Covid : il n’y a pas de bonne santé sans liberté

Statue de la liberté (Crédits : benonrtherun, licence Creative Commons)

Dans la situation où nous sommes il ne faut pas se contenter de prendre en charge correctement ces épidémies de coronavirus. Il faut aller au-delà et remettre sur pied tout le pays !

Par Patrick de Casanove.

Emmanuel Macron a annoncé un déconfinement qui n’est pas un retour immédiat à la vie.

Traiter une épidémie c’est de la médecine, enfermer les gens c’est de la politique.

Traiter les malades c’est de la médecine, interdire de les traiter, restreindre l’accès aux soins, c’est de la politique.

Vacciner les gens à bon escient c’est de la médecine. Les contraindre d’une manière ou d’une autre, à se faire vacciner en nombre, pour une maladie peu mortelle, avec un virus qui a un énorme réservoir animal, qui varie sans cesse et qui recombine, c’est de la politique.

Confiner est une décision politique. Mettre fin au confinement c’est de la politique.

Fixer des conditions au déconfinement pour en faire une usine à gaz est aussi politique.

Lier la fin du confinement à un taux d’incidence, ou à quoi que ce soit, c’est de la politique.

Imposer un flicage numérique quel que soit son nom c’est de la politique.

L’État est le problème

Alors que l’État se mêle de tout, alors qu’il entre dans les plus petits détails de la vie quotidienne des Français, il est est défaillant dans sa fonction régalienne de sécurité.

La Mission indépendante nationale pour la gestion de la Covid, installée par le président de la République le 25 juin 2020, explique dans son Rapport d’étape du 13 octobre 2020 :

Les premiers constats de la Mission mettent en évidence des défauts manifestes d’anticipation, de préparation et de gestion […] le déclin progressif du degré de priorité accordé à la prévention des pandémies au cours de la dernière décennie, concourant à une moindre préparation et vigilance au risque.

Non seulement des décisions ineptes ont été prises, mais elles ont été mises en place par une technostructure étatique déficiente.

La crise a révélé des faiblesses structurelles dans la gouvernance, […] – déploiement heurté du processus de gestion de crise notamment au niveau interministériel ; – organisation complexe des relations entre le ministère chargé de la santé et les agences et instances qui l’entourent ; – fragilité des administrations et agences en matière d’approvisionnement et logistique ; – difficultés d’articulation entre agences régionales de santé et préfectures.

Malheureusement, le Rapport d’étape ne met pas en cause la légitimité de l’État à intervenir au-delà du régalien.

Il est naïf de croire qu’un État qui fonctionnerait mieux serait plus efficace dans la gestion de ce qui ne le concerne pas. Nous aurions une technostructure performante au service de mesures absurdes. L’étatisme étoufferait toujours les acteurs sociaux naturels, en particulier le corps médical au sens large.

La peur continuelle doit être prise en considération

Beaucoup de Français croient que l’État a bien fait son travail et que le pays s’en sort plutôt mieux que les autres. En ayant prolongé la situation de crise, abreuvé la population de chiffres toujours plus inquiétants mais sujets à caution, en ayant entretenu la peur, l’État réussit à faire oublier sa responsabilité dans le drame que vit le pays. Il est parvenu à se défausser de sa responsabilité sur ceux qui ne suivent pas ses consignes, (d’où la délation), à paraître comme le sauveur et le recours.

Le confinement sous toutes ses formes est entré dans les têtes comme un moyen judicieux pour prendre en charge l’épidémie. Il est vécu comme rassurant. Ne pas confiner par principe, donc déconfiner par principe, paniquerait la population. Cette idée serait considérée comme folle et ceux qui la préconisent comme des hurluberlus.

Il faut donc prendre le problème différemment. Expliquer ce qu’il faut faire pour ne pas confiner ou, ce qui est la même chose, comment accompagner le déconfinement pour que l’épidémie reste sous contrôle. Cela revient à expliquer comment traiter médicalement une épidémie.

Recouvrer la liberté médicale

Vivre en bonne santé ne signifie pas être non-mort-exempt-de-la-Covid. Il n’y a pas de bonne santé sans liberté.

Il faut un retour immédiat à la normale et une prise en charge rapide des malades  mobilisant plusieurs moyens :

– Isoler les malades, les traiter le plus tôt possible, en ambulatoire par les médecins traitants, laisser les médecins prescrire des traitements efficaces, non encore validés en France (Hydroxychloroquine, Ivermectine) auxquels il sera délivré une ATU. Si besoin prendre en charge à domicile avec des moyens éprouvés tels que l’oxygénothérapie et des médecins en activité (ou retraités) formés.

– Dépister intelligemment, en amont et en aval, pour pouvoir rompre la chaîne de contamination.

– Protéger judicieusement, avec leur avis, les personnes à risque.

– Vacciner pertinemment, respecter les gestes barrières à bon escient.

– Augmenter les capacités en lits hospitaliers et de réanimation avec du personnel évidemment, prévoir de la marge ; et au-delà de cette marge des réserves avec le système de santé des armées.

 

– Travailler avec l’immunité naturelle grâce aux personnes sans risque, au libre arbitre qui implique la responsabilité personnelle. L’atteindre de manière naturelle n’est pas synonyme de laisser circuler le virus. Laisser les individus libres n’est pas synonyme de ne rien faire pour lutter contre l’épidémie. Se battre contre une infection est dans les gènes des médecins.

« Si les socialistes veulent dire que, pour des circonstances extraordinaires, pour des cas urgents, l’État doit préparer quelques ressources, secourir certaines infortunes, ménager certaines transitions, mon Dieu, nous serons d’accord ; cela s’est fait ; nous désirons que cela se fasse mieux. »Justice et fraternité (1848)

Guérir le pays

Dans la situation où nous sommes il ne faut pas se contenter de prendre en charge correctement ces épidémies de coronavirus. Il faut aller au-delà et remettre sur pied tout le pays complètement exsangue et dévasté après un an de politique néfaste.

Remise à plat de l’organisation sanitaire française

À commencer par les études de médecine, spécifiques, sans numerus clausus officiel ou dissimulé, avec un retour à la pratique, à la vocation et à l’excellence.

Pour le libéral les individus échangent des services. Ce n’est pas l’argent qui compte mais le service échangé.

Il faut rendre sa véritable place à la médecine générale de premier recours y compris donc pour les urgences et les épidémies.

Il faut rendre sa liberté à l’activité médicale qui aujourd’hui n’a de libérale que le nom.

Il faut réformer l’hôpital. La subordination hiérarchique induite par l’échange de services est la suivante : les structures hospitalières publiques, privées et les médecins sont au service des patients. Les administratifs viennent après, ils sont au service des deux. Le prix est libre, c’est celui du service rendu. Il n’y a pas de carte sanitaire, c’est le service rendu et à rendre qui décide. Il faut rendre leur liberté aux institutions privées.

Il faut le salaire complet pour le libre choix de l’assurance maladie, de la prévoyance retraite et un chèque assurance santé pour les personnes en difficulté.

Il faut supprimer les Agences nationales ou régionales dont le rôle n’est ni évident, ni pertinent, ni performant. Cela a été flagrant dans cette crise.

Liberté économique

Il est indécent d’opposer l’économie et la santé. Il n’y a pas de bonne santé sans échanges libres au sein de la société humaine. Il suffit de regarder les conséquences psychologiques et psychiatriques du confinement.

Beaucoup de pays les plus libres ont succombé au démon de la coercition sociale. Ils se sont pour la plupart empressés d’oublier les droits naturels. Ce n’est donc pas leur liberté initiale qui est un marqueur de bonne prise en charge.

C’est le respect des droits naturels dans les mesures prises qui a induit la meilleure gestion de l’épidémie, même si les pays sont moins bien classés dans ces index.

La bonne prise en charge consiste en une économie préservée, un lien social maintenu et une épidémie contrôlée.

La liberté économique va bien au-delà de l’économie au sens étroit d’aujourd’hui. L’économie c’est la science des échanges. La liberté économique ce sont les échanges libres donc la liberté personnelle et la vie :

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté » – Frédéric Bastiat, Propriété et loi (1848)

Il est important de comprendre que ce sont les individus qui échangent et que le droit de propriété implique le liberté de dire Non.

Cela peut se résumer :

– Pas de fichage numérique,

– Un État concentré sur ses fonctions régaliennes, ce qui entraîne des dépenses publiques limitées et peu d’impôts. L’objectif étant l’excédent budgétaire pour payer les dettes et ne pas les faire supporter aux générations futures,

« Lorsque le pouvoir a garanti à chacun le libre exercice et le produit de ses facultés, réprimé l’abus qu’on en peut faire, maintenu l’ordre, assuré l’indépendance nationale et exécuté certains travaux d’utilité publique au-dessus des forces individuelles, il a rempli à peu près toute sa tâche. En dehors ce cercle, religion, éducation, association, travail, échanges, tout appartient au domaine de l’activité privée, sous l’œil de l’autorité publique, qui ne doit avoir qu’une mission de surveillance et de répression. » Frédéric Bastiat – Profession de foi électorale – 1846

– Des citoyens partie prenante de leur sécurité, la légitime défense redéfinie,

– Une armée puissante, respectée, bien équipée, bien entraînée,

– Une police et une justice débarrassées des faux délits engendrés par les faux droits, concentrées sur la protection des biens et des personnes, impartiales, égalitaires ; et bénéficiant de moyens matériels, humains et législatifs suffisants. La justice rend la justice et ne confond pas le droit avec l’application de règlements.

La liberté d’expression

Tout débat a disparu dans notre pays. Il n’y a plus de discussion, il ne subsiste que des anathèmes. Les bien-pensants ne débattent plus, ils traînent leurs contradicteurs devant les tribunaux. Il n’y a plus de liberté d’expression. La censure est de retour.

Bien des lois liberticides sont à supprimer, comme les lois historiques et mémorielles.

Liberté politique

Le referendum d’initiative citoyenne, la proportionnelle, la simplification du mille-feuilles administratif. La fin de la politique métier et des carrières politiques grâce à des élus à mandats et non à blanc-seing, travaillant en sessions et retournant à la  vraie vie entre deux sessions.

Beaucoup de travail en perspective !

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  • Cercle Frédéric Bastiat – Présidentielle 2017, dernière chance avant la révolution ?

 

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