La culture en péril (8) : Christine Sourgins, Les mirages de l’art contemporain

Comment l’Art dit « contemporain », à coups de provocations et de transgressions, est parvenu à s’imposer comme un art officiel, d’essence totalitaire. Une opinion libre sur l’art d’aujourd’hui.

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La culture en péril (8) : Christine Sourgins, Les mirages de l’art contemporain

Publié le 11 août 2022
- A +

Christine Sourgins, historienne de l’art et esprit indépendant, est notamment connue pour ce courageux essai réédité en 2018. Un essai critique sur ce que l’on nomme l’Art contemporain, dont elle dénonce les mirages et vacuités.

Le terme « Art contemporain » lui-même résulte, selon elle, d’une manipulation de langage, qui vise à rendre dominante une partie de l’art vivant, s’en prétendant la totalité. À ne pas confondre avec l’Art moderne, qui en est d’une certaine manière l’antithèse, bien qu’il tienne de lui (et qu’il a détrôné). En réalité, nous dit Christine Sourgins :

Il désigne, à partir des années 1960, une catégorie esthétique, un genre, voire un label : c’est aujourd’hui l’esthétique dominante reconnue par les instances culturelles officielles.

L’auteur entend surtout montrer, à travers cet ouvrage, en quoi cet art est d’esprit totalitaire, prônant la rupture avec tout ce qui a précédé, et en quoi il repose davantage sur le « faire-savoir » que sur un « savoir faire ».

 

Changer la société

Bien qu’Art moderne et Art contemporain ne soient pas assimilables, il existe une continuité entre eux dans une volonté de changer la société, leur rôle étant comparable à celui d’un cheval de Troie. Le premier, montre Christine Sourgins, ayant trouvé des alliés dans les grandes utopies du XXe siècle, dès la révolution bolchevique. Le grand schisme artistique, lui, date de 1917 et la rupture engagée par Marcel Duchamp et le mouvement Dada, à travers son urinoir en porcelaine, objet de scandale à l’époque, créant un art conceptuel, dénué de toute visée esthétique.

Désormais, l’artiste n’est plus reconnu pour son œuvre, mais c’est le statut d’artiste qui permet de faire œuvre. Celui-ci étant désigné par le milieu artistique dominant. Provocation, détournement, ou dérision, deviennent des outils au service d’une déstabilisation générale de la société, d’une destruction de l’ordre établi, présumé d’essence bourgeoise. L’artiste se fait militant et cherche à pervertir l’art, cherchant ainsi à détruire le passé. La séparation avec l’avant-gardisme d’un Mathieu ou d’un Picasso, par exemple, se mesure par la fin du caractère positif de la modernité, pour le remplacer par une post-modernité où tout se vaut, tags et fresques romanes, et où il n’y a plus d’Histoire.

Agressivité, régression, nihilisme, destruction, transgression, ou encore absurdité, s’entremêlent pour susciter l’irrationnel et la déraison, à travers des œuvres morbides (dévorer des fœtus humains, rouler sur l’autoroute à contresens, etc.).

C’est donc au cours des années 1960 que l’Art contemporain devient majoritaire et s’internationalise. En France, critiques d’art (au premier rang desquels Pierre Restany) et artistes (à l’image du groupe BMPT, pour Buren, Rosset, Parmentier et Toroni, qui visent à purifier l’art de toute émotion en créant un art minimaliste) se coalisent pour rejeter l’art en tant qu’opium au service de la bourgeoisie dominante.

L’ouverture du Centre Pompidou en 1977, puis surtout le quasi-triplement des crédits consacrés aux arts plastiques entre 1981 et 1983, vont faire régner partout l’Art contemporain en maître, grâce aux collusions évidentes entre le système commercial des galeries et les filières officielles de l’État. Ce qui se double, en outre, d’une disqualification des artistes plus traditionnels, traités au mieux de passéistes. Tandis que l’intolérance règne à l’égard de toute tentative de critique, rangée aussitôt sous le sceau de la persécution ou de l’obscurantisme.

Consacré comme Art citoyen dans les années 1990, après la chute du mur de Berlin, qui risquait de l’affaiblir, il passe alors maître dans la manipulation des visiteurs des expositions et tente de revêtir une dimension sacrée.

 

Une rupture avec l’art

Fini, donc, l’idée de « beaux-arts ». Il s’agit de faire table rase du passé (ou plutôt de le « dénaturer », montre l’auteur), de s’extraire du fardeau de la représentation, de refuser toute forme d’évaluation, d’engager la rupture entre la forme et le sens, ainsi qu’avec la temporalité, le discrédit étant jeté sur toute la culture antérieure et la notion d’éternité, de même que toute forme de transcendance. Un présent-prison, selon Christine Sourgins, qui y voit une sorte de régression vers la temporalité animale. Avec la limite inhérente qui est celle d’un art hautement répétitif, se condamnant ainsi, par nature, à l’échec. Un univers du vide ou du « n’importe quoi », défini ainsi dès l’origine :

Duchamp se refusant à devenir « bête comme un peintre », exit donc le fardeau de la représentation. Dehors aussi : l’Intériorité, l’expression, la subjectivité (dans le sens d’émotion) ; mais aussi : le travail, le savoir-faire, le talent, l’œuvre unique, « originale ». Congédions aussi la beauté et toute dimension métaphysique (« Il n’y a pas de solutions, disait Duchamp, parce qu’il n’y a pas de problèmes »).

En lieu et place, que « d’œuvres » plus ridicules ou absurdes les unes que les autres (permettez-moi ce jugement personnel). Il faut lire le livre de Christine Sourgins pour en avoir tout un tas d’exemples plus extravagants les uns que les autres.

Mais surtout (car, après tout, à chacun ses goûts), on enrage en découvrant le type « d’œuvres » que des organismes comme le Fonds national d’art contemporain, entre autres, peut acquérir au nom de l’État français et des contribuables. Ainsi que toutes les collusions qui existent, dont on se doute de l’existence, mais dont on est effaré de découvrir les réalités. Et sans oublier le lot de scandales plus incroyables les uns que les autres, ayant pour origine l’idée à la mode du caractère réactionnaire de la défense du patrimoine. À vous donner le tournis.

 

Un « art » totalitaire

L’auteur montre ensuite comment l’Art contemporain s’est étendu à tout, allant même jusqu’à revendiquer d’être tout. Orphelin des grandes utopies du XXe siècle, il a remplacé celles-ci par une forme de totalitarisme bien plus insidieuse : le relativisme.

Désormais, tout se vaut. Et dès lors, tout est permis… jusqu’à l’écœurement. Nominalisme et perte des identités conduisent à la perte du sens. L’Art contemporain se pare des attributs de l’incontestable et de l’incontesté, subvertissant la beauté et l’harmonie pour leur substituer l’outrance et des formes perverses de nihilisme, allant jusqu’à l’abjection. Sans aucune limite, ni religieuse, ni sur Auschwitz et les camps de la mort (et sans qu’ils soient soupçonnables de faire autre chose que dénoncer le Mal, même si l’œuvre elle-même est livrée à l’état brut, sans explication permettant de le comprendre). Et où la scatologie, bien sûr, continue de trôner en bonne place, comme la sexualité ou l’art du scalpel, pour ne pas parler d’autres horreurs à vomir que je n’oserai même pas évoquer ici. Et dont on peut imaginer jusqu’où cela pourrait dériver. Surtout lorsqu’on découvre avec stupéfaction que, sous couvert de dénoncer l’eugénisme, la fascination qu’il semble toutefois susciter va jusqu’à aboutir à la création de monstres bien réels.

Le dit « Art », décidément sans limites, s’aventure même jusqu’au non-droit (parfois même avec la caution de l’État), l’exploitation humaine, et pire encore les frontières de la pédophilie, les rêves d’infanticides, ou la nécrologie. Certains allant même jusqu’à qualifier les attentats du 11 septembre 2001 de « la plus grande œuvre d’art qu’il y ait eu dans tout le cosmos » (Stockhausen).

Déjà, les propos controversés de certains artistes tels que Marguerite Duras, Aragon ou André Breton, entre autres, étaient plus ou moins acceptés par une certaine intelligentsia, sous prétexte de défense d’une soi-disant liberté de la culture (mais on sait que tout dépend de quel bord politique on se situe…).

Des formes d’impunité d’autant plus préoccupantes et scandaleuses que bon nombre de ces délires multiples, dont nous ne venons de n’en évoquer que quelques-uns, sont subventionnés par l’État, qui se trouve ainsi complice en légitimant des messages d’artistes qui peuvent très bien revêtir un caractère d’incitation, le « dernier cri en art » étant l’assassinat.

 

L’État culturel

C’est pourquoi Christine Sourgins s’intéresse ensuite au rôle de l’État dans la culture, le cas français étant très emblématique d’un système hautement bureaucratique et fonctionnarisé, où une sorte de petite caste sans contre-pouvoir se coopte pour mieux concentrer tous les efforts sur l’Art contemporain, écartant sans vergogne tout ce qui ne s’y apparente pas.

L’auteur établit un rapprochement avec les mécanismes à l’œuvre dans le conte d’Andersen Les Habits neuf de l’Empereur, l’art officiel se répandant partout selon les mêmes principes, les choix des municipalités, écoles, conseils généraux, musées, espaces culturels, lieux de patrimoine, bibliothèques et médiathèques, écoles d’art (où le conditionnement assure le renouvellement), étant orientés par la peur du ridicule face au prestige des experts et de l’État pourvoyeur de subventions, qui y apporte bien sûr sa caution, à la fois morale et financière, tout en pratiquant une opacité stupéfiante et consacrant les artistes avant le public, détruisant totalement les mécanismes naturels du marché de l’art. Même les collectionneurs privés ont intérêt à se ranger derrière cet art officiel absolutiste, tant les collusions sont prégnantes.

Tout un univers nous est alors décrit, où artistes-fonctionnaires officiels – une minorité – courtisent habilement des commissions ou autres entités diverses chargées d’acheter les œuvres avec l’argent du contribuable, tandis que des milliers d’autres artistes non reconnus par le système ou qui lui résistent vivotent avec le RMI. Un système schizophrène où certains tentent de faire vivre leur art tout en tâchant de se conformer suffisamment aux diktats de l’art officiel pour pouvoir espérer simplement exister.

Puis Christine Sourgins se livre à une critique des choix hasardeux effectués depuis plusieurs décennies en matière de politique culturelle et d’accès à la culture depuis Malraux, puis Jack Lang où, sous prétexte de démocratiser la culture, on en est venu à pratiquer la démagogie. Avec pour effet, à rebours des théories bourdieusiennes, d’amoindrir les chances d’accès des classes défavorisées à une culture digne de ce nom. Une crise de la transmission doublée d’un relativisme portant les masses à « se distraire à en mourir ».

 

La manipulation du spectateur

Prétendant presque inventer un nouvel humanisme, l’Art contemporain s’impose partout, de l’école maternelle ou primaire aux écoles d’art, comme dans toutes les franges de la société, tentant d’instaurer un nouvel ordre mental où la liberté d’expression revêtirait des formes inédites et peu conventionnelles, tout en subvertissant le spectateur, via divers procédés que l’auteur passe en revue. Avec argumentaires à l’appui, au cas où il vous prendrait l’envie de venir mettre en doute leur bien-fondé.

Et, comme si cela ne suffisait pas, la sacralisation s’empare de l’art contemporain, qui s’adonne à de nouveaux rituels, non sans subvertir le christianisme au passage, pour mieux occuper la place de nouveau rédempteur d’inspiration athéiste.

En somme, conclut Christine Sourgins, l’Art contemporain se veut une contre-culture d’essence conceptuelle, contextuelle et pulsionnelle, qui vise à détruire l’enracinement. Au lieu de chercher à accomplir la condition humaine, elle oscille au contraire entre « la destruction de la construction et la construction de la destruction », de manière à nous en libérer. Loin de privilégier la dynamique du progrès, elle vise par la transgression à conforter l’idée que la violence serait fondatrice du fait humain. Agression, régression et annihilation deviennent les maître-mots de ce relativisme revendiqué qui vise à subvertir les esprits et devenir un art total, hégémonique. Sous des dehors protéiformes de postulat de liberté, se dissimule une essence mortifère aux visées totalitaires et aliénantes, qui conduit aux méandres de la servitude volontaire. Construction contre laquelle Christine Sourgins appelle à avoir un esprit de résistance.

Remarque : Le présent essai est suivi d’une « Brève histoire de l’Art financier ou L’Art est-il une marchandise comme une autre ? » que je ne présenterai pas ici, de manière à ne pas surcharger une présentation déjà longue. Une raison de plus pour se procurer cet important livre.

 

Christine Sourgins, Les mirages de lArt contemporain, La Table Ronde, mai 2018, 320 pages.

 

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  • L’essentiel est dit dans cet article qui donne envie de lire le livre.
    Le bon peuple ne s’insurge pas contre le totalitarisme de l’Art, qui n’est que l’antichambre et le symbole du totalitarisme tout court. Orwellien, soft, mais totalitaire quand même.

  • Si l’art contemporain est totalitaire, où sont son leader, sa police, ses prisons, son goulag, son petit livre rouge, son outil de propagande ? Où sont ses victimes, ses enfermés, ses charniers ?

    -3
    • La propagande est sous votre nez, la publicité pour des artistes sans talents, son petit livre rouge est, aussi, sous votre nez dans les décisions des subventions artistiques, ses leaders sont sous votre nez, aussi, il dirigent les magazines à grand tirage artistique, la police est, aussi, sous votre nez quand vous osez contredire ce spectacle navrant, son goulag est, aussi, sous votre nez, vous n’êtes sûrement pas un artistes pour comprendre que si vous n’êtes pas dans la normes vous êtes out, quand aux morts, je suis désolé de vous décevoir, il n’y a aucun mort, c’est vrai, mais il m’apparaît que vivre sans espoir, sans pouvoir s’exprimer ou rencontrer autrui est pire que la mort!

    • A l’Ena, Bercy, mairie de Paris…

  • Vittorio Sgarbi, ancien secrétaire d’état à la culture italienne qualifiait l’art contemporain d' »art excrémentiel ». Tout est dit, rien à ajouter

  • On sait aujourd’hui encore qui avait commandé des œuvres à Michel Ange ou a Rembrandt.
    De nos jours, si vous pouvez rencontrer, a travers la presse, les artistes, il y a peu de chances que vous connaissiez ceux qui les financent…

  • J’apprécie cet article et je trouve l’analyse de Mme Sourgins très pertinente. Malheureusement, il n’y a pas que l’art aujourd’hui à souffrir de ce totalitarisme rampant.

  • Bonjour,

    Je suis plongé avec bonheur dans l’essai critique de Christine Sourgins dont je recommande la lecture. Elle pointe et développe des éléments essentiels pour un débat devenu indispensable sur cet art officiel et totalitaire qui tourne en rond (et dans le vide) souvent aux frais du contribuable depuis que l’inénarrable Marcel Duchamp a collé son urinoir aux cimaises d’une galerie.

  • Une petite remarque :
    Concernant Dada, si le groupe a effectivement contribué à l’offensive nihiliste de ce qui deviendra l’art comptant pour rien, le parcours de certains de ses membres – et non les moindres – est à prendre en compte. Ainsi, Tristan Tzara, dynamiteur en chef, laissera un chef-d’œuvre poétique « L’homme approximatif » bien loin des appels nihilistes de sa jeunesse.

    « tant craint l’homme la face de son dieu que dépourvu d’horizons il
    tremble
    tant craint l’homme son dieu qu’à son approche il tombe il se noie
    tant craint l’homme sans horizons sa mort que dépourvu de dieu il
    cache sa tombe
    tant craint l’homme »

    • Dans le même sens, ma cousine, qui a passé 40 ans dans le milieu hospitalier, m’a dit un jour qu’il n’y a plus d’athée quand la mort est proche, que même un aumônier juif ou musulman fait l’affaire, le mourant fusse t’il baptisé…

      • @Leipreachan

        Votre message est intéressant même s’il est difficile de le relier au sujet concerné de « L’art contemporain ».
        il est évidemment facile de se rassurer lorsque l’on est vivant,en bonne santé et dans son fauteuil, en se disant que l’on a trouvé la solution en se disant athée.
        L’athéisme en soulignant « le hasard et la nécessité »semble ignorer un mystère qui ne peut laisser indifférent :
        L’univers est gouverné par 4 forces fondamentales : la force forte,la force faible,la force électromagnétique,et la force gravitationnelle.
        L’ensemble de ces forces qui régissent l’infiniment grand et l’infiniment petit interagissent avec un extraordinaire précision qui semble bien étrangère à tout hasard.
        il s’agit au contraire d’une sorte de déterminisme voire d’une « autre volonté » que peuvent observer les chercheurs,au travers d’un cycle permanent de transformation de la matière pouvant aboutir à la complexité infinie du monde vivant que nous connaissons d’ailleurs très mal.
        Quelques soient leurs civilisations,les hommes depuis des millénaires ont toujours compris plus ou moins consciemment,que leur propre volonté était bien, in fine ,sujette à une « autre volonté » bien supérieure relevant du mystère, en se référant aux dieux et aux religions.
        L’athéisme qui ne l’oublions pas est paradoxalement un acte de FOI, ne peut répondre de façon satisfaisante à la question fondamentale: »Pourquoi quelque chose plutôt que rien? »
        Blaise Pascal ne disait-il pas en levant les yeux au ciel : « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie ».
        il est donc compréhensible, comme l’a exprimé votre cousine dont le témoignage est des plus sérieux, « qu’il n’y a plus d’athée quand la mort est proche,que même un aumônier juif ou musulman fait l’affaire,le mourant fût il baptisé »…….

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Interaction_%C3%A9l%C3%A9mentaire

        Ci joint le lien concernant l’excellent article de Hubert Reeves: »Le vouloir obscur ».

        http://www.lepoint.fr/invites-du-point/hubert-reeves/hubert-reeves-le-vouloir-obscur-04-09-2014-1859885_1914.php

  • L’art contemporain n’est qu’une pulsion nihiliste assez infantile. Après la résiliation des conventions du passé (les normes académiques), diverses tentatives ont eu lieu depuis la fin du 19e siècle. On en est arrivé à utiliser les chefs-d’œuvre pour les tourner en dérision (la Joconde de Duchamp). L’art dit contemporain a poursuivi ce chemin parce qu’aucun autre ne semble apparaître. Les politiciens, qui se fichent éperdument de la culture, ont suivi par conformisme.
    La création artistique contemporaine est quantitativement pléthorique et qualitativement faible. La quantité provient de l’argent public, dépensé à tort et à travers. La qualité est la résultante de la vacuité des esprits. Il n’y a rien de commun entre les artistes de la Renaissance, qui avaient conscience de vivre une aventure exaltante de création de la beauté, et nos petits expérimentateurs « d’installations » qui cherchent éperdument comment détruire la dernière miette de sincérité.
    Nous vivons une époque formidable.

  • Lire et relire « la source vive » d’Ayn Rand. L’un des personnages principaux du livre, Ellsworth Toohey, est critique d’art dans un quotidien. Sa culture générale, son sens de la répartie et sa plume acerbe lui donnent une position de « faiseur de rois » dans le monde de l’art. Il s’efforce systématiquement de promouvoir des artistes médiocres, qui deviennent du coup ses obligés.

    Dans un des chapitres, Toohey tombe le masque: en faisant délibérément la promotion de ce qui est quelconque, médiocre ou carrément nul, il brouille les repères dans les esprits entre le beau et le laid, le bien et le mal. Une fois bien établie dans les domaines artistiques, cette confusion s’étend progressivement à la morale et à d’autres domaines.

    Toohey illustre parfaitement une stratégie de prise de pouvoir: commencer par la culture pour prendre l’ascendant et, à terme, contrôler les esprits.

  • wolfpound travail tous les jours pour recréer un lien entre sectateur et artistes en produisant des interviews gratuite pour les artistes sur youtube, et facebook, merci pour ce livre et cet article, on se sentait seul!!

  • Il faut se garder de juger qualitativement les oeuvres quelles qu’elles soient, il faut juste que l’art soit une activité marchande comme les autres, sans subvention, sans soutien d’Etat; alors le public et les acheteurs, c’est à dire le marché libre fera le tri dans tout ça..

  • Merci à Jehan Rivalland pour la présentation du courageux essai de Christine Sourgins: »les mirages de l’art contemporain » qu’il convient d’acheter au plus vite.
    -L’art contemporain aurait-il SES RAISONS qu’ignorerait le commun des profanes?
    Si tel devait être le cas,l’on ne peut qu’être rassuré en prédisant presque sans aucun risque qu’il n’existe AUCUNE RAISON que le fameux « urinoir »ou autres « absurdités » dont certaines destinées surtout à provoquer puisse traverser les siècles à l’instar des œuvres des grands génies bienfaiteurs de l’humanité comme Leonard de Vinci,Michel Ange etc…(La liste étant longue des artistes de génie ayant cultivé LA BEAUTÉ).
    Mais il est vrai que nous ne sommes plus dans le passé,et que de nos jours l’art est devenu une marchandise comme une autre, pour devenir aussi un art financier pouvant expliquer de façon étonnante que la réplique exposée à Beaubourg de l’urinoir inversé de Marcel Deschamp, acquise en 1986 par l’état pour 232000€ et aujourd’hui estimée à 3 millions€!!!
    Le culte immodéré de la beauté peut être mis un peu au second plan avec ces chiffres éloquents qui peuvent se passer de commentaires!!!

  • On peut rendre grâce à cette dame d’avoir découvert la formule de l’eau tiède.
    Comme si l’art classique (de classe ?) n’avait jamais bénéficié de liens étroits et financiers avec le pouvoir de l’époque.

    • Nuance: des hommes de pouvoir consacraient une part de LEURS ressources à l’acquisition d’œuvres des artistes. Aujourd’hui des gens proches de certaines allées du pouvoir consacrent l’argent des autres (impôts) à nous imposer les produits d’un oxymore

  • Excellent article. Rien à ajouter.

  • Les commentaires sont fermés.

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