Chaos hospitalier en Martinique, bientôt chez vous

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OPINION : nous aurions souhaité que l’État fasse ce que la collectivité exige de lui, ce pour quoi il est financé par l’impôt : assurer l’intendance, des lits au matériel en passant par le papier hygiénique mais quant à se faire médecin…

Par Denis Dupuy.

Si elles sont exactes, les images sont révoltantes : un hôpital assiégé par la police, des soignants insultés, des services de soins investis au prétexte qu’une infirmière n’avait pas son pass.

L’État considère d’évidence qu’il n’existe aucun sanctuaire dans ce pays. Il devrait se méfier : le peuple pourrait en déduire que l’Élysée n’échappe pas à sa propre règle. En tant que libéral revendiqué, je ne souhaite aucunement la révolution. Devons-nous réellement pousser à la limite de leur toélrance des braves gens épuisés par deux années de pandémie ?

Depuis mars 2020, la gestion administrative de la crise sanitaire aura été médiocre dans ses grands jours quand elle n’était pas toxique.

Hier, j’interrogeai un patient octogénaire : se souvenait-il de la grippe de Hong Kong entre l’été 1968 au printemps 1970 ? De la grippe asiatique de 1956 à 1958 ? Pourtant, on soignait sur les parkings des hôpitaux. Non, il avait oublié ces pandémies qui ont probablement tué autant que la covid, pour laquelle, au demeurant et pour des causes variées, les chiffres seront difficiles à établir mais probablement en deçà des annonces officielles.

Les victimes des décisions administratives, à ne pas négliger, sont elles aussi bien réelles. En 2020, 200 000 coloscopies en moins, une chirurgie carcinologique en veille, 150 interventions annulées ou déplacées pour en moyenne un covid en service de réanimation, une psychiatrie à genoux, 3 à 5 % de mortalité morbidité supplémentaire dans chaque spécialité, des professionnels en burnout, des plaintes à la pelle contre les ARS.

Bref, un phénoménal bazar mené par un État qui s’est cru médecin.

Nous aurions souhaité que l’État fasse ce que la collectivité exige de lui, ce pour quoi il est financé par l’impôt : assurer l’intendance, des lits au matériel en passant par le papier hygiénique mais quant à se faire médecin… Il a failli dès qu’il s’est engagé dans cette direction. Pensez-vous vraiment qu’un État centralisé soit en mesure de soigner les patients ?

Le pass sanitaire

Ultime ânerie en vogue, enfin, je l’espère, le pass, modèle de montage administratif qui aurait beaucoup amusé Frédéric Bastiat… Comme toutes les épidémies, celle du covid se meurt après deux années. J’entends annoncée une énième vague. Nous verrons… Je passerai peut-être pour un idiot, mais je campe sur mes positions.

Chaque variant est la forme dégradée d’un virus qui se meurt, chaque variant est moins létal que le précédent. Qu’il soit contagieux et fasse grimper les taux d’incidence, soit, mais si personne ne finit en réanimation, qu’importe que certains soient transitoirement privés de leur sens du gôut ou de l’odorat. Au moins échappent-ils aux mauvaises odeurs.

Autre évidence pour chacun, sauf peut-être l’État, le vaccin n’est pas stérilisant. On peut être vacciné, contaminé et contaminant. Vaccin ou pas, l’épidémie cessera, ou bien peste et grippe espagnole séviraient toujours. Je me répète. À ce sujet, certains confrères, colportant l’inverse sur les divers plateaux, mériteraient les remontrances d’un Conseil davantage occupé à traquer déviants, réfractaires et antivaccins illuminés.

La covid se soigne parfaitement depuis que l’on n’intube plus aussi rapidement (accordons à mes confrères qu’il ait fallu le temps d’apprendre de l’expérience), le plus lourd est passé, l’épidémie s’éteint et on laisse prétendre qu’elle durera à jamais, contre tout bon sens et en piétinant une éthique qui exige que le médecin n’affole pas. De quelle preuve ces devins disposent-ils ? Aucune.

En sciences, on ne se fie pas à un homme mais à des données qui autorisent à conclure vrai ou faux, ou à conclure qu’il n’est pas possible de conclure… Les administrations ont exigé des réponses immédiates et certaines leur ont été fournies, même lorsqu’elles n’existaient pas. La vanité, je suppose.

Il aurait été plus éthique de reconnaitre que les réponses n’existaient pas et que le pouvoir politique n’avait qu’à se déterminer seul : n’est-ce pas sa raison d’être ?

Le pass sanitaire est une décision politique privée de base scientifique. Punir, ostraciser les non-vaccinés est infect. 85 % de vaccinés, c’est merveilleux. Que l’on passe à 100 % ou non, l’épidémie prendra fin, mais je crois l’avoir déjà dit.

Les haines mettront davantage de temps à s’apaiser et que se produira-t-il si l’on atteint le point de rupture ? Chaque jour, des patients sont privés de soins. Ils ne souhaitent pas ou ne peuvent payer ces tests PCR que l’État a remboursés sans compter durant des mois, alors qu’ils n’étaient pas véritablement justifiés. J’ai croisé des personnes en ayant subi 15, épouvantées qu’elles étaient par les médias et les annonces gouvernementales.

Et maintenant, le pompier pyromane déplore les arbres calcinés

Ces tests n’avaient le plus souvent aucun intérêt médical. Ils ne coûtaient rien mais soudain, les proscrits désignés doivent acquitter la facture. Faisons payer leurs chimiothérapies aux fumeurs, leur greffe hépatique aux alcooliques… Les défauts de soins n’ont-ils pas été suffisamment nombreux comme cela ?

Mourir d’un cancer du côlon afin d’éviter la reprise hypothétique d’une épidémie marginalement mortelle et parfaitement maitrisable, dans un pays qui a les moyens d’assumer, correspondrait donc au rationnel Veran ? Pas un seul conseiller de bon sens pouvant infléchir les errances d’un bureaucrate, hélas supposé formé à la médecine ? Les compétences sont parfois un handicap dans les fonctions ministérielles : Veran ministre de la Santé, c’est un peu Dupond-Moretti à la Justice. Pourquoi pas Riberi ministre des Sports ou Hulot ministre de l’Environnement. Quoi ? Déjà fait ? Mince…

Les deux derniers ont brillé dans leurs domaines respectifs, foot ou production télévisée. Admettons que Veran ne fut ni grand médecin ni grand ministre. D’accord, je lui tiens rancœur d’avoir secondé Touraine à l’heure où les cliniques privées payées deux fois moins pour un même acte en service public, exigeaient un peu d’équité. La ministre et son second sont partis en diminuant plus encore les tarifs privés pour augmenter ceux, déjà favorables, des centres hospitaliers publics.

L’ « exception » de la Martinique

La Martinique fait donc exception. Les vaccins n’y ont pas bonne réputation. Avant 2020 je militais dans une association pour la vaccination Gardasil : après cette gestion gouvernementale de la communication vaccinale, je laisse tomber. J’aimerais vivre encore quelques années heureuses, ici-bas, et tant pis pour les cancers du col de l’utérus…

Soigner par la contrainte me semble la plus infâme des ignominies. J’ai laissé mourir, en les ayant informées, des personnes qui refusaient leur traitement. C’est douloureux mais sans éthique, point de dignité. Et je refuse de transfuser de force un témoin de Jéhovah ou d’imposer au musulman une valve porcine. Avoir peur du vaccin pour de mauvaises raisons, c’est avoir peur quand même. Si je trace une croix rouge en écrivant poison sur une perfusion de NaCl, qui en voudra dans ses veines ?

Dès lors, patience, communication, empathie… Et non autoritarisme, scientisme, pass sanitaire et obligation de s’injecter un traitement qui ne protège, ce qui est déjà merveilleux, que l’individu concerné. Sûrement pas l’entourage.

Ma solution ? Atterrir en douceur, lever la contrainte, rassurer, remercier les Français qui ont toléré sans trop de vagues les vagues de virus et d’âneries administratives.

Mais j’apprends soudain que la préfecture recule en Martinique, pile quand j’ai posé mes paragraphes. Décidément, l’administration mutile mon destin sans rien ajouter à ma cause…

Enfin, voilà un excellent message adressé à la population. Ce gouvernement n’a ni éthique ni courage. Il se soumet à l’opinion et je gage que lorsque les nations, une à une, célèbreront en dansant la fin de la pandémie, l’idée d’un pass prolongé jusqu’en 2022 apparaitra pour ce qu’elle est : une phénoménale idiotie, le délire de dirigistes mal inspirés, un sous-concept orwellien bien nauséabond dont il n’est pas question de s’encombrer à l’avenir.

Vive la liberté, avec ou sans les odeurs.

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