Faut-il censurer « Autant en emporte le vent » ?

Autant en emporte le vent est à la fois le summum d’un sud illusoire et une reconnaissance de sa défaite complète face aux forces de la modernité libérale.

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Faut-il censurer « Autant en emporte le vent » ?

Publié le 14 juin 2020
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Par Nick Gillespie.
Un article de Reason

Nous vivons une époque de censure avec des contenus potentiellement choquants coupés par des fournisseurs nerveux et des gens virés pour des décisions éditoriales qui auraient provoqué peu ou pas d’indignation voici à peine quelques mois.

La série de télé-réalité Cops (flics) qui existait depuis longtemps a été supprimée suite aux nombreuses manifestations au sujet de George Floyd, tué par un policier, et le New-York Times a saqué le responsable de sa page opinions après qu’il ait publié une tribune controversée du Sénateur républicain de l’Arkansas Tom Cotton.

Elmer Fudd a été dépouillé de ses armes dans une nouvelle saison des dessins animés Looney Tunes diffusés par HBO Max, un nouveau service de streaming payant qui a aussi retiré de son programme Autant en emporte le vent, le film de 1939 qui détient le record absolu du nombre d’entrées payantes en Amérique.

La direction de HBO Max a déclaré dans un communiqué :

Ces représentations racistes c’était mal à l’époque et c’est mal aujourd’hui, et nous avons eu le sentiment que garder ce titre au programme sans explication et sans dénoncer ces représentations serait irresponsable.

L’annonce est arrivée un jour seulement après que John Ridley, qui a gagné un oscar pour le scénario de 12 Years a Slave (2013), ait pris la parole dans les pages opinions du Los Angeles Times en demandant que le service « veuille bien retirer ‘Autant en emporte le vent’ de son programme de films ».

Selon lui :

[Le film] glorifie le sud d’avant-guerre. C’est un film qui, lorsqu’il n’est pas en train d’ignorer les horreurs de l’esclavage, ne le fait que pour perpétuer certains des pires stéréotypes des gens de couleur. C’est un film qui,  faisant partie du récit de la « cause perdue », dépeint avec romantisme la Confédération d’une manière qui persiste à légitimer la notion que le mouvement sécessionniste était quelque chose d’autre ou mieux, quelque chose de plus noble que ce qu’il était vraiment – une insurrection sanglante pour conserver le « droit » de posséder, vendre et acheter des êtres humains.

Et avec tout ça, Ridley insiste sur le fait qu’il « ne croit pas à la censure » :

Je voudrais juste, après qu’un bon moment soit passé, que le film revienne sur la plate-forme d’HBO Max avec d’autres films qui donnent une image plus vaste et plus complète de ce qu’ont vraiment été l’esclavage et la Confédération.

Il n’y a pas de raison de mettre en doute la sincérité de Ridley à propos de la censure. De plus, sa description d’Autant en emporte le vent est exacte. Le roman, publié en 1936, ainsi que le film représentent l’apogée de la renaissance culturelle sudiste du début du XXe siècle dont ont fait partie le roman objectivement pro-Ku Klux Klan The Clansman ainsi que le film qui en a été tiré, Naissance d’une nation (qui détenait le record de recettes en Amérique avant Autant en emporte le vent).

Ce qui est plus étrange c’est que Ridley se soit focalisé sur une plate-forme jeune et relativement petite. Le film est encore disponible en streaming ou à l’achat sur Youtube, Vudu, Google Play, iTunes et Amazon (qui vend aussi plusieurs éditions du roman, qui figure au palmarès des œuvres de fiction les plus appréciées et les plus vendues de l’histoire américaine).

Mais Autant en emporte le vent, aussi bien le livre que le film, a posé de graves problèmes dès sa création. Ou, plus précisément, leur immense popularité qui se maintient encore aujourd’hui a posé de graves problèmes et, de diverses manières, nous faisons face à des difficultés avec le racisme plus ouvertement aujourd’hui qu’à aucun moment depuis le milieu des années 1960.

Au lieu de le mettre au placard pour l’instant – HBO Max a signalé qu’il diffuserait le film à nouveau dans un avenir non précisé, après avoir mis en place une critique et un contexte appropriés – je défendrais plutôt le point de vue que c’est le moment idéal de mettre en perspective la représentation furieusement fausse sur le plan historique, quoique toujours populaire, d’esclaves heureux et bien traités dans Autant en emporte le vent avec des films tels que 12 Years a Slave ou Django unchained qui mettent en avant la brutalité physique et la torture qui faisaient cette étrange institution.

Pourquoi David O. Selznick, fils de Juifs lituaniens, s’est-il autant investi dans la reconstitution d’un monde d’avant-guerre qui aurait certainement été hostile à ses propres ancêtres ? Pourquoi des personnes telles que ma mère, née en 1927 dans une famille pauvre d’immigrants italiens, se sont-elles identifiées à Scarlett O’Hara, la fille gâtée et chouchoutée d’un propriétaire de plantation ? Comment pouvons-nous supporter le fait que tant d’œuvres culturelles de notre pays se complaisent dans d’affreux et répugnants stéréotypes de race et de genre, souvent d’une manière dont nous sommes à peine conscients ? (Essayez de lire Gatsby le magnifique en repérant son antisémitisme et sa peur des Noirs et des immigrants, par exemple).

Dans « Gone With the Wind: The Feminization of the Anti-Tom Novel (Autant en emporte  le vent : la féminisation du roman anti-Tom) », un essai de la collection What Was Literature? parue en 1982, le critique littéraire Leslie Fiedler élève le roman alimentaire de Margaret Mitchell au statut d’œuvre d’art tout en dénonçant sa représentation d’une Amérique explicitement raciste qui n’existe plus.

Il avance que Mitchell, « héritière littéraire » du suprémaciste blanc indéfendable Thomas Dixon, n’a fait que reprendre le grand roman américain anti-esclavage « La case de l’oncle Tom » en créant le personnage de Scarlett qui, pour le meilleur ou pour le pire, est tout aussi emblématique que le Capitaine Achab, Natty Bumpo ou Hester Prynne. Secouer son emprise sur l’inconscient collectif américain est peut-être une décision de bonne gestion de la part de HBO Max mais il faudrait comprendre pourquoi cette emprise persiste si on veut s’extraire de ce qui reste de racisme en Amérique.

Reconnaitre l’importance d’une œuvre ne signifie pas valider l’univers moral de son auteur (ou de son audience). Autant en emporte le vent est à la fois le summum d’un sud illusoire et une reconnaissance de sa défaite complète face aux forces de la modernité libérale.

À la fin du livre et du film Rhett Butler quitte non seulement Scarlett mais aussi l’Amérique parce que l’Atlanta de la reconstruction est « trop nouvelle pour moi, trop brute ». La hiérarchie de race et de classe qu’il a personnifiée et dans laquelle il a réussi a été remplacée par l’individualisme, le capitalisme et la possibilité de s’élever et de se réinventer permise par l’urbanisation.

À rebours des penchants de Mitchell, Scarlett est l’héroïne du livre car elle est la seule de ses personnages à s’adapter à un monde radicalement différent de celui qui l’a vue naitre.

Il y a des leçons à tirer d’un regard critique posé sur notre passé culturel, en particulier dans des périodes de tension et de conflit. Nous passons notre temps à policer notre discours et notre expression dans des domaines toujours plus nombreux. La tentation, quoique bien intentionnée et temporaire, de mettre la poussière sous le tapis est rarement une solution mais elle doit plutôt nous inciter à faire le bilan que nous aurions dû faire depuis longtemps.

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  • Je propose qu’on censure La Grand Vadrouille, qui loin de montrer les atrocités des nazis, les présentent au pire comme des benêts qui prêtent à rire. Et la 2e guerre mondiale comme une scène amusante où personne n’est gravement blessé, tué, torturé, ou envoyé dans les camps de la mort. Même les soldats s’en sortent tous gaiement.
    On continue ? La liste va être longue. Il nous restera Petit Ours brun.

  • livre remarquable. Bien plus complexe.

  • Faut-il censurer « Autant en emporte le vent » ?
    L’Idée même de censurer des œuvres de plus de 50 ans, n’a strictement aucun sens. Il n’est pas question ici de censure, ou de critique au sens noble du mot, mais de volonté de détruire, d’effacer, par de gens racistes, abrutis de haines idéologiques. ce sont les mêmes motivations que ceux qui ont détruit des statues millénaires en Syrie. Le mécanisme est simple, ces demeurés n’ayant rien a proposer, ne supportent pas que d’autres aient pu créer quelques choses, comme si le fait qu’un homme ait réussi faisait définitivement de l’ombre a l’humanité. La réalité c’est justement le contraire.

  • Faut-il censurer « Autant en emporte le vent » ?
    L’Idée même de censurer des œuvres de plus de 50 ans, n’a strictement aucun sens. Il n’est pas question ici de censure, ou de critique au sens noble du mot, mais de volonté de détruire, d’effacer, par de gens racist…., aveuglés de haines idéologiques. ce sont les mêmes motivations que ceux qui ont détruit des statues millénaires en Syrie. Le mécanisme est simple, ces demeurés n’ayant rien a proposer, ne supportent pas que d’autres aient pu créer quelques choses, comme si le fait qu’un homme ait réussi faisait définitivement de l’ombre a l’humanité. La réalité c’est justement le contraire.

  • Je ne pense pas que ce soit une décision de « bonne gestion » de la part de HBO. « Get woke, go broke ».
    La gauche qui hurle dans les médias mainstream et sur les réseaux sociaux est très loin d’être le monde et à chaque censure, à chaque statue abattue, à chaque provocation inacceptable, elle fait gagner des voix aux « deplorable » de la folle Clinton.
    Ils sont invisibles, s’informent sur la « fachosphère », dont ferait partie Contrepoints selon certains, ou en tout cas n’écoutent plus les vociférations rouge/brune de cette gauche.
    J’ai envie de croire qu’il y aura un retour de bâton, en espérant qu’il ne soit pas radical et antilibéral, mais je ne vois toujours rien venir pour l’instant. Un marqueur serait la réélection de Trump qui signifierait qu’effectivement les « deplorables » ont atteint une masse critique.
    Mais je pense aussi que si les gens sont globalement trop anesthésiés dans leur petit cocon ouatés pour réagir, nous aurons mérité ce qui va arriver; le monde de cette gauche est un enfer totalitaire de pauvreté, d’exclusion, de divisions et de conflits. Dans ce cas, le backclash aura peut-être lieu plus tard dans une véritable guerre civile.

    • A Guillaume P
      Tout à fait d’accord avec vous.
      Ce soit disant « racisme » n’est autre qu’une hystérie collective, exprimant une « émotion saine » (dixit « Castagnette ») qui exacerbera la population au point de la mener à la guerre civile. Nos clowns à roulettes jouent dangereusement avec les allumettes !

  • Juqu’où la connerie actuelle ira-t-elle?
    Comme Einstein, je n’y vois qu’une manifestation de la notion d’infini.

  • ceux qui veulent censurer sont des imbéciles finis, des ignares incapables de comprendre un film, cela en dit long sur leur niveau d’inculture et sur la taille de leur cerveau tout gros comme la cervelle d’un moineau.

  • En fait, il nous faudrait un vaccin contre la connerie. Big Pharma se ferait alors des Gold Balls !!!

  • Pour la mise à l’indexe de Autant en emporte le vent , je réitère ma question posée dans un précédent commentaire : l’humanité serait-elle devenue complètement débile ? Condamner une oeuvre littéraire -ou un film remarquable- se déroulant à l’époque de la Guerre de Sécession dénote d’un crétinisme sans borne. Il s’agit d’un ROMAN non d’une étude historique sur les conditions des esclaves dans les Etats du sud des US.
    Une fois de plus, les Etats Unis, se posent en chantre de la morale : il y a un siècle, la prohibition (1920-1933) engendra distilleries clandestines, guerre des gangs…etc… ; de 1950 à 1954, c’est le maccarthysme, hystérie « bien pensante » favorisant délation, l’inquisition, perte d’emploi…etc… ; aujourd’hui, serait-ce une nouvelle « chasse aux sorcières » sous couvert d’égalitarisme ? Générant quelles suites désastreuses ?
    Il était à espérer que de pareilles stupidités ne se répèteraient pas. Hélas, il est désespérant de constater le niveau culturel zéro de l’humanité mais surtout de ceux qui se prétendent être les « sachants » !

    • « L’humanité » est globalement saine. Comme toujours c’est une minorité, de gauche en l’occurrence et pour ne pas changer les habitudes, qui est en train de remettre le fascisme à la mode.

  • Dans un monde ou pour exister la tendance est plutôt de détruire que de construire, car c’est facile, ne nous étonnons pas.
    Une œuvre reste une oeuvre et comme toute œuvre elle peut discutable voir être contestée, mais pas effacée d’un trait de plume.
    L’œuvre en question s’inscrit dans un contexte et une époque et à mes yeux plus comme intention de raconter une histoire, montrer l’ambiance d’une époque dans laquelle sévissait un racisme prégnant dans une région particulière, ce qui et plus du ressort d’un fresque que d’une intention prosélyte.
    Lire Mein Kampf ou le Capital ne signifie pas que l’on veut adhérer à des idées mais juste que l’on veut comprendre ce qui a été la base des grands dérapages de l’histoire.
    Bien sûr chacun est libre de vouloir être sourd ou aveugle ou même les deux mais les oeuvres ou ouvrages, fussent ils des «lavements » font partis d’une documentation qui éclaire notre histoire et qu’il est bon de connaître pour entretenir son libre-arbitre.
    Sinon ne reste plus que les autodafés et nous en revenons à ce que disait Voltaire: la politique est un moyen donné à des gens sans scrupules de diriger des gens sans mémoire…

  • Est-on certain que la condition d’esclave au XIXème aux USA était de beaucoup pire que celle du prolétaire européen ? Enfants de 10 ans au fond des mines du nord de la France, mais cependant enviés par ceux qui n’avaient pas la chance de vivre dans des corons en dur, et bien chauffés l’hiver…
    Quand à la véritable cause de la guerre de Sécession, ce n’est pas l’abolition de l’esclavage -qui n’intéressait pas grand monde à l’époque-, ce fut le désir de domination économique du nord en voie d’industrialisation. Lee avait moins d’esclaves que Lincoln, lequel déclarait en 1854 : « Je dirai donc que je ne suis pas ni n’ai jamais été pour l’égalité politique et sociale des noirs et des blancs (…) il y a une différence physique entre la race blanche et la race noire qui interdira pour toujours aux deux races de vivre ensemble dans des conditions d’égalité sociale et politique(…) »

    •  » Quand à la véritable cause de la guerre de Sécession, ce n’est pas l’abolition de l’esclavage -qui n’intéressait pas grand monde à l’époque-,  »

      Au contraire, elle a eu son importance vu que l’esclavage permettait aux propriétaires terriens d’avoir une main d’oeuvre gratuite et que son abolition avait une conséquence économique négative non négligeable.

       » Lee avait moins d’esclaves que Lincoln, lequel déclarait en 1854 : « Je dirai donc que je ne suis pas ni n’ai jamais été pour l’égalité politique et sociale des noirs et des blancs (…)  »

      Lincoln peut-importe qu’il fut propriétaire d’esclave tout comme l’était George Washington. Mais les deux furent par la suite des abolitionniste de l’esclavagisme. Lincoln ne portait c’est vrai pas les noirs dans son coeur. Mais en abolissant l’esclavagisme il a quand même fait le premier grand pas pour que les noirs dans les états confédérés aient les mêmes droits que les autres citoyens américains. ça été long; mais ça été fait.

  • Plein de fois, j’écris « ILS SONT DEVENUS FOUS ». On peut écrire cela aussi à propos de décisions que prennent les autorités pour notre bien. On se demande à quoi ils pensent. Cabrel chantait « Est-ce que ce monde est sérieux? » On est dans la merde jusqu’au cou et tout ce que certains , pour, sans doute, dépenser des forces ou se faire remarquer ne trouvent rien d’autre que de jouer à des trucs pareils. Je propose qu’on ne lise plus et ne traduise plus « La guerre des Gaules » et que les Astérix soient revus et corrigés tant ils disent des méchancetés sur les autres. On est vraiment dans une période du n’importe quoi.

    • Ils sont fous ces français.
      CPEF

    • Déjà bien commencé, la première page d’Astérix « toute la gaule est occupée » a été supprimée parce qu’elle devait faire référence à l’extrême droite ou autre imbécilité du genre.

  • rien que la question pour un libéral est dénuée de sens, surtout avec le mot « censure » à l’intérieur..allons plus loin censurons tout ce qui a été fait depuis le début du cinéma, surtout les films en noir et blanc (pour nos amis asiatiques)

    • Aujourd’hui, pour les satisfaire, on peut coloriser. Changer la forme des yeux est moins facile. Mais, pour le moment, on ne les entend pas. et on ne les entendra pas. Ils sont plus malins que cela.

  • En classe de 3e, il y a plus de 50 ans, mon prof d’histoire nous avait résumé en deux phrases la guerre de Sécession :
    Elle a opposé le Sud, esclavagiste et libre-échangiste, au Nord abolitionniste et protectionniste. Le Nord a gagné.
    Louanges à ce prof qui avait tout dit, et si simplement que je m’en souviens encore !

    •  » Elle a opposé le Sud, esclavagiste et libre-échangiste, au Nord abolitionniste et protectionniste. Le Nord a gagné.  »

      Vous est votre ancien prof auriez préférez la victoire de l’esclavagisme? Le sud était libre-échangisme non pas par esprit libéral au sens européen du terme mais parce que les exportations notamment du coton était leur fond de commerce.

      • Je ne sais pas ce que mon prof aurait préféré, mais je sais parfaitement que ça m’a toujours frappé qu’on puisse mélanger dans les motifs de guerre les droits des humains et la rationalité économique.
        En y réfléchissant plus tard, j’ai surtout déploré une grande hypocrisie, nordiste hélas, vu que nombre d’Américains que j’ai connus n’étaient abolitionnistes que parce que c’est cela qu’il faut être, mais sans le moindre respect pour la personne humaine ou la liberté. Alors ne me dites pas que le Sud aurait été libre-échangiste pour de mauvaises raisons, c’est jeter le bébé avec l’eau du bain !

        •  » Alors ne me dites pas que le Sud aurait été libre-échangiste pour de mauvaises raisons, c’est jeter le bébé avec l’eau du bain !  »

          Ce ne fut pas pour de mauvaises raisons. dans l’absolu ce n’était pas immoral d’exporter et d’importer de matières premières.
          ( L’immoralité était l’esclavagisme Je dit juste que ce c’était leurs fonds de commerce et non par principe libéral. Moi je suis bien content que le nord ait gagné la guerre.

          Choisir entre l’abomination ( l’esclavagisme ) et la connerie ( le protectionnisme ) moi choix est vite fait.

           » j’ai surtout déploré une grande hypocrisie, nordiste hélas, vu que nombre d’Américains que j’ai connus n’étaient abolitionnistes que parce que c’est cela qu’il faut être, mais sans le moindre respect pour la personne humaine ou la liberté.  »

          Je sais bien que bien des abolitionnistes méprisaient les noirs. Lincoln les méprisait bien. Mais cette abolition qu’elle soit hypocrite ou non fut la première étape de l’affranchissement des noirs et des droits auxquels ils avaient droit. ça mis certes du temps pour reconnaître ces droits auxquels ils avaient droit surtout dans les états du sud. que serait-il passé si le sud l’avait emporté? Un régime de type sud-africain lors de l’apartheid envers les noirs sur tout le territoire américain qui aurait peut-être pris fin seulement dans les années 90?

          • Je vois bien ce que vous voulez dire, mais si on me propose le choix entre l’abomination et la connerie, je renverse la table : ceux qui ramènent le choix à cette alternative sont des monstres, voire des manipulateurs.

  • Ce n’est pas de la censure : c’est une décision de marketing, dans un milieu économique ( l’audio-visuel américain ) que vous aurez du mal à accuser de bolchevisme, malgré toute votre bonne volonté.
    Si HBO pensait une seconde perdre davantage d’argent en retirant ce film qu’en le gardant, il ne l’aurait pas fait.
    La décision est effectivement soumise à l’air du temps : et normalement c’est votre définition du commerce et de la liberté, non ?
    D’autant que ce film est lui-même le fruit de ce genre de décisions : un milieu, Hollywood, qui produit et ne valorise que ce qui rapporte financièrement, eclipsant, par intérêt, un champ formel immense sans que personne n’ait jamais songé à crier aux censeurs…
    Après avoir imposé partout son rythme, sa forme et ses moyens, grâce à sa puissance promotionnelle et aux joies de la concurrence « libre », aujourd’hui on se retrouve avec une industrie culturelle ultra-rentable et ultra-productive, mais dans un champ artistique qui n’a jamais été aussi formaté, aussi centralisé et, disons-le nettement, aussi pauvre en singularités.

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