Vous prendrez bien impôt d’essence ?

Essence automobilistes

La planète va mal ? Super-État vole à sa rescousse. En puisant dans vos poches.

Par Olivier Maurice.

Cherchant à couper court à la polémique qui gonfle sur les prix des carburants, le Premier ministre a cru trouver la formule choc qui justifierait l’action de son gouvernement : augmenter l’impôt sur la pollution pour baisser l’impôt sur le travail.

La France est bien un pays socialiste

Il semble donc maintenant officiellement établi, des mots mêmes d’Édouard Philippe, que les cotisations sociales, ces fameuses charges qui pèsent sur le coût du travail mais qui constituent le fondement du système à la Française : solidaire, juste, etc… Que ces cotisations que l’on nous vend depuis 70 ans comme étant des assurances ne sont en fait que des impôts, des impôts sur le travail.

Cela a au moins le mérite d’être clair : nous vivons donc bien dans une économie socialiste, où le travail des uns est collectivisé pour être redistribué aux autres, et cela bien sûr, avec la plus pure intention de donner à chacun selon ses besoins.

Doit-on se réjouir de cette volonté du Premier ministre de vouloir sortir la France de cette route vers le communisme qui la paralyse depuis des années et dont le gouvernement semble enfin prendre la dimension des dégâts causés ?

Clairement non, parce que ce n’est pas une sortie du communisme marxiste (collectiviser les plus-values dégagées par le travail) que l’on nous propose, mais une transition vers le communiste reclusien, vers cet écologisme politique qui ne se contente pas de collectiviser uniquement l’économie, mais veut collectiviser la planète entière, collectiviser la Terre : faire voler en éclat la propriété privée pour confier l’intégralité des sols, des mers, des lacs et des rivières, de l’air et du sous-sol à la collectivité.

La moindre égratignure faite à la planète met en péril le devenir du genre humain tout entier. Il faut donc contrôler cet individu qui est absolument incapable de s’occuper de ses affaires. Il faut impérativement confier l’avenir de la planète aux gouvernements, aux fonctionnaires et aux politiciens, aux associations non gouvernementales… parangons de probité, d’abnégation, d’efficacité, de vertu, de transparence et de bonnes intentions !

Comment faire confiance à l’État ?

Comment un État qui n’a jamais été capable d’équilibrer une seule fois son budget va-t-il du jour au lendemain être capable de gérer les conséquences du cataclysme titanesque qu’on nous annonce, avec ses vagues monstrueuses qui envahiront le pays, ses sécheresses de plusieurs années entrecoupées de cyclones gigantesques, avec des vents qui feront s’envoler les maisons ?

Comment des fonctionnaires et des politiciens qui, pendant près de 40 ans, ont maintenu une politique favorisant le diesel pour revenir ensuite nous expliquer que non, c’était l’inverse qu’il fallait faire, seraient-ils capables de prendre les bonnes décisions pour sauver la planète ? Si tant est qu’il y ait vraiment une planète à sauver.

Pas de réponse, mais changement de cap radical. On ne va plus prendre aux riches pour donner aux pauvres (c’est-à-dire prendre à ceux qui travaillent pour donner à ceux qui ne travaillent pas), mais on va prendre aux pauvres qui polluent (c’est-à-dire tous ceux qui ne peuvent pas s’offrir une Tesla à 200 000 euros, ni même une Zoé à 20 000 euros), pour donner… à qui, au fait ?

À quoi peut bien servir tout cet argent ?

Le Premier ministre s’est bien gardé de nous dire pourquoi il faudrait tant d’impôts. Pourquoi la France doit impérativement continuer à cumuler record de prélèvements obligatoires, dette abyssale et déficit chronique du commerce extérieur.

Serait-ce pour être classé dans les tréfonds du classement PISA sur l’éducation ? Pour les déserts médicaux et les urgences surchargées ? Ou encore pour les retraites ridicules et récemment réduites ? Ou alors pour le plein emploi, la sécurité de ses banlieues, les transports toujours à l’heure et jamais en grève ?

L’écologie a bon dos

Il y a quelques siècles, pour conjurer la famine due à l’appauvrissement des sols, les Mayas multiplièrent les sacrifices humains. Il semble que, de tout temps, quand l’être humain ne comprend pas un phénomène, il finit par incriminer un sombre démon qui sommeillerait au plus profond de chacun d’entre nous et qu’il faudrait éliminer par tous les moyens.

C’est ce que veut nous faire croire le Premier ministre : si le pays va mal, si la planète va mourir, si l’État ne fait pas son travail, c’est parce que nous polluons avec nos diesels.

A-t-il vraiment cru que l’on ne verrait pas le tour de passe-passe budgétaire qui consiste à donner d’un côté ce que l’on reprend de l’autre ? A-t-il réellement pu croire qu’il apaiserait ainsi la colère qui gronde et qui s’épanchera très bientôt dans la rue ?