Crise du Covid et fonds de solidarité : l’État distribue notre argent à l’aveugle

La Direction générale des finances publiques estime aujourd’hui, selon le Canard enchaîné, qu’environ 30 ou 40 % des fonds auraient été distribués par l’État sans raison valable.

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Crise du Covid et fonds de solidarité : l’État distribue notre argent à l’aveugle

Publié le 19 mars 2021
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Par Nicolas Lecaussin.
Un article de l’Iref-Europe

Une enquête du Canard enchaîné du 10 mars a apporté, comme on pouvait le prévoir, quelques révélations.

Créé en mars 2020 par l’État, le fonds de solidarité était à l’origine destiné aux petites entreprises et aux indépendants pour faire face aux mesures exceptionnelles prises à cause de la pandémie. Il a été élargi aux PME des secteurs du tourisme, de la restauration et de la culture. Environ deux millions d’entreprises ont perçu, en dix mois, quelque 15 milliards d’euros. Avec le temps, le confinement, la persistance de la crise, le système a encore pris de l’ampleur.

Selon Bercy, sont distribués actuellement à peu près 4,5 milliards d’euros par semaine. Dès le début, les demandes ont été traitées à grande vitesse et les aides sont arrivées en express. Sans le moindre contrôle et sous 72 heures. Il suffisait de prouver que le chiffre d’affaires avait baissé.

C’est la raison pour laquelle la DGFIP (Direction générale des finances publiques) estime aujourd’hui, selon le Canard enchaîné, qu’environ 30 ou 40 % des fonds auraient été distribués sans raison valable.

Fonds de solidarité, aides sans contrôle, accordés à des entreprises déjà en faillite

Dès la fin du mois de mars, l’IREF lançait une mise en garde : il existe deux risques lorsque les États s’empressent d’intervenir pour aider le secteur économique.

D’abord, que cela dure et mène à une vraie collectivisation ; ensuite, qu’énormément d’argent public soit gaspillé car distribué sans tenir compte des besoins des entreprises réellement en difficulté. L’arrosage intensif et à l’aveugle de l’économie avec l’argent des contribuables fausse inévitablement ses rouages.

En juillet dernier, l’IREF a publié un autre article mentionnant une étude du cabinet Altares. Elle nous apprenait que le nombre de défaillances d’entreprises n’a jamais été aussi bas depuis 30 ans. Alors que nous traversons une crise majeure, il y a de quoi être étonné.

Ce sont environ 10 000 entreprises qui, au premier semestre de l’année, ont échappé au redressement judiciaire ou à la liquidation. Pour la plupart d’entre elles, sans doute artificiellement, grâce aux aides de l’État. Dans ce cas, c’est de l’argent purement et simplement jeté par les fenêtres. Il n’aura servi qu’à repousser une échéance qui aurait de toute façon fini par arriver.

Toujours à la fin du mois de juillet, la DGFIP a effectué un contrôle auprès d’un échantillon de 92000 entreprises : environ un tiers avait fraudé pour recevoir des aides. Cela n’a pourtant pas coupé le tuyau d’arrosage…

L’État devait agir en assureur et laisser faire les entrepreneurs

Pourquoi faire bien quand on peut faire mal ?

C’est sûrement la devise de l’État français. Il eût été plus intelligent – l’IREF l’a proposé en mars et en mai, avec une série de mesures concrètes – que l’État agisse comme un assureur en estimant d’abord les dégâts et les secteurs les plus touchés, puis en distribuant des aides ciblées, organisées au niveau local.

L’État était responsable car c’est lui qui avait pris la décision de boucler l’économie. Il lui incombait la mission d’aider ceux qui étaient les plus impactés. Puis, de vraies réformes s’imposaient : baisses d’impôts et de taxes, suppression de réglementations, liberté et responsabilité accordées aux individus et à l’initiative privée. L’économie fonctionne ainsi que moins on l’entrave, plus on l’aide. Aux entrepreneurs de la remettre sur pied.

Comme pour la fraude sociale, l’État a été incapable d’éviter la fraude aux aides accordées par le fonds de solidarité. Le bon sens populaire dit que le mieux est l’ennemi du bien.

Afficher une générosité compassionnelle envers tous, multiplier les aides tous azimuts, réglementer jusqu’à la maniaquerie (voir, dans un autre domaine, l’article de l’IREF sur les donations) mais contrôler au petit bonheur la chance, ce comportement erratique conduit sans surprise au blocage.

Stop ! Le système a fait son temps, il faut changer de logiciel.

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  • « L’État était responsable car c’est lui qui avait pris la décision de boucler l’économie. Il lui incombait la mission d’aider ceux qui étaient les plus impactés. »

    Pourquoi « les plus impactés », il crée un dommage, il doit l’indemniser (oui je sais c’est nous qui payons en fait).
    Ne pas oublier aussi que 30 ou 40% c’est l’estimation de l’administration, du fonctionnaire assis au chaud derrière son bureau.

    Avec la solution que vous préconisez et la lenteur de l’administration, nul doute que des entreprises saines se seraient retrouvées à attendre des mois pour être indemnisées : « votre dossier est à l’étude, attendez avant de crever »

    Perso je pense qu’il vaut mieux laisser quelques coupables en liberté que de condamner des innocents. D’autre part le contrôle peut se faire à posteriori (fausses declarations)

    Sans que ce soit une malversation, je connais quelques entreprises qui ont arrêté de facturer pour rentrer dans les clous de la perte de CA, c’est de l’optimisation fiscale 😀

  • sans raison valable ? vraiment ? n’est ce pas un  » bon moyen  » aux yeux de l’état de s’assurer quelques voix électorale ? après tout , distribuer sans compter l’argent des autres ça ne mange pas de pain comme on dit , surtout quand ceux qui le font n’en paieront jamais les conséquences ….

    • Utiliser des fonctionnaires pour contrôler des fonctionnaires qui contrôlent des fonctionnaires qui eux-même contrôlent des fonctionnaires, ça c’est du beau travail d’état : on ne fait pas mieux !

  • j’ai eu peur, j’ai pensé à un truc différent de l’habitude..

    pas à l’aveugle..ce n’est pas vrai.. de façon injuste est plus approprié..
    ou « socialement »,

    soit 80% de l’activité de l’état..

  • « Stop ! Le système a fait son temps, il faut changer de logiciel. »
    Malheureusement, nous en avons encore au moins pour un an.
    Macron a déjà commencé sa campagne électorale, avec la complicité de Le Maire, à qui il a sans doute promis le poste de premier ministre en cas de victoire.
    Et tout ça avec notre argent, elle est pas belle la vie ?

  • Cet argent n’est pas perdu il fera tourner l’économie demain et même aujourd’hui. Les escrocs, les voleurs, les fraudeurs participent aussi à l’economie. Faire la chasse aurait retardé le sauvetage, il faut accepter des erreurs pouvant sans doute être corrigées par la suite.

    • Votre raisonnement oublie que cet argent est emprunté et que nos créanciers finiront bien par nous présenter la facture.
      Cela se traduira par la vente à la découpe de nos bijoux de famille, ports, monuments, forêts domaniales…
      Ces « erreurs » risquent de nous coûter fort cher et pas simplement d’un point de vue économique.

      • Mais non, nos créanciers se battent pour nous prêter de l’argent, ils ne savent plus quoi en faire de la monnaie de singe.
        Sinon, quelle importance qu’il y ait un chgt de propriétaire, sans doute une meilleur gestion à la clé.

        • @Avorton : les pays sérieux (Allemagne, Corée, États-Unis, Japon, …) veillent attentivement à ce que des entreprises stratégiques ne passent pas sous contrôle étranger. En France, mélange de trahison (cf. par exemple le cas d’Alsthom) et d’inconscience, cette préoccupation est moindre ou alors on entend des couinements antilibéraux socialo-gauchistes stupides.

          Invoquer le libéralisme pour ne rien faire sans tenir compte du fait que nos principaux concurrents ne se gênent pas pour en violer l’esprit et les règles à chaque fois qu’ils estiment que leurs intérêts stratégiques sont en jeu, c’est pratiquer le désarmement unilatéral au nom d’un esprit de système, hélas typiquement français.

          Cela ne vous gêne pas que des puissances impériales agressives, comme la Chine et les États-Unis, mettent de plus en plus la main sur nos industries stratégiques ?

    • alors est ce que l’argent qui est dilapidé n’ets pas perdu..certes…

      mais d’une part ce lui qui crée la richesse associée est spolié..

      si cet argent est effectivement utilisé pour faire des investissement rentables il ‘en profitepas ou peu…

      en clair…

      ça démotive de créer la richesse et la perversion est toute là..

      ça se voit peu au moment ou l’argent est perdu.. mais si les gens se sentent spoliés???ils vont arrêter de bosser..

  • Ça rappelle tous ces morts centenaires. algériens touchant une pension de retraite.

    C’est gratuit, c’est Bibi qui régale.

  • Ma fille gagnait gentiment sa vie comme auto-entrepreneur dans le secteur de l’hôtellerie, depuis un an ses clients sont fermés et certains ne réouvrirons peut être pas. Eligible aux aides elle a fait sa demande pendant 3 mois « attendez nous étudions votre dossier » , et durant ce temps mettez vous en hibernation. Enfin le premier versement est arrivé avec 4 mois de retard et depuis plus rien, sans aucune explication, si non que ca vas venir. Un an sans aucune ressource , retour chez papa maman retraités « privilégiers ». Il y a les ayatollahs du tout état, les dogmatiques du tout libéral, et entre, ceux qui essaient de travailler pour vivre.

    • Je suis moi même à mon compte (freelance). Mais je peux vous garantir que si mon activité avait coulé du fait des interdictions de l’état, je ne me serai pas gêné pour lui demander des comptes. Je pense que c’est d’ailleurs quelque chose que l’on devrait faire plus souvent, au lieu de râler dans nos coins.

    • Mon épouse est aussi auto-entrepreneur et n’a jamais pu rentrer dans les bonnes cases pour une aide malgré une chute vertigineuse de son activité due aux mesures.
      A contrario, un grand restaurateur se vante de préférer rester fermé car il gagne mieux sa vie avec les aides qu’en bossant…
      Et dans mon hôpital, la majorité du personnel (menée par les syndicats) ne sait que réclamer plus de pognon des autres au lieu d’une vraie réforme. Il est vrai que ce sont surtout des bureaucrates en télétravail qui ont pleuré pour avoir les primes covid !
      Pas de surprise, nous sommes en France !

  • C’est effrayant de c..nerie en effet
    Faut vraiment tout cramer dans ce pays

  • Belle vidéo mais il est ignare l’intervenant, il n’a pas compris qu’on vend un vaccin à la dose, si vous faites plus de dose, c’est plus cher et les commissions s’en ressentent.

    • Votre raisonnement se retourne contre vous: plus de doses, plus de commissions. Non, c’est de la connerie de fonx de base: pas prévu par le règlement.

  • Est ce que l’argent déversé depuis un an sans résultats puisque nous en sommes quasiment au même point,afin de satisfaire les français sera comptabilisé dans les comptes de campagne du futur candidat Macron?

  • Car la passivité des français est contrôlée par cet argent dont on n’a pas le moindre centime,si on faisait comme l’Espagne qui a rouvert car elle a dit qu’il n’y avait plus d’argent pour cela .

    • C’est bien cela : la passivité achetée avec l’argent qu’on a pas et que l’on aura jamais. Mais la majorité des français ferme les yeux et les oreilles, persuadée que dans notre monde de Bisounours, tout se finira dans la liesse générale

  • Les commentaires sont fermés.

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