Vendée : de la révolte au génocide et à la paix

imgscan contrepoints 498 Génocide Vendée

Une recension d’une bande dessinée sur l’histoire de la Vendée, illustrée par René Le Honzec.

Le souvenir un peu oublié ou ignoré d’une époque où le totalitarisme sévissait en France, jusqu’à l’extrémité de l’horreur : la tentative d’extermination totale des Vendéens. Un remarquable travail de narration, sous la plume de Reynald Secher et les dessins talentueux de René Le Honzec.

 Par Johan Rivalland

Les lecteurs de Contrepoints sont familiers des dessins de René Le Honzec qui, bénévolement et avec passion, ne manque pas d’illustrer l’actualité quotidienne, apportant une touche humoristique aux articles des différents auteurs.

Je ne le connais pas personnellement, mais en profite pour le remercier au passage pour tous les dessins sympathiques qui ont pu agrémenter mes différents articles ici-même.

L’histoire du génocide vendéen

La présente BD, que j’ai découverte en 2007, mais qui remonte à quelques années auparavant, s’appuie sur les recherches approfondies de Reynald Secher sur le génocide vendéen, synthétisées dans l’ouvrage La Vendée-Vengé. Elle raconte en images l’histoire trop peu connue des vendéens durant la Révolution de 1789 et jusqu’à 1801 sous le règne de Napoléon Bonaparte.

L’espérance des réformes devait rompre avec les injustices du régime précédent, mais la peur qui lui succède, avec les premières mesures prises par l’État, s’annoncant finalement bien plus restrictives que ce qui avait précédé, et enfin la colère et la révolte face aux réquisitions, à la hausse des impôts et surtout à la privation de la liberté de culte, se soldent aussitôt par de premières vagues de persécutions, exécutions et assassinats. Dès lors, ce ne sera qu’escalade dans les injustices et procédés dictatoriaux menés par l’État républicain.

Les Vendéens sauront s’organiser pour constituer une armée puissante et victorieuse, avant que les républicains, désorganisés par les guerres extérieures, l’état d’insurrection du pays et les purges internes aboutissant à remplacer des état-majors compétents par de nouveaux nommés incompétents, ne redressent petit à petit la tête et organisent la fin sanglante des vendéens suite à l’échec de la virée de Galerne.

Ce qui débouchera sur l’un des plus terribles génocides qu’ait connus la planète, où s’enchaînent exécutions massives, univers concentrationnaire, destruction programmée, régime de terreur et noyades collectives dans la Loire (organisées par le monstrueux envoyé de la Convention Jean-Baptiste Carrier), pour culminer avec les colonnes infernales de Turreau, créées sur ordre du Comité National de Salut Public, organisant la destruction totale de la Vendée, dont même le nom doit disparaître.

Des sommets dans l’horreur

S’ensuivent des exactions plus atroces les unes que les autres.

Femmes, enfants (dont un certain nombre seront par exemple jetés vivants dans des fours), vieillards, patriotes comme royalistes, innocents ou pas, personne ne doit en réchapper, pas davantage que les villes, villages, habitations, édifices, terres, dont l’incendie est méticuleusement planifié.

L’horreur sera telle que l’on ira jusqu’à écorcher et tanner des peaux humaines de vendéens pour en faire des culottes de cheval destinées aux officiers supérieurs, ainsi que des couvertures de livres et récupérer de la graisse de cadavres pour servir aux hôpitaux.

Mais, après de multiples épisodes sombres et douloureux, la résistance parviendra à de multiples reprises à se réorganiser, de manière surprenante et exceptionnelle, jusqu’à ce que Napoléon Bonaparte, arrivé au pouvoir, parvienne à mettre un terme à cette situation infernale.

Un épisode qui a inspiré d’autres régimes totalitaires

Un épisode de notre histoire effroyable et fort peu glorieux, qui a atteint le comble de l’ignominie et inspiré les pires régimes totalitaires que nous ayons connus au XXème siècle, en particulier des régimes d’inspiration communiste, qui s’en sont certainement beaucoup inspirés et qui ne sauraient renier les noms de Robespierre ou de Saint-Just, en particulier. Une honte que l’on préfère cacher aujourd’hui encore, pour préférer l’éloge de la Révolution, de la République et le beau feu d’artifice du 14 Juillet.