Conseil de défense : face à l’arbitraire, le veto

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En réponse à l’arbitraire d’un État toujours plus obèse et incapable de gérer quelque crise que ce soit, la meilleure solution est le droit de veto. 

Par Sabine Lula.

Le mois d’octobre a mal fini et le mois de novembre a mal commencé : faits divers toujours plus sordides, hystérie sanitaire et reconfinement, crise économique et récession, 2020 sera de bout en bout une bien mauvaise année.

Néanmoins, cela nous démontre une nouvelle fois une caractéristique propre à l’État, avec toujours plus de clarté : l’État est le pire gestionnaire existant et rien de ce qu’il fait ne peut avoir des conséquences positives, encore plus sur le long terme. Et plus on s’en détache, mieux c’est.

La nécessité du regard critique sur le « pouvoir démocratique »

En ces temps troublés, la population est de plus en plus reléguée au statut de spectateur impuissant, et tout son pouvoir de décision, hormis le vote de temps en temps, lui a été retiré. Une fois les politiciens élus, le citoyen honnête n’a plus aucun moyen de faire respecter sa volonté.

Ce problème inhérent à la démocratie (« Je suis du groupe A, nous sommes plus de 50 %, nous pouvons imposer toutes nos décisions, même les plus pernicieuses, aux membres du groupe B ») est de plus en plus visible aujourd’hui : le seul pouvoir des citoyens étant le vote, on doit alors se contenter de voter pour quel bourreau viendra nous couper la tête.

Car une fois au pouvoir, les politiciens n’ont en effet que très (trop) rarement des comptes à rendre aux concitoyens qu’ils bafouent au quotidien, en les écrasant par des charges toujours plus importantes pour financer des contreparties toujours plus maigres.

Chaque crise est une opportunité pour l’administration de croître et d’aspirer un peu plus d’énergie vitale, que ce soit par la législation ou le recours à des mesures arbitraires. Et la crise interminable du Covid-19, couplée au risque terroriste et à l’insécurité croissante en France, est une occasion à ne pas manquer.

La crise est en effet un prétexte royal pour court-circuiter le peu de pouvoir décisionnaire qu’il reste aux citoyens : se réunir en Conseil de Défense – un recours auquel on fait normalement appel uniquement en temps de guerre – permet d’imposer de nouvelles mesures contre les honnêtes gens, sans une seconde s’attaquer à la racine du problème – qu’ils ont dans la majorité des cas eux-mêmes causé.

Une communauté saine chercherait à ce que la majorité de ses membres soit autonome sur le plus d’aspects possibles, notamment d’un point de vue économique, ou d’un point de vue défensif. Or, une société gouvernée par un État fort cherche à affaiblir sa population pour qu’elle dépende toujours plus de lui et n’ai plus les moyens de contester ses mesures, ou de se révolter face à son pouvoir arbitraire : en d’autres termes, pouvoir dire non.

Conseil de défense : plutôt que le droit de vote, le droit de veto

Le vote est donc la principale chimère de la démocratie : on nous donne le droit de choisir qui nous gouverne, ils ont la mission de nous représenter, mais nous n’avons ensuite plus aucune influence sur les lois promulguées, ou sur les mesures qui nous sont imposées.

Face à cette mascarade qu’est le droit de vote, il nous faut trouver une alternative garantissant le pouvoir décisionnaire du citoyen. La réponse la plus évidente semble donc le droit de veto.

Étymologiquement, veto signifie littéralement « Je m’oppose ». Avoir de nouveau un outil pour s’opposer aux décisions arbitraires que veulent nous imposer un monopole de justice et de législation serait le premier pas vers la liberté individuelle.

Bien évidemment, comme tout ce qui remet en question leur monopole décisionnaire, l’État et ses sbires voient d’un très mauvais œil cette initiative. Comme Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris, considérant que le veto est un obstacle à la puissance publique.

C’est justement parce que ce droit, pourtant essentiel à toute société civilisée, fait si peur à l’administration qu’il est urgent de tout faire pour le récupérer. Sans lui, aucune chance de pouvoir retrouver une indépendance vis-à-vis du monopole étatique qui nous est imposé depuis bien trop longtemps.

Sans veto, nous resterons tributaires de son bon plaisir : « Tu n’as plus le choix. Voilà tout Big Brother résumé. » comme nous l’écrit Laurent Obertone dans son tout dernier livre Éloge de la Force.

Ce n’est pas au Conseil de défense de décider comment nous devons faire face à la crise sanitaire, ni comment il faut régler le problème terroriste en France, bien que les solutions soient plus évidentes pour régler le second que le premier. Ce n’est pas à une poignée d’individus d’imposer leurs volontés à tout un pays.

C’est à chacun d’être responsable, d’accepter en toute conscience ou non ce qu’on lui propose. Que chaque individu bénéficie de ce droit fondamental qu’est celui de dire non. Mais il ne faut plus compter sur un monopole arbitraire pour espérer régler des problèmes qu’il a lui-même créé, ou c’en est fini de la liberté.

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