Retraites et assurance-chômage : l’État organise le pillage social

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Au nom de l’égalité et d’un semblant de justice sociale, le gouvernement envisage une fois de plus de prendre aux uns pour redonner aux autres.

Par Jean-Philippe Delsol.
Un article de l’Iref-Europe

Les retraites convoitées

Tandis que les régimes publics de retraite comme celui de la Sécurité sociale vivent sans réserve, en reversant chaque mois aux pensionnés les cotisations du mois précédent payées par les cotisants, certains régimes professionnels se sont montrés plus prévoyants. Celui des professions libérales a accumulé 27 Md€ de réserves et le régime complémentaire des salariés AGIRC/ARRCO, 71 Md€. Mais la tentation est grande de profiter de l’occasion d’une grande réforme des retraites pour que les cigales volent leurs réserves aux fourmis en violation complète de l’épargne et de la propriété.

La réforme des retraites annoncée n’a pourtant rien de révolutionnaire et ne consiste qu’à prendre aux uns pour donner aux autres, selon le vieux principe français d’une solidarité fondée sur la redistribution obligatoire. Le projet ne prévoit que de transformer les cotisations en points dans un système qui resterait basé sur la répartition, c’est-à-dire sur le versement aux retraités des cotisations des actifs. Tant mieux si à cette occasion les régimes de la fonction publique ou parapublique sont rééquilibrés pour coûter moins cher aux contribuables. Mais chacun sait que le système de répartition, dans un pays où de moins en moins de gens travaillent de moins en moins longtemps tandis que la durée de vie ne cesse de s’allonger, est celui d’une voiture roulant à vive allure vers un mur.

Certes le pillage d’État envisagé pourrait donner quelques années de répit en attendant le pire. Mais celui-ci ne saura être évité qu’en basculant progressivement une large partie des retraites vers un système de capitalisation dans lequel les cotisants pourraient retrouver leur capital ou une rente à l’âge qu’ils choisiraient librement pour prendre leur retraite. En attendant, la politique du court terme est aussi injuste et immorale que suicidaire.

L’aubaine du chômage des cadres

C’est vrai aussi au titre des mesures envisagées pour limiter les allocations chômage des cadres qui sont aujourd’hui plafonnées à environ 6 200 € par mois. Un député de LREM a joué le rôle du héraut pour proposer une mesure tendant à rendre progressives les indemnités des cadres, voire les limiter à une allocation forfaitaire de 3 000 € par mois. Une annonce en forme de test d’opinion sans doute !

C’est juste oublier que les cadres cotisent davantage que les autres, les cotisations étant proportionnelles au salaire, à raison de 5 %, répartis pour 4,05 % à la charge de l’employeur et 0,95 % à la charge du salarié. La cotisation salariale était de 2,40 % jusqu’au 31/12/2017 et devrait être totalement supprimée à compter du 1er octobre 2018. Ces cotisations ne sont pas dues sur les rémunérations dépassant 4 fois le plafond de la Sécurité sociale, fixé à 3 311 € au 1er janvier 2018, soit un plafond de base de cotisation de 13 244 €.

L’indemnité est calculée en fonction du dernier salaire à raison du plus élevé des montants correspondants à 57 % du salaire journalier de référence ou 40,4 % de celui-ci + 11,92 € par jour. Il n’est donc pas anormal que les cadres reçoivent, comme les autres salariés, une indemnité correspondant à leurs cotisations, dans la limite du plafond auquel ils cotisent. De plus, lors de la réforme du marché du travail en Allemagne, les fameuses lois Hartz, il n’y a pas eu de discrimination entre les simples employés et les cadres au chômage. Tout le monde a fait des efforts.

Mais la politique d’Emmanuel Macron est de supprimer définitivement le caractère assurantiel du système social français, déjà très diminué, et de re-centraliser tous les régimes sociaux entre les mains de l’État. Et parallèlement, son but est d’en augmenter le caractère redistributif en continuant d’alourdir la charge de ceux qui gagnent moins au profit de ceux qui gagnent plus comme un moyen de poursuivre la politique d’égalisation délétère de son prédécesseur. C’est notamment vrai pour les cadres dont les prestations risquent de baisser alors qu’ils supportent désormais la hausse de la CSG, de 1,7 %, sans limitation, et sont donc encore plus pénalisés que les autres.

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