Le libéralisme occidental en péril

Dans le monde la pauvreté a reculé massivement en trente ans, les inégalités aussi, quoi qu’en pensent les opinions occidentales. Il ne faut pas laisser les marchands de peur occuper le terrain.

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Le libéralisme occidental en péril

Publié le 16 novembre 2018
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Par Anthony Shea.

Nous sommes en crise, c’est une idée répandue. Des périls variés nous menacent, des problèmes graves restent sans solution : chômage, inégalités, stagnation des revenus, déficits commerciaux et budgétaires, essor du populisme… Un ouvrage récent, d’un correspondant du Financial Times, Edward Luce (The Retreat of Western Liberalism, Abacus, Londres 2017) invite à la réflexion sur l’avenir du monde dans lequel nous vivons. Le libéralisme occidental, tel que nous l’entendons ici n’est pas une notion uniquement économique. Il s’agit de l’ensemble de nos libertés, de notre mode de vie.

Montée des périls

Les économies occidentales paraissent en déclin. D’un point de vue relatif, d’abord : les comparaisons avec la Chine ne nous sont pas favorables, qu’il s’agisse de croissance, de commerce international, d’expansion des nouvelles technologies. Mais nos problèmes propres ne peuvent être ignorés. Les inégalités se creusent, surtout aux États-Unis, les revenus des classes moyennes stagnent, ou baissent, des emplois disparaissent là où la machine peut remplacer l’Homme ; un clivage se crée entre les habitants des grands centres, participants à l’élan de la modernité et les habitants des périphéries ou des campagnes menacés par le déclassement.

On le voit, le malaise que connaissent les pays occidentaux est multiforme. Il est économique et social, mais il est aussi politique, car la démocratie est mise en cause au profit de variantes illibérales. Montesquieu disait déjà qu’un pouvoir ne peut survivre que si les citoyens considèrent que leurs intérêts propres sont en accord avec ceux de l’état.

Le malaise est également diplomatique : l’émergence de la Chine comme puissance mondiale est un facteur d’insécurité, comme l’est le bellicisme de la Russie et l’augmentation du nombre de régimes autoritaires dans le monde, le Moyen-Orient est toujours au bord de l’embrasement. Enfin, les États-Unis paraissent tentés par l’isolationnisme.

Mauvaise mer, ou erreurs de navigation ?

Ce qui nous arrive n’est-il pas de notre fait ? Il n’est pas abusif de dire que les politiques économiques des quarante dernières années ont été mal inspirées. L’exemple de la France est instructif. La présence excessive de l’État dans l’économie, l’abus de réglementations, de Colbert à Vichy et à l’après-guerre, ont fait sentir leurs effets une fois terminées les Trente glorieuses. Les croyances keynésiennes et la pression néo-marxiste ont gelé la réflexion économique. Erreur de doctrine, régression démagogique, on a constamment ou presque, favorisé la consommation au détriment de l’investissement et ainsi provoqué le déficit de la balance commerciale. Le tabou de l’austérité a disqualifié les partisans d’un effort de retour à un semblant d’équilibre. Le résultat paradoxal de tout cela est la stagnation et le mécontentement des citoyens, dont on s’était pourtant efforcé d’acheter le consentement.

Une autre erreur majeure vient de la foi naïve des Occidentaux dans les vertus du libre-échange. Cette notion, chère au cœur des libéraux, a été détournée par la Chine à son profit. Le libre-échange et la concurrence ne peuvent jouer leur rôle qu’entre pays de niveaux de développement comparables et respectant les mêmes règles. Depuis l’émergence de la Chine comme puissance industrielle majeure, un massif transfert de richesse, et de technologie, s’est opéré à son profit. Un centime contre un euro : je paie moins cher mes chemises, mais la contrepartie c’est la fermeture des usines européennes et l’émigration massive de la valeur ajoutée vers l’Asie.

Il est toujours tentant de trouver un responsable à ses maux. La Chine, disions-nous, mais nous y sommes pour quelque chose. La technologie est un meilleur suspect : elle détruit les emplois, enrichit les riches, uberise les pauvres. Sans doute, en effet, traversons-nous une phase de destruction créatrice telle que théorisée par Schumpeter, phénomène dont l’ampleur et la durée sont difficiles à préciser. Il faut ajouter : dont la sortie est aléatoire. Cette fois-ci, c’est différent, disent les pessimistes, toujours plus nombreux : les robots remplacent les hommes, il n’y aura pas ou peu de création d’emplois au sortir de la crise. Tout cela mérite méditation, mais pourquoi les États-Unis, qui ne passent pas pour être en retard dans le développement technologique, ont-ils un taux de chômage qui est le tiers du nôtre ?

Il est trop tôt pour abandonner le navire

Nous sommes encore maîtres de notre destin. Cela veut dire entre autres que nous n’avons pas perdu la possibilité d’élaborer une politique économique digne de ce nom.

Pour sortir du dilemme austérité ou déficit, le Gouvernement dispose de marges de manœuvre : compresser les dépenses de fonctionnement de l’État, déléguer au secteur privé les tâches que le public accomplit mal, pousser les réformes de structure. Simultanément il faut affirmer que l’innovation est une priorité nationale (et européenne) et que tout doit être fait pour l’encourager, par l’allègement des contraintes et l’accès facilité au financement. L’impératif climatique est une opportunité : il existe une demande solvable pour des innovations permettant de mieux utiliser l’énergie, de réduire les déchets polluants, etc.

Parallèlement le malaise social doit être traité par des moyens qui ne se résument pas à un soutien financier des personnes en difficulté. La formation est la meilleure réponse à moyen terme à la menace de désintégration sociale. C’est aussi de considération, de sécurité et d’espoir qu’ont besoin ceux qui se sentent en marge du mouvement de la société. Il faut aussi expliquer inlassablement, en ce mois de novembre 2018, que l’Europe est un enjeu historique et que, comme le dirait un historien de la longue durée, les difficultés de fonctionnement de l’Union ne sont que péripéties.

Reculer n’est pas une option ! Il faut avant tout soutenir la croissance, et non pas la redistribution. Pour faire face à ses responsabilités présentes et à ses engagements futurs (éducation, retraites, santé), l’État aura besoin de ressources que ni l’emprunt ni l’impôt ne peuvent lui procurer. Dans une économie plus dynamique la vie reprendra pour tous plus de sens, les institutions plus de légitimité. Dans le monde la pauvreté a reculé massivement en trente ans, les inégalités aussi, quoi qu’en pensent les opinions occidentales. Il ne faut pas laisser les marchands de peur occuper le terrain, mais hâtons-nous.

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  • Article interessant mais qui est a mon avis un peu contradictoire.
    Par ex, l auteur ecrit « Le libre-échange et la concurrence ne peuvent jouer leur rôle qu’entre pays de niveaux de développement comparables et respectant les mêmes règles ». Ca veut dire qu on ne fait ni libre echange ni conccurence avec personne (avec un peu de mauvaise foi on peut considerer tous les autres pays comme ayant des regles differentes des notres). Le probleme de la concurrence des pays a bas salaire (asie en tete) est reel mais penser qu on va s en sortir par du protectionnisme est a mon avis illusoire.

    Apres il est clair que le declin economique de pans entier de la societe est le carburant pour des politiques illiberales. Apres vous avez des evenements non economiques (l afrique va doubler de population et le surplus va vouloir se deverser ici) et des maladresses (derniere en date Griveau avec sa saillie sur la clope et le diesel)

    • @cdg
      Absolument, mais c’est un paradoxe qui repose bien sur les faits: la mondialisation, une bonne chose en économie libérale, a bien entraîné un appauvrissement des classes moyennes occidentales, à des degrés variables.

      Je hasarde une hypothèse totalement au pifomètre: dirigisme économique et libre-échangisme commercial ne font pas bon ménage. Exemple: la France dans l’UE.
      Exemple contradictoire: la Chine… la Chine est fort protectionniste, et pilote son économie au niveau global, tout en foutant la paix au petit secteur privé et en affichant des ambitions sociales minimes.
      Alors? On peut préférer la liberté, mais alors il faut jouer le jeu jusqu’au bout.
      Soit on laisse le jeu libre au marché et à l’intelligence humaine.
      Soit on pilote tout avec une vision très long terme.
      Mettre le cul entre deux chaises « en même temps » est une stratégie boiteuse.

      • Un appauvrissement des classes moyennes occidentales? Je me considère comme étant dans la classe moyenne, je peux vous dire que mon niveau de vie a bien augmenté depuis les années 80, c’est même incomparable. On a sans doute cru moins vite que les chinois qui crevaient de faim alors, c’est tout. Les vrais perdant sont plutôt les classes basses (en partie seulement), qui ne se sont pas adaptées à la concurrence mondiale qui est plus difficile pour eux. Autre point important: Comme une partie croissante de cette progression de revenu a été capté par l’état, le pouvoir d’achat a lui nettement moins augmenté, mais ça n’a rien à voir avec la mondialisation.

        • Il me semble avoir lu pas mal de stats tendant à montrer une érosion de niveau de vie (réel) et d’effectif des classes moyennes; cela dit je ne suis pas fichu d’en retrouver « de tête ».
          Et je pense bien qu’il faut considérer la ponction fiscale croissante comme un appauvrissement.

        • Il n’y a en effet pas d’appauvrissement, mais un écart croissant et incompréhensible avec ce qui semblerait normal compte-tenu du progrès, écart qui ne se retrouve pas, par exemple, en Chine. Les progrès ont été employés, chez nous, à construire des ronds-points, à nous conformer à des normes imbéciles, à avoir une administration pléthorique, à maintenir une grande partie de la population dans l’assistanat aux crochets de la minorité moins pauvre. Les perdants sont tous ceux qui oscillent entre la pauvreté où ils craignent de retomber et l’aisance où ils ne parviennent pas à s’implanter de manière durable. En tout cas ce sont ceux-là que moi j’appelle classe moyenne.

        • @titi
          il faut comparer vous en 1980 a quelque un du meme age que vous en 80 en 2018. Autrement dit quelqu un de 25 ans en 1980 et de 25 ans en 2018.

          L appauvrissement est quand meme assez manifeste. Par ex a la fin des annees 80, engloutir 40 % de ses revenus pour se loger etait impensable. 40 % c est quasiment la norme pour les jeunes generations.

          Le chomage etait aussi moins pregnant que maintenant (approximativement 2 Millions de chomeurs a l epoque). On etait a une epoque ou si vous aviez travaille un minimum a l ecole, vous aviez un diplome et vous pouviez trouver du travail qui vous permettait d en vivre, voire de faire vivre toute une famille (encore courant a l epoque ou juste le pere travaillait)

          • Dans les années 80, le logement que pouvait espérer un jeune était une location mal isolée et miteuse. S’il voulait devenir propriétaire, ça lui prenait bien les 40% aussi…

      • C’est parce que nos politiciens ont accepté de traiter avec la Chine qui ne respecte pas le jeu en pratiquant le dumping pour exporter et le protectionnisme pour empêcher les importations! De plus nos entreprises surchargées de taxes et d’impôts ont cherché à délocaliser!

        • La Chine a fort lucidement utilisé ses atouts, en effet.
          Et, bien d’accord, nos politiques fiscales et sociales délirantes ont plombé notre industrie.

          Donc… Nous nous sommes mis le cul entre deux chaises. Ni protectionnistes, ni libéraux. Ni mâle ni femelle, mais cocus quand même. A vouloir le beurre et l’argent du beurre c’est la fermière qui nous l’a mis dans le…

        • Le problème n’est pas d’avoir traité avec la Chine, il est de ne pas avoir su négocier avec elle, voire apprendre d’elle. Personnellement, je me réjouis que les Chinois mangent aujourd’hui à leur faim, et que nombre d’entre eux aient accès à des luxes dont ils auraient cru, il y a 30 ans, qu’ils seraient éternellement réservés aux membres du comité central du PC chinois. Ca ne s’est pas fait à nos dépens, c’est simplement notre bêtise qui nous a retenus d’en tirer leçon sur la manière de nous y prendre.

      • @ Pangzi
        Oui, j’approuve.
        Et vous faites bien de parler de dirigisme économique et libre-échange: en cela, la France n’est pas comparable aux autres pays européens (amalgame fréquent en ces pages) et donc pas du tout l’archétype européen: on voit d’autres pays évoluer bien autrement.

  • Ceux qui qualifient les autres d’illibéraux – sans aucune argumentation factuelle – sont les européistes antilibéraux.

  • Ce n’est pas parce que la France est peu compétitive en raison du coût de son ultra-étatisme, qu’il faut condamner le libre échange. De nombreux autres pays comparables au nôtre s’en sortent très bien dans un monde de liberté des échanges: la Suisse, les Pays Bas, l’Allemagne, etc… Les chemises bon marché permettent d’augmenter le pouvoir d’achat. Les usines de chemises ferment chez nous mais d’autres peuvent ouvrir pour servir la demande accrue des consommateurs.

    • c est le principe de la destruction creatrice. Par contre il faut pas etre naif et voir qu eca fait forcement des perdants. la personne qui travaillait dans une usine de chemise (pour reprendre votre exemple) perd son travail et va devoir trouver autre chose.

      Probleme, la seule chose qu elle va trouver, c est un emploi de « service a la personne » moins payé et sans aucune perspective d Amelioration (dans l usine de chemise vous pouviez esperer monter dans la hierarchie, quand vous torchez les vieux vous savez que vous ferez ca toute votre vie).

      Quand ce type de naufrage concerne toute une Region, on obtient des endroit comme roubaix ou St Etienne ou il n y a plus rien et les gens s aglutiennet dansl es grandes villes car c est les seuls endroits ou il y a encore du travail.

      PS: la deindustrialisation pose un autre Probleme. au bout d un moment vous avez perdu tout le savoir faire et l absence de debouche fait que peu de gens vont faire des etudes dans ce domaine. Ce qu on commence a voir en France. pourquoi faire des etudes d Ingenieur difficile pour un metier somme toute peu remunerateur. autant faire medecine ou finance

      • tout ce que vous décrivez n’a rien à voire avec la destruction créatrice du marché, ce sont les dérive de l’étatitisme. c’est parce que l’état protége certaine industrie qu’elles se développent à outrance comme des cancers privant d’autre secteur de main d’oeuvre (santé, finance). c’est parce que l’état protège certaine industries qu’elle perdurent bien au delà de leur utilité entrainant de brutale éffondrement qaund l’état ne peut plus les soutenir (charbon, acier, textile…). Le marché libre s’ajuste très rapidement, presque sans crise, les travail tourne sans cesse, fermeture ouverture s’enchaine rapidement pour ajuster l’offre à la demande et l’innovation règne en maitre de toute chose, pas les prébendes, les protection mafieuse, les distorsions étatiques, les taxes comportementales…toutes ces interventions qui ne font au finale qu’appauvrir les nations.

  • Tout à fait exact! Prenez le cas actuel du véganisme. Les media unanimes nous balancent comme d’habitude la peur en clamant que la consommation de viande provoque le cancer.
    Steve jobs qui était végétarien est mort d’un cancer à 58 ans! La viande en serait la cause?
    Le prétexte pour obliger les gens est toujours de semer la panique, comme pour le Climat, les OGM, les pesticides, le glyphosate, etc

  • « Le libre-échange et la concurrence ne peuvent jouer leur rôle qu’entre pays de niveaux de développement comparables »
    C’est faux l’échange entre les pauvre et les richesse créé également de la richesse pour tous.
    même l’utilisation de même règle n’est pas une condition nécessaire, la seule règle importante c’est la liberté et en cela ni la chine ni l’europe ni les USA ni personne dans le monde ne la respecte et au final ce sont quand même les pays les plus libres qui s’en sorte le mieux. la chine de fait impression que parce que c’est une immense pays, le PIB par habitant fait doucement rigoler…

    • La Chine doit être comparée à la Chine d’il y a 30 ou 40 ans. Et là, on voit qu’en effet la liberté compte, mais sans doute moins que la responsabilité et la foi dans les échanges commerciaux. Il est assez amusant de prolonger les courbes de ces facteurs sur les 30 ans à venir, et d’imaginer quelle serait la Chine dans 30 ans, et en quoi l’Europe de dans 30 ans, sur le prolongement de ses propres courbes, serait inexistante et moins libérale, en fin de compte…

  • mon opinion concernant le chômage .
    La consommation a été favorisée au détriment de l’investissement .
    Une fiscalité délirante .
    Une liberté d’agir de plus en plus réduite .
    L’ égalitarisme mis en avant au lieu de la liberté(Tocqueville).(Moins de créativité)
    L’état gestionnaire …
    Une caste à la tète de l’état et des grandes entreprises .

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