Hystérie covidienne : toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort

Bear by Barry Cruver (CC BY-NC-ND 2.0) — Barry Cruver , CC-BY

Tout est mis en œuvre pour criminaliser encore davantage le citoyen honnête et le rendre responsable des difficultés du pays en ce temps de crise sanitaire.

Par Sabine Lula.

Couvre-feu obligatoire, collaboration pour dénoncer les dissidents, restrictions toujours plus sévères des déplacements et même reconfinement, tout est mis en œuvre pour criminaliser encore davantage le citoyen honnête et le rendre responsable des difficultés du pays en ce temps de crise sanitaire.

Dans un pays où des individus à peine majeurs peuvent vous décapiter parce que vous avez montré des dessins ou êtes allé à l’église, la dernière idée pour redresser le pays est de renforcer, encore et toujours, le flicage des honnêtes citoyens.

Si l’on savait déjà que la lutte contre le Covid-19 tendait vers l’hystérie collective, l’exécutif, désireux de gommer de l’esprit collectif ses politiques désastreuses de mars, tente par tous les moyens de redorer son image de leader infaillible.

L’échec systématique de l’État dans tout ce qu’il entreprend

Les entreprises et initiatives privées furent en effet les meilleures dans la lutte contre le coronavirus : rappelons-nous comment Décathlon a proposé d’envoyer ses masques de plongée aux hôpitaux qui les transformaient en respirateurs de fortune, ou encore quand LVMH a converti ses unités de productions de parfum en un temps record pour produire gel et masques en grandes quantités.

Ces démarches, parmi tant d’autres, n’ont fait que mettre en lumière l’incompétence chronique des États, et plus particulièrement de l’administration française. Or comme leur pouvoir tient sur leur image, si celle-ci s’écroule, ils ne sont plus légitimes pour gouverner.

Une des principales raisons de cette faillite systématique de l’État est le fait que sortir des clous administratifs le terrorise. Des écoles vétérinaires proposent de conduire des milliers de tests chaque jour pour aider les laboratoires à faire des dépistages de masse ? Grand Dieu non, cela va à l’encontre de la loi n°2013-442 du 30 avril 2013 interdisant le traitement de produits humains par les organismes vétérinaires.

Chercher et tester des traitements, et s’ils marchent les généraliser sans plus tarder pour sauver des vies et désengorger les hôpitaux ? Court-circuiter l’ANSM, vous n’y pensez pas, on risquerait d’être efficaces.

Une efficacité quelconque des actions étatiques étant exclue, il ne leur reste plus que la chimère, et si celle-ci se dissipe, le recours à la terreur. Vous sortez de chez vous sans vous désinfecter les mains, ou vous allez boire un verre ? Vous êtes un criminel. Vous avez le sang de milliers de personnes sur les mains, car vous ne voulez pas obéir. Honte à vous.

Criminalisation des honnêtes citoyens : la seule arme qu’il reste à l’État

Mercredi 28 octobre à 20 heures, Emmanuel Macron, se plaçant comme toujours en bon petit Père des Peuples, a demandé aux Français de se serrer la ceinture, d’accepter d’être séquestrés « au moins jusqu’au 1er décembre », et surtout de ne pas avoir l’impolitesse d’oser élever la voix contre eux, les bienveillants dirigeants ne pensant qu’à leur bien.

Soyez sympas, payez bien vos impôts, ne vous révoltez pas, restez devant la télévision, et peut-être qu’on vous laissera revoir la lumière du jour avant Noël. Vous voyez, c’est simple.

Le principe de ce soudain renforcement des mesures anti-Covid est de pouvoir empêcher les gens de dire une nouvelle fois que le gouvernement n’a rien fait, ou n’a pas agi à temps, comme ce fut le cas en mars – au point où certains ministres ont été menacés de poursuites judiciaires.

Mais faire n’importe quoi pour qu’on ne puisse pas vous accuser d’être resté les mains dans les poches, ça ne change pas que l’on fait n’importe quoi.

Suite au discours de Macron, le pire est à craindre : les citoyens soucieux de leurs libertés se verront encore une fois criminalisés pour oser remettre en question ces mesures arbitraires. On risque de voir à nouveau une flambée d’appels provenant de corbeaux, trop heureux de balancer leur voisin faisant un barbecue en famille au nom de leur « devoir civique ».

À cette ambiance qui nous rappelle l’âge d’or français des années 1940, il ne manquait plus grand-chose : nous avons déjà le couvre-feu, le suivi des déplacements, les dénonciations anonymes, et si on ajoutait quelque chose de plus folklorique encore ?

Des programmes vétérinaires ont été lancés pour dresser des chiens normalement chargés de dépister de la drogue ou des explosifs, à détecter l’odeur que provoque le Covid dans la transpiration des malades. Ce procédé ayant déjà fait ses preuves pour certains cancers aurait en effet un taux de réussite « entre 95 et 99,5 % selon le chien » d’après le professeur Grandjean de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, soit serait encore plus efficace et moins coûteux qu’un test PCR.

Cette démarche commence à en séduire certains, notamment les clubs sportifs ou des EHPAD, et est soutenue par des entreprises comme Royal Canin et LVMH. Mais si l’on avait de bonnes raisons d’encourager les chiens détecteurs de maladies – et pas seulement pour le Covid-19 – il faut se méfier d’une récupération potentielle par l’administration, ou d’une obligation arbitraire de généraliser ces contrôles canins avant d’entrer dans les lieux publics.

Obliger chacun à subir un contrôle semblable à une descente de police anti-drogue comme un repris de justice, alors que le seul tort est de sortir de chez soi, voilà qui nous éloignerait toujours plus d’une société libre.

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