La crise du Coronavirus ou la fin du libéralisme  

L’Occident ne serait-il pas passé à un nouveau stade de développement post-démocratique et illibéral sous l’impulsion chinoise ?

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Life in the Times of Corona BY Matthias Berg(CC BY-NC-ND 2.0)

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La crise du Coronavirus ou la fin du libéralisme  

Publié le 14 mars 2021
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Par Julien Plouchart.

L’inefficacité initiale de la Chine a été mise en évidence par l’absence de respect de normes sanitaires avec la probable diffusion du coronavirus à partir du marché de Wuhan, l’opacité d’un régime mise en relief par la volonté de faire taire les lanceurs d’alerte par l’incarcération de médecins chinois et enfin l’apeurement des autorités locales devant la diffusion du virus, principale cause de l’absence d’alerte transmise au pouvoir central.

Janvier-mars 2020 : la réinvention du régime chinois

Cette ineffacité a mis en exergue les archaïsmes persistants de cette dictature communiste.

La lutte chinoise contre le virus a ensuite été perçue comme un moyen amélioré de contrôler la population chinoise : le recours au confinement a permis à la fois la mise en œuvre de technologies de surveillance de la population, la mise en avant du pouvoir central et la mise au pas des volontés d’autonomie locale, accélérant la réalisation d’un totalitarisme technologique.

Enfin, la relation chinoise au virus a été mise au service d’une stratégie d’affaiblissement de l’Occident : le manque de communication initial sur le virus a favorisé sa propagation massive par les liaisons aériennes extérieures ; le récit d’un affrontement titanesque entre le pouvoir chinois et le virus a abouti à la diffusion massive d’images d’un confinement total et de la construction d’un hôpital géant par les médias occidentaux.

Cela a été à la source d’une peur mondiale à destination principale de l’Occident. Le résultat pour la Chine a été le renforcement de son modèle de régime autoritaire à moyen terme.

Mars-avril 2020 : le renoncement de l’Occident face au virus

Le recours à des confinements dans les pays occidentaux dont la dureté des mesures dépendait à la fois de l’état des systèmes hospitaliers, de la préparation sanitaire, du nombre initial de morts et aussi de la nature plus ou moins autoritaires des régimes a été le résultat d’une reprise mimétique de la nouvelle doctrine sanitaire chinoise et d’une peur panique liée à l’imagerie de la pandémie.

Cette situation s’est traduite par une politisation de la médecine où on pouvait noter l’apparition d’une parole médicale officielle et son corollaire, l’instauration d’un régime médiatico-sanitaire.

La mise à l’arrêt du modèle libéral des économies et des sociétés s’est traduite dans un certain nombre de pays par l’étatisation de l’économie, la suspension des libertés de circulation, de réunion.

Elle s’est accompagnée d’un  paternalisme sécuritaire lié à la propagation médiatique massifiée du discours officiel et au pouvoir accru des forces de l’ordre débouchant sur un régime sécuritaire et autoritariste.

Septembre-décembre 2020 : la métamorphose occidentale

L’incapacité à élaborer une stratégie corrélée à l’absence de réflexion sur une prise en charge médicale adaptée, sur un système éducatif résilient, sur la reprise sécurisée des liaisons aériennes, sur une articulation raisonnée du diptyque testing et isolement a entraîné la réactivation édulcorée mais durable du contrôle de la population, que ce soit au niveau des comportements, des déplacements et même des opinions.

Le processus de généralisation d’une nouvelle conception sociétale dont les maîtres mots étaient la soumission de l’individu symbolisée par l’imposition du masque poussée à l’absurde, l’atomisation de la société avec la suspension des libertés de circulation et de réunion et la fermeture indéfinie des lieux de sociabilité et d’acculturation a accompagné la réalisation d’un régime médiatico-policier.

Ce dernier a démontré l’hybridation autoritaire des régimes démocratiques occidentaux aux principes désormais médico-sécuritaires et non plus libéraux.

Depuis janvier 2021 : le risque de la fin du libéralisme occidental

La concentration économique traduite à la fois par la domination renforcée des secteurs de l’économie médicale et de l’économie numérique et l’affaiblissement concomitant des petites et moyennes entreprises au profit de multinationales peut aboutir à une concentration oligopolistique des ressources et au renforcement d’une oligarchie mondiale.

Le contrôle de la société permis par l’encadrement des libertés, la réactivation régulière de technologies de manipulation et le renforcement de la composante sécuritaire du pouvoir étatique entraîneraient un empiètement durable de la sphère privée par la sphère publique, signe d’une tentation totalitaire.

Enfin, la convergence entre intérêts oligarchiques et appareils étatiques au service d’une prétendue modernisation de l’économie aurait pour résultat la précarisation de la société avec la disparition de la petite entreprise au profit de grands groupes et l’effacement du salariat devant le précariat et l’assistanat.

La crise du coronavirus entre dimensions spectaculaire et manipulatoire

Cette crise du covid aura été marquée par sa dimension spectaculaire.

La mort liée au covid est rendue omniprésente tout d’abord avec les images de malades en réanimation et de tombes fraîchement creusées ; puis avec les chiffres d’entrées en réanimation et de mortalité du covid donnés régulièrement ; et la transformation des médecins en prêtres d’une nouvelle religion du salut des corps sur les plateaux télé.

Le spectacle covidien a permis l’entretien d’une peur de la mort mise en œuvre par les pouvoirs et les médias. En Occident, le sentiment de terreur des populations lié à la médiatisation du terrorisme peut être remplacé par l’état de panique entraîné par la saturation cognitive de la thématique pandémique, en particulier par le biais d’un discours anxiogène et fantasmatique sur les vagues épidémiques.

Cette spectacularisation du coronavirus a débouché sur une mise en condition de la  population.

La manipulation continue du spectateur a été permise :

  • d’une part par la diffusion massifiée des déclarations de l’élite politico-administrative et des autorités sanitaires sur les médias audiovisuels avec pour résultat le discrédit et la marginalisation de la réflexion de médecins indépendants et de citoyens engagés.
  • d’autre part par le recours à des artifices de raisonnements tels que la mise en avant d’une causalité et non d’une corrélation entre confinements et contaminations, voire l’usage d’une pensée prélogique comme la croyance dans le couvre-feu.

Le processus de manipulation de la population mis en œuvre par le pouvoir permet de rendre irresponsables les dirigeants et de reporter la responsabilité sur les individus.

La culpabilisation de la population aura permis l’association entre les comportements individuels et la progression de la maladie et rendu possible l’application contraignante des principes de précaution et de responsabilité individuelle.

Le contrôle que veut s’arroger l’État sur l’individu s’est logiquement accompagné de la mise en avant par les autorités publiques d’une idéologie à la fois hygiéniste avec la tentation d’interdiction de l’alcool ; antisociale avec la réduction des contacts sociaux ; anti-intellectuelle avec le rejet de la critique et du débat ; et anti-spirituelle avec l’essentialisation de la consommation matérielle.

En fin de compte, il est à craindre que l’autoritarisme sanitaire qui repose sur un spectacle manipulatoire d’une maladie soit la modalité appropriée d’exercice pérenne du pouvoir par une élite bureaucratique en rendant par l’absence de débats toute véritable alternance politique illusoire et impossible.

En ce cas, l’Occident ne serait-il pas passé à un nouveau stade de développement post-démocratique et illibéral sous l’impulsion chinoise ?

 

Voir les commentaires (17)

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  • Merci pour cet article, dont le vocabulaire est un peu compliqué, mais qui résume parfaitement la situation. Une épidémie instrumentalisée par le pouvoir pour instaurer un nouveau mode de contrôle des populations.
    Il manque néanmoins une dimension importante : l’argent. Le Covid est, pour certaines entreprises (pharma, informatique…) une occasion en or de faire des profits gigantesques.
    L’instauration d’une dictature médiatico-sanitaire est parfaitement compatible avec le capitalisme de connivence.

  • Peut-être suis-je trop optimiste, mais je pense qu’au contraire cette crise agit au niveau de la société comme un vaccin contre l’illibéralisme.

    • Puissiez vous avoir raison !

      (Dieu vous entende, pour les croyants)

      • je penche hélàs plutôt du côté de machin.
        le socialisme sanitaire en place depuis des décennies ne pouvait, confronté à cette épidémie, produire autre chose…..que du socialisme sanitaire.

    • Le problème de cette dictature sanitaire c’est qu’elle va assez vite arriver à court de morts.

    • Soyez sans illusion M. cachou42 et voyez plutôt le site du Forum Economique Mondial de Davos https://www.facebook.com/weffrancais/videos/257587018835289/ qui annonce un « GREAT RESET » pour un capitalisme plus juste et plus écolo mais qui se garde bien de dire comment. Si vous y croyez, rappelez vous qu’Einstein disait « ON NE RESOUD PAS UN PROBLEME AVEC LA CONSCIENCE DE CEUX QUI L’ON CREE »

  • D’un autre côté, le liberalisme occidental est surtout un liberalisme économique, et s’octroie aussi une bonne part de suppression de la liberté des individus.
    Le contrôle des données perso est depuis longtemps le fer de lance des liberaux privés pour favoriser la consommation obligatoire.
    Ce que vous qualifiez de libéralisme, n’est en fait qu’une deregulation qui autorise les grandes firmes a mettre en place leurs propres lois totalitaires.

    Les états ne font qu’utiliser des armes déjà présentes, fournies par le libéralisme.

    Dans les deux cas, le bénéfice pour l’individu n’y est pas, bien au contraire, le rêve de contrôle des uns est aussi celui des autres.

    Ça fait toujours mal quand on se fait piquer ses jouets…

    • C’est là qu’il devient criant que nous manquons de vocabulaire car nous devrions avoir des mots différents pour dire des réalités différentes. Le mot libéralisme est utilisé pour dire une chose et son contraire. Les débats a propos du libéralisme prouvent au moins une chose : la pauvreté de notre langue. Je finis par me sentir en prison dans une langue aussi sommaire en voie d’être une langue morte. Comment pouvons-nous poursuivre un processus de civilisation avec une langue aussi limitée!

      • Rassurez vous, ce n’est pas un problème de vocabulaire, mais une volonté marketing (un élément de communication).

  • Je renonce à me prononcer tant que le Covid ne sera pas revenu à un niveau épidémique de type grippal. Soit quelques milliers de morts et des services de réa non saturés. Voire moins dans l’hypothèse où ce coronavirus ne provoquerait plus que des rhumes, comme les 4 autres.
    Nous pourrons alors constater si certaines mesures sont abandonnées ou non, si le pass(epport) vaccinal est maintenu (s’il a été créé), si la vaccination est devenue obligatoire, s’il subsiste encore des contraintes sociales, voire un discours alarmiste…
    Si cela subsiste en l’absence même de risque, alors il sera évident que nos sociétés auront vu baisser, encore, leur niveau de libéralisme…

    • Mon commentaire va certainement paraître cynique à certains, mais on devrait voir pour ainsi dire « mécaniquement » le nombre de morts diminuer rapidement vu que tous les individus âgés, fragiles, malades, ont en grande majorité été victimes du virus. Si le taux de mortalité reste soutenu dans les mois qui viennent, il risque d’être surtout dû aux nombreux suicides et pathologies hors covid non prises en charge depuis plus d’un an. Quant à qualifier un suicidé de mort du covid ( ou avec), j’espère qu’ils n’oseront quand même pas! Quoi que?

    • Le Covid serait déjà revenu, et depuis longtemps, au niveau d’une grippe si on avait soigné les malades comme à l’IHU de Marseille: un taux de létalité inférieur d’un facteur 3 environ à celui de la région parisienne.
      Et si, lors des 30 dernières années, les énarques n’avaient pas saboté l’hôpital systématiquement. Cf. l’excellent livre « Blouses blanche, colères noires » de Bernard Kron.
      Demandez-vous pourquoi l’Allemagne a 3 fois plus de lits de soins intensifs que la France.

  • Je lisais il y a peu que la victoire de Biden était celle des chinois…à creuser…jusqu’ en Chine!

  • il ya des tas de points sur les quels je suis en accord, mais je ne peux pas m’empêcher de me poser quelque questions telles la spectacularisation, ce genre de terme traduit une volonté voire un projet, de lapart de qui d’ailleurs, le fait est que la mayonnaise n’a pris le vinaigre et l’huile ne se sont pas émulsionnés..
    on a , le semble t il, une masse média / gouvernement une autre dissidente/france soir ..et la population partagée..
    avec des débats surréalistes.. grave/ pas grave..

    oui donc les liberté en danger mais aussi une réaction..

  • « La concentration économique traduite à la fois par la domination renforcée des secteurs de l’économie médicale et de l’économie numérique et l’affaiblissement concomitant des petites et moyennes entreprises au profit de multinationales peut aboutir à une concentration oligopolistique des ressources et au renforcement d’une oligarchie mondiale. »
    Cette partie économique est difficilement tenable : il y a confusion entre l’effet de réseau dans l’univers numérique qui engendre un phénomène classique du « The First Take All », et parallèlement la mondialisation qui favorise les économies d’échelle, d’expérience et les synergies de partage au niveau des firmes. Ces deux phénomènes sont indépendants de la crise actuelle.

    • Pour être plus précis, c’est « The Winner Take All », ce qui signifie que la répartition du marché dans l’économie numérique s’opère selon les critères du cygne noir (livre célèbres qui rebat les cartes de la répartition statistique observable quant à divers phénomènes.

  • Article pénible à lire. On y apprend des choses, mais il faudrait que l’auteur réfrène un peu son amour des substantifs. Le « processus de généralisation », ça s’appelle tout simplement… la généralisation. Sujet + verbe + complément, c’est encore ce qu’il y a de mieux pour se faire comprendre.

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