Covid-19 : pas de lien entre taux de vaccinations et baisse des cas

vaccine BY VCU Capital News Service(CC BY-NC 2.0) — VCU Capital News , CC-BY

Un nouvel article paru dans le European Journal of Epidemiology a analysé 168 pays et 2947 comtés américains, et a révélé que des taux de vaccination plus élevés n’étaient pas associés à une diminution des cas de Covid-19.

Par Jon Miltimore.
Un article de la Fondation for Economic Education

Vendredi, le San Francisco Chronicle a publié un article indiquant que la Californie a l’un des taux de cas de Covid-19 les plus bas des États-Unis, même si le taux de vaccination du Golden State est en retard par rapport à de nombreux États qui luttent actuellement contre le variant delta.

Le Chronicle rapporte :

Un exemple clair est celui des États de la Nouvelle-Angleterre, le Vermont et le Maine. Relativement protégés du pire des poussées précédentes de la nation, ils ont lutté contre le variant delta, qui a fait monter en flèche leurs taux de cas.

En fait, le Vermont a le taux de vaccination le plus élevé du pays. Selon les données de la Mayo Clinic, 99,9 % des personnes âgées de 65 ans et plus sont entièrement vaccinées et 74 % des personnes âgées de 18 à 64 ans le sont également.

Pourtant, comme le souligne le Chronicle, malgré son taux de vaccination élevé, le Vermont a récemment établi son record de cas sur une seule journée par rapport à la durée de toute la pandémie. Et au 1er octobre, le taux moyen de cas sur sept jours pour 100 000 personnes y était de 30, soit trois fois plus que dans la région de la Baie.

Ce que les vaccins font et ne font pas

Les scientifiques s’accordent généralement à dire que les vaccins contre le Covid-19 sont très efficaces pour réduire le risque de développer des symptômes graves pouvant entraîner une hospitalisation et la mort.

Leur efficacité à réduire la transmission du virus reste cependant un sujet de débat, en particulier depuis que les CDC ont publié en juillet des résultats montrant que les personnes vaccinées continuent de contracter le virus, de le transmettre et de porter autant de particules virales dans leur gorge et leurs voies nasales que les personnes non vaccinées lorsqu’elles sont contaminées.

Si les scientifiques admettent que les vaccins ne peuvent pas empêcher la transmission, beaucoup soutiennent qu’ils la réduisent quand même.

Selon les épidémiologistes de Johns Hopkins M. Kate Grabowski et Justin Lessler dans The Daily Beast :

Nous sommes convaincus que la vaccination contre le Covid-19 réduit les chances de transmission du virus.

D’autres scientifiques en sont moins sûrs et une nouvelle étude suggère que leur scepticisme pourrait être justifié. L’étude publiée le mois dernier dans le European Journal of Epidemiology, une revue médicale mensuelle avec comité de lecture, a examiné 68 pays et 2947 comtés des États-Unis et a conclu que des taux de vaccination plus élevés ne sont pas associés à moins de cas de Covid.

Au niveau du pays, il ne semble pas y avoir de relation discernable entre le pourcentage de la population entièrement vaccinée et les nouveaux cas de Covid-19 au cours des 7 derniers jours, ont conclu les chercheurs. En fait, la ligne de tendance suggère une association marginalement positive, de sorte que les pays dont le pourcentage de la population entièrement vaccinée est plus élevé ont plus de cas de Covid-19 pour un million d’habitants.

Au niveau du comté, les chercheurs ont déclaré qu’il « ne semble pas non plus y avoir de signal significatif de diminution des cas de Covid-19 avec des pourcentages plus élevés de population entièrement vaccinée. »

Les résultats ne suggèrent pas que les gens ne devraient pas se faire vacciner. Encore une fois, il existe des preuves solides démontrant que les vaccins réduisent le risque de réaction symptomatique grave au Covid-19. Ce que la recherche suggère, cependant, c’est que les vaccins sont avant tout une question de santé personnelle, et non de santé publique.

C’est précisément ce qu’a récemment suggéré le Dr Jay Bhattacharya, professeur de médecine qui étudie l’épidémiologie à Stanford. Il a noté que la recherche indique que les vaccins ARNm produits par Pfizer et Moderna offrent une protection individuelle importante – Bhattacharya attribue son propre rétablissement rapide du Covid-19 au vaccin – mais ne contribuent pas à l’immunité de groupe ou à l’amélioration de la santé publique.

Chaos planifié

Les résultats publiés dans le European Journal of Epidemiology contribuent à expliquer pourquoi des États américains tels que le Vermont et le Maine connaissent des flambées massives de cas malgré leurs taux de vaccination élevés. Les experts en santé publique soulignent également que la Californie présente des niveaux d’immunité naturelle beaucoup plus élevés que ses homologues de l’Est, rapporte le Chronicle.

Mais cela n’explique pas pourquoi tant de personnes continuent à affirmer que les vaccins réduisent la transmission du virus et offrent une protection aux individus – malgré une abondance de preuves (empiriques et anecdotiques) du contraire.

Une explication peut être trouvée dans une observation de l’économiste Ludwig von Mises. Celui-ci a fait remarquer qu’une grande partie des conflits dans le monde moderne est une lutte pour savoir qui le conçoit, les autorités ou les individus. Comme l’a dit Mises, nous pouvons avoir soit « le processus démocratique du marché, dans lequel chaque individu a sa part, [soit] la règle exclusive d’un organisme dictatorial ».

Si se faire vacciner est simplement une question de santé individuelle, il existe peu de raisons pour que les planificateurs, comme Mises les désignait, exercent un contrôle sur le public. Cela reviendrait à exiger des individus qu’ils se fassent enlever des tumeurs cancéreuses au nom de la santé publique.

Mais si le fait de ne pas se faire vacciner constitue une menace pour la santé publique ou pour la société, alors les planificateurs centraux ont une bonne raison, sinon une justification valable, d’exercer un contrôle sur la société.

En d’autres termes, les preuves qui montrent que la vaccination covid concerne principalement la santé individuelle vont à l’encontre de la raison d’être des planificateurs, qui est d’exercer leur emprise sur la société.

Mises affirme dans Planned Chaos :

Ce que ceux qui se disent planificateurs préconisent n’est pas la substitution d’une action planifiée à l’abandon des choses. C’est la substitution du propre plan du planificateur aux plans de ses semblables. Le planificateur est un dictateur potentiel qui veut priver tous les autres individus du pouvoir de planifier et d’agir selon leurs propres plans. Il ne vise qu’une chose : la prééminence absolue exclusive de son propre plan.

Ludwig von Mises est une lecture obligatoire pour ceux qui essaient de comprendre pourquoi, pour la première fois dans l’histoire moderne, les responsables de la santé publique tentent de combattre un virus respiratoire en contraignant des personnes en bonne santé à prendre les mesures souhaitées – et dans de nombreux cas à perdre leur emploi et leurs libertés fondamentales s’ils ne le font pas.

Traduction Justine Colinet pour Contrepoints

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