut exister que par une intervention étatique.

          • Je n’ai pas parlé de monopole « perpétuel ».
            Un monopole, qui a donc atteint une puissance suffisante pour interdire toute concurrence, finit toujours par s’effondrer par inadaptation faute de concurrence justement (effet dinosaure). Le problème est que si cela prend 20 ans, ceux qui étaient capables de lui tenir tête ont dû faire autre chose: gros gâchis pour l’ensemble du secteur ainsi durablement paralysé.
            On peut dire que David Linux a mis 30 ans à écraser Goliath Micro$oft grâce à une armée de bénévoles désintéressés: ce n’était pas gagné d’avance (et il y en même encore paraît-il qui achètent Windows).

            • « si cela prend 20 ans, ceux qui étaient capables de lui tenir tête ont dû faire autre chose » C’est surtout qu’ils n’ont pas été capables d’offrir une alternative intéressante (monopole acquis qui s’installe sans intervention étatique) à l’entreprise qui a fini par être en situation de quasi-monopole.
              Et puis un tel monopole finit par entrer dans « l’effet dinosaure » comme vous l’appelez et s’effondre (sauf si intervention de l’Etat pour le maintenir coûte que coûte). On est d’accord sur le principe. Ce type de monopole n’est pas statique et pas très grave en soit.

              Je ne sais pas si Linux est un bon exemple. Le développement de Linux fait appel à un processus collaboratif bénévole pour évoluer, cela ne pouvait être rapide. De plus, si Linux a assez rapidement rencontré l’adhésion des personnes pointues en informatique, il était à mille années-lumières des possibilités d’un utilisateur lambda. Linux a mûri et s’est amélioré ce qui a ouvert ainsi d’autres possibilités plus grand public. Cependant, la cible initiale de Linux n’a jamais été le grand public à la différence de Microsoft.

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