Éducation : la France en voie de déclassement international

Les piteux résultats obtenus aux PISA, TIMSS et PIRLS nous mettent brutalement face à nos erreurs.

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Éducation : la France en voie de déclassement international

Publié le 8 décembre 2017
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Par Nathalie MP.

On parle beaucoup des dépenses et des déficits publics français qui s’accumulent depuis 1974 dans une dette publique dangereusement élevée, au point de menacer à la fois notre prospérité, notre cohésion sociale et notre liberté. Mais que dire de la dette que nous créons avec autant de zèle que d’aveuglement depuis à peu près la même époque dans le champ de l’instruction de nos enfants ?

Bulletin préoccupant pour les Cm1

Entre deux obituaires1 remarqués, la France a reçu cette semaine un bulletin de santé extrêmement préoccupant à propos des aptitudes à la lecture de ses élèves de CM1. Le malade « instruction publique » n’est pas tout à fait mort, mais les résultats PIRLS (Programme International de recherche en Lecture Scolaire) venant après plusieurs autres tests internationaux peu flatteurs dans différentes matières, on peut dire sans exagérer, et avec beaucoup d’inquiétude, que le pronostic vital est indiscutablement engagé.

Récapitulons. Il y a un an (novembre 2016), l’étude TIMSS consacrée à la maîtrise des mathématiques chez les élèves de CM1 (quatrième année de scolarité obligatoire) accordait 488 points à la France quand Singapour caracolait à la première place avec un score de 618 (voir infographie ci-contre).

Ce résultat nous situait en dessous de la moyenne internationale (500 points) et de la moyenne européenne (527). Parmi les pays de l’Union européenne testés, nous arrivions à la 22ème et dernière place.

26e au classement PISA

Un mois après, le classement PISA 2016 plaçait nos élèves de 15 ans à la 26ème place sur 70 pays testés. Centré principalement sur les compétences en sciences, il évaluait aussi les maths et la compréhension de l’écrit à titre de matières mineures. Avec une note de 495 en sciences, la France dépassait de peu la moyenne de l’OCDE (493) et ne montrait ni amélioration ni régression depuis la dernière étude. Singapour arrivait en tête avec un score en sciences de 556 points.

L’analyse des résultats montrait en outre une plus faible appétence pour la poursuite d’études supérieures scientifiques chez les élèves français que chez leurs homologues étrangers.

Autre point malvenu dans un pays qui place l’égalité au dessus de tout, les écarts de résultats en fonction du statut socio-économique des élèves étaient parmi les plus élevés de l’étude (voir schéma ci-dessus extrait du journal Le Monde).

Et cette semaine, nouvelle douche froide pour la France – en lecture et compréhension de l’écrit, cette fois. Dans le classement PIRLS 2016 qui a lieu tous les 5 ans depuis 2001, nos CM1 décrochent sans gloire la 34ème place sur 50 pays. La Russie arrive en tête, suivie de Singapour, décidément très à l’aise sur tous les podiums de performance éducative.

La France et les Pays-Bas se traînent

Alors que les auteurs du rapport observent avec satisfaction « qu’il y a dans le monde plus de bons lecteurs qu’il y a 15 ans », situation réjouissante qui semble très cohérente avec les progrès similaires qu’on constate globalement en matière de sortie de la pauvreté et de régression de la faim dans le monde, on note deux pays qui performent moins bien qu’en 2001 : les Pays-Bas et … la France – toujours elle ! Avec 511 points, elle dépasse de peu la moyenne générale (500).

Y a-t-il une matière dans laquelle nos jeunes élèves se distinguent ? Pâte à modeler, peut-être. Après tout, la précédente ministre de l’Éducation nationale avait introduit un changement d’horaires à l’école primaire afin de dégager du temps pour des activités péri-scolaires de type travaux manuels ou atelier chant… qui exigent moins d’attention de la part des enfants, qui ne leur apprennent pas les savoirs de base et qui devraient plutôt être laissées au choix des parents.

À ce stade, objection fréquente : « Et les enfants des familles défavorisées ? Eux aussi ont droit à des activités d’éveil ». Ma réponse : ils n’apprendront même pas vraiment le chant et ne sauront ni lire, ni écrire, ni compter. L’école ne peut pas se permettre d’apporter la cerise sur le gâteau si elle ne s’attache pas prioritairement à fabriquer un gâteau comestible.

Nuls en lecture

En attendant, les professeurs de 6ème voient arriver trop d’élèves dépourvus des moyens indispensables en lecture et en calcul pour suivre convenablement un cours de collège.

La maîtrise de la lecture, de l’écriture et de la compréhension écrite est non seulement nécessaire dans la matière « Français » elle-même, mais elle est clairement la base de tout suivi d’études secondaires ultérieures, que ce soit pour la géographie, la SVT, les maths, etc. Il faut pouvoir lire et comprendre un texte pour apprendre, il faut pouvoir lire et comprendre la question posée pour y répondre et manifester ainsi ses connaissances.

Alors que de plus en plus de personnes dans le monde accèdent au savoir à mesure que les conditions sanitaires et économiques s’améliorent (à ce propos, merci la mondialisation, merci le capitalisme), la France sera-t-elle un pays qui se satisfait de prendre le chemin inverse ? Après avoir diffusé l’instruction dans toutes les couches de la société depuis la monarchie de juillet (loi sur l’instruction publique de Guizot en 1833), peut-elle se contenter d’observer le décrochage calamiteux d’une part de plus en plus importante de sa population ?

On entend souvent dire que depuis le début des années 1970, l’Éducation nationale doit relever deux défis qui ne lui simplifient pas la tâche : le nombre total d’élèves a fortement augmenté, et l’école, puis le collège et le lycée doivent faire face à un afflux important d’élèves d’origine immigrée, essentiellement maghrébine.

Améliorer le système, pas le tuer

C’est exact. Mais il faut bien voir qu’au même moment, la tendance « pédagogiste » de l’Éducation nationale prenait le dessus, que l’autorité du professeur sur l’élève était battue en brèche par les fonctionnaires du ministère eux-mêmes et que le « nivellement par le bas » devenait la règle de la réussite : en 1985, Jean-Pierre Chevènement donnait à la France l’objectif d’amener « 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat d’ici à 2000 ».

Dans son idée, il s’agissait probablement d’améliorer le système et non pas de le tuer. Mais très concrètement, le travail, l’effort, le soin de se perfectionner et de se cultiver ont été complètement dévalorisés puisque les échecs du pédagogisme ainsi qu’un certain clientélisme électoral ne permettaient pas d’atteindre l’objectif sans abaisser en permanence les exigences.

Du côté des parents, la possibilité élargie de voir son enfant obtenir le précieux sésame et entrer à l’université a complètement perverti les décisions d’orientation, la filière générale restant privilégiée envers et contre tout – en dépit de niveaux scolaires souvent médiocres qu’on retrouve inéluctablement dans le taux d’échec important à la fin de la première année de fac.

Face à nos erreurs

Les piteux résultats obtenus aux PISA, TIMSS et PIRLS nous mettent brutalement face à nos erreurs.

La présence récurrente des pays asiatiques dans le haut des classements internationaux n’est certainement pas fortuite. Dans son livre Asia rising de 1995, Jim Rohwer souligne combien le fait d’avoir fait porter les efforts éducatifs sur l’école primaire, et ceci pour les garçons comme pour les filles, a été instrumental2 dans le développement des tigres asiatiques.

Il s’agissait non seulement de former les élèves à tous les savoirs de base, mais également de faire en sorte que toutes les jeunes filles, une fois mères de famille, puissent être des interlocutrices de choix pour leurs enfants au moment des devoirs à la maison.

S’inspirer de la méthode de Singapour ?

Avec l’arrivée de Jean-Michel Blanquer à la tête de l’Éducation nationale, on comprend que le gouvernement a la volonté d’inverser la tendance en revenant à une pédagogie éprouvée. La méthode de Singapour, notamment en mathématiques, n’est plus écartée d’une main dédaigneuse avec une remarque perfide sur la pression infâme que subissent les pauvres élèves asiatiques. Il est même question de s’en inspirer pour redonner aux élèves l’envie des maths.

De la même façon, le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaire, le retour à la méthode syllabique pour la lecture – alors que la méthode globale a déstructuré tant d’enfants, la dictée quotidienne pour l’attention et l’orthographe, la lecture à voix haute – voici autant de bonnes idées qui ne demandent plus qu’à être mises en oeuvre.

Il n’en demeure pas moins que notre Éducation nationale reste une énorme machine  extrêmement coûteuse et alourdie par un syndicalisme qui se refuse à voir que le monde avance. Elle ne semble plus apte à répondre de façon souple et diversifiée à tous les profils d’élèves, les plus intellectuels comme les plus disposés à se tourner vers des filières pratiques qui seraient enfin regardées avec un oeil positif.

Des expériences conduites dans le privé, notamment hors contrat, au sein d’entités à taille humaine qui déterminent elles-mêmes leur pédagogie et leurs objectifs en fonction des élèves accueillis ont montré toute leur pertinence. Au-delà d’une profonde réforme interne à l’Éducation nationale, dont Jean-Michel Blanquer a commencé à s’occuper, c’est d’initiatives éclairées et de liberté d’enseignement que nos enfants ont besoin pour grandir et faire grandir notre pays hors de la dette « scolaire » qu’il a creusé depuis 40 ans.

Sur le web

  1.  Jean d’Ormesson et Johnny Hallyday sont décédés respectivement le 5 et le 6 décembre 2017.
  2.  L’Afrique a choisi un développement très différent, et finalement peu efficace, celui de quelques grandes universités qui ne s’adressent qu’à une poignée d’étudiants, tandis que l’instruction primaire a été complètement négligée.
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  • « Des expériences conduites dans le privé, notamment hors contrat, au sein d’entités à taille humaine qui déterminent elles-mêmes leur pédagogie ».
    Pas si simple, la France a beaucoup plus d’élèves dans le privé que la plupart de ses voisins, et cela essentiellement pour écarter les gosses des écoles sociologiquement difficiles. Quant aux écoles hors contrat, elles réussissent avant tout parce que les parents s’intéressent à la pédagogie, c’est un gage de réussite important pour l’enfant.
    Quand vous avez dans une classe 5 élèves qui parlent à peine français, d’autres dont les parents parlent pas français, 2 enfants du voyage qui ne finiront pas l’année, 2 autistes (sont désormais obligatoirement intégrés dans le public), et la majorité des autres qui passent 4h par jour devant les écrans, avec la meilleure pédagogie du monde et même avec des petits effectifs, comment voulez vous que le niveau de lecture s’améliore ?

    • Justement, vu ces handicaps il était nécessaire de revenir aux bonnes vieilles méthodes d’antan, qui avait fait leurs preuves en intégrant les enfants des italiens, polonais, espagnols et portugais!

      • Il faut revoir les methodes et les politiques de fond en comble, mais ca ne suffira pas. Car a l’epoque des immigrations polonaises, espagnoles ou itlaiennes, il n’y avait pas d’ecrans, pas d’etablissements poubelle, une autorite professorale qui n’etait remise en cause ni pas les eleves ni par les parents, et une farouche envie des parents de s’assimiler.
        Et pour ceux qui, malgre cela, decrochaient quand meme, ils pouvaient trouver un emploi sans qualification sur le marche du travail.

    • Il suffirait que parents et enseignants soient convaincus que la lecture sera indispensable pour que les élèves réussissent dans la vie. C’était le cas il y a un siècle, il y avait dans les classes des moins bons que les autres, mais chacun savait qu’ils auraient une vie de m… s’ils n’apprenaient pas le minimum vital.
      Quand le maître donnait une punition, les parents la doublaient, même sans comprendre ce que leur enfant avait fait de mal. Il y avait une motivation qui balayait la question de la méthode ou des moyens.
      Aujourd’hui, il semble plus important de révéler les qualités que l’élève porte forcément en lui (d’après ses parents) et de lui apprendre à socialiser, quand bien même ce serait en racontant n’importe quoi n’importe comment, que de lui donner l’instruction qui mène à la réussite. Avant notre nouveau ministre, lire, compter, écrire n’avaient pas du tout l’air d’être des priorités plus prioritaires que les autres…

    • @ Tigrou
      Évidemment non! L’enseignement privé existe bien à peu près partout et la situation en France n’est pas différente de celle de ses voisins pour les élèves issus de l’immigration!
      Votre problème principal, dans ce domaine comme dans les autres est votre état jacobin, d’une part, désargenté, d’autre part!
      Si vous faites bien le tour de vos pays voisins, vous verrez comment on a décentralisé l’enseignement pour mieux coller aux nécessités du terrain. Vous avez excessivement compliqué avec 4 sections successives du préscolaire, puis des CE ou des CM en « primaires » ou « préparatoires »: simple exemple! C’est tout ce fatras qui rend obèse votre administration dont le pouvoir non élu est bien plus prégnant sur le réel que les discours des politiciens qui changent quand l’administration reste! À quoi bon un mille feuille si les ordres viennent toujours de la feuille supérieure, visible (à la télé nationale)? L’Allemagne et la Suisse sont des pays fédéraux et la Belgique est sur le même chemin: hasard?

  • La Russie est n°1. Comment est le système éducatif en Russie ?

  • Il me semble que l’article oublie les pré-primaires, au cours des quelles les pré-requis de l’écriture, complément indispensable de la lecture, doivent être acquis : c’est sans doute à ce niveau que les inégalités sociales se creusent, entre parents pour qui cet apprentissage est fait à la maison et ceux pour qui tout est délégué à l’éducation nationale. Plus tôt encore, le fait de lire aux enfants, le soir, des histoires crée un lien avec la lecture – il faudrait donc aussi faire participer les parents à l’effort de redressement.

    • Mouais, les parents, la bonne excuse bien lourde, comme d’habitude. Il est bien connu que les parents sont des sales usagers qui usent les jolis services publics. Ah, sans ces foutus usagers, les services publics seraient tellement plus beaux, bien ordonnés et reposants !

      Quand un enfant en classe désigne un M en s’exclamant joyeusement qu’il s’agit d’un M et qu’il ressort en pleurant parce que la maîtresse lui a dit sur un ton agressif qu’il n’a rien compris et que ce sont des « piques », on sent tout de suite que l’EdNat a mis le turbo. Dès lors, la contribution des parents à l’effort de redressement consiste à rappeler à la maîtresse la nature profonde de ses obligations et responsabilités, aimablement mais fermement.

      L’effort de redressement passera d’abord par la mise à la porte des pseudo-enseignants qui n’auraient jamais dû se retrouver devant des enfants et ce ne sont malheureusement pas des cas isolés. Les parents, bien sûr, mais c’est seulement la deuxième couche, et sans jamais oublier qu’ils sont des clients et non des usagers.

      Ensuite, il serait bon de rappeler aux enseignants qui seront encore présents, après la première phase de redressement, qu’ils sont d’abord au service des parents, par suite des enfants, et non l’inverse. Au-delà de l’EdNat, c’est d’ailleurs l’ensemble des services publics qui auraient grand besoin de cette petite piqûre de rappel, régulièrement.

      • Cavaignac au pouvoir !

      • Les ministres sont sous la tutelle de l’administration, du lobbying de Fcpe, de l’entregent des francs maçons de gauche . Sinon ils doivent se battre et subir la lourdeur qui rend inapplicable une décision. et s’il le faut la jeunesse en colère sort dans la rue…
        Nous pouvons d’ailleur remercier la politique gaulliste qui a donner aux communiste via les syndicats l’ecole et les université. Gramsci en rêvait Charles l’a fait .

        • désolé! c’était un simple commentaire et non pas une réponse a votre propos,
          Néanmoins j’insiste sur l’attitude désastreuse de nombreux parents qui pensent que leur progéniture et surdouée, ou pas assez dorlotée . Certains se fichent de l’école qui est pour eux une garderie . Ajoutez à cela les enfants handicapés en intégration, les enfants qui mériteraient des écoles spécialisées . Face à cela il y une majorité de profs qui voudraient enseigner et qui s’épuisent, d’autres qui ont renoncés et d’autres qui attendent les week ends.
          Beaucoup sont victimes du mythe de l’école publique , républicaine, égalitaire, mais cela change, L’idée qu’une autonomie, une concurrence,une décentralisation, une pluralité d’offres pourraient répondre aux besoins .
          L’éducation nationale broie les vocations et le dynamisme de ses enseignants . Nous en connaissons tous. Il faut insister évidemment sur le nombre d’idéologues qui sévissent dans les établissements en toute tranquillité avec les syndicats en appui .

          • @ Did
            Il est assez connu qu’un enseignant n’a pas quitté « l’école » depuis qu’il a 2 ou 3 ans, ce qui n’apprend pas forcément les réalités de la vraie vie! Protégé par son statut de fonctionnaire qui l’encourage dans cette ignorance, il devient « le maître » dans sa classe, jugeant qui a raison et qui a tort, enfants comme parents!

            Donc le système français est à jeter ou, au moins, à déconstruire!

  • Après ce constat qualitatif désastreux pourtant largement documenté depuis des années, l’ensemble du corps enseignants et leurs syndicats de gauche ou socialistes (quasi pléonasmes..) vont hurler au « manque de moyens » , à la « casse » du service public de l’éducation nationale, et aux conditions misérables réservées aux profs dans notre pays en voie d’ultra libéralisme.
    Ils oublieront bien sûr qu’ils dirigent eux-mêmes cette institution depuis plus de 50 ans, consomment le plus gros budget de l’Etat (environ 60 milliards par an !) tout en représentant la plus grosse entreprise du monde avec prés de 1,2 millions de salariés. Ils ne parleront pas de leur temps de travail moins élevé qu’à l’étranger (tout particulièrement dans le secondaire), de leurs innombrables journées de « délégation » qui désorganisent en permanence le système , de leur départ en retraite plus précoce, de leur absentéisme de plus de 12 jours en moyenne par an et par enseignant, s’ajoutant aux congés supérieurs à nos voisins.
    La Cour des Comptes avait pourtant clairement indiqué dans un rapport complet présenté en 2013 et intitulé « Gérer les Enseignants Autrement » que :
    « Le problème n’est pas celui du nombre d’enseignants ou d’une insuffisance de moyens : la réduc-
    tion du nombre d’enseignants au cours de la révision générale des politiques publiques comme son
    augmentation programmée sur cinq ans sont vaines si elles se font à règles de gestion inchangées.
    C’est l’utilisation des moyens existants qui pose problème : la gestion des enseignants se carac-
    térise en effet depuis de nombreuses années par de multiples dysfonctionnements »

    Rapport complété en 2017 et confirmé dans ses constats :

    « Au total, aucune stratégie globale ne préside à la gestion des effectifs, des rémunérations et du service des enseignants. Ces différents leviers font l’objet de mesures multiples et déconnectées les unes des autres qui répondent chacune à des objectifs spécifiques, pour des résultats somme toute limités et sans cohérence d’ensemble. Cette situation est paradoxale pour un système qui gère près de la moitié de la fonction publique de l’État et des dépenses de personnel de plus de 57 milliards d’euros, en augmentation constante ».

    Face à ce gros « machin » devenu ingouvernable, la conclusion de Nathalie MP dans son article s’avère totalement appropriée : il est grand temps de rendre à tous les français la liberté de choisir où ils souhaitent faire former leurs enfants, tout en leur restituant les fonds indûment et autoritairement prélevés dans leurs impôts si mal employés actuellement.

    • le manque de moyens est peut être vrai…ou faux..quand on collectivise on perd le seul moyen d’évaluer l’équilibre entre la demande et l’offre…

      • Il suffit de comparer avec nos voisins. La France dépense beaucoup plus et a un personnel beaucoup plus nombreux. Ce n’est donc PAS un manque de moyen. C’est la gauchisation de l’enseignement qui est la cause!

      • @ jacques lemiere
        Dans ce genre de cas, la somme entrante (les impôts et taxes) n’est pas équivalente à la somme sortante (qui retourne à « l’éducation), l’état prélève de quoi payer l’administration (bourrée d’enseignants « détachés »): c’est sa commission payant ses « frais de dossier ». Ça ne peut pas fonctionner!

  • Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, comme aller chercher à Singapour ce qu’on a chez nous avec le GRIP? Ses méthodes sont formidablement efficaces mais pas assez exotiques pour les cuistres de la secte pédagauchiste, qui ont mis la Rue de Grenelle en coupe réglée, quoiqu’en dise le ministre. À un journaliste du Point qui lui demandait: « les vrais maîtres du bureau que vous occupez désormais seraient-ils ces idéologues ? », Blanquer avait répondu, péremptoire: « Non. Il n’y a aucun risque (…) Ce qu’on a appelé le pédagogisme doit désormais relever du monde d’hier ».  Voeu pieux ou dissonance cognitive? Ou les deux à la fois ?

    Il ne risque pas de se débarrasser de ceux que Laurent Lafforgue (médaillé Fields) appelle les Khmers rouges, puisqu’il se contente de renvoyer dos à dos les « traditionnalistes », dont il raille le conservatisme benoît, et les « modernistes », qu’il croit sur la touche, alors qu’ils s’incrustent et ont seulement retourné leur veste, comme les collabos en 1944. Limoger Lussault est dérisoire. Le nid de frelons reste bien accroché.  Les pompiers-pyromanes y veillent.

    Blanquer ne rendra pas l’école à l’école en réduisant sa débâcle à un débat binaire entre Anciens et Modernes, alors qu’elle est victime d’un hold-up idéologique. Il s’imagine que les fossoyeurs ont perdu la partie et dédaigne les « traditionalistes (…) persuadés que l’école d’hier faisait mieux que celle d’aujourd’hui ». Il n’a plus qu’à ajouter que « le niveau monte ». Et il en remet une couche : « Pour les modernes, la Finlande ou les pays scandinaves représentent un modèle, car l’épanouissement de l’enfant y est le principe cardinal. Pour les anciens, l’Asie est notre salut, car on y révère exercices, effort et travail. » Ainsi, les massacreurs d’élèves sont d’inoffensifs idéalistes et ceux pour qui « l’école d’hier faisait mieux que celle d’aujourd’hui » radotent. Faut-il lui rappeler que la valorisation de l’effort est une constante de l’ école qui instruit, et non pas une pratique propre aux Asiatiques, et incompatible, à ce titre, avec notre culture occidentale ?

    Ce n’est pas de bon augure que Blanquer ringardise le conservatisme ontologique de toute forme d’éducation ( lire Arendt d’urgence) et persiste à mettre dans le même sac des pratiques intemporelles, universellement reconnues, et les délires puéro-centrés ou l’auto-construction des savoirs, prônés par les soi-disant « modernes », qui recyclent les mêmes inepties depuis quarante ans. Il s’était déjà fait avoir, quand il était au cabinet de Robien : il n’avait pas vu l’entourloupe par laquelle les pédagauchistes empêchèrent le ministre de supprimer la méthode globale. Elle est d’ailleurs toujours prônée dans ces madrassas chargées de la formation des futurs profs…

    Il était urgent de détricoter les âneries de Najat mais Blanquer n’ira pas plus loin en ménageant la chèvre et le chou, et en marchant sur des œufs, tout en faisant attention à ne pas faire d’omelette. Il en va de la débâcle scolaire comme de l’islamisation rampante des « Territoires perdus de la République »: c’est de l’intérieur que doit venir l’éradication de ces deux fléaux, qui se nourrissent mutuellement : les profs et l’encadrement pour le premier, et nos compatriotes musulmans pour le second, mais il y a en France ( et en Occident) une grosse pénurie de « bravitude » à tous les niveaux.

    • La solution à ce problème serait le chèque éducation.

      • non le chèque éducation est juste la façon de respecter les individus.. à eux de choisi comment allouer la ressource de façon, pertinente, mais ça ne va pas de soi. il manque un aspect dans cette tirade..il est essentiel..c’est qu’est ce qu’une bonne éducation..?
        Je serais enclin à la modestie, .je n’en sais rien, mais commençons par leur par apprendre à lire à comprendre à compter et raisonner logiquement, mais…qui sait? quel est le but de l’éducation qu la dépasse?

        • Justement, avec le chèque éducation, chacun choisit ce qu’il entend par bonne éducation : cela peut parfaitement aller dans le sens des délires « bobos » actuels pour une frange de la population…

    • La méthode globale n’est quasiment pas pratiquée sur le « terrain ». Les « instituteurs » s’adaptent entre les « oukases » ministériels et le désirs d’instruire les « apprenants » (petite facétie). Beaucoup souffre de cette situation . Ils doivent de plus éduquer, au sens simple, les élèves./ La politesse ,le comportement correct en classe . Beaucoup d’élèves ne veulent pas travailler et apprendre , les parents trouvent ça normal.
      Alors entre les réformes à répétition(il faut 4 ans minimum pour s’approprier un changement de programme…), la qualité des élèves, une fausse formation des enseignants, la culture divulguée par « des jeunes de la cité », au sein des écoles qui deviennent « désacralisées », L »‘instit » qui n’est pas parfait, fait un bon « bouc émissaire ». Il a bien du courage et souvent en a marre.
      Je suis d’accord avec l’article …
      Mais « avant c’était mieux » dans les commentaires vaudrait une conversation amicale . Personnellement j’ai connu et vécu
      des situations peu exemplaires . Le « certif » à 14 ans pour les meilleurs et ensuite l’apprentissage pour les plus doués et au boulot pour les autres. Il y avait du travail, pas très qualifié.
      La situation de l’école est à l’image du pays . Beaucoup de blablas, de l’idéologie, de la vulgate, des poncifs , des recettes miracles l’état va tout arranger avant la chute…
      Non cela sera difficile , dans la sueur en évitant le sang…

      • Avant, c’était mieux en matière d’état d’esprit, de motivation, d’idéaux. Bien sûr, c’était moins bien en matière de possibilités, et ces motivations et efforts n’étaient pas forcément récompensés à leur juste valeur. L’Afrique aujourd’hui ressemble à cet avant, il suffit de voir combien le désir de pouvoir payer des études à leurs enfants motive les gens à entreprendre. Avec nos moyens de pays développés et la motivation d’avant, que ne pourrions nous pas faire !

  • Il faut « juste » introduire la concurrence et transformer l’éduc nationale en une société par exemple ENF (éducation nationale de France) qui tarifierait ses prestations comme EDF, libre aux parents d’y envoyer leurs enfants (en payant leur abonnement) ou non. Si on estime qu’il convient d’aider les plus démunis, un chèque éducation viendrait faire l’affaire, les parents (démunis compris) le remettant à l’établissement de leur choix. Et si les étatistes estiment qu’il faut garantir au pays un niveau standard (ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui..) alors il suffit de rédiger et imposer un cahier des charges indiquant les enseignements mini requis. Nul doûte que les meilleurs enseignants trouveraient largement leur place dans ce contexte, mieux payés, mieux considérés, plus efficaces..

    • @ gaston79
      Votre comparaison avec EDF me semble malheureuse: EDF va mal et son capital est détenu en bonne partie par l’état (chez moi on dit « parastatal »: c’est pas l’état mais c’est quand même l’état qui décide!) et on sait que le client EDF paye sur sa facture bien plus que l’électricité consommée!

  • Ce n’est que le résultat d’années de réformes toutes plus indispensables, toutes plus géniales les unes que les autres.
    Grosso modo une réforme par ministre de l’éducation même s’il n’est en poste que quelques mois, réforme sorti de cervelles formatées par ENA pépinière de génies transcendants …. les résultats confirment que ce soit dans l’éducation, la santé, l’économie …. tout baigne …. madame la marquise

  • Comme l’avait si bien expliqué François de Closets dans la syndicratie, les syndicats sont aux mains dès plus incompétents, comment veut-on obtenir une quelconque amélioration
    Depuis la fin de la guerre la France s’est enfoncée dans la spirale sans fin de la médiocrité grâce à la lumière des pedagogistes comme Bourdieu et sa clique et récemment là ministre Belkacem certes désavouée par une majorité d’enseignants
    Avant 68 l’école publique était la meilleure sur le marché bien supérieure à l’ensemble de l’école privée. Les courbes se sont croisées.
    Il faut gommer tout l’aventurisme soixante-huitards

  • Quand on nomme une gourde comme Najat Valleau Belkacem ministre de l’éducation, alors qu’elle n’a qu’un diplôme de complaisance, cela ne pouvait qu’achever le malade!

  • Depuis 1968, le but de l’EdNat est de former de bons petits socialistes, c’est à dire des gens qui ne réfléchissent pas par eux-mêmes. On nivelle par le bas (qui est très bas) et le résultat est parfaitement logique.
    En fait, on peut dire que le but des gauchos de l’EdNat a été atteint.

    • Je partage tout à fait votre point de vue. Sachant qu’ils ne pouvaient parvenir au pouvoir, il fallait commencer par endoctriner la jeunesse et donc lui ôter tout sens critique. Ils ont réussi quand on voit les jeunes sans avenir faire grève pour s’opposer à toute mesure qui pourrait améliorer leur chance de trouver du travail. Une génération d’imbéciles qui sabotent leur propre existence! 24% sont au chômage mais cela ne leur fait rien comprendre.

      • Quand on voit combien de ministres sont des anciens leaders syndicaux étudiants, il faut reconnaître que faire grève — et surtout y entraîner les autres — est bien une manière d’avoir un avenir professionnel brillant

  • Meme avec la meilleure volonté du monde,notre nouveau ministre de l éducation nationale qui a l air de prendre conscience du problème et de vouloir appliquer des méthodes éprouvées et de s’éloigner du pédagogisme qui sévit depuis longtemps dans notre pays ne pourra rien tout seul:on a malheureusement maintenant une génération d’enseignants qui a subi elle meme ce nivellement par le bas,et n a meme pas conscience de massacrer les enfants…le recrutement au capes se fait à 6 sur 20!
    Le probleme numéro un est la formation des enseignants que l on a recruté pour de nonbreuses années et qui sont indélogeables.
    Rajouter à cela une démission des parents pour qui l école n est absolument pas la priorité ni le gout de l effort de chérubins pas éduqués…Tout cela dure depuis 40 ans et est parfaitement connu, dénoncé régulièrement!Les bons élèves délaissent maintenant l enseignement,on n’y recrute que les moins bons et les moins motivés,le système n est pas prét de changer!Bon courage à la minorité d enseignants motivés ,impliqués et compétents qui sont broyés et découragés!Bon courage aux parents de jeunes enfants qui ont conscience du problème et se déménent comme ils peuvent.j ai observé cette lente dégradation de la transmission des savoirs(l école est juste une garderie où l enfant se construit son savoir et l enseignant un animateur)avec mes trois enfants.je les ai meme sortis de l école primaire et ai fait l école comme le faisait ma mère il y a trente ans avec un bon socle de savoirs fondamentaux ,dictées ,bled, rédaction, calcul mental ,leçons de grammaire et vocabulaire etc,c est à dire avec methode et rigueur!Resultats ils caracolaient en téte de classe ensuite au collège et lycée et ont intégré de prestigieuses écoles supérieures alors qu ils venaient dun village de province et que je ne suis pas enseignante.Mais quand l ideologie remplace le pragmatisme….et puis c’est beaucoup plus facile de manipuler des « idiots utiles » incultes qui nont aucun sens critique.Dans ce sens l education nationale a parfaitement reussi c est ce qu’elle voulait.

  • Budget France : 1200 milliards d’euro
    Budget Ednat’ : 25% du budget France soit 300 milliards.
    Wouah ! Quelles belles perf’ !

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