« FAT ! » : comment l’État vous rend plus gras

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« Fat : A documentary », ou comment les recommandations officielles en faveur d’une alimentation à faible teneur en gras peuvent contribuer aux épidémies mondiales d’obésité et de diabète.

Par Brice Gloux.

Disponible depuis le 30 juillet, FAT : A documentary est – accrochez-vous — un documentaire sur le gras.

Plusieurs personnalités de l’univers du Low-Carb interviennent ici pour tenter d’expliquer comment une épidémie d’obésité et de diabète peut se propager dans le monde alors que se multiplient différents plans santé, propagandes nutritionnelles, régimes miracles et autres conseils minceurs.

Qu’ils soient journalistes, ingénieurs, médecins, chacun retrace les différents évènements qui ont abouti à une véritable diabolisation du gras dans nos sociétés en quelques décennies, tout en appuyant sur le rôle joué par les médias et gouvernements dans la diffusion d’idées erronées (comme par exemple celle qui stipule qu’il existerait un équilibre nutritionnel commun et qu’il comporterait un apport journalier de plus de 50 % de glucides).

Aussi, plusieurs expériences avec le cétogène sont présentées, remettant en cause les dogmes sanitaires sacrés. Par exemple, une première partie fait la part belle à Vilhjalmur Stefansson, ethnologue canadien qui étudia notamment les populations inuits au début du siècle dernier. En vivant auprès d’eux, il prit conscience qu’une alimentation 100 % carnée pouvait être viable. Remis en cause à ce sujet par les autorités scientifiques lors de son retour d’expédition, il entreprit alors avec un collaborateur de ne consommer que de la viande fraîche durant plusieurs semaines :  steak, rôti de bœuf, cervelle, langue et foie de veau. Le tout supervisé par plusieurs médecins à l’hôpital Bellevue de New-York. Pour Stephansson, « Un régime normal à base de viande n’est pas un régime riche en protéines », déclarait-il. « Les trois quarts de nos calories provenaient du gras. »

Dans la deuxième partie, il est plutôt question des faibles niveaux de preuves scientifiques qui soutiennent pourtant les recommandations officielles. L’inévitable adepte du cherry picking Ancel Keys est évidemment de la partie avec sa fameuse étude des Sept Pays, qui établit soi-disant la corrélation entre le pourcentage de gras ingéré et le nombre de décès par attaque cardiaque. Néanmoins, comme le rappelle le cardiologue Bret Sher : «Il n’existe aucune preuve crédible de haut niveau que les graisses saturées causent des maladies cardiaques. » D’ailleurs, le mois dernier, plusieurs chercheurs ont encore lancé un appel auprès de l’OMS pour repenser l’approche des recommandations alimentaires, qui condamnent entre autres ces graisses saturées, alors que rien ne soutient leur lien avec les affections cardiaques. 

Or, c’est à partir de cette fausse idée que s’est construit par exemple le fameux NutriScore que certains cherchent absolument à rendre obligatoire. Si leurs intentions sont bonnes, on ne peut que s’alarmer sur leur volonté de vouloir mettre en place un étiquetage obligatoire basée sur des connaissances pour le moins biaisées ou obsolètes. Selon eux, « la stratégie de nos opposants (au nutri-score) est de jeter le doute. »

Le doute est l’école de la vérité

Et bien évidemment qu’il FAUT DOUTER si l’on veut avancer ! Quand on observe le faible niveau de corrélation des études épidémiologiques qui soutiennent des initiatives se voulant obligatoires pour tous, on ne peut que douter ! Inversement, quand on observe les exemples, tout autour du monde, d’individus qui arrivent à se soigner, à simplement améliorer leurs conditions de vie et à performer sportivement (LeBron James, Zach Bitters, Christopher Froome, les All Blacks,  etc.) en mangeant essentiellement du gras, ou quand on observe les données scientifiques qui émergent peu à peu et montrant par exemple qu’il est possible de renverser le diabète de type 2, alors oui, on peut douter !

On peut, et on doit même douter quand certains décideurs ont donc l’idée de vouloir imposer un étiquetage sur les produits alimentaires.

Car si les intentions de départ son évidemment bonnes, le résultat sera catastrophique. Comme l’ont déjà été les précédentes actions gouvernementales. C’est en substance l’idée qui soutient la troisième partie du documentaire. Comme le dit le narrateur à propos de l’épidémie d’obésité : « Je pense qu’il est audacieux que le gouvernement puisse, à partir de preuves très faibles, dire aux gens ce qu’ils doivent manger. Est-ce que je pense que le gouvernement est responsable de ce problème ? Oui. Est-ce que je pense qu’ils voulaient le faire ? Absolument pas. »

Enfin, une dernière partie reprend l’idée qu’au delà de la guerre d’informations que se livre chacun des acteurs tenant de telle ou telle théorie, ce sont surtout des millions de personnes qui souffrent et meurent chaque jour à cause essentiellement d’une mauvaise alimentation et ce, malgré des milliards dépensés chaque année par les plans proposés par les différents gouvernements (ou plutôt vous, en fait). 

Car malheureusement, les chiffres sont alarmants :

– Plus d’1,9 milliard d’adultes sont en surpoids et plus de 650 millions sont obèses. La prévalence de l’obésité a presque triplé entre 1975 et 2016 ;

– 2,8 millions de personnes au moins décédant chaque année du fait de leur surpoids ou de leur obésité ;

– Plus de 41 millions d’enfants de moins de 5ans étaient en surpoids en 2016 ;

Et en France ?

Et la France n’est pas en reste, en attestent ces données :

Aussi, un rapport de 2018 pour la réflexion économique portant sur l’obésité en France, rappelle que l’obésité « est le premier facteur de risque de nombreuses affections critiques (…). S’ajoute à ces maux une souffrance psychologique intense, pouvant elle-même être à l’origine de maladies. »

Et estime par ailleurs l’excès de poids à un coût social de 20,4 milliards d’euros en 2012.

Pourtant, ce même rapport conclut aussi sur la nécessité d’imposer par le législateur l’affichage du Nutri-Score, alors que ce sont toutes ces politiques de santé publique qui sont en partie responsables des désastres sanitaires actuels. 

Il serait tout à fait légitime de douter de ces dernières affirmations, d’autant plus si vous ne vous sentez pas concernés directement par ces maladies. Cependant, les prélèvements obligatoires que vous subissez financent directement des études et des campagnes de propagandes basées sur des théories désormais largement dépassées.

Aussi, les chiffres montrent qu’indirectement vous connaissez nécessairement quelqu’un qui subit l’une ou l’autre de ces affections. Dès lors, Fat : A documentary fournit les différentes clefs pour qui souhaite démystifier les croyances nutritionnelles actuelles, et éventuellement, faire bouger les lignes.

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