Gestion catastrophique de la crise sanitaire : c’est vous qui réglez la note

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Si l’État n’est pas tout, comme la gestion calamiteuse de sa comptabilité semble bien l’établir, il semble bien convaincu de décider de tout.

Par Olivier Maurice.

Lorsqu’il a annoncé le premier confinement, il y a maintenant un an, Emmanuel Macron en a profité pour mettre hors-jeu la question des conséquences économiques de cette décision.

Chacun a encore à l’esprit cette déclaration :

La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu’il en coûte.

Cette phrase a surtout placé toute opposition à sa politique devant une immense barrière morale : la vie humaine n’a pas de prix et quiconque osant dire le contraire, contredire les décisions prises aurait aussitôt droit aux pires jugements et réprimandes.

Paralysée par la peur, une immense partie du pays s’est alors transformée. De redoutables médecins-procureurs ont utilisé sans retenue cet argument pour disqualifier toute critique de la stratégie décidée par les autorités du pays.

La moindre remarque portant sur la ligne dictée en haut lieu est immédiatement qualifiée d’égoïsme.

Santé contre économie

On a peu entendu de voix dénoncer cet odieux chantage. Toujours aujourd’hui, ceux qui osent s’élever contre la politique décidée par le gouvernement et le chef de l’État ont encore droit à un déferlement de quolibets et sont aussitôt accusés d’être des individus sans cœur et sans morale.

L’argent est sale, impur, ignoble et source de toutes les corruptions et de tous les crimes. C’est ainsi qu’une grande majorité le considère et a en grande partie raison.

Mais le crime et la corruption ne sont ni la majorité, ni la norme. Avoir de l’argent, ou pas, ne fait pas automatiquement de vous un criminel, une personne sans âme, sans foi ni loi.

Plus encore, ce n’est pas à l’État, à l’organisation régissant la violence légale, de décider de la valeur de la vie en termes financiers, fussent-ils non mesurables.

L’État qui veut tout

Il y a une autre façon de comprendre la déclaration du chef de l’État : c’est lui qui décidera dorénavant de l’argent qu’il faut dépenser pour sauver des vies. Il dépensera notre argent comme bon lui semblera, sans aucune limite et sans aucune retenue.

L’État aura dorénavant un contrôle total à la fois sur vos vies et sur votre porte-monnaie.

Car ne l’oublions jamais : l’État n’a pas d’argent, il ne fait que dépenser celui des citoyens, l’argent qu’il ne reçoit pas, mais qu’il ponctionne d’autorité.

La déclaration d’Emmanuel Macron signifie qu’il s’est tout bonnement attribué le droit de taxer, d’imposer, d’endetter chaque citoyen dans la limite de ce que lui et son administration décident.

L’État s’est tout simplement octroyé les pleins pouvoirs financiers.

L’illusion de grandeur

Certains ont pu comprendre que cette formule impliquait que l’État français avait largement les moyens et qu’il serait généreux devant l’urgence de la situation. Ce que les gens peuvent être naïfs quand on leur agite sous le nez l’étendard du patriotisme !

Naïfs et aveugles : depuis 40 ans, l’État français est ruiné. Il s’enfonce chaque jour un peu plus dans la dette, l’inflation fiscale et l’aveuglement de celui qui refuse absolument de voir la réalité en face.

La dette publique est passée de 20 % du PIB en 1981 à plus de 110 %. Les prélèvements obligatoires représentent 46 % du PIB et sont les plus élevés au monde. Le commerce extérieur est déficitaire depuis 20 ans. Le chômage frappe officiellement un travailleur sur dix. En 40 ans, la France qui était la quatrième économie mondiale est maintenant reléguée à la dixième place. Elle est passée de la onzième à la vingtième place en termes de PIB par habitant.

Plus grave encore : le pays s’est résigné à vivre avec cette perte de vitesse, allant jusqu’à faire de la décroissance une doctrine politique, comme pour tenter de se persuader qu’il reste aux commandes de sa lente mais certaine déconfiture ; comme s’il s’était résigné à mourir, mais voulait le faire en maintenant un semblant d’illusion de dignité.

Trois fois rien

Devant de tels chiffres, l’annonce de l’estimation du coût du dernier épisode de confinement a pu paraître anecdotique. Qu’est-ce que 1,2 milliard d’euros de déficit supplémentaire des finances publiques quand celles-ci affichent chaque année un trou de plus de 200 milliards d’euros ?

Bien sûr, cela ne représente que 18 euros supplémentaires par habitant ; comparé aux 3000 euros de déficit public annuel par habitant, ce n’est pas grand-chose. Hé oui ! Pour que l’État puisse financer l’intégralité de ces dépenses, il faudrait d’une façon ou d’une autre qu’il prélève un mois de salaire moyen, non pas à chaque salarié, non pas à chaque foyer, mais à chaque Français.

Mais si l’État n’est pas tout, comme la gestion calamiteuse de sa comptabilité semble bien l’établir, il semble bien convaincu de décider de tout.

Le coût économique lié à la perte d’activité de ce mois supplémentaire de confinement a été estimé à 0,2 % de diminution du PIB, ce qui représente quand même la bagatelle de 4,5 milliards d’euros auxquels il convient d’ajouter 1,2 milliard de dépenses publiques supplémentaires.

Auquel il faudrait d’ailleurs ajouter deux fois ce 1,2 milliard : une fois l’argent injecté dans la production nationale et une fois l’argent qu’il faudra rembourser, sans oublier les intérêts de la dette contractée.

L’arbre qui cache la forêt

On aboutit quand même à une somme avoisinant la dizaine de milliards d’euros… Qu’importe la discussion comptable, le coût d’une telle mesure est loin d’être anodin, surtout en connaissant les trois évidences que l’injonction morale du quoi qu’il en coûte essaie de nous cacher :

  • ce sont les Français qui vont payer l’addition,
  • la redistribution est très loin de combler le manque à gagner,
  • tout cet argent est de l’argent qui ne sera pas investi.

Ce dernier point est sans doute le plus important. La pandémie nous a clairement signalé d’énormes failles dans notre système de santé, dans nos capacités de gestion de crise, dans la réactivité du pays, dans la lourdeur de l’administration.

Comment croire la volonté de changement, comment faire confiance à la capacité de réformer d’une administration qui préfère la démagogie au réalisme, qui préfère flamber l’argent en traitement social plutôt qu’en investissement ?

La route vers la servitude

Le problème n’est même pas de comparer combien de lits de réanimation auraient pu être ouverts avec cette somme, ni même combien de startups ou de centres de soins privés auraient pu être initiés en investissant cet argent dans des entreprises ou des associations.

Le problème est bien plus profond que cela.

Il est totalement illusoire de croire qu’en prenant l’argent en bas, en le concentrant en haut et en le faisant ensuite redescendre en pluie (en en capturant une partie au passage d’ailleurs) une quelconque valeur sera créée. On ne fait au mieux que favoriser une partie de la population. Dans la réalité, on ne fait qu’appauvrir le pays et le rendre dépendant.

On enlève les moyens à la société civile de s’émanciper et on étend ainsi la servitude. Chaque euro supplémentaire dépensé par l’État, c’est un autre bout de votre liberté qui disparaît.

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