Covid-19 : le coût faramineux du « protéger à tout prix »

Screenshot_2021-04-12 Avec une classe de troisième qui suit l'école à la maison - YouTube

Il faut raison garder, apprendre à vivre avec le virus, comme l’a proclamé notre Président, évacuer les peurs, reprendre le cours de l’existence.

Par Paul Touboul.

Après plus d’un an d’une pandémie qui n’en finit pas de faire parler d’elle, on en reste toujours à s’interroger sur l’attitude des autorités, les discours véhiculés, les décisions prises, l’embrasement d’une opinion agitée dans les médias, de débats virulents où la doxa officielle se faisait de plus en plus intransigeante, l’étalage sur la place publique de controverses entre experts scientifiques prenant l’allure de foire d’empoigne, l’image d’une société tourneboulée tel un vaisseau déstabilisé par des vents violents.

Je suis resté incrédule devant ce spectacle, incapable de faire le lien avec d’autres évènements du même ordre dans le passé. Surtout s’est imposé le récit d’une épidémie vouée d’emblée à un destin tragique, un récit qu’on ne cessait d’alimenter en continu d’informations toutes tournées vers le pire, tel l’égrènement quotidien de chiffres macabres, qu’il s’agisse de morts ou de sujets transférés en réanimation.

On pouvait même déceler une sorte de délectation morbide chez les journalistes de média se livrant à cet exercice. Tout a été fait pour entretenir la peur, créer une psychose collective face à un danger mortel, maintenir la population sous cloche, avec comme seule perspective celle d’échapper à l’ennemi. Force est de reconnaitre qu’en la matière, c’est mission accomplie.

Même si sont apparus ici ou là des ferments de rébellion, le pays continue de se soumettre sans trop protester aux restrictions imposées par la politique sanitaire. Comme si le mot d’ordre « protéger à tout prix » allait de soi et s’imposait sans discussion.

Dans le même temps s’est opérée une occultation de tout ce qui pouvait contrevenir au caractère tragique de la Covid-19. Même au pire de la phase d’invasion de 2020 où ont été dépassés les 30 000 morts, il est apparu quel a mortalité due à la covid-19 n’était finalement que de 0,03 %, des chiffres qui rejoignent ceux des viroses grippales.

De plus, les décédés étaient dans leur large majorité âgés de plus de 80 ans, une donnée également partagée par la grippe. Ainsi le risque vital associé à la covid-19 ne le distinguait en rien des épidémies saisonnières connues.

Autre point clamé d’emblée par les autorités : on ne disposait d’aucun traitement à opposer d’emblée à la covid-19. Cette question a donné lieu à une controverse étalée sur la place publique entre tenants de l’hydroxychloroquine, un produit utilisé dans la prévention du paludisme et qui avait pu montrer, à la suite des travaux de l’IHU de Marseille, une action intéressante dans le contrôle de la covid-19, et des opposants farouches, dont les autorités gouvernementales, faisant leurs les recommandations du conseil scientifique.

Le blocus vis-à-vis de tout traitement s’est prolongé jusqu’à maintenant, laissant sur le carreau d’autres produits comme l’Ivermectine, et ce en dépit de données convaincantes mais jugées insuffisantes scientifiquement.

À cette occasion, fait unique s’agissant d’épidémie, les médecins de première ligne, généralistes, ont été exclus de la délivrance des premiers soins. La maladie était laissée à son évolution propre et vouée, en cas d’aggravation, à une prise en charge hospitalière. Autant d’éléments qui continuent d’alimenter le questionnement.

Autre sujet d’étonnement : les mesures qualifiées pompeusement de « distanciation physique ». Ayant été médecin hospitalier, je sais l’utilité du port du masque, lequel s’intègre dans un ensemble de mesures d’asepsie requises par les procédures d’effraction corporelle que sont les gestes chirurgicaux ou assimilés.

Il va aussi de soi en milieu sanitaire, face à des risques de contagion infectieuse et aussi dans l’approche de sujets débilités aux défenses amoindries. Mais l’intérêt d’y soumettre des populations entières en cas d’épidémie, considérant que l’on pourrait se protéger ainsi d’un milieu extérieur extrêmement contaminant pose problème.

La gravité d’une telle mesure aurait mérité à tout le moins un minimum de fondement scientifique. Or force est de constater que les preuves manquent, ce qui ne dérange, cette fois, personne. Les mêmes interrogations s’appliquent à la notion de distance de sécurité entre personnes, les chiffres avancés relevant du plus pur arbitraire.

Plus globalement le confinement avec les restrictions de déplacement et la fermeture de tout lieu où peuvent s’agglomérer des groupes, même si on connait les arguments qui l’appuient, n’a jamais été soumis à la moindre validation.

Une étude récente de bonne facture due à John Ioannidis comparant les différentes stratégies anti-Covid en Europe, a même mis en doute l’intérêt du confinement. Ces incertitudes n’empêchent pas nos gouvernants de continuer d’en faire l’arme antivirale par excellence.

Pourtant une telle politique a aussi ses retombées collatérales. Il y a bien sûr les conséquences délétères d’une vie économique au ralenti même si le contrecoup pour les entreprises a pu être amorti par les aides de l’État. L’explosion du chômage, plus ou moins passée sous silence, porte en germe une crise sociale majeure.

Mais ce sont les retombées sur la santé des gens qui constituent aujourd’hui un authentique facteur d’inquiétude. Les maladies psychiatriques connaissent une montée inédite, depuis les simples troubles anxieux jusqu’à l’expression d’états dépressifs majeurs. Même les enfants, jeunes ou moins jeunes, sont la proie de désordres psychologiques, à l’origine desquels le port du masque peut être en cause.

L’annonce faite récemment par le président de la République d’une offre de soins psychologiques gratuits pour les enfants affectés de troubles s’inscrit dans ce constat.

La violence à l’intérieur des couples s’est semble-t-il accrue et avec elle le nombre de femmes battues.

À cela il faut ajouter le relâchement observé dans le dépistage, la prise en charge et le traitement du cancer et autres maladies graves, la priorité dans les hôpitaux étant donnée à la Covid-19. Or, faut-il le rappeler ? La mortalité due au cancer s’élève à plus de 150 000 cas par an en France.

Au total le prix des mesures restrictives imposées n’est pas nécessairement celui qu’on attendrait mais semble résulter plutôt d’effets indésirables majeurs tant socio-économiques que sanitaires. Alors pourquoi s’obstiner ? Mystère !

À moins que s’exprime là le sacro-saint principe de précaution et derrière lui la crainte des juges. Faire soi-disant le maximum pour protéger la santé en s’abritant derrière des slogans réitérés jusqu’à plus soif, c’est là une manière sûre de s’assurer de la reconnaissance des siens.

Fait surprenant, depuis le temps, la circulation virale ne s’est pas tarie et connait même des recrudescences épisodiques rapportée à l’émergence de nouveaux variants. Le rôle des élevages de visons comme foyers de mutations et de réensemencement est invoqué.

Fait intéressant, l’effet mutagène d’antiviraux comme le Remdesivir, longtemps prôné dans le traitement de la Covid-19 puis abandonné, pourrait bien être en cause dans l’apparition du variant dit britannique.

Si la contagiosité peut différer selon les mutants, la létalité, elle, varie peu. En règle générale, les agents modifiés tendent plutôt à perdre de leur virulence, ce qu’attestent les bilans actuels.

Par contre cette activité virale persistante justifie dans notre pays et ailleurs la pérennisation des mesures de restriction sanitaire et l’entretien chez nos concitoyens d’un état mêlant peur et découragement. Les médias continuent leur œuvre de dramatisation, délivrant sur l’épidémie chiffres après chiffres, tous anxiogènes.

C’est dans ce contexte que l’avènement de vaccins anti-Covid depuis fin 2020 est présenté de plus en plus comme l’arme absolue susceptible de conclure définitivement le chapitre de la virose. Et là-dessus les sujets de perplexité ne manquent pas.

Que l’on en fasse un moyen d’immunisation des plus fragiles, comme les sujets très âgés ou encore ceux atteints de maladies chroniques fragilisantes, le projet se conçoit, compte tenu de la virulence sélective du Sars-Cov2 à l’égard de ces populations.

Mais que l’on en étende l’application à toute une population, voilà qui me surprend voire me choque. Car, après tout, s’agissant des tranches d’âge au-dessous de 70-75 ans, le risque vital est négligeable. Cette donnée est à mettre en parallèle avec les effets indésirables inconnus à moyen et long terme de vaccins, toujours en phase d’évaluation et qui ont bénéficié d’une autorisation de mise sur le marché anticipée en raison de la pandémie.

Alors y recourir sans attendre pour les plus vulnérables c’est pallier le danger d’une contamination potentiellement létale. Dans les autres cas, l’objectif est d’accélérer le développement d’une immunité collective. Mais on ne peut s’empêcher de penser que compte tenu de l’absence de recul sur les vaccins, la population devient un terrain d’étude des produits, et ce pour un bénéfice au mieux insignifiant.

En fait il est clair que pour nos gouvernants le programme de vaccination à marche forcée doit permettre de lever au plus tôt les restrictions sociétales d’ordre sanitaire, urgence qui ne s’embarrasse pas de la retenue qu’exigerait la part d’inconnu liée à une thérapie de masse.

En la circonstance, les autorités font fi des prérequis méthodologiques, lesquels pourtant n’étaient pas négociables s’agissant des médicaments anti-Covid. L’industrie pharmaceutique ne s’en plaindra pas, les profits dus aux vaccins n’ayant pas leur pareil.

N’y a-t-il vraiment pas d’autre alternative que cette course en avant ? pourquoi n’en être pas resté au triptyque « dépister, isoler, traiter » à condition bien sûr de disposer de traitements actifs, et ils existent, quitte à compléter par la vaccination des sujets à risque ?

La maladie est avec le temps bien mieux connue et les stratégies à l’encontre des formes symptomatiques plus efficaces. L’émergence de variants, qu’on ne cesse de rapporter, laisse planer des incertitudes sur le génie de la virose et, par ricochet, sur l’efficacité vaccinale à terme.

Il y aura bien de toute façon une fin, ne serait-ce que du fait de l’immunité acquise par un nombre croissant de contaminés présents et passés, celle aussi, naturelle, de certains sujets, auxquelles s’ajoutera la protection vaccinale.

Il faut, au total, raison garder, apprendre à vivre avec la covid-19, comme l’a proclamé notre Président, évacuer les peurs, reprendre le cours de l’existence dans un pays ayant retrouvé une activité normale, son animation, ses échanges, ses foules, ses festivités, toutes les marques d’une santé recouvrée. De revivre, il est grand temps.

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