Pandémie : l’État français de plus en plus socialiste, de moins en moins efficace

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Quand prendra fin cette pulsion interventionniste et dispendieuse ? Ne sommes-nous pas en train de devenir totalement dépendants d’un État socialiste qui veut tout régenter et qui nous ruine un peu plus chaque jour ?

Par Claude Robert.

Les conséquences économiques de la pandémie frisent la démesure :

150 000 commerces fermés en France, le coût des aides passe à 11 milliards d’euros par mois. Cette somme comprend le coût total du fonds de solidarité, du chômage partiel pour l’État et des exonérations de cotisations sociales. – France Info (1er avril 2021)

Et comme pris dans une spirale dépensière infernale, le gouvernement Macron envisage d’intervenir encore plus lourdement, afin de « permettre aux commerçants de liquider leurs stocks hors période de soldes » et de leur allouer des « compensations financières pour les stocks invendus ».

Tout cela en sus d’un système de chômage partiel prolongé, particulièrement onéreux :

Il permet au salarié qui ne travaille pas de percevoir 84 % de son salaire net, l’employeur ayant un reste à charge de 15 %, sauf dans les secteurs les plus touchés par la crise.  – France Info (1er avril 2021)

Quand prendra fin cette pulsion interventionniste et dispendieuse ? Est-ce vraiment efficace ? Ne sommes-nous pas en train de devenir totalement dépendants d’un État socialiste qui veut tout régenter et qui nous ruine un peu plus chaque jour ?

Quatre fois plus de morts que la moyenne malgré le plus violent des confinements du monde libre

Bien que le gouvernement nous ait infligé le confinement le plus radical du monde libre et plusieurs mesures de couvre-feu, ce qui nous a valu la plus forte récession de l’Union européenne1, la France se trouve dans le top 21 des pays à la plus forte mortalité, avec une létalité quatre fois plus élevée que la moyenne mondiale (Worldometer 1er avril 2021). Cherchez l’erreur…

La mise à pied d’une grande partie de l’économie n’était pourtant pas une nécessité mais un misérable palliatif à l’absence de réactivité gouvernementale. Distribution de masques, tests de dépistage, traçage des porteurs et des cas contacts, isolement des personnes contagieuses, soins de prévention et protection des personnes à risque, vaccination massive, rien de cela n’a été véritablement orchestré, à l’inverse des pays les plus efficaces dont certains ont déjà retrouvé une vie quasi normale !

Ainsi, en dernier recours, pour sauver les meubles si ce n’est les apparences, le gouvernement s’est rabattu sur les bonnes vieilles recettes médiévales de blocage de la population. Plusieurs études dont celle réalisée sur 175 pays et publiée dans Nature Scientific Report (RTBF 22/01/21) démontrent la faible efficacité de ce type de mesures, et leurs conséquences désastreuses pour la société.

Selon l’IFRAP2, une semaine de confinement coûte de 4 à 16 milliards d’euros et menace 72 000 emplois !

Un recours compulsif à la dette malgré le record des prélèvements obligatoires de l’OCDE

Avec des mesures aussi exorbitantes, la dette publique devrait atteindre 122 % du PIB en 2021 après 117 % en 2020 alors qu’elle ne représentait « que » 98,3 % en 2017 ! Elle a augmenté de 232,4 milliards d’euros en 2020 et l’année 2021 risque de battre tous les records, n’en déplaise aux douces prévisions de Bercy.

De tels chiffres sont incroyables de la part d’un pays qui, depuis 2017, truste le sommet du hit-parade de l’OCDE3 en matière de prélèvements obligatoires. Non contents de conserver notre position, nous allons à coup sûr accroître notre avance4. Certains tentent de battre des records d’équilibre budgétaire (Allemagne), de diminution de la part de l’État (Suède, Danemark), de croissance/plein emploi (Irlande, Allemagne, Suisse, Autriche…). Pas nous.

Une absence chronique de réactivité, d’anticipation et de plan de crise global

Au lieu de mentir pour camoufler l’impréparation logistique d’approvisionnement en masques, le gouvernement aurait dû réagir aux propositions d’industriels français bien introduits en Chine5 afin de fournir à la population le premier rempart protecteur contre l’invasion virale.

En matière de tests, les propositions faites par l’industrie vétérinaire sont restées elles aussi lettre morte6 alors qu’elles auraient permis d’engager rapidement une vaste opération de dépistage, condition sine qua non d’une stratégie de prévention de grande ampleur.

Indissociable de ce volet de détection, le traçage des cas et des cas contact aurait permis de mettre en place un isolement individualisé des porteurs avérés et potentiels du virus. Mais là non plus, le gouvernement n’a pas su promouvoir l’application stop-covid pourtant essentielle. Ni même engager des mesures spécifiques destinées à protéger les personnes à risque.

En considérant que l’âge médian des victimes de la Covid-19 est de 84 ans, et que certaines pathologies sont très étroitement associées, il aurait été pourtant possible de largement diminuer les restrictions de déplacement des populations, et leur impact négatif sur l’économie.

Une prédisposition réflexe pour les interdictions, les privations et les contraintes

À ces absences répétées de réactivité et d’anticipation du gouvernement français s’ajoute paradoxalement une propension quasi maniaque à interdire et à réglementer :

  • interdiction du port du masque chez les policiers (jusqu’à ce que les syndicats réagissent) et menaces envers les municipalités qui ont voulu s’en procurer pour leurs administrés ;
  • interdiction de déplacement pendant les confinements puis les couvre-feux avec l’obligation d’un questionnaire justificatif et de nombreux contrôles de police ;
  • mise à l’écart de la médecine privée en début de la pandémie, seul l’hôpital public étant approvisionné pour le traitement des malades ;
  • interdiction de la chloroquine (sur la simple base d’une étude « orientée » du Lancet dont la publication a très vite été annulée) et de l’Ivermectine alors qu’il serait au contraire pertinent d’accélérer les études scientifiques sur les molécules déjà connues, et elles sont très nombreuses, dont les effets prévenant une éventuelle aggravation ont été remarqués par les praticiens un peu partout dans le monde7 ;
  • interdiction d’ouverture des bars, restaurants, cinémas, salles de spectacles, et certains types de magasins alors qu’il aurait été considérablement moins coûteux et moins désagréable pour tout le monde d’imposer aux entreprises concernées le respect de règles strictes de distanciation sociale et de propreté ;
  • interdiction de sortir et de se déplacer au-delà d’une certaine heure alors que les déplacements des personnes qui sont à la fois ni à risque ni porteuses du virus ne représentent aucun danger ;
  • menaces envers les municipalités qui se sont organisées pour se procurer des vaccins en quantités suffisantes…

État socialiste français : bientôt en République démocratique ?

À la décharge de nos dirigeants, lutter contre une pandémie est un exercice difficile. Mais le tableau n’est pas brillant, et l’écart avec les pays qui se sont les mieux débrouillés met en exergue le profil de plus en plus dirigiste et socialiste du gouvernement Macron : piètre gestionnaire, autoritaire et liberticide mais capable de se ruiner sans limite en mesures sociales pour compenser ses échecs. Tout cela sur le dos des citoyens et des entreprises du pays dont il ne semble pas véritablement se soucier.

Sur le web

  1. En 2020, seule l’Angleterre a fait légèrement pire mais n’est plus dans l’UE.
  2. Ifrap-janvier 2021.
  3. OCDE (OECD) regroupe les 37 pays démocratiques les plus développés du monde (soit la moitié du PIB de la planète).
  4. Car derrière de la dette se trouvent des créanciers. L’annulation de celle-ci est le pur délire d’idéologues réfractaires à l’économie.
  5. Tout électeur lucide devrait avoir lu le livre du professeur Perronne : Y-a-t-il une erreur qu’ils n’ont pas commise ?
  6. Ibid.
  7. Ce que font certains pays mais pas la France.
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