5 fruits et légumes par jour ? Et 0 (pendant un an) ? Témoignage.

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On connait les recommandations officielles de manger 5 fruits et légumes par jour. S’appliquent-elles à tout le monde ? Témoignage.

Par Charles Boyer.

Rien de ce qui suit n’est à prendre pour un conseil ou une recommandation pour quiconque. Ne reproduisez pas cette pratique, ou tout bouleversement drastique de vos habitudes alimentaires sans effectuer des recherches sérieuses dignes de ce nom.

Ce mois de juillet marque pour moi une année complète depuis que j’ai cessé de manger des fruits et légumes. Pour être clair, si on m’en sert j’en mange un peu mais je les finis rarement. Pour 90 % de mes repas, je n’en mange aucun. Mon exception est environ 30 g par jour de chocolat 100 % cacao, mon petit péché. Ce que je mange est assez simple, surtout de la viande, en ne ratant aucune chance de manger des abats, du poisson et fruits de mer de temps en temps, du beurre (ou ghee), du fromage, des œufs.

Mes proches et bien des inconnus pensent que je suis fou et que ce que je fais est dangereux, particulièrement du fait que les recommandations officielles de santé préconisent de manger 5 fruits et légumes par jour.

La question qui revient sans cesse est celle des fibres. À cela ma réponse est double : premièrement mon transit n’a jamais été aussi parfait et régulier, et deuxièmement il n’existe aucune preuve scientifique du besoin de consommer des fibres.

Quelle mouche me pique de manger ainsi ? En fait c’est une étape dans un parcours qui a consisté à réduire puis abandonner la plupart des sources de glucides, comme je l’expliquais il y a déja presque 4 ans. En ce qui me concerne, cette dernière étape de douze mois dans mon alimentation de type LCHF/cétogène, a confirmé l’amélioration de ma santé, que ce soit mentalement, physiquement, et également de mon endurance.

Comme je continue de me renseigner assez intensément sur ce sujet, j’en suis arrivé il y a un an à la conclusion que je tenterais bien de passer à zéro glucides, car comme je l’ai écrit ci-dessus, j’en consomme encore jusqu’à 10 g par jour.

Mais qui donc fait une chose pareille ? Plus qu’on ne le pense, figurez-vous. Par exemple, pour le psychologue et conférencier Jordan Peterson cela a été le meilleur moyen de surmonter ses terribles dépressions ; et sa fille également, qui se trouve soulagée d’affreux maux chroniques subis depuis son enfance. Aucune science à ce propos. Tout ce qui est disponible aujourd’hui est une étonnante accumulation de témoignages anecdotiques. Nombreux sont ceux qui voient leur santé s’améliorer fortement après avoir adopté ce mode d’alimentation. Certains le font depuis des décennies.

Certains médecins le pratiquent et le recommandent, et parmi eux, le plus connu est Shawn Baker, ou la psychiatre Georgia Ede. Des recherches sur internet permettent d’en trouver d’autres.

Cette approche est-elle la meilleure pour tout le monde ? Certainement pas. En tout cas, rien ne permet de l’affirmer. Est-elle la meilleure pour moi ? C’est difficile à dire, elle est à mes yeux la meilleure que j’aie essayée, en tout cas à la lumière de tout ce que je peux constater.

Suis-je inquiet du lien entre viande et cancer ? Non. Pas pour moi-même. Pour quiconque d’autre, je n’ai aucune réponse à donner.

Suis-je inquiet de souffrir du scorbut ? Non. Aucun de ceux qui cessent de manger des fruits et des légumes ne semble touché par cette affection.

Ceci étant dit, mes analyses sanguines montrent un cholestérol très élevé et un « mauvais cholestérol » (LDL, en fait une lioprotéine, mais passons) encore pire. Cela m’inquiète-t-il ? Non. De fait, une analyse méticuleuse des données disponibles sur ce point montrent qu’une baisse du LDL est liée à une augmentation de la mortalité toutes causes confondues. Oui, vous avez bien lu, augmentation. Il serait bon que la science se penche sur ce point. Vu mes résultats sanguins, un cardiologue m’a gentiment prescrit des statines. J’ai courtoisement accepté l’ordonnance, mais je ne sais plus où je l’ai rangée, je vous l’avoue.

Un petit peu plus de détails : il n’existe aucune étude démontrant un risque cardiovasculaire supérieur dû au LDL pour des personnes ayant un HDL élevé et des triglycérides basses, ce qui est mon cas, et semble être celui de beaucoup de personnes adoptant ce type d’alimentation.

Sur ce point du risque cardiovasculaire, il semble que le meilleur prédicteur du risque est le test du score CAC, qui mesure le calcium des artères coronaires. Je ne l’ai pas encore fait mais j’y pense. Voici une vidéo détaillant des analyses de données sur ce risque et sur ce test.

Une précision supplémentaire: en plus de ce que je mange, je pratique également le jeune intermittent, ce qui, dans mon cas, signifie que je saute le petit déjeuner et reste 17h d’affilée sans rien manger chaque 24h, voire 18h à 19h le week-end. Les raisons de cette pratique sont d’atteindre l’autophagie, où le corps « mange » des éléments indésirables et à éliminer, et aussi, d’eviter une sécrétion d’insuline trop fréquente, puisque le pancréas est obligé de sécréter de l’insuline chaque fois que nous mangeons.

Un avantage de ces 12 derniers mois est de ne pas avoir été malade du tout, ni rhume ni trachéite annuelle, qui étaient mon lot normal. Un autre phénomène, constaté par nombre d’adeptes de cette alimentation, est de ne pas brûler au soleil ; sur ce point on peut juger qu’une certaine prudence reste de mise, cependant je n’ai pas trouvé la dose de soleil où ma peau rougirait quand même.

Qu’en conclure ? Pas grand chose, naturellement. À titre personnel, le moins que je puisse dire est que je suis moins convaincu que jamais des injonctions à manger 5 fruits et légumes par jour. Pour le reste, la question centrale me semble être de savoir qui est responsable de ma santé ? Les professionnels de santé (médecins, chercheurs, pharmaciens), les autorités, ou moi ?