Débat sur les retraites : revenons aux fondamentaux !

Préparons-nous pour la discussion sur les retraites. Laissons les partis échanger des arguments et revenons aux fondamentaux économiques et démographiques.

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manif du 28 décembre 2019 à Paris contre le projet de réforme des retraites By: Jeanne Menjoulet - CC BY 2.0

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Débat sur les retraites : revenons aux fondamentaux !

Publié le 1 janvier 2023
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Préparons-nous pour la discussion sur les retraites. Depuis bientôt trois ans, la presse grand public est remplie d’analyses contradictoires avec un déluge de chiffres. Laissons les partis échanger des arguments et revenons aux fondamentaux économiques et démographiques.

Nous ne parlerons pas des arguments financiers qui ne sont que la conséquence de phénomènes plus profonds que nous allons décrire.

Je suis ces discussions depuis des dizaines d’années, comme employeur démarché par toutes sortes d’organismes financiers me promettant monts et merveilles pour les futurs retraités de mon entreprise et parallèlement en tant qu’économiste enseignant à Sciences-po.

Il y a eu des progrès dans l’analyse et la compréhension des enjeux mais on est très loin d’une vue claire des fondamentaux. La politique n’arrange rien.

 

Les retraites : une histoire assez récente

Après les dotations en terres des légionnaires romains à la fin de leur temps de mobilisation, l’accueil des clercs âgés dans les institutions religieuses médiévales et la création de la Caisse des Invalides de la Marine par Colbert, il faut attendre 1889 et Bismarck en Allemagne pour voir l’apparition d’une caisse générale de retraite.

En France, des Caisses de secours mutuel existent depuis 1804 et à partir des années 1850, les caisses du Comité des Forges (le patronat de la sidérurgie) et celles des fonctionnaires, conçues sous Napoléon III, empereur socialiste d’après les critères de l’époque.

Mais, la retraite d’État ne voit le jour qu’en 1910, avec un départ à 65 ans.

 

L’ignorance des fondements économiques de la retraite

Quand on interroge le grand public on se rend compte que la nature économique de la retraite n’est pas bien connue.

Certes pour les modalités, on se renseigne auprès de sa caisse ou de son syndicat mais à propos du principe c’est « on ne sait pas » ou « c’est un droit » en ajoutant éventuellement « arraché par les syndicats ». Arraché à qui ?

Une idée reçue est que la retraite est le versement différé des retenues effectuées sur les salaires au fil de la carrière, après bonification par l’employeur (je n’entre pas ici dans la discussion de savoir si la contribution de l’entreprise est ou non un prélèvement indirect sur le salaire). Cette idée renforce celle « d’un droit ».

Or c’est un « droit à » c’est-à-dire qui ne s’appliquera que si c’est possible par opposition au « droit de » qu’il suffit de promulguer, comme par exemple droit de vote.

En effet la retraite ne provient pas du tout de sommes déjà versées et qui auraient été mises de côté, mais d’un prélèvement sur les actifs, c’est-à-dire sur leur travail actuel.

Les sommes versées ne sont qu’un élément du calcul qui permet de déterminer la pension de quelqu’un. C’est maintenant plus ou moins bien compris dans le cas de la retraite par répartition mais ne l’est pas du tout dans le cas de la retraite par capitalisation. Nous y reviendrons.

Complication supplémentaire : la généralisation des retraites et la mauvaise compréhension de leurs mécanismes en ont fait une arme électorale redoutable.

François Mitterrand s’est fait élire en 1981 en abaissant de 65 à 60 ans d’âge de la retraite, ce qui est une des sources des problèmes actuels.

Aux objections des démographes qui prévoyaient une catastrophe à partir de 2006, début de la période où la génération du baby boom d’après-guerre atteindrait les 60 ans, il répondait : « nous sommes en 1981. Et nous avons des élections à gagner ! »

 

Les régimes spéciaux

Il s’agit de catégories de personnel, principalement de la RATP et de la SNCF dont la date de départ est précoce, surtout pour le personnel en catégorie active.

Le cas extrême est celui des conducteurs de train qui peuvent partir entre 50 et 52 ans, alors que les sédentaires de la SNCF peuvent partir entre 55 et 57 ans. Le coût financier est donc très important même si diverses dispositions complexes font qu’une partie du personnel part plus tard.

Mais le coût humain l’est peut-être encore davantage avec la sortie du système productif de personnes qualifiées. Ce dernier point peut évoluer avec la mise en concurrence des réseaux de transport public, les éventuels nouveaux gagnants pouvant embaucher ces jeunes retraités.

Il s’agit bien entendu d’un privilège, même si le mot est mal vu.

Mais il est âprement défendu et une grève de la SNCF ou de la RATP peut prendre le pays en otage, comme vient de l’illustrer une fois de plus la grève des contôleurs à la veille de Noël.

Ces privilèges étaient ciblés dans la précédente version de la réforme menée par Jean-Paul Delevoye et selon l’IFOP, une majorité de Français soutient l’idée de réformer ces régimes spéciaux.

Mais tous les gouvernements reculent devant les menaces de blocage du pays. Et pourtant ce sont en grande partie ces régimes spéciaux qui induisent le déficit des retraites en France.

François Bayrou rappelle qu’en plus de payer ses charges patronales pour 25 milliards par an et de régler les retraites des fonctionnaires pour 90 milliards, l’État finance à hauteur de 30 milliards la RATP et la SNCF pour leurs retraités.

Ces données étant rappelées, comment s’y retrouver dans les nombreuses propositions et contre-propositions ?

 

Pour une analyse démographique

À mon avis, le problème principal est que la question présentée comme financière alors qu’elle est démographique : si l’on ne change rien, il n’y aura pas assez d’actifs pour s’occuper à la fois d’eux mêmes, de leur famille et des personnes âgées.

Et par « s’occuper » je pense d’abord aux fonctions basiques : nourrir, habiller, soigner, se déplacer etc.

Je vois venir le moment où il n’y aura pas assez d’électriciens pour dépanner l’ascenseur d’un immeuble de grande hauteur, laissant sans nourriture et sans soins les faibles et les vieux des étages élevés ! Et cela alors qu’une partie des électriciens auront pris leur retraite à un âge où ils pourraient parfaitement faire le travail !

On voit bien que ce n’est pas une question d’argent.

 

Répartition contre capitalisation, un faux problème

Certains libéraux professent que la seule solution au problème des retraites est le passage à la capitalisation. Or, la capitalisation ne permet pas de contourner le problème démographique.

J’avoue avoir été profondément choqué il y a quelques années par ce que j’appelle une publicité mensongère du genre : « épargnez, placez à 5 % et vous verrez que vous aurez une retraite plus importante que dans le système actuel ».

Or, financièrement personne ne peut promettre un rendement de 5 % (hors inflation sinon il ne signifie rien) pendant 40 ans.

Certes l’investissement en actions d’entreprise permettra de financer leur croissance. Mais pour que lesdites entreprises soient prospères et distribuent des intérêts des dividendes et soutiennent le cours de leurs actions, il faut suffisamment d’actifs pour cela. Et on retombe sur les problèmes démographiques.

 

Comment résoudre ce problème démographique ?

Aujourd’hui, un retraité a très grossièrement le même revenu qu’en étant actif car si l’on part avec 60 à 75 % du dernier salaire, ce dernier est en général le plus élevé de la carrière. Cela ne fait donc que ramener le revenu d’un retraité au salaire moyen français qui sont tirés vers le bas par des difficultés d’une partie des jeunes.

On peut le vérifier sur le plan national, ce qui est recoupé par la constatation que ce sont maintenant souvent les aînés qui aident les jeunes. Mais bien sûr « rien n’est plus menteur qu’une moyenne » et les disparités individuelles sont considérables.

Restons dans le domaine des moyennes nationales. Si on voulait maintenir ce niveau de pension par rapport aux salaires, alors qu’on se rapproche démographiquement d’un retraité pour un actif, il faudrait que chaque retraité prélève la moitié des revenus de chaque actif !

L’actif ne garderait donc que 50 % de son revenu pour sa famille et notamment ses enfants. On imagine sa réaction électorale, les protestations, voire l’émigration qui ne ferait qu’aggraver le problème ! Il faut donc empêcher par tous les moyens de s’approcher de ce ratio de un pour un.

Or ce ratio se dégrade continûment : il est passé de plus de deux en 2004 à 1,65 en 2000.

Ratio Actifs Cotisants - Retraités INSEE 2020

Mais attention, ces données ne sont pas restées « toutes choses égales par ailleurs » puisque pendant cette période des réformes ont été appliquées qui ont augmenté la durée de cotisation !

Autrement dit, si on n’avait rien fait le rapport serait beaucoup plus proche de un aujourd’hui.

À l’horizon 2070, ce rapport tomberait à 1,3 selon les projections du COR, en raison du vieillissement de la population.

Ratio nombre de cotisants sur nombre de retraités - Rapport annuel du COR juin 2019
Ratio nombre de cotisants sur nombre de retraités – Rapport annuel du COR juin 2019

Cela montre que les réformes ont été insuffisantes et qu’il faut passer à la vitesse supérieure.

Remarquons une fois de plus qu’il ne s’agit pas d’une question d’argent mais d’un nombre de personnes.

Il est donc nécessaire de changer certaines règles du jeu, voyons lesquelles.

 

Changer certaines règles du jeu

Le recours à l’immigration de travail

Le premier moyen de garder plus d’un actif par retraité est l’immigration mais il faudrait qu’elle soit massive.

En tout cas, les immigrés actifs sont bien vus et le projet de loi actuel permet de régulariser ceux qui travaillent dans « les métiers en tension », de plus en plus nombreux vu les difficultés de recrutement en France.

Mais l’opinion est tellement réticente que le ministre essaie de minimiser le nombre de personnes concernées alors que le problème est tel qu’il faudrait au contraire en régulariser un très grand nombre ou faciliter l’immigration officielle.

Dans ce domaine, on se heurte à deux visions caricaturales de l’immigration, l’une angélique et l’autre diabolique.

Augmenter l’âge du départ en retraite

Le deuxième moyen est l’augmentation de l’âge de départ, qui a le double avantage d’augmenter le nombre des actifs et de diminuer celui des retraités, ce qui est excellent pour s’écarter du rapport un pour un.

Nos voisins européens l’ont quasiment tous relevé ces dernières années :

Le cumul emploi retraite

On peut également jouer sur d’autres paramètres, comme le cumul emploi retraite, la durée de la cotisation ou tout autre permettant de laisser aux actifs une part raisonnable de leurs revenus.

Le cumul emploi retraite me parait avoir beaucoup d’avantages puisqu’il permet à des personnes expérimentées d’apporter leur travail avec une grande liberté de choix notamment en matière d’horaires.

Mais je ne suis pas certain que cela suffise.

Le taux d’activité des seniors dépend étroitement de l’âge légal de départ en retraite

Je ne veux pas préjuger des discussions en cours sur ces sujets. Mais je signale simplement à ceux qui estiment qu’on va tout simplement augmenter le nombre de chômeurs sexagénaires que cette idée très répandue est fausse : le nombre de sexagénaires chômeurs est important durant les quelques années qui précèdent l’âge légal de départ, et donc diminue à un âge donné au fur et à mesure que l’âge de départ augmente.

L’examen des chiffres de la DARES montre que le passage de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans et les autres mesures dans le même sens (allongement de la durée de cotisation) a fait passer le taux d’emploi des 55 ans et plus, de 42 % en 2010 à 56 % en 2021.

Et l’âge effectif de départ à la retraite remonte rapidement depuis 2009.

À l’étranger, ou l’âge de la retraite est plus élevé qu’en France l’emploi à un âge donné lui est supérieur.

Par ailleurs, dans presque tous les métiers la pénurie de main-d’œuvre amène à faire appel plus ou moins discrètement aux retraités ou au noir ou grâce a des prête-nom pour les « chômeurs » ou des sans-papiers.

Le lien entre fécondité et vieillissement de la population

Un dernier point démographique est très mal connu : le vieillissement de la population vient en grande partie de la fécondité mais cette baisse de la fécondité est justement la conséquence de l’existence d’un système de retraite.

En effet, depuis toujours ce sont des enfants qui soutiennent les parents durant leur vieillesse. C’est toujours vrai aujourd’hui mais par l’intermédiaire des caisses de retraite qui coupent le lien direct entre parents et enfants.

Autrement dit on peut maintenant être retraité sans avoir eu d’enfants, c’est-à-dire grâce aux enfants des autres et en prélevant une partie de son niveau de vie sur ceux qui se sont donnés du mal pour les élever.

Je pense qu’il était bon de rappeler ces fondamentaux avant de se lancer dans les discussions qui commencent.

Chacun va vouloir maintenant changer le paramètre qui l’arrange. Je ne parle évidemment pas des irresponsables qui veulent ramener le départ à 60 ans pour des raisons purement électorales, comme Mitterrand l’a fait en son temps.

 

En conclusion

Ne vous laissez pas embrouiller par les chiffres, pensez démographie, c’est-à-dire immigration ou au relèvement de l’âge de la retraite. Et ajoutez une aide aux parents qui se donnent le mal d’élever des enfants dont vous aurez grand besoin pendant vos vieux jours que ce soit directement ou par l’intermédiaire d’un système financier.

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  • Aucune réforme des retraites ne sera possible sans supprimer le tiers de notre dette abyssale je veux parler des pensions du statut public,, l’inégalité Française qui obère l’article 1 des droits de l’Homme : « Tous les hommes naissent et demeurent libres et EGAUX en DROIT » tout est dit au lieu des galimacias de l’âg ou de la pénibilité etc…

  • Il y a une solution très simple que l’on n’envisage jamais, c’est d’augmenter la quantité de travail des actifs, c’est à dire de commencer plus jeune (en 1970 la plupart des Français travaillaient à 17 ans) et de travailler plus (40 heures en 1970). Le taux d’activité des Français est bas (70%). Avant d’envisager des politiques pro-migratoires ou pro-natalistes, commençons par remettre les Français au travail, et de baisser les dépenses de l’état.
    On parle toujours de 1981 et de l’abaissement de l’âge de retraite (ce qui était mérité pour ceux qui avaient commencé tôt), mais jamais des 35 heures qui a fait mécaniquement baisser le nombre d’heures travaillées.

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    • Vous avez PARFAITEMENT raison. Comme dirait « l’autre », « en même temps » il faudrait que l’Etat français arrête de dépenser l’argent que la France n’a pas, se recentre (au moins pendant 10 ans) sur les besoins de ses nationaux au lieu de se préoccuper des nationaux d’autres pays (abandon des « droits de l’homme » en prenant franchement ses distances avec le CEDH), stoppe sa folie en matière énergétique (mettre le paquet sur le nucléaire et abandonner les projets faramineux en matière d’éolien et de photovoltaïque) et se met quelque temps « en réserve » de l’UE. Déjà faire cela permettrait à la France de recommencer à voir un peu plus clair sans ses « affaires  » et dans son avenir.

    • 40 heures / semaine pour les ponctionnaires qui deviendraient des fonctionnaires.

  • Toujours cette fatigante assimilation entre quantité de présence au travail et production de richesses par ce travail… Cessons de raisonner en fonctionnaires, la question des retraites se résoudrait sans peine en instituant un lien réel entre les richesses que produit un individu et le profit qu’il devrait en tirer pour son présent et son avenir. A elle seule, l’introduction d’une proportion significative de capitalisation défiscalisée résoudrait l’essentiel des difficultés (à condition que les économies sur la répartition en soient effectivement répercutées en baisses de charges).
    La vision démographique ne conduit qu’à des approches collectivistes, elle peut utilement expliquer le passé mais ne doit surtout pas servir de technique de construction de l’avenir.

    • Une anecdote personnelle : quand nous avons revendu pour une somme rondelette la petite entreprise où j’avais investi, j’ai exprimé à mon associée-gérante ma honte de toucher tant d’argent alors que je n’avais pas moi-même travaillé dans l’entreprise. « N’aie pas honte, m’a-t-elle répondu, c’est ta part normale, sans l’argent que tu y as mis, il n’y aurait jamais eu d’entreprise ! ». La croissance dépend de bien d’autres choses que le nombre des seuls actifs…

  • La retraite, c’est comme l’éducation, la santé, etc. Notre modèle de société est à bout de souffle mais aucun parti ne veut résoudre le problème. Les partis dans l’opposition ont tout le temps d’analyser les problèmes et de préparer un plan pour lorsqu’ils seront au pouvoir. Mais non, fainéants comme des couleuvres, ils se foutent des problèmes pourvu qu’ils soient élus sur des promesses assises sur du vent.

  • Et si la vraie réforme c’est chacun soit responsable de sa retraite et la finance lui même, chacun aura donc la retraite qu’il mérite

    • C’est d’autant plus juste que c’est déjà ce qui se met en place, nolens volens.
      Qui arrivant vers ses 50 ans ne passe pas du statut de cigale à fourmi ? En épargnant ou investissant pour ses « vieux jours ».

  • Ok pour supprimer les régimes spéciaux.
    Mais quand vous êtes aidant familial depuis 24 ans, avec un enfant handicapé à 80%, arrivé à 60 ans quand il a fallu en plus assumer la pitence de la famille par son labeur quotidien vous êtes lessivé.
    Partir à 62 ans est loin d’être un luxe…
    Comme dit la pub vous voulez ma place, prenez là et je vous souhaites bien du courage 😓😓😓

    • je paie plus de la moitié de mon salaire en impôts directs ou indirects, je pensais que le rôle de l’état était la répartition pour soutenir ceux qui ont eu un handicap dans la vie dont ils ne sont pas responsable

      • Le rôle de l’Etat doit SE LIMITER au soutien de ceux qui se retrouvent par la force des choses (et non par négligence) sans richesses personnelles véritables à l’âge de la retraite. La répartition est une manière de traiter ces cas, ça n’est même pas la seule. En particulier, en confier la gestion à l’Etat ne sert au final qu’à y introduire gabegies et biais idéologiques. En principe, les contributions à la solidarité ne devraient donner droit qu’à cette même solidarité face aux accidents, mais certainement pas à une retraite « de routine ».

    • Ce n’est pas ça un régime spécial.

      Un régime spécial c’est si vous dépendez d’une caisse de retraite spécifique.

  • « Certains libéraux professent que la seule solution au problème des retraites est le passage à la capitalisation. Or, la capitalisation ne permet pas de contourner le problème démographique. »

    vraiment??? quel type de capitalisation?
    mais alors quel problème démographique? français? mondial?
    je cite l’artivcle en lien
    En effet, la valeur des fonds ou des revenus qu’ils distribueraient des dizaines d’années après la souscription dépend des entreprises dans lesquelles ils auraient des participations. Or la santé de ces entreprises dépend d’une part de leur personnel et d’autre part de leurs clients. Dans les pays à démographie vieillissante, ce personnel va se raréfier pour les mêmes raisons que le nombre relatif des cotisants du système par répartition, les clients non retraités également, tandis que les clients retraités auront comme revenus, d’une part leur retraite par répartition fondante et de l’autre, la valeur des fonds… ce qui suppose le problème résolu.

    raisonnement français… bizarre

    juste quelque lignes pour écarter la capitalisation..qui’ n’ets pas DU TOUT comme la répartition..elle est par essence individuelle et responsable..mais sanctionne durement le mauvais choix voire la « malchance ».. mais elle se régule…si t’a pas de ous pour ta retraite..tu bosses.

    allez voir un banquier pour emprunter pour finir vos vieux jours..

    non…pas pareil si on investit ..hors de france.

  • SI !
    La capitalisation permet beaucoup mieux que la répartition de préparer des retraites, et il est indigne de prétendre que des démographies galopantes seraient plus ou moins nécessaires dans un cas comme dans l’autre.
    Un petit rappel pour ceux qui ne comptent qu’à coups de publicités mensongères. La répartition consiste à perpétuer un système où les imprévoyants sont à la charge des laborieux, ces derniers devant compter sur la promesse implicite que leurs homologues pas encore actifs voudront bien en faire autant et se trouvant de fait découragés et démotivés de toute évolution vers la prévoyance. La capitalisation consiste à ce que les laborieux consacrent une partie des fruits de leur travail à construire et accroître un patrimoine individuel qui pourra être utilisé en tant que besoin lorsque l’on sera trop âgé pour vivre de son travail. Cet argent étant en toute logique investi non pas dans les objets de propositions mirifiques adressées aux incultes, mais dans l’économie mondiale et dans des biens à valeur d’usage reconnue (logement, p.ex.), fructifie au rythme de la croissance mondiale pour la première part, et conserve son potentiel pour la seconde (un logement pour 4 logera toujours 4 personnes dans 30 ans, aux dérives normatives étatiques près). Surtout, quand on a investi dans l’économie mondiale, on n’a plus à se préoccuper des histoires d’immigration ou de démographie nationale. Et accessoirement, on devient logiquement supporter du libre échange et de la réussite de chacun, où qu’il soit. On devient libéral, en somme !

    • La différence fondamentale entre la retraite par répartition et par capitalisation, c’est que la retraite par répartition est entre les mains des politiques, on l’a vu avec 1981 et soumis à l’arbitraire.
      La retraite par capitalisation est gérée par des société privées, et s’il y a un retournement économique ou une baisse de la valeurs des actifs (démographie déclinante), alors les retraites diminueront, le système est en équilibre (bien forcé).
      D’autre part la répartition est forcement étatique, donc sous la contrainte, la capitalisation est libre et individuelle.

      • Libre et individuelle, pas toujours.
        C’est le cas de celle vantée par MichelO. Plus de cotisations, on nous laisse votre pognon, nous en disposons à notre guise. Nous voilà fourmis. Mais être laborieux ne suffit pas. Il faut aussi être malin, bon investisseur.
        La capitalisation dont vous parlez est celle des fonds de pension américains, de nos retraites complémentaires. Elle peut être obligatoire ou optionnelle. En Suisse, par ex, les deux coexistent.
        Cette capitalisation obéit peu ou prou au même principe que la répartition : entrées et stocks doivent équilibrer à tout moment les sorties.

        • Notre pognon

        • Il n’y a même pas besoin d’être malin, il suffit d’être doté de bon sens. Ca s’appelle l’effet indice, et ça marchera au bénéfice de ceux qui l’appliquent tant qu’il y en aura d’autres pour se croire plus malins que les autres, donc indéfiniment à mon humble avis. Un indice mondial regroupe les sociétés qui réussissent le mieux. Continuellement, les sociétés qui croissent mieux que les autres y entrent, et celles qui ne tiennent pas le rythme le quittent, c’est le principe de la sélection automatique par le succès qui régit les mises à jour de l’indice. Evidemment, être dans l’indice est aussi un atout, et si nul ne finançait les sociétés qui n’y sont pas, ce renouvellement n’aurait pas lieu et les fonds indiciels seraient de simples sélecteurs aléatoires. Mais comme il y a toujours chez certains l’idée qu’ils feront mieux que l’indice, et qu’ils y réussissent aléatoirement, un indice mondial reste une solution simple pour qui ne se sent pas de choisir lui-même les bons investissements.
          Quant à la logique d’équilibrage des sorties par des entrées, c’est celle de l’économie mondiale. On ne peut consommer une richesse qui n’a pas été produite. Il vaut mieux le savoir dès le départ que le découvrir au moment où on demande sa retraite.

      • Bien sûr, mais avec la capitalisation correctement appliquée, il faut une récession mondiale pour mettre les retraites en péril relatif, tandis que la répartition non seulement n’échapperait pas aux mêmes difficultés en cas de récession mondiale, mais encore pâtit dans de nombreux autres cas. Car il ne faut pas s’y tromper : les Etats ne peuvent pas mieux que les sociétés privées échapper à la logique de l’équilibre financier, ils peuvent juste le dissimuler mieux et plus longtemps.

        • Un longtemps qui tutoie l’infini. Les Etats ne pouvant faire faillite ni disparaître, sauf « fusion-absorption ». Un fonds de pension, un assureur le peuvent. Ce qui explique le tropisme de la plupart de nos sociétés pour la répartition, au moins comme socle.
          Pour ma part, je me fais plus confiance qu’à autrui, quel qu’il soit.

          -1
  • Je suis pas sur que la carte des âges de départ à la retraite en Europe soit juste et j’ai l’impression qu’on y mélange l’âge de départ légal avec l’âge de retraite à taux plein suivant les pays et notamment pour la France et l’Allemagne.
    Sur le site « la-retraite-en-clair.fr » je trouve ça :
    Pour percevoir sa retraite en Allemagne, il faut avoir atteint :
    entre 65 et 67 ans suivant l’année de naissance (67 ans à partir de la génération 1964), pour une pension à taux plein, avec un minimum de 5 années de cotisation ;
    entre 63 et 65 ans suivant l’année de naissance (65 ans à partir de la génération 1964), pour une pension à taux plein, à condition d’avoir cotisé 45 années ;
    63 ans à taux réduit avec 35 années de cotisations (3,6 % de décote par année manquante) ;
    entre 60 et 62 ans selon l’année de naissance pour les personnes gravement handicapées au moment de la retraite, avec 35 ans de cotisation.
    Et pour la France j’ai compris que c’était : âge légal de départ à 62 ans, retraite à taux plein avec 43 ans de cotisation ou 67 ans aussi.
    Donc en gros 1 ans de différence pour l’âge de départ et 2 ans de cotisation pour la retraite à taux plein, c’est pas les 5 ans de travail en plus qu’on essaye de nous vendre…

    • Entièrement d’accord. La carte n’est pas juste. Il y a toujours une confusion entre les différentes dates. Il existe dans tous les pays des dispositifs pour partir beaucoup plus tôt.

  • Deux gros manques de cet article sur l’approche démographique (dont j’éviterai la question du bien fondé).
    -Le premier graphique est faux. Il y a environ 19,8 millions de cotisants. En effet, les fonctionnaires ne cotisent pas. Et pour sûr ils touchent une retraite avec laquelle ils consomment des biens et services que les actifs privés produisent.
    -Il est facile d’augmenter le nombre d’actifs, sans augmenter la population ni retarder la retraite: c’est diminuer le chômage! Il y a là de considérables ressources en France, qui même si elle finiraient par s’épuiser (par disparition du chômage…), permettrait d’améliorer considérablement la situation. Sans oublier que les chomeurs « cotisent » et sont calculés dans les cotisants..
    Revenons sur le calcul actifs/retraités. Il est en fait là à 1.17 au lieu de 1.66. L’ « avantage » de recul de la retraite n’est pas que de créer des gens employables, il est surtout de diminuer le temps de la retraite, et au vu de la flexibilité du travail en France, c’est transformer des retraités en RSA, cela pour faire des économies.
    Enfin, si on revient aux « fondamentaux », avoir un age de retraite officiel n’a aucun sens. On pourrait supprimer l’age de retraite et que tout le monde puisse choisir quand il part en retraite, avec une adéquation par une table actuarielle de mortalité. Le vrai problème, c’est que ce serait trop juste…

    • les fonctionnaires ne cotisent pas
      Oui et non;
      Ils cotisent comme salariés, il suffit de voir leur bulletin de salaire parfaitement explicite sur ce point.
      Quant à la part patronale de cotisation, son montant n’a aucun sens puisqu’elle est versée à l’État lui même. Il pourrait augmenter tous les salaires bruts de 10% et affecter ces 10% aux cotisations de retraites, simple jeu d’écritures sans aucune conséquence pour personne, employé ou employeur.
      Ces cotisations n’auraient un sens que si elles étaient versées à un fond de retraite non géré par l’État.

      • Explicite ? Ils touchent moins que si ils touchaient plus, mais comme pour la part patronale, le montant cotisé n’existe que sur ce bulletin de salaire, versé par l’Etat à l’Etat…

        • Tout à fait.
          C’est curieux que l’Etat employeur ne booste pas les salaires bruts en même temps que les cotisations pour sauver les apparences puisque cela ne coûterait rien à personne.

          • Il faut que cette argent soit provisionné dans les comptes. C’est d’ailleurs ça le problème actuel. L’Etat ne l’a jamais fait et il faut chaque année trouver cet argent et c’est pour lui de plus en plus dur.

    • Bien sûr que les fonctionnaires cotisent. Au même taux que les salariés du privé.
      Par contre, pour les chômeurs, c’est plus compliqué.

      -1
    • Il y a beaucoup de gâchis avec ces fonctionnaires, ce qui fait qu’ils sont plutôt nuisibles qu’utiles.
      La plupart de ce qui est fait par un fonctionnaire devrait être fait par du privé.
      Un million de fonctionnaires, pas plus, serait utile au pays.

  • La régularisation d’immigrés illégaux (il faut le rappeler) est vraiment un paramètre de facilité et purement électoraliste… Quid des impacts sur les autres domaines (santé, allocations, etc.) en cas de régularisation sans contrôle (car on peut sans trop se planter prévoir qu’il y aura du « regroupement familial » dans la foulée) ? Pour rappel, personne n’est contre l’immigration (contrairement à ce qu’on veut nous faire croire dans les médias face au méchant estrèèmedrouate). L’immigration clandestine est un problème par contre (au niveau régalien).
    D’ailleurs comment est-il possible qu’il n’y aie pas autant de condamnations pour travail « au black » dans les fameux « métiers en tension » ? Une belle fumisterie de nos politiciens donc.

  • Aujourd’hui, un retraité a très grossièrement le même revenu qu’en étant actif car si l’on part avec 60 à 75 % du dernier salaire, ce dernier est en général le plus élevé de la carrière.

    C’est vrai pour les fonctionnaires et assimilés. Mais pour le privé, c’est faux depuis longtemps.

  • Le problème n’est que financier. Il n’est pas démographique.

    Il y a actuellement près de 5 millions de chômeurs ou ayant un statut précaire. Ce serait autant de cotisations en plus.

    Si vraiment on était dans une situation tendue au niveau de l’emploi, les salaires augmenteraient et les cotisations aussi. Mais ce n’est pas le cas. Les salaires n’ont pratiquement jamais augmenté. Seules certaines catégories en profitent réellement. Les gains de productivité ne se sont pas manifestés par une hausse des salaires.

    Le souci est là. Il faut trouver de l’argent pour payer les retraites et plus il y a de retraités plus il en faut. Sauf que cet argent ne se trouve qu’avec de la croissance économique. Or, il n’y a plus de croissance. Elle stagne depuis au moins 15 ans. Il faut plus de cotisants/cotisations et pas plus de chômeurs.

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Évidemment, en France, ce titre risque d'être considéré comme une provocation. C’est un peu comme si on ouvrait un parapluie à l’intérieur d'un logement, ou si on proférait des injures à l’égard d’un défunt dans la chambre mortuaire.

 

La répartition est injuste

Aussi, dois-je m’efforcer de présenter immédiatement, non pas les excuses que certains lecteurs attendent peut-être, mais des arguments sur ce que j’avance.

Les voici :

Le système de retraite par répartition consiste à payer les retraites des pensionné... Poursuivre la lecture

retraités
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Un article de la Nouvelle Lettre

 

Ce qu'a dit mardi madame le Premier ministre n’a aucune importance, le texte qui sera soumis au Parlement n’aura aucune importance puisque le débat sur les retraites continue à tourner autour d’une idée stupide : sauver le système de répartition.

 

Vanité des réformes paramétriques

Depuis des décennies je ne cesse de dénoncer la vanité des réformes paramétriques. On bricole la répartition alors que la seule solution est une réforme systémique : passer le plus vite possib... Poursuivre la lecture

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Senior mode d’emploi

Le senior n’a pas d’âge, comme le diable. Il ère en zone grise, plus tout jeune pour travailler, mais pas assez vieux pour « retraiter ». Le senior est devenu un être ambigu, invisible mais encombrant. Que faire du senior ? 

Il y a deux âges que l’on redoute. Celui qui peut nous rendre impotent physiquement et celui qui peut nous rendre impotent financièrement. Le premier est le dernier âge, celui qui tire la révérence. Le second est l’âge du senior, le gars qui peut encore servir mais dont on ne sait plus que faire. De l’angoisse de l... Poursuivre la lecture

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