Les vérités sur la Covid-19 et la gestion de crise

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À cause du prolongement du confinement, les conséquences de la paralysie des soins non-Covid ont été graves pour les autres malades : infarctus, embolies, péritonite,…

Par Bernard Kron.

L’épidémie est en train de repartir sans que l’on sache si ce rebond sera grave… alors portons les masques.

Le ministère de la Santé savait, de par la position de certains de ses membres, que les stocks de masques FFP2 n’avaient pas été renouvelés en 2014 sous le ministère de Marisol Touraine.

Le ministère a par la suite déclaré que : « les masques ne servaient à rien ! ». Il s’inscrivait ainsi dans la continuité d’Agnès Buzyn. Après cela, 40 % des internes en médecine ont été contaminés ainsi que des milliers de soignants.

La saturation des services de réanimation par les cas graves a démontré la faiblesse de la préparation des hôpitaux, et a obligé la réquisition des cliniques. Cela a a entraîné la paralysie pour les autres soins, retardé plus d’un million d’actes de chirurgie et occasionné des morts par occlusion ou péritonite.

Le président Macron a chargé le nouveau ministre du Plan hôpital 2022 car il reconnaît lui-même que celui-ci n’était pas à la hauteur. Ce sera le Ségur de la Santé. Les manifestations des soignants ont repris depuis le mois de juin pour peser sur les décisions, car celles-ci sont loin de régler la crise hospitalière.

La sortie du confinement

Le gouvernement a déclenché, au début du mois de mars, le Plan Blanc maximal avec le confinement. Il avait ordonné aux hôpitaux et aux cliniques d’annuler toutes les chirurgies non-urgentes pour accueillir le maximum de malades du coronavirus. Pour cela, ils disposeront de « tous les moyens financiers nécessaires ». Le ministre de la Santé avait déclaré : « J’ai demandé aux agences régionales de santé d’annuler sans délai toute activité programmée dans tous les hôpitaux du pays. »

Dès lors, ce fut la paralysie des soins non-Covid à cause du prolongement du  confinement. Les conséquences ont été graves pour les autres malades : infarctus, embolies, péritonites, perte de chance pour les cancers traités par d’autres moyens que la chirurgie.

En France, pour retarder au maximum la propagation du virus on comptait sur le confinement. Espérer une acquisition progressive d’une immunité collective ne sera donc pas possible. Atteindre, in fine et rapidement une immunité de groupe était donc utopique.

Cette sortie a été étalée dans le temps, car nous n’avions pas encore les armes pour les traitements, les tests et des masques en nombre suffisant.

Les tests immunologiques permettraient de savoir si les malades asymptomatiques contaminés seraient immunisés. Tester tous les autres pour les isoler le temps qu’ils ne soient plus contagieux serait une mission difficile. Il faudra par ailleurs des dizaines de millions de masques chaque jour pour éviter que l’épidémie ne reparte à l’automne.

Déjà, le nombre d’hospitalisations est à la hausse.

La reprise des soins médicaux non-Covid

Depuis la mise en place du Plan Blanc le 13 mars, 85 % des 7,2 millions d’interventions chirurgicales programmées chaque année en France ont été reportées, soit près de 1,1 million d’actes. Il en résulte des risques d’aggravation dus au retard de prise en charge, non seulement en oncologie mais également dans les autres disciplines.

Des tests fiables sont obligatoires pour reprendre les soins afin de ne pas exposer inutilement les soignants, en organisant des circuits séparés Covid et non-Covid. La mortalité des malades atteints de la Covid en cas de chirurgie est très importante et expose également le personnel soignant.

Il était à craindre que si ce virus disparaissait avec l’été, de nouvelles vagues reviennent ou qu’il reste endémique. Il faudra peut-être alors s’habituer à porter un masque en sortant de chez soi comme c’est le cas en Asie.

Peut-être que l’immunité croisée donnera une immunité suffisante comme c’est le cas pour la plupart des enfants peu contaminés et peu contaminants. Les tests salivaires donneront des résultats plus rapides que les tests PCR, mais seront-ils suffisamment fiables ?

Il faut donc rester extrêmement vigilant.

On sait que garder ses distances, porter un masque dans les espaces clos et se laver les mains sont les gestes de base pour ne pas diffuser la maladie. La mise en quarantaine peut être limitée à 7 jours car au-delà seulement 10 % des malades peuvent être contagieux. Tester tout le monde est une bêtise car les délais s’allongent. De plus, il existe des faux positifs et un test positif peut être le fait de reliquats du génome du virus mort.

Alors prudence, pour que les services de réanimation puissent rester disponibles pour les patients non-Covid.

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