Et donc, la France n’a jamais été en rupture de masques…

Man wearing face mask by Marco Verch Professional(CC BY 2.0) — Marco Verch Professional, CC-BY

Dans la logique officielle, il n’y a jamais eu de rupture de masques, puisque les masques, c’est 18 par semaine pour les soignants et que ça ne sert à rien !

Par Olivier Maurice.

La France a baigné pendant un mois et demi dans l’abondance de masques. Pendant un mois et demi nous avons pu en trouver partout. Pendant un mois et demi, tous les Français étaient équipés de masques, on ne voyait que des visages masqués dans les rues, dans les supermarchés, les pharmacies, les salles d’attente des médecins de ville…

Et donc, la fédération du commerce et de la distribution mentirait, en indiquant que pendant le confinement, les enseignes de grande distribution n’avaient pas le droit de vendre de masques.

Pendant un mois et demi, tous ces médecins qui criaient partout au manque de masques, tous ces chefs de services d’hôpitaux qui ont mis leurs stocks de masques sous clef, et tous ces petits malins qui se sont livrés au trafic, tous ces pharmaciens qui ont été condamnés pour avoir vendu des masques alors que cela était interdit… n’ont jamais existé.

Comme nous n’avons jamais manqué de lits d’hôpitaux, que les malades n’ont jamais éte contraints de voyager en TGV à l’autre bout de la France, comme il n’a jamais manqué de tests, de matériel médical, comme les industriels de la parfumerie et de l’automobile ne se sont jamais reconvertis en urgence pour fabriquer du gel, des visières, des respirateurs, des maques… comme personne n’a jamais bricolé pour essayer de remplacer le matériel manquant en utilisant des imprimantes 3D et en confectionnant des masques avec des chaussettes (propres)…

Ce qu’a peut-être voulu dire Emmanuel Macron, c’est que les médecins n’ont jamais manqué de masques, ils en ont eu en quantité suffisante pour en changer toutes les heures, ou toutes les deux heures en fait : un médecin ou une infirmière travaillant 35 heures par semaine (surtout en période d’urgence épidémique), et en changeant de masque toutes les deux heures, il lui faut 35/2 = 17,5 masques.

Dans sa grande largesse, l’administration a fait en sorte qu’il reçoive 18 masques par semaine…

Bon, c’était sans penser aux problèmes de stock et d’approvisionnement. Mais ça, c’est accessoire, l’important ce sont les chiffres : 35 divisé par deux et arrondi au chiffre supérieur, cela fait 18. Donc 18 et le problème est réglé : l’administration a fait le bon calcul et nous n’avons donc jamais été en rupture de masques !

La preuve : depuis que le virus ne circule quasiment plus, il y a des masques partout !

Et ceci d’ailleurs contre l’avis officiel, parce que les masques « qui n’ont jamais été en rupture » ne servent à rien dans la rue, ils sont « totalement inutiles » ; c’est même mal ! Il faut les réserver aux soignants et aux malades, car ils sont « une denrée rare » – Profitons-en pour faire la leçon aux pinailleurs de tout poil : si c’est rare, cela ne signifie pas qu’il en manque, mais juste qu’il y en a pas beaucoup.

En fait, tout se tient : dans la logique officielle, il n’y a jamais eu de rupture de masques, puisque les masques, c’est 18 par semaine et que ça ne sert à rien !

Ça ne sert à rien dans les EHPAD pour protéger les personnes les plus vulnérables.

Ça ne sert à rien et c’est pour cela que la France n’a jamais été en rupture, sauf que quand elle a voulu s’en procurer en Chine, il n’y en avait plus car le monde entier (et plus spécifiquement les méchants impérialistes américains avec leurs gros dollars) s’était rué sur les masques « qui ne servent à rien » et étaient prêts à les payer à prix d’or.

Au fait, étions-nous en guerre contre le virus, ou contre les autres pays pour l’appropriation des diamants de la pandémie : les masques ?

Dans toute cette histoire, le plus triste c’est l’impunité totale dont semblent continuer à bénéficier les protagonistes :

  • ceux qui en réquisitionnant les masques en stock ont encouragé la pénurie.
  • ceux qui ont déployé une énergie incroyable, non pas pour aider les gens, mais en multipliant décrets et interventions médiatiques pour imposer leur vérité et combattre les hérésies.
  • ceux qui continuent, contre toute évidence, à nier leur responsabilité et les dramatiques conséquences de leurs décisions.

Que retiendrons-nous de toute cette histoire ? Les masques, les tests et le paracétamol « tant que vous pouvez encore respirer » : la panique, la paralysie et l’incroyable énergie qu’a déployé le gouvernement pour ne jamais changer d’avis et maintenir envers et contre tous qu’il avait raison.

On retiendra surtout que bien d’autres pays ont géré bien mieux que nous cette épidémie, en particulier la Suède et les pays libéraux d’Asie, qui ont traité leurs citoyens en adultes et leur ont fait confiance : pas de confinement, pas de restriction des libertés, pas de shut-down économique …

Non seulement, au vu des chiffres et des conséquences des politiques mises en œuvre, la France se place clairement dans le peloton des pays où les choses se sont le plus mal passées, mais de plus le pouvoir continue à penser que les Français sont suffisamment stupides pour ne pas s’en rendre compte.

Enfin, il le pense, ou il essaye de s’en persuader : plus que jamais, il devient urgent de remettre l’État à sa place.

 

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