Retraite moyenne : + 98 % à la RATP et + 44 % dans la fonction publique d’État

La grève sur le RER A ou les joies de la vie parisienne By: Jean-Pierre Dalbéra - CC BY 2.0

La vraie réforme des retraites, c’est l’épargne personnelle.

Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

La grève de la RATP voulait nous convaincre, une nouvelle fois, que les syndicats et les agents défendaient des « acquis sociaux » et protestaient contre une « réforme » de leur système de retraite. En réalité, la fameuse « réforme » a très peu de chances d’avoir lieu, comme nous l’avons montré, et les « acquis » sont d’énormes privilèges rappelés très récemment par la Cour des comptes dans son rapport du mois de juillet.

En voici quelques exemples :

Contrairement à ce qu’on nous a fait croire dans le passé, les régimes spéciaux ont été réformés à la marge en 2003 et 2007. Les agents ont reçu de nombreuses compensations. Par exemple, l’âge conjoncturel de départ à la retraite est passé de 56,3 à 57,7 ans entre 2007 et 2017 au régime des Industries Électriques et Gazières (IEG), de 54,7 à 56,9 ans sur la même période au régime de la SNCF et de 55,1 à 55,7 ans entre 2008 et 2017 au régime de la RATP. Six mois seulement !

Entre 2010 et 2017, la pension brute moyenne en équivalent carrière complète des nouveaux retraités a augmenté d’environ 20 % dans les IEG, 10 % à la RATP et 5 % à la SNCF comme pour les fonctionnaires civils de l’État, alors qu’elle a plutôt stagné dans les collectivités territoriales et hospitalières.

Les revalorisations salariales négociées en 2007-2008 dans les IEG, à la RATP et à la SNCF, en contrepartie de la réforme des retraites de 2008, ont contribué à ces hausses de pension. La pension brute moyenne est de 3700 euros par mois à la RATP. Environ 59 % des besoins de financement des retraites à la RATP sont couverts par les subventions publiques, donc par les contribuables. Cela représente presque 700 millions d’euros par an pour la RATP et 5,5 milliards d’euros pour tous les régimes spéciaux.

Les retraites des fonctionnaires protégées

Mais il n’y a pas que la RATP et les autres entreprises publiques. Malgré les annonces, les retraites des fonctionnaires sont aussi très bien protégées. Selon un document de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), un fonctionnaire d’État perçoit une retraite moyenne de 2572 euros/mois contre 1784 euros/mois pour les salariés du régime général. 788 euros de plus (44 % de plus !).

On dit souvent que le nombre de fonctionnaires qualifiés est plus élevé que dans le secteur privé. Mais là aussi, on distingue des différences importantes. Considérons les salariés du privé d’une part, les cadres A au sein du régime de la fonction publique civile de l’État d’autre part : la pension moyenne des hommes s’élève à 2718 euros par mois pour les premiers et à 3118 euros pour les seconds ; celle des femmes, respectivement à 2126 euros et de 2669 euros.

En ce qui concerne la retraite, 30,5 % des nouveaux retraités de l’année de la fonction publique civile de l’État et 37,8 % de ceux de la CNRACL (fonction publique territoriale) partent à 60 ans ou avant, contre seulement 21 % dans le régime général. En outre, les fonctionnaires perçoivent 75 % de leur dernier salaire et bénéficient d’autres avantages attachés aux majorations et à la réversion.

Ces différences ne pourront pas être gommées par une simple unification des régimes. Il faudra responsabiliser les fonctionnaires (rappelons que les fonctionnaires d’État n’ont pas de caisse) en ouvrant les services au privé et à la concurrence. La vraie réforme des retraites, c’est l’épargne personnelle.

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