Ségur de la santé : quel est le plan de Castex pour sortir de l’impasse ?

Capture d'écran YouTube AFP-Jean Castex — Youtube AFP,

La désintégration du système est-elle inéluctable ? Peut-être pas si on accepte de faire marcher le système sur ses deux jambes, libérale et hospitalière.

Par Bernard Kron.

Notre nouveau Premier ministre table sur « la mise en place d’une synergie des acteurs publics, privés et des mutuelles » mais aussi sur « le changement de statut des hôpitaux avec davantage d’autonomie ».

Les ARS et les GHT et les CPTS comme nombre d’agences de santé entretiennent malheureusement la pléthore administrative qui échappe à tout contrôle, même celui des ministres.

Le reste à charge zéro voulu par Emmanuel Macron est possible mais il y aura toujours une contrepartie à payer, qu’il s’agisse de la baisse de la qualité ou de l’augmentation du prix des mutuelles. Celle-ci pourrait dépasser 10 % du prix des cotisations.

Le médecin assis derrière son écran consultera le DMP et la réponse informatisée au questionnaire complété sur l’ordinateur du consultant. Ce schéma de médecine déshumanisée me semble peu crédible.

La désintégration du système est à craindre avec la persistance de la pandémie.

Trois groupes d’acteurs : les patients, les médecins et l’État ne sont pas sur la même longueur d’onde.

Ce que veut le patient

Certes être guéri mais si possible sans délais et sans séquelles, sans cicatrice et sans erreurs.

Grâce au web il sait tout et peut tout contester sans frais sur le plan médico-légal si cela ne se passe pas bien ! Cela pervertit tout le système.

Ce que veulent les jeunes médecins

Dormir et bénéficier des mêmes congés et RTT que les autres citoyens.

Profiter des week-end et des vacances et ne pas travailler plus de 45 heures par semaine !

Gagner sa vie mais profiter de sa famille, partager sa responsabilité avec les autres soignants et être professionnellement reconnus.

Par quelle perversion notre métier considéré comme un sacerdoce en est-il arrivé là ? Pourquoi le patient, censé être notre objectif central, est-il devenu virtuel ?

Par le fait des règlements, de la judiciarisation et de la dilution des responsabilités à travers les réunions de concertations, des études randomisées, des accréditations et certifications diverses !

Ce que veut l’État

Il veut gérer la pénurie et limiter les dépenses grâce à la robotique, à l’informatique et aux datas mais sa bureaucratie étouffe le système de santé. « Dégraisser le mammouth » comme l’ont fait les Québécois est la solution !

La toute-puissance du big data, l’intelligence artificielle et la e-santé seront des chevaux de Troie, des ogres modernes qui feront exploser notre modèle.

La désintégration du système est-elle inéluctable ? Peut-être pas si on accepte de faire marcher le système sur ses deux jambes, libérale et hospitalière.

Quelles solutions pour restaurer notre système de santé ?

Si nous revenions tout simplement en arrière quand nous étions numéro un en mariant la qualité et le modernisme ? On va m’accuser d’être passéiste voire réac !

  • simplifier la gouvernance doit être est une priorité tant à l’hôpital que dans les régions ;
  • changer le cursus médical de fond en comble : repenser les études de médecine avec un vrai externat formateur. En huit ans seraient formés d’excellents médecins de famille ;
  • nommer de vrais internes par concours donc viser l’excellence.

L’avenir est en effet prometteur : les nanotechnologies et les thérapies géniques nous annoncent des progrès fantastiques.

Des nanorobots viendront apporter au niveau de la cellule des traitements contre le cancer ou des protéines pour pallier les déficiences des gènes.

Grace à la cartographie du génome les thérapies géniques permettront de prévenir nombre de pathologies voire même le vieillissement !

La vie éternelle, l’Homme de 1000 ans est-il pour demain comme le souhaitent les transhumanistes ?

Les nouvelles épidémies dont la Covid n’est que le prémisse nous en font douter.

N.B. : l’avenir du système de soins a fait l’objet d’une émission sur Sud Radio que vous pouvez écouter en podcast sur sudradio.fr.

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