La dérive de l’antiracisme est une imposture de la pire espèce

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Prétendre que la France serait un foyer de racisme qui se ferait au moyen de la violence policière et de discriminations institutionnelles est une imposture de la pire espèce.

Par Alain Laurent.

C’est entendu : colonialisme et racisme, esclavagisme sont de pures abominations. Et l’on peine à imaginer que jusque dans un passé proche, ils aient pu non seulement être pratiqués mais que la prétention à prendre possession d’une contrée et de ses habitants historiques ou à juger que ceux-ci étaient des êtres inférieurs transportables et exploitables à merci ait pu être légitimé.

Mais prétendre qu’en France, nous en serions encore hypocritement là et que cela se ferait au moyen de la violence policière et de discriminations institutionnelles est une imposture de la pire espèce.

Cette imputation actuellement si déclamée et bénéficiant de la complaisance des médias du politiquement correct relève d’une manipulation intellectuelle de grande ampleur : c’est bien plutôt d’une violence infligée à la vérité et la liberté au nom d’un prétendu antiracisme hystérisé qu’il s’agit.

La grande manipulation : et les violences anti-policières ?

Sur le plan des faits, l’actuelle incrimination de la police s’inscrit dans un contexte ancien de dégradation générale des mœurs marquée par la croissance exponentielle de faits impensables il y a une trentaine d’années : toujours plus d’incivilités, d’impunité et d’agressions délibérées envers les forces de l’ordre.

Dans certaines banlieues requalifiées de quartiers populaires ou sensibles, en réalité des enclaves de non-droit parfois en sécession, les policiers ne peuvent intervenir pour réprimer la violation des « règles de juste conduite » (Hayek) sans être violemment attaqués.

En particulier depuis 2016, pas une manifestation (grèves, Gilets jaunes) ne se passe sans que la simple présence de policiers et gendarmes ne déclenche insultes (« suicidez-vous ! »), jets de pavés et cocktails Molotov, barricades incendiées, pillages et parfois lynchages de personnels à terre : comment alors s’étonner que les agressés se dégagent, au besoin assez rudement (dernier exemple édifiant en date : la fin de manifestation des soignants aux Invalides le 16 juin).

Puis est venue l’accusation de racisme systémique à l’initiative d’un « comité Traoré » défendant un délinquant au passé judiciaire chargé et qui se rebellait, décédé dans des circonstances troubles – une mort attribuée au seul fait qu’il aurait été Noir !

Désormais, la coupe est pleine, tout rapprochement avec la situation américaine est aussi grotesque qu’abject et il faut rétablir la vérité : les bavures policières (rarissimes mais soigneusement montées en épingle) commises par des brebis galeuses touchent autant des personnes non-issues de minorités visibles que celles qui ne disposent d’aucun droit à ne pas être interpellées.

La plupart du temps, les policiers ne font que riposter à des violences dont manifestants et délinquants prennent l’initiative, ce qui ne peut se faire sans recourir à l’usage de la force.

Il faut enfin tordre le cou à la fake news voulant que la confiance ne régnerait plus entre la police et les citoyens, qui adhéreraient massivement au mot d’ordre des black blocs, « tout le monde déteste la police » : selon un récent sondage Odoxa, 76 % d’entre eux ont « une bonne opinion » de la police. En vérité, policiers et gendarmes sont eux aussi des « héros du quotidien », et quand ils ne sont pas là, place à la guérilla armée inter-tribale comme à Dijon entre le 13 et le 15 juin.

Qui sont et que veulent les prétendus  antiracistes ?

Comme est instructive la composition de la nébuleuse des contempteurs du racisme et de la violence policière : y voisinent indigénistes identitaires, islamistes de l’anti-islamophobie, offensés perpétuels, antifas (en fait des fascistes rouges), idolâtres de l’Autre, antilibéraux du NPA, des Verts et de la France Insoumise, flagellants de la repentance ne demandant qu’à s’agenouiller et intelligentsia du gauchisme multiculturel renforcés des habituels idiots utiles du showbiz.

Autant de courants idéologiques communiant dans le collectivisme, communautariste ou politico-économique, avides d’imposer anti-démocratiquement leur loi et d’en finir avec le capitalisme dont la police serait la servante zélée : leur commun anticapitalisme viscéral est à noter.

Leurs armes ? L’injection d’une « culpabilité raciale collective » (Rand) dans une société dévorée par la haine de soi, la généralisation abusive à outrance : une poignée de policiers sont en effet violents et racistes, donc toute la police est par essence raciste et violente.

Mais aussi la chasse aux sorcières, en censurant ce monument de la littérature qu’est Autant en emporte le vent, stigmatisant les grandes figures du passé européen décrétées esclavagistes et colonialistes, déboulonnant leurs statues (Colbert, Churchill, de Gaulle) et exigeant d’éradiquer leurs noms de l’Histoire, en occultant soigneusement l’existence d’un colonialisme esclavagiste arabo-musulman.

Et alors que l’on croyait bannis le mot et l’idée de race, cette engeance ressuscite les termes de Noir et Blanc dans un racialisme vindicatif vitupérant rageusement de supposés « privilège blanc » ou « suprémacisme blanc ».

De ce pseudo anti-racisme, adepte d’une terrifiante police de la pensée et pourfendeur de la liberté d’expression, le grand libéral Jean-François Revel avait dès 1999 dans La fin du siècle des ombres révélé la vraie nature :

« On se demande souvent quelle idéologie va remplacer le socialisme. Mais elle est déjà là, sous nos yeux : c’est l’antiracisme […] Comme toutes les idéologies, celle de l’antiracisme se propose non de servir ceux qu’elle prétend délivrer, mais d’asservir ceux qu’elle vise à enrôler […] Agissant par la terreur et non par la raison, cet antiracisme fabrique plus de racistes qu’il n’en guérit […] L’antiracisme idéologique, qu’il faut soigneusement distinguer de l’antiracisme effectif et sincère, attise les divisions entre les humains au nom de leur fraternité proclamée. »

Et c’est à Ayn Rand qu’il est revenu de voir dans le vrai racisme, celui qui sévit encore actuellement aux USA : « la forme la plus abjecte et la plus brutalement primitive du collectivisme. C’est le fait d’accorder une importance morale, sociale ou politique à une lignée génétique à laquelle un homme appartient, et de croire que ses traits intellectuels ou caractérologiques sont héréditaires […] Le racisme est la doctrine des brutes, conçue par et pour elles. C’est une version du collectivisme pour éleveur de bétail capable de différencier diverses races d’animaux, mais pas les animaux des hommes. »

Et de conclure :

« Il n’y a qu’un seul antidote au racisme : la philosophie individualiste, et son corollaire politico-économique, le capitalisme de laissez-faire. » Car « la plus petite minorité sur terre est l’individu » (« Le racisme », septembre 1963).

Soit tout l’opposé de l’antiracisme collectiviste qui tient présentement le haut du pavé !

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