Masque obligatoire en extérieur : Véran piétine la science et les libertés

Screenshot_2020-09-29 Marseille Olivier Véran assume les nouvelles restrictions AFP Extrait - YouTube — AFP ,

Pourquoi ne pas abroger tout de suite le port du masque obligatoire en extérieur ? Il n’a aucune justification scientifique, et les seules raisons valables de le conserver sont politiques et liberticides.

Par Frédéric Mas.

Dans un entretien donné à BFM-TV, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé que la France allait « bientôt » pouvoir se passer de masques en extérieur, sans toutefois donner de date précise. La situation serait « rapidement envisageable » même si à l’heure actuelle le masque obligatoire en extérieur reste la règle.

Olivier Véran ne s’est pas privé de critiquer l’optimisme mesuré du président Joe Biden sur la question :

Joe Biden a fait une communication très importante en disant : « portez le masque ou vaccinez-vous ». L’effet immédiat, et c’est très critiqué aux États-Unis depuis trois-quatre jours, c’est une chute de l’adhésion à la vaccination.

Pourtant, vaccin ou pas, sur le plan sanitaire, le masque en extérieur ne sert à rien.
Et ce n’est pas un obscur journal complotiste qui le dit, mais Slate, qui lui-même s’appuie sur une enquête du New York Times. Le chiffre repris par toute la presse des 10 % de contaminations en extérieur est faux et très largement surestimé :

Il n’existe pas un seul exemple dans le monde de preuve de contamination à la suite d’une interaction classique en plein air, comme croiser quelqu’un dans la rue ou se restaurer à une table voisine.

D’ailleurs, vous vous souvenez de ces raves sauvages en Bretagne ou de ce carnaval à Marseille qui devaient dégénérer en clusters ?

La Bretagne n’est pas vraiment devenue un foyer de contamination. Marseille n’a pas connu de pic particulier de contamination suite à la bamboche clandestine. Et dans ces cas précis, nous étions dans des situations où la densité de population dépassait celle qu’on trouve dans les restaurants et dans les bars. Sans doute se sont-ils organisés spontanément entre eux, c’est-à-dire sans bureaucrate appointé par l’État pour éviter la « circulation du virus ».

Alors pourquoi continuer l’obligation du masque en extérieur ? Serait-ce de la communication publique déguisée en science par les bureaucrates qui nous gouvernent ?

Un masque en réalité très politique

Là encore, il suffit de se rappeler l’atmosphère électrique du débat public il y a encore quelques mois.

Après avoir expliqué doctement que le masque était inutile, le gouvernement le rend obligatoire, désignant les sceptiques comme des égoïstes, des complotistes ou des fanatiques des libertés individuelles.

Les éléments de langage de l’Élysée se retrouvent distillés partout dans la presse sidérée devant une propagande sanitaire qui prétend toujours monopoliser la voix de la « science » et de la « raison ».

On peut lire par exemple dans un article du quotidien Le Parisien du 4 février dernier que la contestation des masques obligatoires en extérieur provenait d’un avocat « connu des milieux complotistes » ou encore d’une étude danoise relayée par « Florian Philippot, ex-membre du Rassemblement national (RN) et président du groupe Les Patriotes » (comprenez l’extrême droite).

La « science », toujours selon l’article cité, affirme d’un côté que l’efficacité du masque en extérieur est difficile à démontrer et qu’il est possible de se contaminer en extérieur. Certes, mais la question ne porte pas sur l’impossibilité d’être contaminé en extérieur, mais de l’efficacité du port du masque en milieu aéré.

Finalement, le quotidien interroge une spécialiste du changement de comportement, experte certes, mais dans le domaine du marketing et de la communication : « le masque obligatoire a permis de créer une norme sociale. » C’est en effet la raison « scientifique » la plus solide avancée par le papier en faveur de l’obligation du masque en extérieur. Il est toutefois possible d’ajouter à cette analyse extrêmement vraisemblable d’autres éléments.

Masque obligatoire en extérieur : normaliser les comportements et rendre visible la pandémie

Généraliser le port du masque1 a permis de rendre visible la pandémie aux yeux du grand public et de justifier ensuite les mesures d’urgence sanitaire prises par l’État pour l’endiguer. Il est devenu au cours de la crise un instrument de communication politique dans une stratégie globale fondée sur la panique sociale.

Le masque est le signe visible de la gravité de la situation à laquelle est confrontée notre nomenklatura politique. C’est un rappel permanent du caractère exceptionnel de la situation et donc de la nécessité de suspendre de manière exceptionnelle l’État de droit.

Il a introduit la défiance au cœur de chaque foyer, désignant chaque individu, enfants contre parents, génération contre génération, comme un risque de contamination pour les autres et disciplinant le pays pour le rendre plus malléable dans la main de nos édiles.

C’est un rappel à l’ordre permanent avant même d’être une mesure de précaution sanitaire, une intrusion systématique dans la vie privée qui rappelle notre servitude volontaire. Elle marque notre grande dépendance à l’endroit d’un État paternaliste et assez peu démocratique.

Le masque obligatoire partout témoigne désormais de l’instrumentalisation bureaucratique de la science et de la santé publique à des fins de police des comportements. Et si le masque disparaissait là où il n’est pas nécessaire ?

La panique sanitaire qui s’est emparée de la population pourrait disparaître, et toute la stratégie gouvernementale de mise entre parenthèses arbitraire de la normalité s’effondrer. On comprend qu’Olivier Véran et Jean Castex ne soient pas pressés de revenir sur la question du masque obligatoire en lieux ouverts…

Article initialement publié le 18 mai 2021.

  1. Quand il est devenu à nouveau disponible…
Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.