Covid 19 : des attitudes criminelles ? Témoignages.

Pills by Jamie(CC BY 2.0) — Jamie, CC-BY

L’observation de terrain a-t-elle encore une certaine valeur ? Les observations de ces médecins sont-elles toutes sans valeur, à ignorer ? Témoignages.

Par Gérard Maudrux.

Plusieurs témoignages, des faits, rien que des faits. À vous de juger de ce qui est bien ou mal, répréhensible ou non.

Retour d’expérience professionnelle

Médecin généraliste dans l’Est, depuis le dernier trimestre 2019 j’ai eu à traiter un nombre anormalement élevé de pneumopathies atypiques résistantes. Notamment un couple de personnes âgées vivant en autarcie dans un ancien camp militaire en pleine forêt. Leurs seuls contacts étaient des militaires, certains seraient-ils passés par Wuhan aux Jeux mondiaux militaires d’octobre, qui ont vu de nombreux militaires se porter pâles à leur retour ?

Tous ces cas ont été traités sans complications par azithromycine, un antibiotique que j’affectionne. Puis est arrivée l’épidémie, avec un nom que l’on pourrait sans doute mettre sur mes cas anormaux depuis quelques mois : Covid-19. Nous sommes deux au cabinet, et avons vu en consultation plus d’une centaine de cas, tous traités de la même manière : zéro hospitalisation, alors que nous aurions dû en avoir une quinzaine.

Je suis persuadé que les choses ont commencé à mal tourner à partir du moment où les Français ont été contraints de rester chez eux, et d’attendre d’avoir des difficultés respiratoires avant de solliciter de l’aide médicale.

Retour d’expérience personnelle

Mars, avril, mai :  mes enfants et petits-enfants ont constitué un petit cluster familial.

Ma petite-fille âgée de 25 ans qui travaille en pharmacie au contact constant du public a présenté des signes fort évocateurs d’une atteinte Covid-19. Hospitalisée à Toulouse en service d’urgences puis en pneumologie, elle est ressortie rapidement sur la foi d’une recherche virale infructueuse. Motif : « vous serez mieux chez vous qu’exposée dans le service aux arrivées de malades qui s’annoncent ». Perdu ! Les scanners ultérieurs ont montré des images typiques et entretemps mieux décrites à l’étranger et en France, malgré ce faux négatif. Elle s’est remise lentement.

Quelques jours après, sa mère a entamé un parcours classique : ni biologie, ni scanner tellement la sémiologie était typique ; sollicitation du service de suivi au téléphone par l’une de ces unités médico-hospitalières installées sur des terrains de tennis ; traitement symptomatique à domicile ; évolution simple, apparemment.

Mon petit-fils de 30 ans qui vit au contact de sa mère vient d’entrer en maladie : toux, dyspnée, douleurs thoraciques, péricardite ; hospitalisé, puis rapidement de retour à la maison. Actuellement toujours en souffrance ; réhospitalisation sollicitée et refusée ; décision remise de jour en jour, toujours avec cette consultation hospitalière dite avancée et qui ne traite que par téléphone. Demain, j’attends de savoir ce qui va être décidé.

Questions sur la thérapeutique ?… Rien, sauf du paracétamol. Ce centre dit de  référence semble agir selon un catéchisme précis, sinon rigide. Bilan : trois malades, deux hospitalisations et beaucoup, beaucoup d’angoisses.

Médecin discipliné, j’ai commencé l’épidémie en prescrivant du paracétamol à ma patientèle de médecine générale. Pour les 30 premiers, trois problèmes : un décès à domicile, une fibrillation auriculaire et une hospitalisation de trois semaines en réanimation.

Je suis tombé malade à la troisième semaine mais j’ai maintenu les consultations. Je peux donc témoigner de l’asthénie intense de la convalescence.

Par caractère, j’ai cherché une autre solution thérapeutique. J’ai lu, et cherché… Mon attention est attirée par des publications australienne et américaine sur l’effet de l’ivermectine, que je connais bien pour avoir traité deux épidémies de gale en maison de retraite et dans un centre de formation en 2019, avec succès et sans effet secondaire.

Interdiction de prescrire librement

Je commence à prescrire en dose unique le 6 avril. Satisfait des résultats, alors je continue : 27 patients. Les résultats à 48 heures sont stupéfiants avec disparition des signes cliniques pour tous.

Trop content de partager ces résultats et pensant rendre service j’en parle autour de moi, ce qui me vaut de sévères reproches de confrères et d’une pharmacienne. Avec la mise en garde de l’Ordre, je me résigne à rentrer dans le moule et je prescris du doliprane. Je revois alors six cas, avec retour de troubles préoccupants dont j’avais perdu l’habitude. Il n’y a pas eu de test pour la majorité. Je m’appuie sur mes impressions cliniques.

Découragé et fatigué, je ferme mon cabinet pour prendre des congés mi-mai. Depuis, quelque chose s’est cassé en moi.

Retour d’expérience en Ehpad

Je suis médecin traitant d’un Ehpad de 140 lits. Dès le début de l’épidémie, j’ai conseillé de prendre contact temporairement avec le médecin coordinateur de l’établissement car je rencontrais trop de cas de Covid en cabinet, je ne voulais pas faire entrer le virus dans l’établissement.

Mi-avril je suis quand même appelé pour signer un certificat de décès, personne n’étant disponible. Je m’y rends donc, bien équipé, et j’apprends sur place qu’il y a eu 23 décès depuis dix jours, environ 96 résidents sont testés positifs à cette date.

J’apprends également qu’aucun traitement n’a été donné, sinon palliatif. Je  demande alors de mettre tous les cas suspects à l’azithromycine, me chargeant de fournir les ordonnances nécessaires ; aucun patient traité de cette façon n’est depuis décédé.

Les médecins de terrain méprisés et menacés

Depuis quelques semaines, nous sommes trois à prescrire de l’azithromycine à tous nos patients atteints du coronavirus. Pour ma part, cela représente plus de 200 patients. J’ai eu seulement deux cas graves nécessitant une hospitalisation et sortis depuis.

Si on se fie aux données connues sur la maladie, avec au minimum, 200 cas, nous aurions dû déplorer au moins deux décès et une quarantaine d’hospitalisations. Depuis quinze jours que mon confrère utilise ce traitement, il ne déplore plus ni décès ni hospitalisation.

Mail reçu par tous les médecins le 9 juin, signé du professeur Salomon, Directeur Général de la Santé :

Objet : (DGS-URGENT) 2020-INF-37 Usage des anti-infectieux dans le Covid 19.

« Le HCSP recommande, de manière générale, qu’aucune antibiothérapie ne soit prescrite chez un patient présentant des symptômes rattachés à un Covid-19 confirmé (en dehors d’un autre foyer infectieux documenté) du fait du caractère exceptionnel de la co-infection bactérienne.
De manière plus détaillée :
– En ville, chez un patient ayant une infection respiratoire (haute ou basse) fortement évocatrice de Covid-19, ou confirmée au SARS-CoV-2, il n’y a pas d’indication à prescrire une antibiothérapie.
– En secteur d’hospitalisation conventionnelle, où le patient peut être surveillé, en l’absence de critère de gravité, il n’y a pas d’indication à prescrire une antibiothérapie dans l’attente des résultats microbiologiques et radiographiques. Une fois le diagnostic de Covid-19 confirmé, si les symptômes cliniques et scannographiques s’intègrent dans le tableau de Covid-19, il n’y a pas d’indication à initier ou poursuivre une antibiothérapie.
– Dans l’infection par le SARS-CoV-2, la littérature n’apporte pas d’argument pour proposer la prescription d’azithromycine. »

Appréciez la notion DGS-URGENT, décision prise en 4 mois, la forme étant à l’image du fond.

N’oublions pas non plus ces 1800 médecins (sur 200 000), dont le président de la Confédération Syndicale des Médecins de France, qui ont signé un manifeste reprochant à ceux qui essaient de soulager leurs patients avec autre chose que du doliprane de « jouer au poker » avec les patients.

N’oublions pas le président de l’Ordre des Médecins qui désapprouve la Caisse des médecins quand elle veut, sous l’égide des autorités (qui n’ont pas donné suite), savoir si ces traitements marchent ou non auprès de 3 à 4000 médecins contaminés.

N’oublions pas non plus ces confrères de StopCovid19, ceux de l’Est, qui ont colligé plus de 700 cas traités, et qui ne publient pas en raison de menaces. N’oublions pas qu’au 19 avril, contre le Covid, 100 000 patients avaient reçu de l’azithromycine, 41 000 de la chloroquine, et 10 000 les deux (source).

Combien de vies sauvées ? Combien d’hospitalisations évitées ? Combien de patients soulagés ? Combien de familles tranquillisées ? Où commence et où s’arrête le rôle du médecin ? Du politique ?

L’observation de terrain a-t-elle encore une certaine valeur ? Les observations de ces médecins sont-elles toutes sans valeur, à ignorer ? Sont-ils incapables, ignorants, incompétents, menteurs ? Le ressenti des malades n’a-t-il aucune importance ?

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