Les libertés ne sont plus un droit mais une concession du pouvoir

« Les inconvénients de la liberté, même chèrement payés, ne l’emporteront jamais sur ses avantages, puisque c’est elle et elle seule, qui soutient la vocation de l’homme ».

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Les libertés ne sont plus un droit mais une concession du pouvoir

Publié le 4 janvier 2021
- A +

Par Francis Richard.

« Sans la liberté il n’y a rien dans le monde. » Chateaubriand

Depuis vingt ans François Sureau constate que les Français s’habituent à ce que l’air de la liberté se raréfie et que l’édifice de l’État de droit conçu pour la garantir, par beau comme par mauvais temps, s’effrite de plus en plus.

Dans sa jeunesse, tout le monde s’accordait encore sur les grands principes – ceux de la Déclaration des droits – qui semblaient établis pour l’éternité, même si, exceptionnellement, des entailles y étaient pratiquées :

« La règle paraissait être celle des jésuites : péchez, mais du moins ne corrompez pas les principes ».

Les temps sont difficiles, dit-on, pour justifier les lézardes :

« Les temps sont toujours difficiles pour ceux qui n’aiment pas la liberté ».

Ce n’est pas une surprise de la part des gouvernants, c’en est une de la part des citoyens.

Est-ce au moins efficace ? Même pas :

« La demande de sécurité relève de l’évidence et n’est pas illégitime. C’est la réponse des États qui est surprenante, en ce qu’elle échoue toujours, la diminution des libertés n’entraînant aucun bénéfice en ce qui concerne la sûreté ».

Qu’il s’agisse de la loi anticasseurs du 10 avril 2019, de la loi organisant la répression des fausses nouvelles en période électorale ou de la loi visant les discours de haine sur internet, le constat d’inversion des valeurs est le même :

« Les libertés ne sont plus un droit mais une concession du pouvoir ».

Est abandonnée « cette idée simple que penser n’est pas agir, que dire n’est pas faire, qu’avant l’acte criminel il n’y a rien ». Un contrôle social de plus en plus rigoureux, exercé conjointement par acteurs publics et privés, en résulte.

La liberté a un prix. Le refuser, c’est en faire peu de cas. L’accepter, c’est rester fidèle à cette idée que la contradiction, fille aînée de l’inquiétude ontologique, est le plus sûr aiguillon pour bâtir, siècle après siècle, une société meilleure.

Le citoyen seul a qualité pour juger de l’emploi qu’il fait de sa liberté. L’État n’a pas à s’arroger le rôle de tuteur de celui-ci, supposé défaillant dans son intelligence et donc dans ses choix. Aucune loi ne peut légitimement le lui conférer :

« Cette société du paternalisme étatique a pour conséquence que la liberté d’autrui ne nous concerne plus ».

L’idéal des libertés est remplacé par le culte des droits : « Au tourniquet des droits, chacun attend son tour ». Au lieu de garantir les droits naturels, l’État n’a désormais d’autre fonction que de garantir les désirs de chacun et de châtier l’autre.

Le résultat est mirifique :

« Nous avons réussi le prodige d’asservir le citoyen en diminuant dans le même temps l’efficacité de l’État, sans améliorer pour autant la qualité de la représentation : c’est à la fois Kafka et Oblomov, le sapeur Camember et Courteline, les chambres au sens propre introuvables et le cabinet noir ».

François Sureau ne désespère pas, à condition de comprendre que « les inconvénients de la liberté, même chèrement payés, ne l’emporteront jamais sur ses avantages, puisque c’est elle et elle seule, qui soutient la vocation de l’homme ».

À défaut, « nous devrions préférer la simple licence, la pulvérisation de l’idée de liberté en cent images irréconciliables, sa diffusion en mille comportements opposés, plutôt que ce que l’ordre social nous promet : la dictature de l’opinion commune »…

Article initialement publié en janvier 2020.

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  • « Le citoyen seul a qualité pour juger de l’emploi qu’il fait de sa liberté. »

    heu , tout dépend du citoyen et a quoi on l’a formé !
    La liberté est un concept consubstantiel de la responsabilité!
    et l’etat fait tout pour rendre le citoyen irresponsable a des fins idéologiques fumeuses, associées a des prébendes que lui confère le pouvoir !
    un citoyen irresponsable ne doit pas etre libre! c’est clair!
    C’est le citoyen qui devrait etre responsable de sa vie en matière de revenus , de famille, de progression sociale , de protection sociale, de comportement..en France rien de cela ne lui appartiens plus..
    C’est l’etat qui gère la totalité de ces paramètres, donc le citoyen irresponsable de ses actes ne peut plus etre libre!
    la liberté ça a toujours été cher! en france çà fait longtemps qu’on en a perdu le gout au profit d’une consommation imbécile

  • Que vient faire la consommation dans cette histoire de liberté ?
    Les souffrants du complexe de supériorité voudront toujours limiter la liberté de ceux qu’ils considèrent comme « irresponsables ». Ces derniers devant seulement assumer leurs actes irresponsables.

    • he bien les français votent pour plus d’assistance de l’etat pour protéger leur « pouvoir d’achat » que pour plus de liberté

      • Dans les faits nous perdons tous du pouvoir d’achat, puisque impôts et taxes ne cessent d’augmenter, pendant que les prestations offertes en contrepartie diminuent drastiquement. Donc non, ce n’est pas la consommation l’enjeu !

  • C’est juste la conséquence habituelle et prévisible du socialisme.

    Le socialisme ne pouvant se concevoir que par la dictacture et la contrainte, rien de bien étonnant.

    Mai je suis optimiste et je fait entierement confiance aux français pour nous sortir de cette impasse socialiste….en votant socialiste….

  • La lliberté est évidemment liée à la responsabilité mais comme disait Rabelais :  » …point de liberté sans éducation… » .
    J’ajouterais point d’éducation sans famille .

    • c’est un stratagème..il y aurait donc une bonne et une mauvaise éducation..alors tout devient simple…..

      non question de valeurs partagées..
      sans valeurs largement partagées et infrangibles point de société.
      tu ne vole spas, tu ne tues pas… cetc…si cela constitue l’education alors ça va..sinon..

    • le monde se distingue donc entre ceux qui ont une éducation et ceux qui n ‘en n’ont pas..

      alors allez y dites ce qu’est l’éducation…

  • Mais les français en majorité n en veulent pas de la liberté,ils en ont meme oublié le gout,tout ce qu ils veulent c est etre protégé de tout par un état nounou,beaucoup d avantages sociaux et surtout toujours plus d argent gratuit des autres( car de toute façon comme je l entends souvent autour de moi  » l argent il y en a,il ny a qu à prendre à ceux qui en ont » ),ne pas prendre de risques et il voudraient en plus ne pas payer trop d impots ni payer trop cher tout ce qu ils achétent!!Bref,le beurre ,l argent du beurre et le sourire de la crémière…Ah oui et j ai oublié surtout ne pas trop travailler, »profiter » comme ils disent…Et puis l école en en fait des décérebrés,incultes,sans vocabulaire(ils ne connaissent plus le sens des mots)sans raisonnement ni sens de l analyse ou quelque profondeur de penséeque ce soit,ils n en sont pas à réflechir au sens du mot liberté…ou quel sens donner à sa propre liberté!

    • Oui j’avoue que la compagnie récente des neveux, jeunes adultes, prompts à répéter tels des perroquets ce que dit BFM et n’ayant absolument pas creusé ou cherché à se renseigner sur ce qui était dit chez moi (le contraire d’eux) m’a stupéfiée… pas un seul « mais pourquoi tu dis ça ? »…

  • Comme d’habitude, après avoir lu les commentaires et les commentaires des commentaires, j’insiste sur deux œuvres que TOUS les participants à ce forum, comme la majorité des français AURAIENT DU LIRE, et s’ils ne l’ont pas encore fait, IL EST TEMPS DE LE FAIRE afin de se rendre compte TOUT CE TEMPS PERDU EN RESTANT INACTIFS:
    1- LE MEILLEUR DES MONDES de notre défunt ami Aldous Huxley…..
    2- 1984 de ce fameux « Grand FRERE », George ORWELL

    ET c’est tout! Avec cela j’ai tout dit, tout commenté et surtout tout constaté!!!!!!!

    • On pourrait ajouter le Discours sur la servitude volontaire. En plus il y a de l’humour dedans (si on a les références) et c’est pas très long à lire

  • Suite à quoi, on peut aussi se reporter, pour celles et ceux que cela pourrait intéresser, à un article intitulé : RESISTANCE Les forces de la Liberté, publié par le Réseau International.

    https://reseauinternational.net/resistance-les-forces-de-la-liberte/

  • Churchill aurait pu le dire: vous aviez le choix entre la liberté mais sans la sécurité et la sécurité mais sans liberté , vous avez choisi la sécurité mais vous perdrez les deux!

  • «L’idéal des libertés est remplacé par le culte des droits»

    Intéressant, mais n’est-ce pas inévitable dans « l’édifice de l’État de droit» ?

    • Il n’y a pas de liberté sans droits !
      A ceux qui en douteraient, relisez la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, base de notre Constitution. Hormis le titre et le préambule, le mot droit(s) y est présent 12 fois !
      L’histoire même de cette révolution politique est la conquête de nouveaux droits de la population par rapport au féodalisme et à l’absolutisme, et leur consécration dans un texte fondateur.

      • s’il n’y a pas de liberté sans droit , il n’y a pas non plus de droit sans devoir ce que vous semblez ignorer !!!! et je crois que c’est ce que veut dire l’expression  » culte des droits  » !!!!

  • Il y a bien longtemps que les français préfèrent l’égalité (égalitarisme) ou prétendue telle à la Liberté. Et la bureaucratie en profite allègrement.

  • Pour s’en convaincre il suffit de réécouter le discours de Macron fustigeant les individus libres et prônant la société solidaire (comprendre socialisée)

  • Simple, pour les élites occidentale, l’avenir c’est la Chine. Quel bonheur ça doit être de gouverner ce pays.

  • Les commentaires sont fermés.

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