Des flics partout, du bon sens nulle part : l’improvisation continue

Grâce au brave petit Darmanin, il y aura des flics partout dans les gares et les aéroports, et aucun dans les quartiers émotifs. Normal.

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Policiers by Michel G.(CC BY-NC 2.0)

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Des flics partout, du bon sens nulle part : l’improvisation continue

Publié le 29 mars 2021
- A +

par h16

C’est décidé : le gouvernement déploie donc ses onctueuses méthodes pour « freiner » l’épidémie, avec un art consommé pour ménager la chèvre, le chou et le sourire de la crémière qui s’est trompé de proverbe. Avalanche de textes, rafales de simplifications administratives tortueuses et impossibles à résumer en quelques dizaines de lignes serrées, conférences de presse et déplacements ministériels, tout y est pour qu’on comprenne bien qu’un nouveau combat vient de commencer.

Et pour lutter contre un virus qui fait de la résistance et semble se moquer des confinements et autres bricolages prophylactiques, quoi de mieux qu’éparpiller des masses de policiers et de gendarmes partout sur le territoire ? Ce que les masques, la distanciation sociale et les vexations à base de petits cerfas ne parviennent pas à réaliser, nul doute que notre fière maréchaussée va y parvenir avec brio.

C’est pourquoi, à la suite des décisions prises ces derniers jours avec calme, pondération, préparation et tout l’assentiment des scientifiques triés sur le volet et tous d’accord d’une seule voix consensuelle, le ministre de l’Intérieur, le brave petit Gérald Darmanin, a lancé plus de 90 000 agents de la paix dans nos villes et nos campagnes, afin d’intensifier un bon coup la répress… pardon les contrôles sanitaires permettant d’enfin contrôler le virus.

Le principe est simple : en multipliant la présence policière partout sur le territoire et, notamment, dans les gares, sur les autoroutes et dans les aéroports, on garantit une grosse frousse aux méchants miasmes qui réfléchiront à deux fois avant d’infecter les Français. Et de façon parfaitement accessoire, on va aussi pouvoir contrôler les individus louches – forcément louches – qui tentent bêtement d’exercer leur droit de déplacement alors que tout le monde sait que le virus n’attaque que ceux qui bougent.

Il faut en finir avec l’innocence par défaut du père de famille lambda, du citoyen moyen qui promène son chien ou de la mère de famille qui va faire des courses ! Ce n’est pas ainsi qu’on pourra instaurer une Hygiène Sanitaire Totale et Définitive dans l’Hexagone.

Ainsi, au contraire des attroupements de clandestins cornaqués par des associations lucratives sans but sur des places publiques, ceux qui, actuellement, essayent de recouvrer une vie normale et de faire leurs petites affaires dans leur coin sans enquiquiner personne sont en réalité fort dangereux et représentent une menace terrible pour tous ceux qui sont déjà enfermés et pour le pouvoir.

Voilà donc des dizaines de milliers de nos forces de l’ordre mobilisées pour pruner du badaud, cette engeance pénible qui, au lieu de rester chez elle à mourir de Covid, veut égoïstement reprendre ses activités pour ne pas mourir de faim, de désespoir, de dépression ou de toutes ces maladies qu’on ne surveille plus.

Or, distribuer des amendes, c’est finalement assez simple et lucratif : le citoyen lambda ne se déplace que fort rarement armé d’un mortier d’artifice, ou en bandes bigarrées prêtes à défoncer du photographe. Le contribuable obéissant n’a que rarement sur lui de quoi suriner le fonctionnaire des forces de l’ordre, et la prune a même de fortes chances d’être payée. L’éducation, malgré tout, évite au père de famille solvable de filer un coup de tête bien appuyé à celui qui va le contrôler pour un motif futile dans un pays où, jadis, on se gargarisait des Droits de l’Homme.

Et puis, il faut bien comprendre que ce n’est pas vraiment le travail de la police et de la gendarmerie d’empêcher les quartiers dit « émotifs » de s’embraser, d’éviter que les petits caïds de cités viennent brûler ou mettre à sac un établissement scolaire ou d’arrêter les rixes des bandes organisées. Ceci est une des tâches du politicien qui la mène à bien en confisquant l’argent du contribuable (celui qui se fait aussi pruner de temps en temps) pour le distribuer généreusement à ces quartiers, ces caïds et des bandes afin de les calmer.

Le but de la police et de la gendarmerie n’est plus d’assurer la paix des citoyens, mais bien la paix des politiciens lorsque ces derniers confisquent et lorsqu’ils distribuent, lorsqu’ils empêchent et lorsqu’ils tolèrent, autorisent ou favorisent. Et le but des politiciens, c’est d’accaparer et conserver le pouvoir pour ce qu’il représente lui-même (parce qu’une fois obtenu, à quoi peut-il servir sinon à être conservé, envers et contre tout ?).

C’est si vrai que lorsqu’un élu local tente – le naïf ! – de régler les problèmes locaux de ceux qui l’ont élu, il est immédiatement empêché par les instances nationales, ulcérées à l’idée qu’on pourrait se passer d’elles : le maire de Cannes ayant eu l’impudence d’organiser la vaccination des plus de 50 ans dans sa commune sans attendre l’autorisation explicite du gouvernement et de tout le Saint-Tremblement, le ministre de la Santé, qui n’a jamais été élu par les Cannois mais semble mieux savoir qu’eux ce qui est bon pour eux, s’est empressé de lui déclarer la guerre.

Flicaille partout, décisions ministérielles autoritaires et décalées du réel… Chaque jour qui passe, le pouvoir parisien s’enferme de plus en plus dans sa tour d’ivoire. Protégé par une garde prétorienne mal payée mais – pour le moment – obéissante, nos dirigeants s’entêtent à ne laisser aucune prise ni aux élus locaux, pourtant à l’écoute directe de leur population, ni aux médecins de famille, ni aux institutions locales de santé et d’organisation logistique. Pour Paris, tout doit venir d’une seule tête, « quoi qu’il en coûte ».

Eh bien justement, on voit ce qu’il en coûte : désorganisation, gabegies, pénuries, accumulation d’erreurs, détresse croissante de la population qui perd toute confiance dans ses institutions, son gouvernement et ses élus, bref, progressivement tout ce qui lui donne une raison de se tenir tranquille.

Nous arrivons progressivement au bout du « quoi qu’il en coûte » et nous allons bientôt toucher la zone du « plus rien à perdre ». Forcément, ça va bien se passer.

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  • Ca va être génial ce petit couvre-feu bien pensé (et super efficace, mais si, tout comme les 80kmh, les chiffres le prouvent….) et pas liberticide du tout avec les beaux jours. Me réjouis…

    • Petite charade : Mon premier est un flic de retour dans son commissariat, mon deuxième est un flic de retour dans son commissariat, mon troisième est un flic de retour dans son commissariat, mon quatrième est un flic de retour dans son commissariat, mon cinquième est un flic de retour dans son commissariat, mon sixième est un flic de retour dans son commissariat et mon tout est une saison en Alsace : c’est le printemps car les six cognes sont de retour.

  • A force d’être biaisés (d’engagement, de confirmation, d’attribution, d’oubli de la fréquence de base, etc) les politiques vont finir par nous b***er

  • Il faut vivre avec son temps les amis, repensez au darwinisme et à la théorie de l’évolution, adaptez-vous à cette époque : pour faire votre jogging, promener votre chien, rencontrer des amis, arrêtez de regarder l’heure et de remplir des attestations, mettez-vous un mortier d’artifice dans le sac à dos et portez un couteau à la ceinture. Si les policiers s’approchent quand même, jetez-leur des pierres et des bouteilles.
    C’est ce qu’ils font dans les zones de non-droit, c’est encore plus efficace contre les forces de l’ordre que la citronnelle contre les moustiques : aucun agent de la force publique ne s’approchera pas de vous. Sauf bien sûr si vous êtes en train de fumer un joint.

    • En effet, le 93 montre bien comme la vie être merveilleuse si on suit ces principes. Pour lutter contre la peste, il faut savoir la remplacer par le choléra.

      • Vous l’aurez compris, cher MichelO, mon message était purement ironique et en aucun cas je n’incite à suivre ces « conseils » que j’ai écrits 🙂
        Je ne faisais que déplorer un constat effarant de ces derniers mois. Les contraventions pleuvent sur les honnêtes gens, tandis que chaque semaine des commissariats subissent une pluie de tirs de mortier d’artifice et des règlements de compte ont lieu en plein jour (sans oublier les dealers qui installent des check-points dans leur quartier, les gens qui se font asperger de liquide inflammable en sortant du RER, les barbecues géants et autres tournages de clips de musique urbaine…).
        Qu’il semble loin, le temps où l’on parlait seulement des « incivilités ».

    • On pourrait aussi conseiller de pousser dans le sens de l’absurdie ; vous sortez à six, quand des flics viennent verbaliser vous vous récriez en invoquant l’injustice qui épargne les puissants, normalement le flic vous promet qu’il ne fait que son devoir. Quand il commence à « aligné » le groupe de six vous lui faite remarquer qu’il doit se verbaliser lui-aussi !

  • Dans la foulée, pour rassurer la population sur leur efficacité, ils pourraient déployer le personnel hospitalier dans les vaccinodromes en attendant les vaccins !

  • Je reviens sur l’épisode Véran/Lisnard… Il semble que le maire de Cannes essaie d’accélérer sur la vaccination, certes, mais il commence surtout à faire trop parler de lui. Véran a du se sentir obligé de le flinguer pour faire plaisir à son patron. C’est dire s’il en a qq chose à faire de la santé des gens. Tu parles d’une priorité…

  • Faites tourner #BeBraveWHO. sur twitter SVP.

  • Vous m’avez fais peur en utilisant le terme « quartier émotifs « et puis j’ai vu votre plume et j’ai été rassuré. j’avoue n’avoir jamais lu t ce terme, mais bon la langue française est bien loin de ce que j’ai appris en un temps à l’école de ferry, non pas l’autre abruti , le vrai tout cela pour dire que je n’ai rien à rajouter à votre justesse de ton et d’analyse, je ne ferai que doublon. merci

    • h16 aime bien tourner en dérision des termes galvaudées du gouvernements.
      « Quartiers sensibles » devants « Quartiers émotifs » dans cet exemple.

  • « l’improvisation continue » ?

    Je ne suis pas sur que le terme « improvisation » soit approprié.

    Pour moi, l’improvisation est une réponse spontanée adaptée à un problème de l’instant. Avec Macron c’est toujours avec 3 mois de retard quand tout le monde a compris que l’idée est mauvaise et que le problème a changé.

    L’improvisation c’est la fraîcheur, la vivacité, l’authenticité. Pas la rigidité, le calcul, la fébrilité.

  • En fait nous pouvons nous poser la question de savoir si nous ne serions pas les dindons d’une monumentale farce « virale ». En attirant notre attention en permanence sur leurs gesticulations autour de la COVID cela leur permet hors la vue de s’occuper a préparer tout un tas de « mesures punitives » ( sauver la loi planète, pression fiscale, et autre…) qui apparaîtront au grand jour quand ils pourront prétendre par leurs actions avoir « gagné la guerre »Par contre aucun des grands sujets régaliens n’auront été traités car cela demande un réels gros travail.
    Je ne sais pas si il y aura un monde d’après plus « réjouissant »que le monde d’avant je crains que nous soyons plus envaser qu’avant et que notre sécurité, entre autre, en prenne un sacré coup…

    • Thanksgiving, c’est du passé, la dinde a été farcie ( et mangée) par contre les dindons que nous sommes font une grave indigestion de l’insipide garniture qu’ils ont dû ingurgiter avec depuis le début d’année!

    • « quand ils pourront prétendre par leurs actions avoir « gagné la guerre  »
      Malgré le vaccin, la guerre contre la grippe saisonnière n’a jamais été gagnée, alors prétendre gagner celle-là, ils risquent fort la méga déception!

      • Nous sommes bien d’accord. Sauf que dès que les choses prendront un tour normal ils crieront haut et fort que c’est grâce à leurs actions et que nombreux les croiront, au garde à vous, la main sur le cœur car ils ne verront qu’un horizon apaisé sans se souvenir de ce qu’ils ont fait vivre au pays. Mais les faits étant têtus une énième vague se profilera sous une forme plus pernicieuse. Elle sera économique et cela risque de faire bien plus de ravages y compris sur le plan humain.

  • Le but de la police et de la gendarmerie n’est plus d’assurer la paix des citoyens,

    Mais ça n’a jamais été le cas.
    La police au service de l’État est là pour protéger le pouvoir et accessoirement les citoyens des délinquants.
    Pour la gendarmerie qui est un corps militaire donc au service de la France, la dérive est plus gênante surtout depuis qu’elle rattachée au ministère de l’intérieur donc fonctionnarisée.

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